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CANCER DE LA BASE DE LA LANGUE

reuse, la plus facile et la plus sûre de celles qui ont été proposées dans des conditions semblables à celles où elle était entreprise.

La section verticale, ou celle en <j de la mâchoire inférieure, en permet un ccartement très-considérable. Le sang coule nu dehors sans gêner la respiration, t'hémorrhagie est aisément prévenue, et le chirurgien, voyant et touchant les parties malades, enlève les tissus altérés, et l'opération devient aussi simple qu'elle était autrement périlleuse et semée d'écueils.

Quelques objections m'ont cependant été faites, et elles me semblent confirmer plutôt qu'infirmer celte opinion.

1° La division des commissures labiales, si l'on voulait y recourir, ne changerait pas les rapports des arcades dentaires et ne donnerait pas un espace suffisant pour l'emploi des instruments. L'arrière-bouche et le larynx continueraient à représenter le point le plus déclive de la plaie, et le sang, en s'y accumulant, produirait de la suffocation et forcerait à suspendre à chaque instant les manœuvres opératoires.

2° La section de l'os offre peu de danger. On enlève chaque jour des portions altérées de la mâchoire, et la guérison n'en a pas moins lieu.

3° La réunion des lèvres n'est pas douteuse.

h" L'immobilité des deux branches de la mâchoire pourrait être assurée par des appareils variés. Ceux de gutta-percha et d'autres proposés pour les fractures seraient parfaitement applicables, et l'un de mes confrères, M. Schuré, en avait mis un à ma disposition.

5° La plus grande étendue des plaies ne saurait entrer en parallèle avec la sécurité et la simplicité de l'opération.

6° Enfin, nous n'avions à redouter ni la rétraction de la langue, ni une fistule salivaire, puisque le muscle génio-glosse droit était ménagé, et que la glande sous-maxillaire et le conduit de Wharlon étaient reslés complètement intacts.

7° La véritable objection repose sur les dangers de la récidive, et nous n'avons pas dissimulé notre opinion à ce sujet.

VII. — De la section de l'os maxillaire inférieur pour l'opération du cancer de la base de la langue, et pour l'ablation de quelques tumeurs, supposées inaccessibles, de l'arrièrebouche (t).

Là principale objection adressée à la section de l'os maxillaire inférieur, pratiquée dans le but. de faciliter et de permettre l'abla-

(1) Gazette médicale de Strasbourg, juillet 1848.

lion de quelques tumeurs, supposées inaccessibles, de l'arrièrebouche, était la non-consolidation des deux segments osseux. 11 suffi t en effet que les muscles génio-glosses, génio-hyoïdicns, mylohyoïdiens, glosso-hyoïdicns, digastriques, aient été inégalement atteints à droite et À gauche de la ligne médiane, pour que chaque coté de la mâchoire tende à être porté en sens différents, par suite d'une moindre résistance des muscles antagonistes, masséter, temporal, ptérygoïdiens. De là une cause d'écartementetde mobilité des fragments, défavorable à la production d'un cal régulier. Les divers appareils recommandés pour les fractures de la mâchoire, par Houzelot, Schreger, Butenick, Kluge et Bush, sont d'une application et d'un usage difficiles (1). La compression établie sur l'arcade dentaire d'une part, et de l'autre sur le contour inférieur de l'os, est presque toujours sans efficacité. Exercée avec force, elle ébranle les dents, irrite les alvéoles, détermine de la douleur et devient insupportable, tandis qu'une moindre constriction de l'appareil est insuffisante. La ligature des dents voisines, avec un fil de soie ou de métal, ébranle et compromet ces organes. Les bandages en fronde se relâchent et ne produisent pas toujours l'effet désiré. Cependant on aurait tort, comme nous le prouverons par l'observation qui fait l'objet de cette note, de déclarer la consolidation impossible, dans le cas même où l'on n'aurait pas recours à des moyens d'une action plus assurée. Les nombreuses fractures de la mâchoire par plaies d'armes à feu, dont on a obtenu la guérison, le succès des résections partielles du même os, ne sauraient laisser aucun doute à ce sujet

Nous avons proposé et employé une sorte de pince plate, dont les mors très-courts, serrés par une vis, servaient à embrasser et à maintenir dans une immobilité parfaite les deux fragments. La pince, ne saisissant que les angles inférieurs de la section osseuse, restait en partie cachée dans la plaie du cou, et les malades pouvaient facilement parler et même se livrer à des mouvements répétés de mastication, sans gêne ni douleur. Nous avions préféré ce procédé à l'usage d'une petite tige de platine introduite entre les deux angles inférieurs des fragments, et à une agrafe de même métal implantée de chaque côté dans les segments osseux et passant de l'un à l'autre.

Dernièrement, nous avons eu recours à un moyen beaucoup plus simple d'assujettir les deux moitiés du maxillaire. Au lieu de

(1) Voyez Gaujot, Arsenal de la chirurgie contemporaine. Paris, 1868.

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