NOUVELLE MÉTHODE POUR LE TRAITEMENT DES ÉPANCHEMENTS
Après ces exemples, la chirurgie ne doit-elle pas se montrer plus confiante dans les résultats de l'opération de l'empyème, et n'avons-nous pas le droit de la proposer comme un moyen de soulagement certain, et toujours capable de prolonger la vie, lorsqu'on ne parvient pas à la sauver (1)?
IV. — Nouvelle méthode de traitement des épanchements purulents intra-thoraciques (empyèmes ou pyothorax) (2).
La cure chirurgicale du pyothorax compte jusqu'à ce jour peu de succès, en raison des difficultés d'en comprendre et d'en remplir les indications.
Trois méthodes opératoires étaient mises en usage : la première consistait dans des ponctions simples, uniques ou multiples, avec occlusion de la poitrine. C'est un moyen palliatif qui retarde peu la mort des malades. Dans la seconde méthode, on se propose de vider plus ou moins complètement la cavité de l'épanchement et d'en ramener avec force les parois en contact. La canule avec baudruche de M. Reybard, les pompes aspirantes de M. J. Guérin déterminent, sous l'influence de la pression atmosphérique, pendant les inspirations, l'affaissement des côtes, le soulèvement du diaphragme et le redressement des médiastins; on admettait même que le poumon comprimé rompait les fausses membranes dont il était enveloppé, et reprenait son ampleur et sa situation normale. Cette méthode est peut-être la plus dange-
(1) La trépanation costale avait été conseillée par Hippocrate pour l'hydrothorax, et dans le passage cité (voy. p. 572, note 1), ou voit qu'au douzième jour on évacuait la totalité de l'épanchement; mais il n'est pas parlé de la manière dont on fermait la plaie. Nous avons répété cette opération sur un malade atteint en outre d'un goitre circulaire et suffocant. La mort était inévitable et menaçait d'être rendue plus rapide par la présence d'un hydrothorax. La trépanation d'une côte permit d'évacuer le liquide épanché, et nous prolongeâmes la vie pendant plusieurs jours avec un soulagement marqué du côté des voies respiratoires, mais nous nous étions demandé à cette occasion, comment, dans un cas curable, on parviendrait à fermer la plaie. Dans l'hydrothorax, il n'y a pas d'inflammation et l'épauchement est ordinairement symptomatique d'une affection de cœur ou de quelque autre organe. On ne saurait donc compter sur un travail régulier et progressif d'adhérence cicatricielle, comme avec le pyothorax, et il faudrait le circonscrire et le limiter à la seule étendue de la plaie. La reproduction incessante du liquide le permettrait-elle, et ne doit-on pas supposer qu'Hippocrate n'avait en vue que les épanchements séreux précédant et terminant le pyothorax? Ce sont des questions à examiner.
(2) Comptes rendus des séances de l'Académie des sciences, 9 novembre 1857.
relise de toutes par la vive congestion du sac pseudo-pleural qu'elle provoque, etune véritable pluie séro-purulente, des hémorrhagies partielles, et la mortification plus ou moins étendue des fausses membranes en sont la suite ; l'air pénètre bientôt le long de la canule dans la poitrine, altère le pus, et des inflammations ulcéreuses, gangréneuses, des infections purulentes et putrides deviennent les causes rapides d'une terminaison funeste.
La troisième méthode ouvre largement un espace intercostal, donne issue à une partie du pus et termine la cure par des injections. C'est ainsi qu'agissait l'École de Cos ; mais on n'est jamais maître de l'écoulement du liquide épanché ; l'air pénètre, la plaie s'ulcère, devient horriblement douloureuse, et les malades peuvent succomber aux complications que nous avons reprochées à la méthode précédente.
Pour éviter ces dangers, nous avons établi ta règle de ne jamais donner une issue trop complète aux liquides de l'épanchement. Aucune tendance au vide n'existant dans le sac pseudo-pleural (au moment des inspirations), la membrane pyogémque n'est ni altérée ni détruite, l'air ne pénètre pas et n'amène pas de ptitndité On peut obtenir ces résultats par la perforation d'une cote, dans laquelle on place une canule d'argent ou une sonde de gomme élastique. Si par accident le pus s'écoulait en trop grande quantité et qu'il y eût introduction d'air, on aurait recours a des injections pour remplir de nouveau la poitrine et prévenir ou combattre les complications. . ,
Le but que l'on se propose est de favoriser 1 organisation du sac pseudo-pleural et d'en permettre la rétractilitô et l'adhérence, lorsqu'il a acquis assez de solidité pour supporter sans altération lé contact de l'air, dont la présence n'est plus nuisible, co mme on le voit dans les abcès ordinaires. Les injections restent md.spensables pour déterger et modifier les surfaces pyogemques et en favoriser l'occlusion.
On doit, pendant ce temps, recourir aux moyens habituellement employés pour soutenir les forces et activer les phénomènes de la circulation. Les cautères potentiels ont une grande efnca-
cité sous ce rapport.
Nous avons plusieurs fois pratiqué l'opération de 1 empvôn e telle que nous en recommandons l'adoption. Un de nos malades vécut une année, malgré des conditions en apparence ^(inespérées. Un autre, opéré au commencement de janvier^ 1857, au mo ment où il allait périr, a pu aller seul aux eaux de Samtc-Amélie,
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près de Perpignan, et en revenir dans un état favorable. Il est assez commun de voir une fistule pleurale s'établir dans la région lombaire. Il faut surveiller et diriger le travail d'inflammation suppurative et ulcéreuse qui produit alors quelques accidents, et qui pourrait devenir très-grave s'il était méconnu.
La guérison est longue, et présente les différentes phases et les diverses terminaisons que l'expérience a révélées.