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Paris ! ville très heureuse

Entre les cités d'ici-bas, Lève-toi, ne sois plus peureuse :

La Vérité guide tes pas.

De l'ennemi la tête altière Doit, en peu, tomber sous nos coups; Tu le sais, la nature entière N'attend son salut que de nous...

Vérité, montre-toi, viens changer notre sort ; Viens pour anéantir l'empire de la mort. »

Un autre cantique se terminait ainsi :

Ni culte, ni prêtre, ni roi.

Car la nouvelle Eve, c'est toi.

Le cantique cité par Sénart {Mémoires, p. 176) est peut-être de son invention. On ne trouve rien de pareil dans les pièces officielles.

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matière de ce rapport ; mais mon amour pour la liberté m'engage à vous dire que toute composition, toute demi-mesure, tout acte de clémence envers les prêtres convaincus de fanatisme est une barbarie, un crime de lèse-humanité envers le peuple. Il en est parmi eux, en qui la nature et la vertu ont surmonté les vices de l'éducation et qui ont eu le courage de détester les principes contagieux de cette corporation gangrenée ; mais, comme ils sont en petit nombre, il sera bien facile de les excepter de la masse ».

Que fallait-il entendre par ces nouvelles mesures contre les prêtres, convaincus de fanatisme, — et ils l'étaient tous, — sinon l'abrogation du décret du 18 frimaire sur la liberté des cultes, confirmée à nouveau par l'article H du décret du 18 floréal? Or, personne n'ignorait que Robespierre, promoteur de ces deux décrets, était opposé à toute politique de violence contre le culte et contre ses ministres.

Le rapport de Vadier, dont les conclusions furent adoptées par la Convention, mettait indirectement Robespierre et le Comité de salut public en demeure de modifier leur politique religieuse, de l'orienter plus à gauche, comme nousdirions aujourd'hui. Si Robespierre résistait au vœu si clairement exprimé par les déchristianisateurs, alors l'affaire Catherine Théot développerait toutes ses conséquences. Le procès, ordonné par la Convention, aurait lieu. Les débats au Tribunal révolutionnaire révéleraient les relations de Robespierre avec dom Gerle, avec Catherine Théot, et le pontife de l'Etre suprême, le Messie de la Mère de Dieu croulerait

SOUS les éclats de rire et paierait de sa tête la protection qu'il accordait aux prêtres. L'affaire Catherine Théot, de farce plaisante qu'elle était au début, pouvait se terminer en drame*.

Robespierre présidait encore la Convention quand Vadier donna lecture de son rapport. Il ne pouvait manquer de saisir le but encore caché que poursuivaient ses ennemis. Il a rappelé, dans son discours du 8 thermidor, ce qu'il éprouva en ce moment : « La première tentative que firent les malveillants fut de chercher à avilir les grands principes que vous aviez proclamés, et à effacer le souvenir touchant de la fête nationale (du 20 prairial). Tel fut le but du caractère et de la solennité qu'on donna à l'affaire de Catherine Théot. La malveillance a bien su tirer parti de la conspiration politique cachée sous le nom de quelques dévotes imbéciles, et on ne présenta à l'attention publique qu'une farce mystique et un sujet inépuisable de sarcasmes indécents ou puérils. Les véritables conjurés échappèrent, et l'on faisait retentir Paris et toute la France du nom de la Mère de Dieu ! Au môme instant, on vit éclore une foule

1. Vilate dit avec vraisemblance : a Qu'on se représente la Mère de Dieu au Tribunal révolutionnaire. Le certificat de civisme donné à dom Gerle et la lettre écrite par la Mère de Dieu au fils de l'Etre suprême seraient apparus au grand jour ; on eût recueilli tous les traits qui, de la part de Robespierre, prouvaient son attachement au système de la divinité ; le numéro de la Chronique de Paris dans lequel est l'article de Rabaud Saint-Etienne, eût été exhumé de l'oubli (cet article raillait Robespierre de sa croyance à la Providence). On eût fait paraître sur la scène les saintes bigotes dont il était environné... Avec tous ces matériaux... on n'aurait pas manqué d'en faire le chef de la théorie des prêtres dans un second rapport déjà rédigé à l'instar de celui du 27 prairial. » (Les Mystères de la Mère de Dieu dévoilés, p. 76, ch. xvn.)

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de pamphlets dégoûtants, dignes du Père Duches7ie, dont le but était d'avilir la Convention nationale, le tribunal révolutionnaire, de renouveller les querelles religieuses, rf'owynV une persécution aussi atroce qu' impolitique contre les esprits faibles ou crédules imbus de quelque souvenir religieux. En même temps, une multitude de citoyens paisibles et même de patriotes ont été arrêtés à l'occasion de celte affaire ; et les coupables conspirent encore en liberté, car le plan est de les sauver, de tourmenter le peuple et de multiplier les mécontents. Que n'a-t-on pas fait pour parvenir à ce but? Prédication ouverte de Tathéisme, violences inopinées contre le culte, exactions commises sous les formes les plus indécentes, persécutions dirigées contre le peuple sous prétexte de superstition... tout tendait à ce but*. »

Robespierre et ses amis sentirent donc, dès le premier moment, le coup qui leur était porté, et éventèrent le complot qui s'ourdissait contre eux. Déjà, la fête de l'Etre suprême avait été le prétexte de railleries et de menaces contre le nouveau dictateur. L'atroce décret du 22 prairial avait donné lieu à des débats orageux qui durèrent plusieurs jours. Les ennemis de Robespierre réussissaient à nommer Fouché, un des chefs des déchris tianisateurs, à la présidence des Jacobins. Il était temps d'aviser. Payan, agent national de la nouvelle Commune et tout dévoué à Robespierre, lui écrivit, le 9 messidor an II, une longue lettre pour lui exposer ses craintes et lui proposer les moyens

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