G28 ULCÈRE PERFORANT
sions dont le siège le plus habiluel est à la peau du pied, et qui ont ce caractère commun de perforer le derme et de s'étendre plus ou moins loin dans les tissus sous-cutanés.»
Pour nous, c'est un ulcère h marche envahissante, se développant habituellement au centre d'épaississements épidermiques. Cet ulcère a la plus grande tendance à la récidive, et sa marche inconstante est évidemment modifiée par les conditions individuelles. C'est dans cet ordre d'idées qu'on pqut, croyons-non s, établir le pronostic de cette affection. Vous connaissez notre tendance à ramener incessamment les faits les plus divergents en apparence aux grandes lois de la pathologie, et nous ne trouvons rien de particulier à une ulcération qui progresse ou s'arrête, selon les conditions plus ou moins défavorables où on l'observe. L'Age, une constitution fatiguée, des troubles circulatoires, l'alcoolisme, ont été invoqués comme causes prédisposantes ; mais la raison occasionnelle et déterminante est la pression exercée sur les parties molles comprises entre le sol et les os. Ces ulcères ne constituent pas des faits exceptionnels, et on les voit produits par les chaînes des prisonniers et par l'action d'un ongle incarné. Il eût été fort extraordinaire que de pareils cas n'eussent jamais frappé l'attention des chirurgiens. Aussi l'affection qui nous occupe avait-elle été parfaitement reconnue et signalée. Lcnoir, .ans remonter plus loin (1), avait publié une leçon clinique de M J Cloquet, où les principaux caractères de l'ulcère perforant étaient exactement tracés. On trouve, dans le Traité des maladies chirurgicales de Boyer (2), une observation du même genre datant de 1845. Marjolin (3), à l'article Ulcère verrvqueux, semble également s'être occupé de cette lésion.
Le premier de nos malades est un ancien militaire nommé François Wolff, âgé de quarante-cinq ans et attaché à l'Ecole du service militaire de santé en qualité de servant. Sa constitution est robuste et son tempérament lymphatique sanguin. Le second, Charles Wiedermann, journalier, est un homme de cinquantecinq ans, fatigué et affaibli. Depuis quelques années, il trame péniblement sa misère et est accablé de privations. Ces malades entrés à la clinique dans le courant du mois de pan 1865 sont tous deux atteints d'ulcère perforant du pied. L'affec ,on a débute sous l'influence de chaussures mal faites entraînant des pressions
(1) Lcnoir, Presse médicale, 25 janvier 1837.
d) A. Boycr, 5» édition pur Pl.. Boyer, t. 1\ , P- ?0.
(3 Marjolin, Dictionnaire en 30 volumes, art. Uckbe.