‹ Contributions a la chirurgieChapitre 180 sur 198 · ÉD1LL0T · texte numérisé non relu

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crA ANAPLAST1E.

mousse et arrondi, coudé à angle ouvert, pour séparer le périoste de la voûte osseuse et obtenir un lambeau longitudinal. J'agis de même sur l'incision de l'auvement et peu à peu, en substituant parfois un grattoir tranchant, et l'ébrécl.ant même fortement contre les os, je parvins à séparer le périoste de cette partie de

^ L'enfant, extrêmement courageux et patient, avait eu de nombreux intervalles de repos, pendant lesquels il s'était gargarisé avec de l'eau glacée, et il accusa seulement de vives douleurs lorsqu'on incisa les parties molles avoismant le trou nalatiu postérieur. Dans ce moment, une hémorrhagie assez, abondante se manifesta, mais s'arrêta spontanément au bout de quelques minutes sous 1 action du liquide hémostatique de Pagliari.

Le même procédé fut répété à droite, et les deux lambeaux se facilement, je les réunis par trois points de suture (fil cire) implantes a 0 ,004 du bord libre et à 0»,008 l'un de l'autre. On fit usage du nœud de Feigusson, et une nouvelle voûte formée par les lambeaux sembla partiellement

C°On put s'assurer que les bords externes du lambeau étaient dirigés en haut et en dedans, et écartés d'un centimètre de leur insertion dentaire.

L'opération faite lentement, eu laissant l'enfant se reposer à plusieurs repris,, avait duré près d'une heure et demie.

I e petit malade fut mis au lit, où il s'endormit presque immédiatement. La nuit fut tranquille, et il n'y eut aucun gonflement de la face ni du cou.

Le lendemain dû, l'enfant se plaignait de céphalalgie; apyrexie, pas de soif,

tranciuillité parfaite, aucun accident.

L réunion était régulière, et on laissa les fils en place pendant cinq jours, jusqu'au dimanche suivant 17. Les deux points de suture postérieurs ayant paru ulcérer les tissus, on retira les trois fils, et la réunion était complète sur toute la înno-iipur f0m. 03) des lambeaux. , .

Deux r plus tard, un peu d'écartement s'opéra en arrière de a reunion, et cet iartement augmenta peu à peu, de manière à menacer la solidité des ad-

W 25 mai la cicatrice était rompue dans la moitié postérieure de sa longueur et Essieu avant une forte tension, en même temps que la nouvelle voûte

sur le tissu cicatriciel de nouvelle formation, qui resista.t mal à $ Ciï°rt . ,m. , :et accident je repoussai les lambeaux en dedans avec des

„„ ,.„nfqnt fi sans écoulement notable de sang.

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■ ! L lomhanuï sur la ligne médiane se trouva rétabli.

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URAN0PLAST1E PJÏRIOSTIQUE. 661

cependant très-satisfaisante, cl de nature à donner beaucoup de confiance dans le résultat définitif.

L"epfant avait peu souffert ; L'inflammation était restée modérée; on n'avait pas eud'hémorrhagieSj et les portions restaurées de la voûte avaient conservé une suffisante vitalité, et allaient servir de point de départ à l'occlusion du reste de La fissure en arrière et à la staphylorrhapliie.

Ces opérations furent pratiquées Le 30 mai, avec l'aide de MM. Bœckel, Cochu, Munchj Gliauvel et Elser.

On commença par séparer à gauche Le voile palatin de ses parois externes, dentaire, buccale et pharyngienue. Un petit bistouri fut porté sur le bord de l'apophyse ptérygoïde, et pénétra dans l'arrière-bouche au travers de la portion correspondante externe du voile. Un grattoir servit à détruire les adhérences reformées entre Le périoste et La voûte, et avec un long ténotome droit Les parties molles furent séparées du bord postérieur libre de l'os palatin.

Le grattoir put alors être engagé en arrière de la voûte et du voile du palais, et ce dernier étant tiré en dedans avec un crocliet mousse, les muscles péristapbylins interne et externe furent divisés, ainsi que La muqueuse supérieure ou nasale, et dès ce moment on obtint un lambeau mobile de 0m,012 de largeur au niveau de l'épine palatine, et libre d'avant en arrière. Le périoste, complètement séparé des os, et le voile palatin n'avaient plus d'autre support que les muscles pharyngo- et glosso-stapbylins et la muqueuse buccopharyngienne.

