‹ Contributions à l'histoire religieuse de la révolution françaiseChapitre 8 sur 116 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

français n'a-l-il pas eu un caractère profondément intellectualiste, n'a-t-il pas été uni, non seulement à Genève, mais en France môme, à des conceptions politiques? N'a-t-il pas très vite fait des protestants un peuple, le peuple huguenot, avec des tendances et des idées politiques bien à lui. Même le jansénisme a été^ lui aussi, une société, et une société qui au xvm® siècle a exercé une action politique. Je ne parle pas du xix" siècle, où la religion est devenue avant tout une affaire politique, quand elle n'était pas une mode, ou une simple habitude sociale.

M. Mathiez n'a pas l'intention de borner se^ études à l'histoire de ces cultes révolutionnaires^ disparus avec les illusions enthousiastes qui leur avaient donné naissance. Comme le montre le volume qu'il publie aujourd'hui, il comprend bien que cette histoire n'est qu'un chapitre d'une histoire plus générale, celle de toutes les églises et de toutes les doctrines religieuses pendant la Révolution. Il a, dans son coup d'œil critique sur l'histoire religieuse de la Révolution française , dressé impartialement le bilan du travail déjà accompli dans ce domaine et du travail plus considérable qui reste à faire. On a beaucoup écrit sur les persécutions religieuses pendant la Révolution. C'est un côté très dramatique, mais très extérieur du sujet. Ce qui importe, c'est l'étude des courants divers qui ont produit les institutions et conduit les hommes pour aboutir au Concordat, ce traité de paix dans la servitude universelle. Il est très inexact de dire que les hommes de la Révolution ont méconnu l'importance des questions religieu-

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