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LA FRANC-MACONNERIE EN L'AN VII ET EN L'AN IX

semblablement très peu nombreuses, et qu'elles durent bien vite se fondre dans les sociétés bien pensantes, celles-ci composées surtout de fonctionnaires; la loge de Chambéry, qui se constituait pour défendre le gouvernement, son premier Consul et la religion, n'était probablement pas une exception ;

3** Il est curieux enfin de constater l'influence des préjugés vulgaires ou l'effet de la lecture de Barruel sur un bourgeois aussi timoré que le préfet Sausay. Cet ex-franc-maçon, qui reconnaît avoir tiré du profit et de l'agrément de l'institution avant 89, croit maintenant au secret des arrièreloges!

Napoléon était à peine renversé que les francsmaçons se tournaient vers son successeur, le frère* Louis XVIII, dont ils sollicitaient la protection par de multiples protestations de dévouement. Ils savaient même au besoin délier les cordons de la bourse, ainsi qu'en témoigne cette lettre * de la Triple Union de Reims :

A Son Excellence Monseigneur le ministre de l'Intérieur.

Monseigneur,

Les francs- maçons de la Triple Union de Reims vous supplient, Monseigneur, de faire agréer à leur souverain bienaimé la somme de neuf cents francs, qu'ils lui offrent pour subvenir aux besoins de l'État.

Quelque modique que soit cette somme, ils osent espérer que Sa Majesté daignera l'accepter comme une preuve de

1. Louis XVIII avait été franc-maçon dans sa jeunesse, ainsi que ses deux frères Louis XVI et le comte d'Artois.

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