‹ Contributions a la chirurgieChapitre 51 sur 198 · FRACTUMS DE L'EXTRÉMITÉ INFÉRIEURE DU RADIUS · texte numérisé non relu

FRACTUMS DE L'EXTRÉMITÉ INFÉRIEURE DU RADIUS

I, Nouvelle méthode de traitement des fractures de l'extrémité inférieure du radius (1).

Les nombreux et importants travaux publiés sur les fractures de l'extrémité inférieure du radius n'en ont pas encore complété l'histoire, et tous les praticiens savent les diflicultés que Ton éprouve à guérir ces sortes d'accidents sans difformité et sans gûne, plus ou moins considérable, des mouvements de la main. L'insuffisance de l'art en montrait l'imperfection et réclamait de nouvelles recherches.

Si cette appréciation était contestée et qu'on fît remarquer l'assurance avec laquelle chaque auteur a proclamé la conslancc de ses succès, nous retournerions cette objection contre ceux qui nous l'adresseraient, car il est certain qu'on n'aurait pas multiplié les procédés de traitement et les explications théoriques, si Ton eût été satisfait des résultats obtenus. On peut hardiment affirmer qu'on s'occupe d'autant moins d'un sujet qu'il est plus connu et touche davantage à la perfection, et dès l'instant qu'on accumule procédés sur procédés pour la cure d'une lésion, c'est que le vrai remède n'en a pas encore été découvert.

On est malheureusement obligé de reconnaître qu'en général, chaque inventeur s'abuse et abuse les autres sur la valeur de ses propres travaux, et l'histoire des fractures du poignet en est un exemple. Dupuylren annonçait qu'au moyen de son attelle cubitale, on parvenait à guérir ces fractures sans aucune difformité et sans aucune gêne dans les mouvements de l'articulation radiocarpienne; et trente ans plus tard, après qu'on eut reconnu les inconvénients et le peu de succès de ce procédé, Malgaigne annonçait à son tour qu'en suivant quelques modifications trèscontestables dont il était l'auteur, il avait toujours trouvé cette fracture une des plus faciles à guérir, sans roideur, sans difformité, et sans la moindre gêne dans les fonctions ultérieures du membre.

Velpeau montrait clairement son peu de confiance dans de telles promesses en renonçant à l'application d'aucun appareil, convaincu par l'expérience, disait-il, que les malades étaient encore plus gravement estropiés, quand il les traitait, que dans le cas où il les abandonnait aux ressources de la nature, la main

(1) Gomm. à la Soc. de méd. tic Strasbourg, 5 février 1852.

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simplement appuyée sur un coussin. (Voyez ses Leçons cliniques. )

On peut lire dans le compte rendu d'une leçon de M. le professeur Gosselin, par M. Maximin Lcgrand (Union médicale, 12 novembre 1867), l'bistoire d'un malade atteint d'une fracture consolidée de l'extrémité inférieure du radius avec une dilformilé caractéristique du poignet, et où ce résultat est déclaré très-satisfaisant, en raison de la conservation des mouvements. La perfection de l'art consisterait donc à ne pas traiter ces fractures ! Quelle impuissance et quel aveu après deux mille ans d'étude et d'expérience! Les protestations sont heureusement permises contre une appréciation si peu fondée et si peu soutenable, et il suffit de faire remarquer combien les lésions désignées sous un même nom sont en réalité variables.

Dans les fractures du poignet, le radius peut être brisé plus ou moins obliquement, dans un sens ou dans un autre, présenter deux ou plusieurs fragments, avec déplacements, mobilité ou pénétration réciproque. N'est-il pas dès lors évident que le précepte de s'abstenir de tout traitement est irrationnel, et ceux qui s'en font l'écho ont heureusement la ressource de répondre à c objections : qu'on ne les a pas compris.

On ne peut sortir de ce dédale d'appréciations contradicio.n , qu'en démontrant la supériorité d'indications basées sur de^ faits anatomiques et pathologiques incontestables. Les observation, les plus intéressantes sont négligées et perdues, si elles ne se rattachent pas à une doctrine et si la théorie y fait défaut.

Voici les considérations sur lesquelles nous appuyons notre méthode de traitement :

1» Le radius, dans ses mouvements de rotation, entraîne la main, et varie de longueur relativement au cubitus.

Lorsque les deux os sont placés parallèlement comme ils le sont, en partie au moins, pendant la supination, le radius présente son maximum de longueur par rapport au cubitus, et devient successivement plus court au fur et à mesure qu on le ramène dans la pronation. Le radius croise alors le. cubitus, et, comme il reste appuyé en haut contre l'humérus sa brièveté relative est en raison de son éloignement du parallélisme.

