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LUXATION DU I1RAS

Nouvel appareil de réduction des luxations comparé à V apport il ancien. — Il fallait pour réduire cette luxation un bandage exempt de ces défauts, et celui que j'imaginai me parut remplir louLcs les indications.

La première pièce, servant à la contre-extension, était destinée à soutenir et à fixer l'épaule; le plein en était placé sous l'aisselle ; une des extrémités remontait de là sur la clavicule, passait sur le bord supérieur du scapulum, l'épine de cet os, et allait se réunir, en croisant ainsi l'épaule, à l'autre extrémité qui s'étendait horizontalement derrière le dos. Chacune de ces extrémités supportait un anneau traversé par un lien dont les bouts étaient assujettis d'une manière immobile à un crochet de fer scellé dans le mur.

Cette première pièce de bandage était bien supérieure aux moyens adoptés en France et au bandage figuré dans l'ouvrage d'Astley Cooper. En France, et je parle ici de la pratique la plus commune, les moyens employés pour la contre-extension sont compliqués et difficiles : « Une pelote de forme oblongue », dit Boyer (1), « assez épaisse pour dépasser le niveau des muscles grand » pectoral et grand dorsal, sera placée dans le creux de l'aisselle; » un drap plié selon sa longueur servira de lacs pour la contre-ex- » tension; sa partie moyenne sera placée sur la pelote; ses extré- » mités, conduites un peu obliquement, l'une devant, l'autre der- » riôre la poitrine, seront croisées et tordues sur le sommet de » l'épaule du côté sain. Un égal nombre d'aides sera disposé autour » des extrémités de ce lacs, de manière à pouvoir résister aux efforts » de ceux qui sont chargés de l'extension. Une serviette pliée selon » sa longueur sera employée à retenir la partie supérieure de l'omo- » plate, et pour cet effet, sa partie moyenne étant appliquée sur le » bord saillant de l'acromion, ses extrémités seront ramenées obli- » quement, l'une en devant et l'autre en arrière, vers le bras et le » côté opposé du thorax; les deux extrémités de ce dernier lacs » seront confiées à un aide, situé derrière le malade, qui sera » chargé de les tirer dans le sens de leur direction. Enfin un autre » aide maintiendra ce lacs et l'empêchera de glisser en haut, en » appuyant avec la paume de la main sur sa partie moyenne. »

De nombreuses objections s'élèvent contre ce mode d'opérer : la contre-extension mérite peu ce nom dès qu'elle est confiée à des aides nombreux qui en altèrent le caractère. Les lacs glissent, se déforment et tendent à se rouler sur eux-mêmes; le coussin placé

(1.) Boyer, Chirurgie, t. IV.

dans l'aisselle n'appuie pas exactement sur le bord antérieur de l'omoplate, qui échappe à son action ; le malade n'est pas soutenu; s'il se renverse, se jette de côté, se débat, l'opération est arrêtée; s'il est rempli de résignation et de patience, la contre-extension n'étant pas fixe, il se trouve ballotté en avant et en arrière, selon que les forces extensives augmentent ou faiblissent; le corps ne conservant pas la position convenable, l'opération est encore momentanément suspendue (1).

Le bandage indiqué par Astley Cooper me paraît bien supérieur; on pourrait en donner une idée en disant que le bras luxé, est engagé jusqu'à l'épaule, dans le milieu d'une bande fendue proportionnellement au volume du membre ; les extrémités de la bande sont ramenées en avant et en arrière du thorax, sur l'épaule du côté sain, ou on les unit par un nœud, et elles déterminent une direction unique, suivant laquelle s'exerce la contre-extension. Ce bandage aussi simple qu'ingénieux me^ paraît cependant susceptible de varier dans sonaction selon les mouvements du malade. La clavicule, l'acromion et l'épine du scapulum sont en outre très-faiblement maintenus.

Le bandage dont je me suis servi offre aussi une contre-extension unique, déterminée par la résistance du point fixe; l'action ne peut en être inégale, car elle se fait uniformément sentir sur les bords antérieur et supérieur du scapulum, sur l'épine de cet os et la clavicule. Le malade est si bien fixé et contenu, que ses mouvements volontaires ou accidentels restent sans influence sur le cours et le résultat de l'opération, comme nous en aurons plus loin la preuve.

Une seconde pièce d'une forme ovalaire et de huit pouces de longueur, devait encore servir à assujettir l'acromion; le milieu ou plein devait en être placé sur cette apophyse, les deux extrémités portées en avant et en arrière de l'épaule étaient garnies d'anneaux; les liens qui y étaient attachés passaient [dans des poulies fixées au plancher, et permettaient l'emploi de toutes les forces nécessaires à abaisser l'omoplate du haut en bas, et un peu de dehors en dedans. Cette seconde pièce de bandage ne servit pas au but que nous nous étions proposé, et qui se trouva suffi-

(4) Je ne sais pourquoi la contre-extension fixe, que l'on trouve figurée dans les planches de l'ouvrage d'Ambroisc Parc, avait été abandonnée: de nos jours, on commence à y revenir, et l'on voit dans prieurs amphithéâtres de gros an- 111 -I- fer scolks dans la muraille destinés à cet usage

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