PRÉFACE
qu'elle était une Eglise elle-même'. » Mais il a attaché trop peu d'importance aux efforts tentés pendant la Révolution pour donner une forme, un corps, des symboles et un culte à cette religion de la patrie, de la raison, de la liberté et de la justice qui était au fond du cœur des révolutionnaires. Il a trop vu les côtés incohérents, souvent artificiels, parfois grotesques, de ces efforts. 11 n'en a pas assez montré la persistance et les côtés touchants et sérieux, qu'on peut discerner pourtant, depuis les premières fédérations dont il a si admirablement parlé, jusqu'au culte décadaire, où la religion révolutionnaire trouva une dernière expression, trop officielle et trop froide.
Un ennemi de la Révolution, M. l'abbé Sicard, a le premier, dans son livre : A la recherche d'une religion civile^ indiqué tout ce qu'il y eut de logique, de conscient, d'organique, dans ces tentatives pour substituer un culte rationnel et national au catholicisme. Ce que M. Sicard a fait, dans un esprit ironique et hostile, et dans une étude trop rapide et trop brève, M. Mathiez Ta repris, en détail, dans un esprit de stricte objectivité scientifique. Après un examen complet et approfondi, il a entrepris de faire connaître les mouvements religieux et les tentatives religieuses qui se sont succédés pendant la période révolutionnaire, les sentiments qui les ont fait naître, et Faction qu'ils ont exercée sur la marche des événements.
Dans ses deux thèses sur les Origines des cultes
1. Histoire de la Révolution. Introduction de 18r>8, p. 10 (Éd, définitive).