Archives nationales F' C'» Marne
leur fidélité, de leur profond respect et de leur dévouement sans bornes.
Nous sommes avec respect, etc.. Miteau-Fillon, Maillet, Permelet-Siret, De Gorbie, Duchastel, Guison-Lucas, Barbereux.
Reims, le 9 janvier 1816.
Louis XVIII accepta la somme et chargea son ministre de remercier les francs-maçons de leur action généreuse et de leurs sentiments, qui l'ont vivement touché^.
Les romanciers et certains historiens qui ne valent pas, hélas ! des romanciers, n'en continueront pas moins à nous retracer les crimes de la maçonnerie et à nous montrer son action perfide dans les horribles complots démagogiques.
1. Le 5 février 1820, les maçons de la Triple-Union envoyèrent de même leur souscription pour le relèvement de la statue de Henri IV (art. cité du D'' Gosset).
Au début de 1799, à une époque où la théophilanthropie était encore vivace, une société protestante d'études reHgieuses, la société teylérienne de Harlem, mit au concours ces trois questions^ :
1° Quelle est l'origine des théophilanthropes, qui depuis peu, se montrent publiquement dans la République française?
2° Quel rapport y a-t-il entre leurs dogmes, leurs rites et ceux des chrétiens?
3o Qu'a-t-on à attendre de cette société pour la religion en général et pour le christianisme en particulier ?
Le fondateur de la théophilanlhropie, Chemin- Dupontès ne dédaigna pas de prendre part au concours et rédigea, à la fin de Tan VII, un mémoire qui est le témoignage le plus important que nous aient laissé les théophilanthropes sur leur propre histoire^ Chemin avouait que les rapports entre la
1. Cet article a été publié dans la Révolution française de mai 1903. Divers morceaux en ont passé dans mon Uvre La théophilanthropie et le culte décadaire. Alcan, 1903.
2. Le prix devait être décerné en 1800, mais aucun des mémoires ne fut couronné. La société déclara qu'ils étaient tous insuffisants.
3. n rimprima avec des notes en l'an X, sous ce titre : « Qu'est-
théophilanthropie et le protestantisme étaient nombreux. Il révélait qu'avant de rédiger son Manuel\ il avait étudié le protestantisme et s'en était inspiré. « J'ai plusieurs fois assisté au culte des protestants, exercé à Paris dans le temple de Saint- Thomas^ et j'y ai vu les formes simples de la théophilanthropie ^ ))
Comme la Réforme, disait-il en substance, la théophilanthropie a été une protestation 'contre les rites et les dogmes, dont le clergé romain a surchargé le christianisme. Les sacrements conservés par les protestants, surtout par les calvinistes, sont en petit nombre et ont l'apparence de symboles. Dans le protestantisme comme dans la théophilanthropie, il n'y a point de saints, point de chef visible de l'Eglise, point d'évêques, point de prêtres, peu de fêtes, point de pèlerinages, point de bénédictions^ point de confession auriculaire, point de messe, point d'autels ni d'offrandes des productions de la terre, pas même, comme dans la théophilanthropie, d'inscriptions morales. Dans le protestantisme comme dans la théophilanthropie, la langue vulgaire est la seule employée ; ici, on chante les psaumes de David, traduits par Marot; là les belles odes de J.-B. Rousseau. Le discours
ce que la théophilanthropie ? ou mémoire contenant l'origine et l'histoire de cette institution, ses rapports avec le christianisme et l'aperçu de l'influence qu'elle peut avoir sur tous les cultes », 72 pages. Henri Carie, directeur de la Libre Conscience, réimprima le mémoire de Chemin en 1868.
1. Le Manuel des théoantropophiles, qui parut au début de vendémiaire an V (septembre 1796). Ce fut à la fois l'évangile et le premier rituel du nouveau ci^lte.