PRÉFACE VU
ses; mais il est vrai que, dans les affaires religieuses comme dans toutes les autres, ils ont été dominés par les nécessités du moment, et que les solutions hâtives et bâtardes prises ici comme ailleurs ont eu des conséquences d'autant plus graves qu'on touchait à la fois à des institutions séculaires ayant leurs assises hors de France et au sanctuaire sacré des consciences. L'ingénieux, savant et judicieux M. E. Champion, dans son petit livre si remarquable sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat en 1194 a beaucoup insisté sur le fait, indiscutable en soi, que toutes les mesures religieuses prises parles révolutionnaires leur furent imposées par les circonstances. Cela est vrai, et pourtant la constitution civile du clergé a été la résultaiitc d'une double pensée : d'une part supprimer Torganisation féodale de TEglise et paralyser les mauvaises volontés que cette suppression suscitait, mais de l'autre aussi créer une église nationale en harmonie avec les institutions nouvelles. On crut pouvoir adapter le catholicisme à la constitution même que la France avait reçue, et on voit dans tous les rapports de TEglise et de TEtat de 1790 à 1793 une confusion perpétuelle entre la constitution proprement dite et la constitution civile de l'Eglise. Cette tentative pour transformer d'un coup l'Eglise catholique fut un sérieux obstacle à la naissance des cultes révolutionnaires, qu'elle préparait et annonçait pourtant. Les défections qui se produisirent dans le clergé constitutionnel, les sympathies que ce clergé éprouva pour le fédéralisme, le rôle joué par les diverses catégories de réfractaires, les uns partisans intran-