RÉTENTION D'URINE
j'aurais certainement rompu et déchiré profondément l'urèlhro, si je ne m'étais arrêté, et l'épanchement sanguin fut assez long à se résoudre.
Chez le malade dont j'ai rapporté l'observation, il fallait d'abord évacuer l'urine/ puis combattre l'inflammation, cause des accidents; car autrement il aurait pu en résulter des complications des plus fâcheuses.
L'histoire des rétentions d'urine est si vaste, qu'on doit se borner à en indiquer quelques points, à moins d'y consacrer un volume. Nous rapporterons ici deux faits de nature à inspirer de sérieuses réflexions sur les dangers et les ressources de la chirurgie. •
On a souvent parlé des accidents qui pouvaient suivre les cathétérismes pratiqués avec le plus de précaution et de douceur; en voici un exemple à méditer.
Un jeune médecin, appelé à sonder un typhique atteint de rétention urinaire, prend la sonde d'argent de sa trousse, l'introduit dans le canal de l'urèthre, et l'engage presque tout entière sans amener une goutte d'urine. Il s'étonne de ce résultat, retire l'instrument dont les yeux étaient remplis de matière fécale. J'étais présent, et le cathétérisme avait paru s'accomplir sans difficultés et sans efforts.
J'ai été appelé, il y a plusieurs années, auprès d'un malade auquel on se proposait de sectionner une tumeur vésicale dans laquelle s'engageaient les sondes, sans pouvoir amener d'urine. On avait déjà essayé, sans succès, le broiement de cette tumeur avec des instruments de lithotritie; c'était la prostate très-volumineuse et en partie encavée et remplie de sang. Je parvins à pénétrer dans la vessie avec une sonde Mayor fortement courbée, et le malade guérit, au prix de la nécessité de se sonder chaque fois que la nécessité s'en faisait sentir.
Quelques années plus tard nouveaux accidents : tuméfaction énorme du ventre, ballonnement; la sonde, introduite tout entière, rapporte un sang fétide mêlé d'urine infecte et de gaz. Appelé de nouveau, je constate que la vessie est distendue par du sang, de l'urine et des gaz provenant de la décomposition putride de ces liquides. Je pratique la cystotomie sus-pubienne, je lave, avec de l'eau de Pagliari pour arrêter une hémorrhagie en nappe, la vessie, dans le bas-fond de laquelle un calcul fut découvert. Le malade guérit de nouveau, mais, au bout d'un an environ, se trouvant bien rétabli et le cathétérisme uréthro-vési.
358 VOIKS GÉNJTO-URINAIRES.
cal étant redevenu possible, il demande à être débarrassé de la grosse canule bypogastrique qu'on avait laissée h demeure dans la plaie abdominale. Le médecin du malade se prèle à ce désir ; la plaie sus-pubienne se ferme. Mais cette amélioration est de courte durée : le cathétérisme présente des obstacles; la rétention reparaît, et le malade succombe cette fois à des accidents dont je n'ai connu que très-sommairement les détails. (Note de l'auteur, 1868.)