Delarc, III
de « maudire » leurs messes*, de condamner les fidèles qui recevaient leurs sacrements. Ils proclamèrent que la religion catholique était morte dans toute la France'. Ils auraient voulu abolir loutes les cérémonies du culte, afin de pousser les fidèles à la révolte par Texcès du désespoir. Nous avons sur ce point un curieux témoignage, la circulaire que Tabbé Dernier, agent général des armées catholiques et royales, adressait aux prêtres de la Vendée en mai 1796 : «... Ne nous le dissimulons pas, on veut séparer la cause de Fautel de celle du trône et les intérêts des chefs de ceux des ministres de Dieu... Craignons d'ailleurs que le défaut d'uniformité entre la conduite -du clergé vendéen dans les années précédentes et •celle qu'une partie de ses membres tient actuellement ne donne aux fidèles une occasion de scandale. Craignons qu'ils ne soupçonnent une division qui n'existe pas. Craignons qu'ils disent : « On s'effor- •çait de nous inspirer en 1793 et 1794 l'horreur des régicides et l'on veut, en 1796, nous familiariser avec eux, c'est sous leurs yeux et sous leurs auspices que Ton célèbre aujourd'hui nos divins mystères, après nous les avoir représentés comme des
1. Ils aUéguaient que le culte des soumissionnaires était souillé par cela seul qu'il s'exerçait dans les locaux consacrés en même temps à des assemblées politiques (culte décadaire) et hérétiques •ou impies (constitutionnels, théophilanthropes). Les diflférentes •confessions avaient en effet la jouissance commune des églises -avec la municipalité et s'y succédaient à tour de rôle le long de la journée (loi de prairial an 111). Les réfractaires insoumis célébraient la messe en cachette dans des « chambrées » particulières.