‹ Contributions à l'histoire religieuse de la révolution françaiseChapitre 81 sur 116 · Il honorait Notre-Dame de Lorette d'un culte particulier · texte numérisé non relu

Il honorait Notre-Dame de Lorette d'un culte particulier

4. Emery fut de ceux qui s'opposèrent avec le plus de ténacité à la nomination de vicaires apostoliques par le Saint-Siège dans les diocèses vacants. Il soutenait que le chapitre, fût-il réduit à

Consulté ainsi que ses collègues du conseil archiépiscopal, Emeryfut d avis que « condamner le serment dans ces circonstances, c'était ruiner la religion en France en obligeant tous les bons prêtres à s'expatrier et à laisser les fidèles entièrement privés de secours spirituels qu'ils ne pourraient plus se procurer qu*en participant au schisme* ». Il fallait invoquer des arguments théologiques pour justifier cette décision.

Emery en trouva. 11 démontra que le serment de maintenir la liberté et l'égalité pouvait fort bien se concilier avec le désir de rétablir la royauté. 11 n'était besoin pour faire cette preuve que de quelques distinguo: « La liberté Aoni on promette maintien n'est précisément que l'exclusion du despotisme, c'est-à-dire d'un gouvernement justement réprouvé, et sous lequel nous n'avons jamais vécu, car si l'on en excepte quelques lettres de cachet, qui n'étaient encore bien souvent que des actes de bienfaisance sollicités par les familles, il n'y avait rien d'arbitraire dans notre gouvernement et nous vivions sous l'empire des lois... légalité, telle que nous l'entendons, peut être aussi très innocenament promise, car: 1° le clergé et la noblesse ont fait dans les Etats généraux l'abandon de tous leurs privilèges pécuniaires et ont consenti à payer les impôts comme les autres sujets ; 2° toutes nos lois crimi-

un seul chanoine, avait seul le droit, conformément au concile de Trente, de nommer un vicaire capitulaire pendant l'intérim. Voir sur cette question : Léon Séché, les Origines du Concordat, II, 50, en note ; les Annales catholiques, de Sicard, II, 461.

1. Abbé Delarc, L'Eglise de Paris pendant la Révolution, II, 332-

nelles ne faisaient aucune distinction fondée sur la diversité des rangs entre les coupables, etc.. » Et Emery concluait triomphalement de ces belles considérations : « Le serment de maintenir la liberté et Tégalité ainsi entendu n'a donc rien d'illicite ; il pourrait ôlre fait sous le gouvernement monarchique le plus absolu ; il n'entraîne donc pas nécessairement un acquiescement à la nouvelle Constitution et à l'état actuel des choses \ » 11 y avait bien une petite difficulté. Cette interprétation du serment était-elle celle de l'Assemblée? La liberté et l'égalité, dont la Législative ordonnait de jurer le maintien, au péril de la mort, était-ce seulement la liberté et l'égalité telles que Tentendait le bon abbé ?

Emery éprouva sans doute un léger doute. Afin de mettre sa conscience en repos, il alla consulter Gensonné, l'un des promoteurs du décret contre les prêtres réfractaires. Il en reçut une réponse tout à fait rassurante, si du moins on prend à la lettre ceci, qu'il écrit à Maury : « Je lui (à Gensonné) ai fait lecture du développement dont je vous envoie copie', il m'a interrompu après le premier article, et m'a dit qu'il n'y avait pas le moindre doute, et après l'explication de la liberté et de l'égalité, il m'a dit que j'avais donné très exactement le vrai sens du serment \., »

Quel que fût pourtant le poids de ses arguments théologiques, et malgré l'approbation du girondin

1. Cité par l'abbé Méric, Histoire de M. Emery, l'* éditiou, I> 273-274.

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