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ULCÈRE PERFORANT DU PIED

question, au reste, n'est pas restée étrangère aux préoccupations chirurgicales. Il y a là, dit M. H. Bertrand, « quelque chose de spécial, d'inconnu, qui constitue la malignité particulière de cette maladie et sa tendance à la récidive». La persistance des causes, l'incurie ou la trop grande confiance des malades, et souvent les exigences de la faim, sont les vrais motifs des récidives. Selon son ancienneté et la profondeur des désordres déjà produits, l'ulcère perforant se comporte de deux façons : chez les uns, il a une tendance naturelle à s'arrêter dès qu'il n'est plus provoqué ; chez les autres, l'affection continue à faire des progrès d'une manière presque fatale. C'est à distinguer ces deux cas que doit s'appliquer le chirurgien. Il faut d'abord chercher à constater l'étendue et la profondeur des lésions, et ici l'apparence est trompeuse et l'examen difficile.

Le '21 juin 1865, après les soins généraux de propreté, le repos et l'abrasion épidermique, nous avons, avec le secours de la chloroformisation, incisé largement et crucialement la plante du pied chez Wolff. Le deuxième métatarsien était érodé superficiellement et le troisième dénudé; nous avons fait relever les lambeaux cutanés au moyen d'érignes, et nous avons cautérisé la plaie au fer rouge. De nouvelles cautérisations répétées fréquemment sans anesthésie ont toujours été supportées avec confiance, et le malade n'a pas cessé de faire preuve d'une étonnante insensibilité. Depuis celte époque, la cicatrisation a marché lentement, mais d'une manière régulière; deux portions osseuses, semblant représenter toute l'épaisseur des métatarsiens, ont été éliminées, et ces sortes de séquestres étaient durs, irréguliers et érodés. Le fond de la plaie a bientôt bourgeonné; le stylet ne pénétrait plus jusqu'aux os, et maintenant la cicatrice est déprimée, non douloureuse et complète. Wolff marche facilement et quitte l'hôpital, mais nous lui recommandons d'appuyer le moins possible sur la cicatrice et de marcher sur le talon (1).

Notre second malade n'a pas été aussi heureux. Le même jour (21 juin), après chloroformisation, nous avions incisé la plante du pied jusqu'au cinquième métatarsien. Nous avions trouvé des os cariés et nécrosés, et nous en avions enlevé un fragment assez volumineux. Cet examen nous ayant démontré qu'il fallait désarticuler cette portion du pied, en raison de la grande étendue de

(1) Aucune récidive pendant deux ans; mais le malade, trop confiant, a cessé de prendre des précautions, s'est fatigué, et l'ulcère s'est rouvert, mais est resté superficiel jusqu'à ce jour (mars 1868).

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