Nos confrères MM. Jaillot et Gasté ont constaté que l'extrémité radiale descendait constamment plus bas en supmato» qu'en pronation. Le maximum de l'allongement a été de 10 et le

FRACTURES DE L'EXTRÉMITÉ INFÉRIEURE DU RADIUS. 399 minimum de 5 millimètres, sur dix cas recueillis sur des adultes bien conformés.

Irc MENSURATION. II0 MENSURATION. IIP MENSURATION.

Supination. Pronation. Différence. Supination. Pronation. Différons. Supination. Pronation. Différence.

cent.

cent.

cent.

cent.

cent.

cent.

cent.

cent.

cent.

Ces mesures ont été prises sur le squelette de membres thoraciques maintenus en rapport dans leurs différentes parties par les ligaments qui avaient été mis a nu.

Première mensuration. — Depuis l'extrémité de Tolécrâne jusqu'à l'extrémité de l'apophyse styloïde radiale. Pour l'obtenir, on fixe l'humérus dans un étau, de sorte que l'extrémité antibrachiale de cet os soit tournée en haut, et que sa face postérieure soit inclinée sur l'horizon d'environ l\5 degrés; l'avantbras est alors naturellement dans sa plus grande flexion, et se trouve dans une position à peu près horizontale très-commode pour les mensurations à prendre en arrière. On mesure alternativement l'avant-bras en supination et en pronation.

Deuxième mensuration. — Les points de repère sont encore l'extrémité de l'olécrâne et l'extrémité de l'apophyse styloïde radiale. L'humérus est fixé verticalement dans un étau, la tête de l'os dirigée en haut, l'avant-bras fléchi à angle droit sur le bras, et maintenu par un aide : on mesure alors le radius successivement en pronation et en supination.

Troisième mensuration. — Elle est prise depuis l'apophyse coronoïde du cubitus jusqu'à l'extrémité de l'apophyse styloïde radiale. L'humérus et les os de l'avant-bras sont maintenus comme dans le deuxième procédé (1).

(1) Gasté, Considérations sur les fractures de l'extrémité inférieure du î'adius, thèse de Strasbourg, 1852, u° 247.

m FRACTURES.

i „ antre effet résulte des mômes mouvements. Si l'on tire une ligne transversale d'un bord à l'autre du muscle carré pronaleur après avoir mis l'avanL-bras en supination complète, on la trouve chez l'adulte de 0B,055de longueur. Si l'on répète la môme mensuration en pronation, on ne rencontre plus que 0»,0S5 d'intervalle. Le muscle carré pronaleur subit donc un relâchement de 0m,020 sur 0m,055, ce qui est proportionnellement très-con-

sidérable.

Supposez que la consolidation de la fracture ait eu lieu en pronation vous vous expliquerez comment les mouvements de supination seront toujours gênés ou même abolis, comme on l'observe' malgré les assertions contraires, clans l'immense majorité

des cas.

T es ligaments antérieurs et le carré pronaleur, les seules parties'dont nous nous occupons en ce moment, seront raccourcis el indurés par le travail de la consolidation et par 1 immobilité qu'ils auront subie, et ne pourront s'allonger de 2 centimètres pour permettre la supination; dès lors ce dernier mouvement

Sel7mettêtéau contraire, que la fracture ait été traitée en supinatocomplète; la pronation ne sera nullement gênée par les m mes causes, puisque les ligaments antérieurs et le muscle l Z pronateur, mis et maintenus dans le relâchement, ne pourront faire obstacle aux mouvements. f Une autre considération mérite d'être signalée : Tous les chirurgiens, à partir de Dupuytren me usivemen o commis un contre-sens anatotmque en conseillant de placei la

"la Tain Tncîm"e d'autant plus aisément sur le cubitus que le radTu dépasse davantage ce dernier. La surface ar ticula.r cVptine de'l'avant-bras représente alors une ligne oblique ■ e b7 n haut et de dehors en dedans, ou du radius vers le cub us, e a m in est portée vers le cubitus avec d'autant plus defach£ » iWs de longueur du radius est plus prononce. La difloi mité dont nousTons signalé le danger devient ainsi la consé.

TfCmtdUerou",econsidérer que la main tend toujours, parsoo propr^ ds ct la disposition de ses muscles, à se renverser 1 P ■ , Plie entraîne dans ce sens le fragment inférieur du PVr, e \f ait b u eren avant sur le fragment supérieur.

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