Salamon, Correspondance, lettre du 21 novembre
doutait ne se produisit pas. Le comité des évoques décida à Tunanimilé qu'on ne pourrait prêter le serment civique. La Sorbonne s'assembla secrètement et prit la même décision. Louis XVI, enfin, sur les instances de Tinternonce, refusa sa sanction au décret*. L'attitude de Royou, qui n'était pas suspect de tendresse pour la Révolution, n'en mérite pas moins d'être notée. Son opinion est déjà symptomatique. Elle annonce les divisions graves qui vont éclater parmi les réfractaires, lors du serment de liberté et d'égalité.
L'un des objets avoués de la Révolution du 10 août avait été d'obtenir du roi la sanction du décret contre les prêtres réfractaires. Quand Louis XVI fut prisonnier au Temple, l'Assemblée victorieuse s'empressa de renouveler son précédent décret, frappé d'opposition. A la séance du 13 août, après avoir supprimé le costume ecclésiastique sur le rapport de Vincent ^ la Législative adopta une proposition de Oambon refusant tout traitement et toute pension aux ecclésiastiques qui ne prêteraient pas le serment de liberté et d'égalité ainsi conçu : « Au nom de la nation, je jure de maintenir de tout mon pouvoir la liberté et l'égalité, ou de mourir à mon poste ^ » .
Les réfractaires restés en France furent pris à rimproviste. De leur décision pouvait dépendre la ruine de ce qui subsistait encore de l'Eglise romaine. Ils n'avaient plus la ressource, comme l'année
1. Voir dans V Ancien Moniteur, réimp., XI, 201, une lettre du ministre de la justice à ce sujet en date du 10 janvier 1792.