La même opération fut répétée du côté droit, et il devint dès lors facile de réunir les bords internes des deux lambeaux, qui cédaient sans aucune résistance à toute traction les rapprochant l'un de l'autre.

Pour relâcher encore davantage les tissus, je divisai d'un coup de ciseaux courbes les piliers antérieurs du voile du palais, comme je L'ai recommandé pour la staphylorrhapliie.

L'avivement du voile fut pratiqué avec un ténotome aigu à double tranchant enfoncé à 2 millimètres du bord libre, et porté en haut et en bas de manière à détacher une petite bandelette du voile, qu'une pince à dents de souris maintenait dans un degré suffisant de tension.

La luette ne fut ni avivée, ni réunie.

Cinq fils alternativement rouges et blancs, pour les reconnaître s'ils se mêlaient, furent placés régulièrement d'avant en arrière au moyen de l'instrument de Langenbeck, et engagés à 0m,004 du bord libre des lambeaux; ceux-ci étaient devenus extrêmement épais, et l'on eut beaucoup de peine à les traverser en raison de la trop grande brièveté de l'instrument, dont la tige avait cependant plus de 0m,020 de longueur.

L'opération avait duré une heure dix minutes, et aurait pu être abrégée si l'on n'avait pas donné à l'enfant toute liberté de se gargariser avec de l'eau glacée et de prendre de fréquents repos.

Le petit opéré s'était rarement plaint, n'avait pas pleuré et paraissait peu fatigué.

Le lendemain, 31 niai, la nuit a été bonne ; pas de douleurs. La plaie est un peu enflammée. Le soir, l'arrière-bouche est le siège d'une tuméfaction plus forte. Les plaies sont couvertes d'une couenne blanchâtre, adhérente, semblable à du

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lait caillé, avec lequel ou l'a uu momeiit confondue, le malade ayant pris quelques cuillerées de cet aliment.

Le 1er juin, on a fait layer les plaies avec du vin aromatique et une solution de chlorate de potasse ; amélioration ; plusieurs fils semblent avoir un peu entamé la muqueuse ; chaleur, sensibilité.

Le 2, l'état coucmieux a disparu; on enlève deux fils, le second et le quatrième, en les comptant d'avant en arrière; ces fils étaient lâches et sans action, en raison de la détumescenec des parties.

Le 3, les premier et troisième fils sont retirés. La voûte, au niveau du deuxième fil, n'est pas complètement réunie, et des mucosités nasales s'écoulent par une petite fissure. La réunion paraît achevée dans le reste de la plaie. L'entant n'est resté couché que le soir du premier jour, et va parfaitement bien.

Le 5 juin, les plaies se détergent ; on ôte le cinquième fil, au niveau duquel la réunion s'est régulièrement opérée.

A ce moment, on a sous les yeux, en examinant la voûte palatine d'avant en

arrière

1° Une première perforation ou dépression dépendant de la partie antérieure ou nasale de la division, à laquelle on n'a pas encore cherché à remédier.; 2° Une cicatrice longitudinale médiane ;

3° Une fissure très-étroite correspondant au niveau du deuxième point de suture;

4° Une nouvelle cicatrice se continuant jusqu'à la luette, dont les bords n'ont pas été avivés.

Des mucosités blanchâtres s'écoulent par les fissures et cachent en partie les cicatrices linéaires, qui sont très-solides et régulières.

Le 6 juin, les changements survenus depuis quelques jours dans l'état de la voûte et du voile ont été fort remarquables. Le voile s'est élargi, et les lambeaux tendent à se continuer en dehors avec les granulations des plaies, laissées béantes de chaque côté par l'écartement des lambeaux périostés.

L'enfant continue à se bien porter.

Le 15 juin, toute la voûte et le voile sont rétablis. Les mucosités ne passent plus par le pertuis moyen, qui s'est réuni et parait fermé.

Les mucosités s'écoulent encore à droite, par un point fistuleux, du bord externe du lambeau droit détaché des gencives au niveau de la deuxième grosse molaire.

