‹ Contributions à l'histoire religieuse de la révolution françaiseChapitre 84 sur 116 · Delarc,1ll · texte numérisé non relu

Delarc,1ll

3. Lettre publique de Maury àBégougne, prêtre de Saint-Sulpice, réfugié dans le Valais. Hist. de M. Emery , I, 272.

mente, un réfractaire d'Angers réfuta Meilloc par des arguments assez forts. La liberté dont le serment exigeait le maintien, disait-il, n'était rien moins que la liberté de l'impiété, car « les décrets constitutionnels ordonnent : 1° le maintien de tous les cultes absurdes, la libre manifestation de toutes les erreurs et des toutes les hérésies ; 2** les décrets constitutionnels ordonnent encore la liberté du divorce, et il est à remarquer que les législateurs allèguent pour motif du décret que c'est pour faire jouir les citoyens français de l'avantage de la liberté. On ne serait pas libre à leurs yeux, si on ne pouvait rompre ce que Dieu a uni par des liens indissolubles. Quelle liberté ! ;3'* les décrets constitutionnels anéantissent les vœux religieux, comme contraires à la liberté, et on doit observer que les législateurs, en annulant les vœux des religieuses et en les excluant de leurs monastères, disent formellement que c'est pour les faire jouir de la liberté des Français ; 4" on ne peut encore se dissimuler que les décrets constitutionnels abrogent la religion comme contraire à la liberté. On répète partout que c'est pour être libres qu'on s'affranchit de ce que les législateurs appellent le joug sacerdotal *... »

Il était fatal que dans cette polémique on fît usage de part et d'autre des arguments qui avaient déjà servi pour défendre ou pour combattre la Constitution civile du clergé. Ceux-ci invoquaient le respect dû aux puissances, ceux-là l'obéissance due à Dieu et à l'Eglise. Les jureurs assis-

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