FRACTURES DE L'EXTRÉMITÉ INFÉRIEURE DE L'HUMÉRUS
Obs. III (1). Fracture de l'extrémité inférieure du radius. — Salle 19, n° 17. Rouet (Pierre), colon d'Oslwald, âgé de douze ans, est entré le 24 décembre 1851 à. l'hôpital mil de Strasbourg: ce jeune garçon fil la veille, sur la glace, une chute sur le poignet droit et > sentil un craquemenl : puis survint une douleur très-vive ef du gonflement. On constate une fracture du radius à h centimètres au-dessus de l'apophyse styloïde du radius ; légère dépression au niveau de lo fracturejen arrière le fragment inférieur fait un peu saillie; du reste, il n'j a presque pas de déplacement. Les mouvements sont douloureu? j le mouvement de pronation semble augmenter en arrière la saillie du fragment inférieur. On perçoit bien la crépitation. — Prescription : fomentation d'eau blancbe.
27 décembre. Au quatrième jour, le gonflement a disparu; on applique un appareil inamovible qui maintient le membre en supination.
2fl décembre. L'appareil est bien supporté.
21) janvier. On enlève l'appareil; la fracture est parfaitement consolidée. On ne sent plus qu'une très-légère saillie au siège de la fracture. Tous les mouvements de la main soiit parfaitement libres. Rouet sort le 30 janvier.
U. — Double fracture de l'extrémité inférieure de l'humérus.
Double fracture de l'extrémité inférieure de l'humérus : l'une, transversale et oblique, simulant la luxation du coude en arrière ; l'autre, latérale interne, atteignant l'épitrochlée de haut en bas et de dedans en dehors. — Guérison avec conservation des mouvements (2).
Le malade était tombé sur le coude gauche, et l'épitrochlée avait particulièrement porté sur le sol. A la suite de cette chute, les mouvements volontaires de l'articulation avaient été- presque entièrement abolis par la douleur et parles changements survenus dans celte partie du membre.
Malgré la sensibilité et le gonflement, on avait constaté un raccourcissement assez appréciable du membre supérieur par l'élévation de. l'olécràne, dont la saillie en arrière de l'humérus était manifestement anormale et analogue à celle que l'on rencontre dans les luxations du coude en arrière (luxation radio-cubitohumérale postérieure).
On avait admis l'existence de cette espèce de luxation, ef l'on avait essayé de la réduire par des tractions directes et en ligne droite sur l'avant-bras. Un craquement distinct s'était fait entendre, et la saillie de l'olécràne avait disparu, en même temps que l'articulation reprenait des formes plus régulières. On avait dès lors supposé la luxation réduite; mais on s'était aperçu qu'elle se reproduisait dès qu'on mettait l'avant-bras dans la flexion, et qu'il était impossible de maintenir le membre dans cette position en raison de la difformité articulaire, qui reparaissait alors, malgré toutes les précautions du chirurgien, On s'était décidé à
(1) Recueillie d1 communiquée par M. Faudel, interne.
(2) Gommunicalion à la Société de médecine de Strasbourg (août 1863).
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placer le membre dans une extension complète et à le fixer entre deux attelles antérieure et postérieure entourées d'un bandage contentif.
Lorsque ces détails me furent connus, je n'eus pas de peine a déclarer que l'on n'avait pas eu à remédier à une luxation, mais à une fracture, qui pouvait seule expliquer les symptômes précédemment énumérés.
La disposition de l'apophyse coronoïde autour de la poulie humérale ne permet pas au cubitus de se luxer en arrière de l'humérus dans la position fléchie de l'avant-bras sur le bras, et nous avons posé en règle, dans nos travaux sur les luxations, de ne jamais commettre la grave erreur de vouloir entourer le coude d'attelles, à la suite de luxations simples en arrière, comme je l'ai vu faire souvent à des hommes d'un grand renom. On sait que nous proscrivons avec rigueur tous les bandages inutiles, et dans les luxations en particulier nous avons montré qu'à la suite des réductions il suffisait habituellement de donner aux membres une direction opposée à celle du déplacement pour prévenir tout danger.
Dans le cas actuel, il eût fallu nécessairement que l'apophyse coronoïde eût été fracturée pour que la luxation se reproduisît pendant la flexion de l'avant-bras sur le bras, et rien ne permettait de supposer qu'il en fût ainsi, ni le mécanisme de la chute, ni aucun autre symptôme.
A. Cooper avait déjà appelé l'attention des chirurgiens sur la facilité avec laquelle on peut confondre une fracture oblique d< s condyles de l'humérus avec une luxation du coude en arrière. Les symptômes, disait l'illustre chirurgien, sont exactement les mêmes, mais on les distingue en ce que, dans le cas de fracture, l'extension faite sur l'avant-bras fait disparaître tous les signes de la luxation, qui se reproduisent aussitôt que l'extension est suspendue.
Il était donc, à priori, extrêmement probable que le malade avait été atteint d'une fracture de cette espèce. Je l'examinai dans cette prévision, et je constatai l'exactitude des remarques que nous avons déjà exposées. Aussitôt que l'avant-bras était Jléchi à angle droit et souvent même avant ce degré de flexion, le déplacement du coude en arrière se reproduisait avec un bruit de frottement sourd qui ne ressemblait pas à celui de la crépitation ordinaire de deux fragments osseux en contact, hn étudiant le phénomène, je m'aperçus que le déplacement était