‹ Contributions à l'histoire religieuse de la révolution françaiseChapitre 80 sur 116 · Duvergier, Recueil des lois, IV · texte numérisé non relu

Duvergier, Recueil des lois, IV

d'avant, d'opposer au décret la sanction royale, qui venait d'être supprimée. Le comité de direction des évêques s'était dispersé. Ses membres avaient à leur tour passé la frontière, et c'est à peine s'il restait une vingtaine de prélats dans le royaume. On pouvait, il est vrai, s'adresser au représentant du pape, mais Salamon était arrêté dans la nuit du 27 au 28 août et n'avait pas eu le temps de donner une réponse aux prêtres qui l'avaient consulté *. Ecrire au pape lui-même et attendre son jugement? Mais ce serait « raisonner comme des hommes qui viendraient du Monomotapa, il aurait fallu au moins deux mois pour avoir une réponse de Rome et le glaive était levé sur la tête des ecclésiastiques '.. . ». Les réfractaires furent réduits à ne prendre conseil que d'eux-mêmes. L'un d'eux, qui était une autorité, l'abbé Emery, supérieur général de la Compagnie de Saint-Sulpice et membre du conseil archiépiscopal de l'archevêque de Paris émigré, se prononça nettement pour la soumission. C'était un homme prudent et modéré, à l'esprit très subtil, qui savait allier à la perfection les élans d'un doux mysticisme^ à un souci très vif des réalités. « L'ange de l'Eglise de France », comme on l'appelait. Son respect profond pour le pape ne l'empêchait pas d'être très attaché aux décisions des conciles et aux usages de l'Eglise gallicane *.

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