Décret du 3 brumaire an IV, art. X, 2o octobre l/OO
La réaction anticléricale, qui suivit Quiberon et accompagna vendémiaire, fut d'abord accueillie avec des regrets embarrassés par le groupe des réfraclaires soumissionnaires. Aussitôt après le décret du 7 vendémiaire, Emery écrivit à Rome pour demander conseiJ. Il se laissait aller à des récriminations amères contre les réfractaires imprudents et entêtés qui, par leur conduite absurde, avaient provoqué la nouvelle persécution*.
Le bon abbé s'exprimait dans des termes plus attristés encore dans cette lettre à son ami Duclaux, le 22 du même mois : «... Si on avait fait sans difficulté la déclaration de soumission (et cette déclaration dans le vrai n'en souffrait aucune), nous n'en serions pas oîi nous en sommes. On n'aurait point proposé d'autre déclaration, on ne nous traiterait pas comme les ennemis irréconciliables de la République, et notre situation ainsi que celle de la religion serait infiniment moins triste, si on s'était accordé à faire le serment de liberté et d'égalité'... » Ainsi découragé, en butte aux attaques furieuses des zélés, Emery ne fit pas
1. Lettre d'Emery au pape, en date du 14 octobre 1795: « Oh ! si les évêques, en sortant de France, n'avaient pas été forcés d'abandonner la conduite de leurs diocèses à des ecclésiastiques plus distingués par leur zèle et leur régularité que par leur expérience et leurs lumières, si les prêtres déportés, rentrés en France avaient été plus sages et plus réservés dans leur conduite, si la sagesse et la prudence qui caractérisent tous les actes de votre pontificat avaient présidé à tant de décisions, tant de règlements donnés par quelques prélats, et qu'on eût voulu attendre sur plusieurs chefs les décisions de Votre Sainteté, j'ose assurer que l'Eglise jouirait aujourd'hui en France d'un assez grand calme et que ses ministres, au moins ceux du second ordre, lui auraient été rendus... » (Theiner, 1, 444.)