Histoire de M. Emery, J
Gensonné, il est permis de penser qu'Emery se décida pour des raisons d'une autre nature. Il a pris soin d'ailleurs de nous en avertir lui-même dans cette lettre à Fabbé Giraud * du 21 avril 1793 : « Persuadé qu'on pouvait faire le serment, je ne le fis cependant que pour ne pas me séparer des directeurs [des séminaires sulpiciens], qui avaient des raisons de ne pas tarder davantage, et pour ne point me mettre dans la nécessité d'abandonner le séminaire [Saint-Sulpice] oii la Providence m'avait conservé jusqu'à présent et où j'espérais pouvoir encore être utile aux membres dispersés de la Compagnie ^ »
La prudence de l'avis d'Emery fut appréciée par un assez grand nombre de réfractaires restés en France. L'abbé Béchet, son collègue au conseil archiépiscopal de Paris, composa en faveur du serment un mémoire théologique court et précisa L'abbé J. Meilloc, vicaire général d'Angers et supérieur du séminaire, soutint la même thèse dans sept mémoires d'une dialectique ingénieuse *. Il y montrait que non seulement les prêtres réfractaires pouvaient prêter le serment, mais qu'ils le devaient. « Le motif de ne pas rendre la religion odieuse et de ne pas la faire regarder comme inconciliable avec le nouvel ordre de choses, et par là de la faire proscrire avec tous ceux qui la professent, su£Girait tout seul pour leur en faire une obligation '. » Ces