XVII. — Uranoplastie
Uranoplastie. — Cette opération est une des belles conquêtes de la chirurgie de ce siècle, et une de celles qui montrent le mieux la puissance des idées générales sur nos progrès.
Roux (1825), Brimer (1827), Dieffenbach (1834), avaient détaché de la voûte palatine deux lambeaux latéraux pour en oblitérer les fissures, et malgré quelques annonces de succès, ces opérations n'avaient inspiré aucune confiance et étaient tombées dans l'oubli Les mêmes tentatives eurent un sort bien différent, lorsqu'elles furent reprises par Langenbeck, dans le but avoué de détacher le périoste des os subjacents et de se serV1r de cette membrane pour reproduire, selon la formule de Flourens - Avec lo périoste on refait des os, une voûte osseuse. A partir de ce moment, la cause de l'uranoplastie était gagnée, et les exemples de euérison se multiplièrent.
Par une curieuse destinée, assez commune dans les sciences et les arts, la raison principale, qui avait fait entreprendre et accepter l'uranoplastie, reposait sur une erreur. Nous avons démontré, par de nombreuses observations, le raisonnement et des expériences sur les animaux, que la voûte palatine reformée ne devenait pas osseuse et ne pouvait pas le devenir (1). Comment, en
(1) Voyez notre Traité de l'évident des os, 2' êdit., p. 102. Paris, 1867.
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effet, le périoste, mis à nu par sa surface adhérente aux os, et resté en rapport avec l'air atmosphérique et les mucosités nasales, aurait-il pu ne pas suppurer et ne pas perdre ses propriétés ostéo-plastiques. Sa transformation en tissu fibreux cicatriciel était inévitable, et personne n'en doute plus aujourd'hui. Les faits de Billroth, les nôtres, ceux cités par 0. Heyfelder et Erhmann (de Mulhouse), se sont imposés à tous les esprits.
L'ossification des lambeaux était, au reste, une question secondaire, et l'uranoplastie purement cicatricielle et fibreuse n'en donnait pas moins des résultats excellents. J'ai cité l'exemple d'un de mes malades opéré de staphylorrhaphie, avec persistance d'une fissure de la voûte (voy. p. 627), que je fermai deux années plus tard par le procédé de Langenbeck, avec la plus grande facilité.
Nous avons également traité et guéri une fissure de la voûte, compliquée d'un large écartement de l'arcade dentaire, avec proéminence exagérée de l'os intermaxillaire et bec-de-lièvre double (voy. p. 657). Nous avons indiqué les moyens de se servir du périoste reconstitué pour fermer des pertuis persistants, dont l'oblitération aurait été primitivement impossible. Nos procédés, pour assurer la réunion des lambeaux sur la ligne médiane et en empêcher le retrait en dehors, vers leur première position, ceux auxquels nous avons eu recours, pour remédier à leur chute en bas ou vers la langue, et les maintenir appliqués contre les portions encore intactes de la voûte, concourront à démontrer la difficulté de certaines complications et les ressources de l'art pour en triompher.