Un stylet peut être porté par cette ouverture dans les fosses nasales, eu passant au-dessus du lambeau oblitérateur. Le bord externe de ce lambeau est éloigné des dents auxquelles il adhérait primitivement de 0m,012, taudis qu'à gauche la distance des mêmes points est seulement de O^Ol, ce qui dépend de la plus grande largeur de la voûte à droite, comme nous l'avons dit.

Les plaies latérales deviennent chaque jour moins apparentes. On place deux points de suture sur la luette.

L'extrémité libre de la moitié gauche de cet organe a été saisie de dehors en dedans avec une longue pince courbe, et avivée de bas en haut au moyen de ciseaux coudés. Reprenant ensuite le petit lambeau interne, on l'a continué de bas en haut avec un ténotome à un seul tranchant bien effilé, et la section en a été poursuivie un peu au delà de l'angle de réunion.

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La même opération a été répétée à droite, et deux sutures ont été immédiatement appliquées avec les instruments pour la stapliylorrhaphic (aiguille droite), puis nouées.

L'opération n'a pas duré plus de dix minutes, et l'enfant n'en a pas souffert.

Le 18 juin, troisième jour, on enlève le til supérieur : la plaie est bieii réunie.

Le 19, le deuxième fd avait coupé le côté gauche de la luette. Le fil a été extrait, et peut-être a-t-on légèrement déchiré quelques points de la cicatrice déjà produite, comme en témoignait l'écoulement de deux ou trois gouttes de sang.

L'enfant se porte parfaitemnt.

Le 23 juin, on opère le bec-de-lièvre gauche. On contourne avec soin le bord libre externe de la moitié gauche de la lèvre, en portant le bistouri entre la peau et la muqueuse, et l'on avive ainsi tout ce bord jusqu'à la partie inférieure de la lèvre. On renverse de haut en bas le segment de la muqueuse, que l'on divise inférieurement par un coup de ciseau pour mieux affronter la partie correspondante avec les surfaces opposées du tubercule médian.

La même opération d'avivement est répétée sur le bord latéral libre du tubercule, qui est lui-même détaché en partie de la surface antérieure de l'os incisif.

On sépare la lèvre du contour maxillaire pour augmenter la laxité des parties. Ces incisions, faites pendant le sommeil anesthésique, ont donné beaucoup de sang en nappe ou par petits jets. La réunion immédiate a été faite au moyen de huit épingles, dont deux très-fines étaient implantées dans la muqueuse du bord libre des deux lambeaux.

L'enfant, réveillé, a vomi beaucoup de sang mêlé à une grande quantité de matières alimentaires (on lui avait donné à manger par oubli), et il va immédiatement se coucher et s'endort.

On lui a mis le bandage compressif des joues dont on se sert habituellement à la clinique. Nuit bonne; les joues un peu œdémateuses. Gomme il n'y a pas de tension des parties, on recommande de rendre intermittent l'usage du bandage.

Le 2a, on enlève les deux épingles voisines, placées à la partie antérieure moyenne de la lèvre.

Le 25, l'enfant continue à être très-assoupi et très-fatigué. Œdème des joues. On desserre un peu les pelotes du bandage compressif, mais on en maintient l'usage sur la demande de l'enfant, qu'elles soulagent.

On relire trois épingles, les deux premières du bord libre muqueux, la troisième au-dessous de la dernière supérieure.

Ordre d'extraction des épingles :

Première cl deuxième, après vingt-quatre heures;

Troisième, quatrième et cinquième, après quarante-huit heures.

État favorable; l'enfant boit du lait et du bouillon.

Le 2G juin, les deux dernières épingles sont retirées en laissant les tils en place.

Le 27, on trouve que les fils ont un peu ulcéré la peau et que l'inflammation de la plaie menace la solidité de la réunion.

Deux épingles profondes sont passées au travers de la lèvre et assujetties avec des tubes de Galli.

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Lô 29 juin, les épingles sont retirées. La réunion paraît solide, et il ne reste qu'une petite plaie à cicatriser, dont la guérison s'est effectuée avec beaucoup de régularité.

