ULCÈRE PERFORANT DU PIED
inégales et des épaississements ôpidcrmiqucs. Chez Wolff, le durillon correspondait à l'articulation mélatarso-phalangienne du deuxième orteil gauche, et l'ulcère date de deux ans. La pression du pied sur le sol était au début douloureuse; puis il se forma quelques mois après une phlyetène qui laissa suinter un liquide sanieux, dont l'écoulement amenait du soulagement. Ce malade piquait de temps en temps l'ampoule qui se reformait, et il put continuer son service pendant une année. A cette époque, une ulcération apparut du diamètre d'une pièce de 20 centimes. Un mois de repos, des applications émollientes, suffirent à la cicatrisation. Sous l'influence du travail et de la station, le mal se reproduisit deux fois et fut deux fois arrêté par les mêmes moyens. Toutefois le pied se tuméfia de plus en plus et rougit. La marche s'effectuait sur le talon. Il y a six semaines, cet homme vint nous consulter, et nous lui conseillâmes de porter un soulier à semelle épaisse, perforée sous l'ulcère pour éviter les pressions. Malgré ces précautions, peu suivies au reste, le mal augmenta, et lors de son entrée à la clinique, l'ouverture ulcéreuse était plus grande qu'une pièce de 50 centimes. L'autre malade, Wiedermann, souffre depuis sept ans. L'étiologie est la môme ; le durillon siège un peu au-dessous du niveau de la tête du cinquième métatarsien. Nous remarquons aussi des alternatives de guérisons et de rechutes. L'ouverture ulcéreuse est arrondie et dépasse les dimensions d'une pièce de 1 franc. Dans la marche, le pied gonfle et devient très-douloureux. Ce malheureux a déjà perdu le premier et le cinquième orteil du pied gauche à la suite de congélation pendant l'hiver de 1851 à 1852. En apparence, le mal ne dépasse pas la peau; le fond de l'ulcère est occupé par des tissus mollasses, gris, semblables à du tissu cellulaire mortifié. L'épiderme est très-épaissi sur les bords de l'ouverture qui sont taillés à pic. Le toucher, l'exploration, ne causent aucune douleur; un stylet engagé dans la solution de continuité pénètre chez les deux malades jusqu'aux os et en indique la dénudation. Le tissu osseux est devenu inégal, excavé, mais sans ramollissement sensible. L'ulcère siège sur la ligne des articulations métatarso-phalangiennes. Depuis longtemps déjà (1) nous appelons l'attention des chirurgiens sur l'étude du mécanisme de la marche. Le poids du corps repose normalement sur une voûte à convexité supérieure dont les deux points d'appui principaux sont l'extrémité postérieure du calcanéum en arrière et l'articulation métatarso-pha-
(l) Traité de médecine opératoire.