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HYDROCÈLE SPERMATIQUE

noviale est refoulée, et le kyste occupe tout le scrotum et simule l'hydrocèle ordinaire, sans qu'on puisse l'en distinguer, si l'on n'a pas de détails suffisants sur les premiers développements de la tumeur et que l'on en ignore l'apparition, à l'état de kyste épididy maire.

L'oblitération accidentelle et morbide du canal déférent serait de nature à déterminer, par les mômes causes, l'apparition d'une hydrocèle spermatique. Une nodosité ou un kyste distinct dans l'épididyme, précédant le développement d'une hydrocèle, permettront de supposer la présence des zoospermes, sans en fournir cependant la preuve. La transparence de la tumeur ne donne aucune notion certaine. Chez nos deux malades, cette transparence était très-manifeste, malgré la lactescence du liquide, qui n'était pas une simple sérosité mucilagineusc ou opaline, mais présentait l'homogénéité, la consistance, la couleur du lait, et semblait, à l'inspection directe, complètement opaque. Le liquide conservé se partagea en deux parties : l'une opaline et séreuse, l'autre blanchâtre, se précipita au fond du vase et était constituée par les zoospermes.

La ponction exploratrice et l'examen microscopique seraient les seuls moyens de dissiper toute incertitude et de fixer le pronostic et les indications du traitement.

Nous n'avons pas remarqué de diminution de l'énergie génitale chez nos deux malades; mais il faudrait de plus nombreuses observations pour décider cette question et montrer l'influence que peut exercer sur le testicule et ses fonctions la présence d'une hydrocèle spermatique. Il semble à priori rationnel qu'une tumeur enkystée communiquant avec un conduit glandulaire qui y verse incessamment des produits de sécrétion, soit plus difficile à oblitérer que la cavité circonscrite d'une séreuse, telle que la tunique vaginale.. Ce n'est plus seulement une modification fonctionnelle, et comme on l'a dit un défaut de rapport entre l'exhalation et l'absorption que l'on doit combattre, c'est une tumeur de nouvelle formation, datant souvent d'un grand nombre d'années, produite et entretenue par un épanchement fistulaire. L'expérience clinique nous a paru d'accord avec ces prévisions, et, dans les deux cas dont nous avons rapporté l'histoire, la guérison ne fut pas franchement obtenue. Le kyste de notre premier malade ne disparut que lentement, et l'hydrocèle du dernier opéré, réduite à un très-petit diamètre, a jusqu'ici persisté. Ce résultat a dû nous frapper d'autant plus vivement, que nous

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avions précédemment traité, avec un succès remarquable, un assez grand nombre d'hydrocèles par la canule de M. Baudens, et que nous avions été obligé de la retirer au bout de très-peu de temps, en raison de l'imminence de l'inflammation suppurative que nous n'avions pas toujours évitée, même en enlevant l'instrument après vingt-quatre ou quarante-huit-heures (1). Les phénomènes avaient été tout autres chez le malade alleclé d'hydrocèle spermatiquc; nous n'observâmes aucune inflammation pendant les huit jours du séjour de la canule dans la tumeur, malgré des insufflations journellement répétées. La différence était donc tranchée et devint plus sensible encore par la persistance d'une partie de la tumeur.

La théorie et l'expérience s'accordent, on le voit, à rendre le pronostic plus grave et ne permettent pas d'affirmer la certitude de la guérison; c'est en nous fondant sur ces considérations que nous avons été conduit à modifier le traitement pour en assurer l'efficacité.

Il est facile, dans les procédés par injection de teinture d'iode et de vin chaud, d'augmenter à volonté le degré de l'inflammation, soit en rendant la matière injectée plus irritante, soit en couvrant les bourses avec des compresses trempées dans un mélange aqueux de vin ou d'alcool plus ou moins concentré. L'emploi des instruments de M. Baudens donne toute liberté pour la graduation des phénomènes inflammatoires, que je conseille de porter plus loin qu'on ne le fait habituellement dans le traitement de l'hydrocèle. L'indication consiste à produire une assez vive inflammation et à ne la suspendre, si l'on se sert de la canule de M. Baudens, qu'au moment où la suppuration est imminente et commence à apparaître. On ferait usage, dans ce but, d'injections de plus en plus caustiques avec la teinture d'iode ou avec une solution de potasse ou de nitrate d'argent, et l'on devrait ne s'arrêter dans cette voie qu'en présence d'une inflammation bien établie.

La facilité de la récidive des hydrocèles par épanchement dans la tunique vaginale, à la suite des injections de teinture d'iode, nous fait douter de la constante efficacité de ce moyen dans la cure des hydrocèles spérmatiques, et explique suffisamment nos préférences pour un autre mode de traitement. Après l'oblitéra-

(1 ) Voyez, le Mémoire de M. le docteur Thinus, médecin-major. (Gazette hôpitaux, 1852.)

FISTULE UilfiilIRO-PÉRINIÎO-RECTALE.

tion du kyste zoospermique et de son trajet fisluleux, on verra, pendant un temps plus ou moins long, persister une nodosité fibreuse et épididymaire dont la disparition possible fera cesser toute trace de raffection.

Nous résumerons ces considérations en disant : 1° L'existence de l'hydrocèle spermatique ne saurait être mise en doute, et cette variété nouvelle doit prendre rang dans l'histoire pathologique des tumeurs des bourses;

2° La dénomination à'hydrocèle spermatique est celle qui convient le mieux en raison de la nature de l'affection (tumeur liquide des bourses) et de l'impossibilité, dans le plus grand nombre des cas, de les distinguer nettement des hydrocèles ordinaires;

3° La cause de ces hydrocèles paraît devoir être attribuée à la rupture d'un ou de plusieurs canaux efférents du testicule;

4° La présence d'un kyste primitivement développé autour du produit épanché explique la difficulté du traitement ;

5° Toutes les fois que le liquide des hydrocèles sera lactescent, il faudra l'examiner au microscope et en noter avec soin tous les caractères particuliers, pour arriver à quelques symptômes nouveaux et pathognomoniques de cette espèce d'hydrocèle qu'une ponction exploratrice peut seule faire aujourd'hui reconnaître;

6° Le pronostic sera très-réservé dans tous les cas d'hydrocèles spermatiques, en raison de la fréquence des récidives et de la persistance d'une partie de la tumeur;

7° Le traitement aura pour principale indication de provoquer une inflammation énergique, et même un commencement de suppuration dans l'intérieur du kyste spermatique, pour en déterminer l'oblitération.

VITJ. — Fistule uréthro-périnéo-rectale (1).

Observation. — H. .., âgé de dix-neuf ans, petit, maigre, chétif, de constitution toute féminine, entra à la clinique le 1« mars pour une fistule urinaire ouverte au pennée et dans le rectum.

Ce jeune homme, resté bègue malgré l'opération d'un chirurgien qui lui avait pronns de le guérir, rapporte sa fistule à une blennorrhagie contractée au mois d octobre précédent. Un abcès périnéal s'était déclaré quelques jours plus tard « u ,02 au-dessus et en avant de l'anus ; la tumeur avait le volume d'une noix, etautres-douloureusc, et empêchait le malade de marcher et de s'asseoir; une

(1) Clinique de M. le professeur Sédillot, semestre d'hiver 1841-1842, par M. le docteur M. A. Willcmin (Gaz. méd. de Strasbourg, 1842).

SÉDILLOT. J „ „

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