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HYDROCÈLE SPERMATIQUE

blissement dans l'énergie de ses fonctions génitales depuis l'apparition de son hydrocèle. L'inflammation fut très-légère, et il resta une tumeur persistante qui nous fit redouter une récidive. Le malade, que nous revîmes plus tard, nous dit que la résorption s'en était faite peu à peu et qu'il en était débarrassé.

Notre second malade, âgé de trente-six ans, opéré au mois de septembre de l'année dernière (1852), portait son hydrocèle depuis dix-sept ans. L'affection avait commencé par une petite tumeur épididymaire, développée subitement, au moment où le malade, dans un violent état de paroxysme génital, avait fait un violent effort pour empêcher l'acte de s'accomplir entièrement. Pendant sept ans la tumeur resta stationnaire et ne dépassa pas le volume d'une noisette, puis elle s'accrut peu à peu et finit par présenter un très-grand volume. L'hydrocèle était molle, sensiblement fluctuante, piriforme, étendue de l'anneau inguinal à la partie inférieure des bourses, située au devant du testicule qu'on rencontrait en arrière, à la réunion des deux tiers supérieurs avec le tiers inférieur de la tumeur. La transparence n'était pas douteuse et les fonctions génitales étaient intactes.

La ponction, pratiquée avec l'assistance de mon honorable confrère M. le docteur d'Eggs, amena un liquide blanchâtre, homogène, semblable à du lait, et cette analogie me le fit juger de nature spermatique. J'annonçai à M. d'Eggs que la cure en était moins certaine, et le microscope permit de constater une innombrable quantité de zoospermes, dont la plupart ne présentaient plus que la tête.

La canule de M. Baudens, laissée pendant huit jours à demeure, ne fit naître ni douleur, ni gonflement, ni inflammation suppurative, quoique les insufflations d'air fussent répétées tous les jours. La tumeur, réduite à un assez petit volume, et enveloppant le bord supérieur du testicule, persista, sous forme de kyste, sans aucune incommodité pour le malade, et n'a pas encore entièrement disparu.

L'histoire de l'hydrocèle spermatique nous paraît assez facile à comprendre, et nous essayerons d'en dire quelques mots, en faisant appel à de nouvelles observations, dont la réunion seule pourra lever tous les doutes.

On sait combien les kystes, développés entre le testicule et répididyme, sont fréquents, et il suffit de les rechercher pour en trouver, dans l'âge mûr, de nombreux exemples. M. le docteur Michel m'en a montré plusieurs cas, et chacun des membres de

VOIliS GÉNITO-UR1NAIRES.

la Société de médecine de Strasbourg les a examinés sur une pièce pathologique que je leur ai présentée. Ces kystes, dont la cause n'est pas bien connue, sont, comme l'a établi M. Gosselin, de deux espèces. Les uns renferment de la sérosité claire et citrine ou de la chlorostérine, etc., dans quelques cas rares; les autres sont remplis de zoospermes. On doit nécessairement supposer que ces derniers communiquent avec quelques-uns des canaux efférents du testicule, dont Lauth a compté de douze à quinze, et il paraît très-admissible qu'une rupture, par excès de distension, en soit souvent le point de départ. Personne n'ignore les effets produits sur les organes génitaux de l'homme par des désirs violemment contenus. Les testicules se gonflent et deviennent tellement douloureux, ainsi que le cordon, que les moindres mouvements sont pénibles, et l'on est obligé de s'incliner en avant et de fléchir le tronc sur les cuisses pour diminuer la tension douloureuse des parties. Les rapports sexuels font immédiatement cesser ces accidents, et toute trace d'endolorissement disparaît. N'est-ce pas la preuve qu'une distension exagérée de la glande séminale et de ses conduits était la cause première des phénomènes, et l'observation de notre second malade ne vient-elle pas confirmer cette supposition, en nous le montrant atteint subitement d'une tumeur épididymaire au moment où il avait fait un grand et suprême effort pour empêcher l'éjaculation ?

Des expériences directes, avec le manomètre, ont établi que la tension des canaux sécréteurs des glandes salivaires, passagèrement comprimés, pouvait s'élever à un quart d'atmosphère, et, sous une pression aussi forte, on s'explique aisément la déchirure de quelques-uns des canaux efférents du testicule et un épanchement de sang et de zoospermes dans le tissu lamelleux environnant. Un kyste spermatique se produit, tantôt stationnaire, tantôt progressif, selon les dispositions du sujet, la grandeur de l'ouverture fistuleuse, le diamètre du conduit cfférent, l'activité de la sécrétion testiculaire, etc. Si le conduit efférent s'oblitère, le kyste s'isole et peut rétrograder ou changer de nature par la destruction et la disparition des zoospermes dans un temps plus ou moins éloigné. Si la fistule persiste, la tumeur s'accroît plus ou moins vite, en raison du degré de la résistance des tissus environnants. C'est alors que, arrivé à une certaine ampleur, le kyste s'ouvre dans la tunique vaginale, comme M. Gosselin l'a observé pour de simples kystes séreux du testicule. D'autres fois la membrane sy-

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