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NOUVEAUX PROCÉDÉS

Le maniement de ces instruments est fort aisé. Le chirurgien dégage le voile du palais, et le rend libre et apparent au moyen de l'abaisscur de la langue, dont l'anneau est placé derrière les points que doit traverser le fil. Le porte-ligature, tenu de la main droite, perce alors le voile d'avant en arrière, et l'aiguille, engagée au travers de la membrane de gomme élastique, y reste fixée. Le chirurgien n'a plus qu'à retirera lui les deux instruments, et le fil est ramené d'arrière en avant.

La môme manœuvre se répète du côté opposé de la division, et l'on a une ligature dont l'anse est située au devant du voile. On noue les deux extrémités de cette ligature, et, en tirant un des côtés à soi, on fait passer le nœud d'arrière en avant. Puis on procède de la même manière à l'application des autres fils qui ne sauraient être mêlés ni confondus, puisqu'ils forment des cercles complets.

Nous avions d'abord construit un porte-aiguille coudé à angle aigu, et nous nous en servions pour passer les ligatures d'arrière en avant, après les avoir engagées, dans l'autre moitié du voile, d'avant en arrière, avec le porte-aiguille droit. L'anse du fil était ainsi primitivement placée derrière le voile; mais nous avons renoncé à ce procédé, dans la conviction que l'avantage de placer exactement et régulièrement les ligatures l'emportait beaucoup sur le très-léger retard causé par la nécessité de nouer les fils et de les faire glisser dans la plaie.

Le nœud du chirurgien maintient les tissus rapprochés pendant qu'on exécute le second nœud; cependant on pourrait, en cas de difficultés, imiter l'exemple de Fergusson, et passer un des chefs de la ligature dans un nœud simple pratiqué sur l'autre.

On comprend la facilité avec laquelle on peut remplacer les ligatures en en variant les points d'application avec des instruments d'un mécanisme si simple et si accessible aux mains les moins exercées.

l'avivcment des côtés du voile, sont les autres instruments dont nous faisons usage. Nous y avons ajouté, pour la suture dè la luette, un porlc-aiguillo spécial, composé de deux valves 1513 fixées au manche A, creusées d'un canal central et maintenues réunies par un anneau mobile C, dont le mouvement est limité par une petite saillie c. Une tige centrale EE les traverse et présente en lmut une petite cavité de 0m,002 de profondeur, pour recevoir l'aiguille fi et en bas un bouton mobile D.

63G ANAPLASTÏK.

OnsEnvATiON. Femme de quarante ans : division congénitale du voile du palais. Tentatives deux fois infructueuses de staphylorrhaphie par le procédé de M. Houx. — Nouvelle opération pratiquée le 16 février 1850. — Guérison complète. — La femme Mcsz (de Blenchwiller), âgée de quarante ans, nous fut envoyée à la clinique de la Faculté de Strasbourg par un de nos confrères, M. Le docteur llulhmann (d'Epsig), pour y être opérée de la staphylorrhaphie.

Cette malade se faisait difficilement entendre, et la fente du voile du palais avait été fort agrandie par suite d'une double tentative de réunion restée sans succès. L'avivcment des bords de la solution de continuité avait été facilement pratiqué, et les sutures très-exactement faites ; mais chaque fois les adhérences produites s'étaient déchirées après l'enlèvement des fils.

La staphylorrhaphie fut exécutée à la clinique le 16 février, en présence des élèves de la Faculté, et de mes confrères MM. le professeur Tourdes, Joyeux, Michel, Wieger, Ruhlmann, Lach, Bamberger, Mayer, etc., etc.

Je coupai en premier lieu avec des ciseaux courbes les muscles glosso et pharyngo-staphylins. Puis j'incisai verticalement, ou de haut en bas et un peu de dedans en dehors, toute l'épaisseur du voile, à un travers de doigt des bords de la division congénitale, en me servant d'un ténotome remplacé par une soude cannelée sur laquelle je conduisis un bistouri. Les muscles périslaphylins interne et externe furent ainsi atteints.

Les effets de ces incisions furent très-remarquables : les lèvres de la fente palatine se rapprochèrent spontanément, et l'intervalle qui les séparait diminua de plus de moitié. J'avivai alors les lèvres de la division avec des ciseaux coudes, et je procédai à l'application des sutures.

Comme la luette avait disparu dans les opérations précédentes, et que les parties n'olïraient aucune tension, je plaçai seulement trois ligatures : les deux premières en faisant usage de mes porte-aiguille droit et angulaire ; et la troisième en me servant seulement du premier de ces instruments.

Dans ce cas, je nouai ensemble les deux extrémités du fil, et je portai ce nœud en arrière du voile par une légère traction, sur l'anse antérieure de la ligature. 11 me devint ensuite très-facile, en tirant sur l'un des cotes du fil, d'amener le nœud d'arrière en avant au travers de l'une des petites plaies fanes par l'aiguille ; et l'anse libre de la ligature se trouva ainsi régulièrement dispos,, derrière le voile.

Les fils étaient de grosse soie cirée, et de même couleur. Je les assujettis successivement par un premier nœud de chirurgien, placé alternativement à droite et à gauche de la ligne médiane, et un second nœud simple fixa définitivement le premier. Je me servis, pour la striction des nœuds, de longues pinces à pansement, légères, dont l'emploi ne me laissa rien a désirer.

Les fils furent coupés près des nœuds, l'opération fut terminée.

La malade fut autorisée à se gargariser et à boire aussi souven u» e u, sentirait le besoin. On la saigna le soir même, parce qu'elle ébat replète et ta*

"Tfûui't fut bonne, et le lendemain l'opérée se leva et prit du bouillon U. plaies verticales étaient déjà réunies par un plasma rougeatre et les bord* en étaient un peu saillants.

Le troisième jour, je permis deux soupes.

STÀPHYL0RRHÀPH1E. — NOUVEAUX PROCÉDÉS. 637

Le quatrième jour, j'enlevai les ligatures, après en avoir placé une nouvelle sur un point intact au milieu du voile ; et le sixième jour celte ligature l'ut retirée. La réunion du voile était très-solide ; la malade parlait avec beaucoup plus de force et de facilité, quoique la voix restât nasonnéc.

Depuis ce moment, le voile a repris sa mobilité et son aspect normal ; la parole est devenue plus nette ; et la malade, présentée le 7 mars à la Société de médecine de Strasbourg, dans un état parfait de guérison, est retournée cbez elle le même jour.

Quels commentaires pourrions-nous ajouter à un pareil fait? Nous y voyons une réussite complète succéder à deux opérations infructueuses : une guérison prompte et facile obtenue sans aucune des rigoureuses précautions réputées indispensables; des manœuvres opératoires de la plus grande simplicité substituées à des procédés justement considérés comme inabordables à-la plupart des hommes de l'art, en raison de l'adresse et de l'expérience toute spéciale qu'ils exigeaient. Enfin l'espérance rationnelle de succès presque constants, là où les revers étaient malheureusement la terminaison la plus commune.

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