‹ Contributions a la chirurgieChapitre 166 sur 198 · I. — Autoplastie faciale · texte numérisé non relu

I. — Autoplastie faciale

Observation. Destruction de la joue et d'une portion de la lèvre inférieure pat lin cancroïde. Restauration par des lambeaux anaplas tiques empruntés à la nuque et plus tard à la région sous-maxillaire correspondante. Persistance d'un hiatus. Section de l'orbiculaire des lèvres. Guérison.

Le fait que nous rapportons montre avec quel soin il faut éviter la traction des lambeaux dont on veut obtenir la réunion.

La simple contraction de l'orbiculaire faisait obstacle à la cicatrisation, qui s'opéra très-vite après la section verticale complète de ce muscle. Le bec-de-lièvre accidentel ou traumatique ainsi produit, fut traité plus tard par le procédé d'avivement habituellement en usage, et la guérison en fut facile.

Observation. — Nous avions enlevé, le 15 février 1848, une portion de la joue el de la lèvre inférieure gauches à une malade atteinte d'un cancroïde fort étendu et profond.

Un grand lambeau anaplastiquc, détaché de la nuque, combla la perte de substance. L'opération eut d'heureuses suites, mais le bord antérieur du lambeau s'étarit mortifié dans l'étendue d'un centimètre, il était resté une petite perle de substance à combler.

Je taillai un second lambeau sous-maxillaire, le 18 mars, et le mis en contact en avant avec la lèvre et eu arrière avec le bord antérieur du premier lambeau. Le tissu cellulaire sous-cutané et les fibres du peaucier se gangreuèrenf, et il ne resta que le tissu tégumentaire. Cet accident empêcha la réunion ; plus tard divers moyens employés pour l'obtenir furent sans succès. On pouvait sans doute attribuer le défaut de réunion à une différence de composition et d'épaisseur des parties en contact; mais il y avait une autre cause plus puissante, dont la révélation nous inspira l'idée d'un procédé propre à la combattre. Cet obstacle a la cicatrisation des bords de la plaie dépendait de la rétraction incessante des fibres de l'orbiculaire des lèvres. 11 fallait donc ou diviser ce muscle par une ictfon sous-cutanée, ou fendre la lèvre à quelques centimètres de distance, afin d'en paralyser l'action. C'est ce que nous fîmes. La lèvre inférieure ayant été coupée verticalement à deux travers de doigt de la première plaie, celle-ci se réunit aisément, et il ne resta plus ensuite qu'une fente semblable à celle du bec-de-lièvre, dont l'adhésion n'offrit plus tard aucune difficulté.

Voici une observation d'autoplastie faciale, pratiquée sur une jeune fille, appartenant au service de M. le professeur lourdes, qui permet d'apprécier les ressources de la chirurgie contre les difformités les plus grandes et en apparence les plus incurables

(1) Observation communiquée à la Société de médecine {Gaz. méd. de Strasbourg, 18Û8).

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