FRACTURE DU COU-DE-PIED. — RÉSECTION
mobiles ou même la totalité de l'os. On se bornerait à en détacher la couche osséo-caftilagineusê supérieure ou libiale, si l'on ne constatait pas de fracture, et que l'opération n'entraînât ni trop de délabrements, ni trop de difficultés.
5» Les fibro-cartilages articulaires se séparent des os subjacents en totalité ou en partie, dans les articulations ouvertes et suppurées, et jouent alors le rôle de corps étrangers, ou sont absorbés sur place. Ces changements exigent habituellement un temps assez long, et l'on peut espérer l'abréger par la résection.
6° La conservation du périoste de l'extrémité des os de la jambe et des malléoles n'aurait aucun avantage, et peut être négligée.
7° Parmi les indications curatives auxiliaires, l'immobilité tient le premier rang. La réduction doit être complète et le pied maintenu à angle droit sur la jambe, et très-légèrement incliné en dedans, comme il l'est naturellement.
8° Les attelles plâtrées, embrassant la partie postérieure de la jambe, le talon et la face plantaire du pied, semblent les meilleurs moyens de contention. Il est nécessaire de les doubler de coton et de les recouvrir d'un vernis imperméable pour en empêcher le ramollissement. On les renouvelle dès qu'elles étranglent les parties, font obstacle au libre écoulement du pus, ou cachent des lésions (ulcérations et abcès) qu'il importe au chirurgien de reconnaître et de combattre.
9° L'ankylose est en général le résultat le plus désirable à obtenir. Chez les jeunes gens, cependant, et lorsque les plaies se sonl fermées rapidement et sans accidents, on pourrait tenter la formation d'une pseudarthrose, par des mouvements provoqués et renouvelés. Les cellules régénératrices restant à l'état fibreux et flbro-carlilagineux, une certaine mobilité s'établirait entre le tibia et l'astragale, et remplacerait au moins en partie la jointure du cou-de-pied. Dans tous les cas, les articulations médio-tarsienne ' et aslragalo-scaphoïdienne aident par leur laxité au rétablissement des usages du membre, et la marche, favorisée par un talon un peu élevé, s'exécute facilement.
10° Nous ne parlons pas des accidents ordinaires, primitifs et consécutifs, si fréquents à la suite de luxations compliquées du pied; l'histoire eu est tracée dans tous les ouvrages de chirurgie, et les procédés que nous avons proposés ont pour but de les prévenir.