XII. — Tumeurs kystiques pseudo-purulentes
Le microscope a permis de rapporter à leur véritable nature des tumeurs dont le contenu ressemblait si bien à un hquide purulent, qu'on les classait parmi les abcès. Cependant la lenteur de leur développement, leur indolence;leur siège, leur innocuité, avaient parfois entraîné les chirurgiens à diagnostiquer un kyste sébacé ou séreux, un encéphaloïde au début, un fibrome trèsélastique, et l'on était ensuite fort étonné de trouver du pus.
On sait aujourd'hui, grâce à l'examen microscopique, que ces liauides blancs, crémeux, homogènes, peuvent ne pas renfermer un seul globule purulent, et être simplement composes de globules graisseux formant une sorte d'émulsion. Nous avons rencontré plusieurs cas de ce genre, et le microscope a fiut cesser le désaccord inexplicable que nous observions entre la nature et
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les symptômes de la maladie. En voici un exemple recueilli par M. le docteur Spielmann (1).
Observation. Tumeur kystique graisseuse du cou, conienant un liquide d'apparence setnblah/e à du pin (2). — Un malade, traité à la clinique en 1859, présentait sur un des côtés du cou, un peu en avant de la partie moyenne du muscle sternocléido-mastoïdicn, une lumenr fluctuante bien circonscrite, sans engorgement des parties voisines. La peau était souple, d'aspect normal. Le liquide paraissait homogène, peu épais, libre dans la poche qui le contenait. Cette tumeur avait mis vingt années à se développer. Elle offrait une si grande tension, que quelques personnes avaient méconnu la fluctuation et l'avaient supposée formée de matières solides.
Je diagnostiquai un kyste séreux, sans rapport avec le corps thyroïde, qui en était très-distinct. Je l'incisai largement, dans le but d'en amener l'oblitération par suppuration et retrait successif des parois, et il s'eu écoula un liquide gris jaunâtre, semblable à du pus.
Après avoir discuté les diverses circonstances qui rendaient peu probable l'existence d'un ahcès, je fis examiner au microscope le liquide contenu dans la tumeur. M. Morel résolut le problème. Ce liquide renfermait beaucoup de cellules chargées de gouttelettes graisseuses, comme celles que l'on trouve dans les glandes sébacées, des globules graisseux libres, mais aucun globule purulent. Le diagnostic était devenu facile : ce n'était pas un abcès, mais un kyste sébacé dont le volume s'était lentement et graduellement développé.