L'enfant se repose jusqu'au 21 août suivant, jour où l'on opère l'extraction de la petite incisive droite, qui naissait irrégulièrement de la voûte palatine, en arrière de la moyenne correspondante.

Le 26 août, nouvelle opération, dans le but de combler l'ouverture antérieure de la voûte palatine.

Cette ouverture, située en arrière de l'os incisif, présente 8 millimètres de largeur en avant sur un centimètre de longueur. Là forme en est triangulaire, et, par suite de l'isolement de l'os incisif, les deux côtés séparés de la voûte n'arrivent pas en avant sur la ligne médiane, mais en sont écartés par la présence intermédiaire de cet os.

Ces conditions montrent clairement que les lambeaux périostés qu'on va détacher des deux côtés de la voûte ne seront plus soutenus en avant ni en dehors, et qu'ils devront nécessairement se rétracter en arrière, par suite de leur raccourcissement inévitable.

On compte sur le recul de l'os incisif, pressé d'avant en arrière par la lèvre rétablie, pour combler l'hiatus antérieur, qui devra persister dans une étendue infiniment moindre cependant que l'ouverture à laquelle on tente de remédier.

L'opération fut faite avec l'aide de MM. Bœckel, professeur agrégé, Gocbu et Elser.

Rien de particulier : avivement sur la ligne médiane; décollement des lambeaux; fils des deux points de suture antérieurs engagés par la fente bucconasale dans la narine gauche, où ils sont enroulés et fixés sur un bâtonnet transversal. Les lambeaux se trouvent ainsi maintenus dans une position horizontale et en contact avec les bords internes et dénudés de la voûte, aux bords de laquelle on espère les faire adhérer.

Le lambeau gauche, plus large et plus allongé en raison de la disposition du maxillaire de ce côté, était dans d'excellentes conditions de réunion. Le lambeau droit, plus étroit et plus court, ne se continuait en arrière qu'avec une portion arrondie et comme circulaire de la portion restaurée du palais.

Lors de la première opération, le lambeau de ce côté était resté trop abaissé au-dessous de la voûte, et n'ayant pas adhéré aux os dans une étendue de 6 millimètres environ, il s'était cicatrisé isolément, laissant, comme nous l'avons fait remarquer, un trajet fistuleux.

Lorsque le périoste antérieur de la voûte vint à être décollé, le lambeau eut la forme d'un éventail, étroit et comme étranglé en arrière, plus large en axant, et l'on pouvait craindre que la nutrition fût compromise. Il n'en fut rien, et les lambeaux restèrent parfaitement nourris.

L'opération fut très-bien supportée par le malade, et l'ouverture buccale semblait presque entièrement comblée.

27 août. Bon état.

28 août. Le fil antérieur ulcère les lambeaux et les rapproche à peine.

29 août. Les lambeaux n'ont pas contracté d'adhérence avec la voûte, et ils tombent sur la langue, n'étant plus soutenus par les fils.

On a recours à une lame de plomb taillée sur la forme de la voùle et percée

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de deux trous, antérieurement et en dehors, pour y passer un fil dont l'anse répond à la concavité de la plaque, et dont les deux extrémités se dégagent de chaque côté et sont ramenées par la narine gauche. Il a fallu plusieurs tâtonnements avant d'obtenir un résultat satisfaisant. On a essayé une plaque percée de quatre trous et soutenue avec deux fils. On a voulu passer la moitié des fils dans chaque narine.

Les premières plaques avaient été dès l'abord assez petites, d'autres étaient plus longues, mais celle du dernier modèle avait les dimensions suivantes : largeur, 0m,023; entre les deux trous, 0m,018; longueur, 0m,04. Cette plaque avait été rendue concave du côté buccal, convexe supérieurement pour embrasser plus exactement les surfaces en contact.

5 septembre. La réunion médiane manque dans la plus grande étendue des lambeaux, dont les bords internes se relèvent vers la cavité des fosses nasales, en s'imbriquant de manière à ne plus se toucher que par leur face inférieure, ce qui semble peu favorable à leur adhésion.

i L'indication serait de les repousser an bas au moyen d'une pression exercée par les fosses nasales, le long d'une ligne horizontale représentant la voûte absente, afin que, rencontrant un point d'appui, ce mouvement d'ascension et d'obliquité fût arrêté.

