LUXATIONS DU BRAS. - NOUVELLE VARIÉTÉ
enfin j'appelai intercostale une septième variété signalée par le baron Larrey.
Cette division plus ou moins modifiée par MM. Velpeau, Laugier, Pétrequin, etc., a été généralement adoptée parce qu'elle embrassait les faits antérieurs, sans exclure ceux que l'observation pouvait révéler, car bien que la nature se charge de réaliser toutes les lésions imaginables, et que l'on puisse jusqu'à un certain point les prévoir et devancer ainsi l'expérience, la science condamne ces procédés trop faciles qui détruisent toute confiance et toute certitude, et qui ont si longtemps arrêté ses progrès en mêlant des théories fausses et ridicules aux appareils les plus ingénieux.
Nous nous étions donc borné à des études d'observation positive, en tenant compte des caractères spéciaux et des nuances particulières qui donnent à chaque fait une physionomie et une valeur distinctes, et nous continuons ce travail en venant vous montrer une variété nouvelle de luxation du bras en bas et en avant, qui n'avait pas encore été rencontrée et qui mérite de prendre rang parmi celles que nous connaissons déjà.
Dans cette luxation, en effet, le bras est déplacé directement en bas et en avant, puisque la tête de l'humérus est située à 13 millimètres au-dessous du bord inférieur de la cavité glénoïde, et qu'elle est appuyée sur la lèvre antérieure de la côte de* l'omoplate, qu'elle dépasse en dedans et en avant de 15 millimètres environ. Tels sont les deux principaux caractères que nous avions assignés aux luxations axillaires, et cependant celle qui nous occupe ne saurait porter ce nom, car elle ne s'était pas opérée dans l'aisselle proprement dite, comme cela avait toujours été observé. Au lieu de s'échapper de la cavité glénoïde en avant des muscles grand dorsal et grand rond, de manière à se trouver dans l'espace axillaire, la tête de l'humérus s'est portée plus directement en arrière dans l'intervalle des muscles sous-épineux, et petit rond v d'une part, grand dorsal et grand rond y de l'autre, et s'est placée sous la face postérieure de ces derniers muscles où elle est restée fixée, sans aucun contact avec le muscle sousscapulaire, et fortement pressée contre la longue portion du triceps r, dont quelques fibres ont été rompues à leur insertion. L'extrémité supérieure de l'humérus se trouvait donc en arrière des parties molles de l'aisselle et en avant du scapulum, par suite de ce genre de déplacement qu'on peut reproduire facilement sur le cadavre, si l'on avait quelque peine à le comprendre.
o:)0 LUXATIONS.
La tétc numérale dans ses nouveaux rapports n'avait aucun contact direct avec le scapulum, et n'étant recouverte en arrière que par les téguments, elle offrait quelques-uns des caractl des luxations postérieures. Mais avant d'entrer dans ces considérations, nous exposerons le l'ait avec les détails qu'il nous paraît comporter, et que nous avons puisés dans l'inspection anatomique et dans les commémoratifs qui nous ont été transmis par M. .Tobert (de Lamballe), à l'obligeance duquel nous devons la pièce patbologique qui fait le sujet de celte communication.
Observation. Femme de soixante ans. Luxation du bras droit résultant d'une chute d'un cinquième étage . Fracture du crâne. — La malade, ayant été portée i l'hôpital Saint-Louis, on réduit facilement la luxation, dont le caractère le plus remarquable était l'élévation du bras, dirigé en dehors dans une position presque horizontale. Mort le lendemain par suite des lésions du crâne.
E.i amen anatomique de l'épaule luxée, — Téguments intacts, épanchement sanguin dans le tissu cellulaire de la face postérieure de l'épaule.
Muscles. — Le deltoïde est normal ; en le détachant de l'humérus et en le renversant de bas en haut, on met l'articulation à découvert. Les muscles coracobrachial, et la courte portion du biceps, sont fortement tendus; le tendon de la longue portion du biceps est sorti de la gouttière bieipitale, dont les fibres canaliculaircs ont été déchirées, et il est placé en dehors et un peu en avant de la cavité glénoïdc. Les muscles sus-épineux, sous-épineux et petit rond, sont intacts, à l'exception du dernier, qui est en partie rompu au niveau de son insertion à l'humérus, tous trois fixés à la grosse tubérosité humérale, qui a été arrachée de la diaphyse de l'os. Le muscle sous-scapulairc intact ne présente aucun rapport avec l'humérus luxé.
La longue portion du muscle triceps est soulevée et repoussée en arrière par la tête de l'humérus, qui est située au-devant et au-dessous d'elle de manière que ce muscle, dont les fibres ont été déchirées dans le tiers de leur épaisseur, correspond au col de l'humérus, qu'il embrasse et contribue à fixer.
Les muscles grand rond et grand dorsal y offrent quelques ruptures partielles, dans leur contact avec la tête humérale qui les a excavés en les pressant contre le muscle sous-scapulaire, qu'ils préservaient de tout rapport immédiat avec
l'humérus. .
j(. ligament capsulaire a été complètement séparé de ses Insertions a 1 numérus, l l'exception du point où il se confond avec le tendon du muscle sous-sc f
pulairc. .
Ce ligament représente en conséquence une espèce de sac ouvert a son extrémité inférieure ou humérale, attaché en haut au pourtour glénoïdien, refoule en bas et en arrière par la tête de l'humérus, et tenant suspendue en avant la grosse tubérosité humérale, arrachée dans sa totalité du reste de l'os.
Le ligament acromio-coracoïdien est normal, mais le prolongement aponcvrotique dont on a voulu faire des ligaments particuliers, et qui part de 1 angle