Le lambeau droit suppure dans presque toute sa longueur, et ne paraît contracter que de faibles adhérences.

On ne peut se dissimuler que la présence incessante du mucus nasal, qui tend à s'introduire entre les surfaces des plaies par la double action de la pesanteur et des mouvements respiratoires, ne soit un grand obstacle aux réunions immédiates ou consécutives, et le mucus et le pus s'accumulant sur les plaques métalliques buccales y produisent un effet défavorable. Il faudrait donner à ces liquides un moyen d'écoulement ou les enlever plusieurs fois par jour.

9 septembre. L'ouverture fistuleuse a été cautérisée au nitrate d'argent, et l'on dispose le bord de la plaque de plomb de manière à comprimer directement celle partie reconstituée de la voûte, afin de. la repousser de bas en haut, et de maintenir dans un contact permanent la portion externe du lambeau périoste, avec le bord correspondant de l'ouverture osseuse.

Ce résultat a été obtenu, et l'orifice s'est trouvé fermé.

On retire ce même jour la plaque de plomb, qui avait parfaitement agi depuis sa dernière application. La réunion paraît avancée. Les lambeaux tiennent bien, les granulations sont de bonne nature. L'ancienne réunion médiane des deux lambeaux est parfaite, et il ne reste d'ouverture antérieure qu'à droite, là où le lambeau, nécessairement trop court puisqu'il L'était avant d'être détaché et qu'il a dû se rétracter encore, laisse une petite fissure.

Ce lambeau s'est reporté vers la ligne médiane de près d'un centimètre, et cette portion dénudée de la voûte est déjà recouverte par des granulations nées sur les surfaces osseuses; à gauche, le lambeau a été moins entraîné en dedans.

L'enfant n'a pas souffert un instant depuis ces derniers jours et va très-bien; ou nettoie et l'on réapplique la plaque,

18 septembre. On recommence l'opération du bec-de-lièvre droit, mal faite ou mal réussie à l'époque de la naissance.

L'enfant a été chloroformisé, et six épingles ont assuré la réunion.

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Le 10. Bonne nuit, peu de gonflement. On a desserré et changé de place le Imndage compressif, et enlevé une bandelette céralce tendue sur la plaie et la repoussant en arrière dans le but de favoriser et assurer les adhérences postérieures.

On enlève trois épingles, la deuxième, troisième et cinquième; la peau est un peu rouge, mais sans inflammation ulcérative; on la recouvre avec un taffetas au eollmlion. On laisse en place les (ils qui entouraient l'épingle n° 5.

Le 20. On retire Les fils, à l'exception d'un seul appartenant h la suture n° 5. La peau est à peine entamée à gauche, Application d'une petite bandelette au collodion. L'épingle n° 6 et les fils sont détachés. La réunion est en bon état. Nouvelle bandelette de collodion et grande bandelette superposée.

L'épingle n' 1 est extraite avec ses fils. La peau est intacte, un peu ulcérée au pourtour de l'épingle, à gauche. On la recouvre avec un morceau de taffetas au collodion, en forme de triangle V, dont l'angle supérieur s'enfonce dans la narine. Une large bandelette transversale soutient le tout.

Il ne reste plus que l'épingle n° a, dont on retire les fils, à l'exception du supérieur. Aucune trace d'ulcération, Bandelette agglulinative.

Fig. 71.

Nonobstant ces apparences favorables, on doit noter que la totalité de la lèvre est tuméfiée et douloureuse à la moindre pression. Des croûtes dures et assez fétides se sont formées en arrière de la lèvre, dont la face postérieure ne s'est pas franchement réunie à la plaie du contour maxillaire.

Le 21. L'enfant continue l'usage de ses pelotes à compression clans l'intervalle de ses repas, et il en éprouve du soulagement.

URANOPLASTIE PfiRIOSTIQUE. 067

On retire l'épingle n° 5, et on la remplace par des bandelettes de coll/odion.

Le 25. On réappliqne les baiulelelles au eollodion avec beaucoup de soin, el l'on continue l'usage des pelotes.

La peau s'est écartée de la largeur d'un millimètre environ, et offre une ligne rougeàtre; on la rapproche avec des bandelettes. Quoique ce soit le septième jour de la réunion, que la lèvre soit épaisse, très-peu enflammée et immobile, la réunion est encore évidemment peu solide, et se détruirait facilement.

Ou laisse les bandelettes en place ; pas de suppuration, quelques écailles de sang desséché; continuation d'un état de santé excellent.

Le 28, guérison complète; lèvre parfaitement reformée, haute, épaisse, solide. La ligne cicatricielle restera très-peu apparente.

L'enfant retourne chez lui, d'où il reviendra plus tard pour que l'on puisse apprécier les changements apportés par le temps dans la disposition des parties.

La voûte est complète, parfaitement reformée; le point fîstuleux droit a disparu, et il ne reste en avant qu'une fente linéaire de 0m,01 s'ouvrant dans la fosse nasale gauche correspondante.

L'os incisif s'est rapproché à droite du contour maxillaire, de manière à faire cesser l'écartement, et la trace de cette réunion est indiquée par une sorte de ligne rougeâtre au point de jonction des deux muqueuses. L'enfant parle beaucoup plus distinctement, et se fait aisément comprendre; la mastication et la déglutition s'opèrent aisément sans retour des aliments ni des boissons par le nez; la santé est parfaite, et les traits ont repris assez de régularité pour ne plus frapper désagréablement la vue (voy, fig. 71).

Conclusions. — Il résulte des faits et des détails précédemment exposés, que l'uranoplastie doit devenir une opération usuelle, même dans les cas les plus compliqués. Il suffit que les deux moitiés conservées de la voûte osseuse aient assez de largeur pour fournir des lambeaux périostés capables, par leur affrontement sur la ligne médiane, de couvrir et de fermer la fissure et d'en dépasser les bords.

On ne saurait songer à laisser intactes les grandes artères palatines, comme l'avait supposé M. le professeur Langenbeck, et la division de ces vaisseaux ne compromet pas la vitalité des lambeaux.

L'opération pourra se pratiquer en deux temps : on commencera par réunir la moitié postérieure de la voûte et le voile du palais, et l'on avisera plus tard à l'occlusion antérieure de la voûte.

Avant toute manœuvre opératoire, il sera avantageux de faire mouler avec soin l'arcade dentaire supérieure et la fissure médiane, afin de se rendre un compte exact de la disposition des parties, et de pouvoir, si l'indication s'en présente, faire fabriquer des plaques de soutien et de pression destinées à supporter

6C8 ANAPLASTIE.

les lambeaux et à les appliquer contre les surfaces osseuses, pour en favoriser l'adhérence et la régularité. Ces plaques, prenant leur appui sur les dents, pourraient Être enlevées à volonté et agir sur des points étendus ou limités.

Nos porte-suture et ceux de Langenbeck, de simples aiguilles courbes, paraissent suffire à toutes les exigences de la réunion.

Dans le cas de division de l'arcade dentaire, de mobilité et de projection de l'os incisif, il conviendrait de commencer le traitement par le refoulement en arrière de ce dernier os, au moyen d'une section triangulaire du vomer. On éviterait tout danger d'hémorrhagie en dénudant avec un grattoir les parties à exciser. J'ai montré que la laxité et le froncement des vaisseaux, quels qu'ils fussent, étaient le moyen le plus sûr d'arrêter immédiatement l'écoulement du sang, ou au moins d'y remédier promptement par des procédés très-simples, tels que la pression digitale ou l'emploi de quelque liquide hémostatique.

La restauration de la lèvre supérieure servirait à maintenir l'os incisif dans une situation régulière et à le réunir à l'un ou aux deux côtés de l'arcade dentaire.

On faciliterait ce mouvement en arrière et ces adhérences, en excisant de chaque côté une portion de l'os incisif, s'il était trop large, et le sacrifice de deux petites incisives latérales, presque toujours irrégulières et à peine développées, aurait peu d'inconvénient.

Il deviendrait ensuite possible de former des lambeaux pénostés aux dépens de la moitié antérieure de l'arcade dentaire, et de les affronter sur la ligne médiane, ou du côté où le vomer ne serait pas soudé, au bord correspondant du maxillaire. Si cette première opération restait incomplète, on pourrait, au bout de quelques mois, se servir du nouveau périoste reformé sur les os dénudés, pour assurer l'oblitération des fissures et des points fistuleux que l'on n'aurait pas pu éviter, et l'on compléterait ainsi la restauration de la voûte.

Les ressources fournies par le nouveau périoste doivent inspirer une grande confiance, et procurer aux chirurgiens des succès

inespérés. , ,

Après la guérison, les fonctions de la nouvelle voûte sont rétablies parfaitement.

Les aliments et les boissons ne passent plus par les fosses nasales la voix redevient distincte, et avec un exercice suffisant on parvient à apprendre aux nouveaux opérés La prononciation, a

URAN0PLAST1È SANS OSSIFICATION.

laquelle ils n'étaient pas habitués, de leur propre langue. C'est une étude semblable à celle de toutes les langues parlées, et il est reconnu que peu de personnes acquièrent un accent parfait, lorsqu'elles ne l'ont pas acquis dans leur jeune âge.

La grande majorité se trahit par un accent étranger. On ne saurait donc être plus exigeant pour les opérés de la staphylorrhaphie et de l'uranoplastie, et le chirurgien ne peut donner à cet égard que des conseils généraux.

XIX. — Uranoplastie, — Absence de toute régénération osseuse au bout de trois mois (1).

On sait que Langenbeck, continuant et perfectionnant les tentatives de Roux et de Dieffenbach , a eu l'heureuse hardiesse de détacher la totalité du périoste des deux moitiés divisées de la voûte palatine, et de se servir des lambeaux ainsi formés pour combler l'écartement des os, rétablir l'intégrité de la voûte palatine, et remédier à cette affreuse difformité. J'ai répété à la clinique de Strasbourg cette belle opération.

Mon malade, âgé de treize ans, a été opéré le 23 mai 1863 (2). Les lambeaux périostiques furent rapprochés et réunis sur la ligne médiane avec un plein succès, et, après la staphylorrhaphie faite quelques jours plus tard (30 mai), la difformité n'existait plus, et la voûte et le voile du palais étaient rétablis, à l'exception d'une étroite ouverture de 8 à 10 millimètres de longueur en arrière de l'os incisif. Il eût été de la dernière imprudence de vouloir terminer l'opération en un seul temps : les lambeaux périostiques n'auraient plus été suffisamment soutenus, et la division simultanée des grandes artères palatines et de la naso-palatinc ou palatine antérieure aurait rendu la mortification imminente. C'est le 26 août seulement, trois mois après les premières opérations, que nous avons détaché le périoste en arrière des canines supérieures et de la première petite molaire, pour combler la portion persistante antérieure de la fissure, et nous avons alors constaté avec M. le professeur Bœckel, M. le docteur Cochu, plusieurs autres confrères et les élèves de la clinique, qu'à ce moment la portion de*la voûte reconstituée depuis trois mois par les lambeaux pé-

(1) Communication à l'Académie des sciences, séunec du 31 août 1863 (Gaz. mëd. de Strasbourg, septembre 1863).

(2) Voyez l'observation détaillée, p. 657.

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riosliques n'offrait aucune trace d'ossification. Les tissus étaient souples, élastiques, dépressibles, sans dureté à la pression, et la pointe du bistouri promenée sur la surface nasale ou périostée du lambeau ne rencontrait pas le moindre noyau d'ossification.

Ce fait négatif ne démontre pas l'impossibilité absolue des régénérations osseuses par des lambeaux déplacés du périoste, mais il prouve du moins le peu d'importance que méritent les affirmations contraires, tant qu'elles restent dénuées des caractères scientifiques positifs et certains.

Si le périoste n'a pas ici reproduit d'os, nous devons reconnaître que l'os dénudé a reproduit du périoste, et les parties de la voûte palatine mises à nu par la dissection et le transport des lambeaux vers la ligne médiane se sont couvertes d'un nouveau périoste el d'une nouvelle membrane muqueuse dont il serait possible de tirer ultérieurement parti, dans le cas où quelques fentes ou pertuis fistuleux seraient à fermer.

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