‹ Contributions a la chirurgieChapitre 91 sur 198 · CAUTÉRISATION IGNÉE W · texte numérisé non relu

CAUTÉRISATION IGNÉE W

Les procédés thérapeutiques le plus justement vantés ont souvent présenté des périodes d'enthousiasme et de discrédit, dont il n'est pas sans intérêt de se rendre compte.

Pour qu'un moyen de traitement réunisse l'assentiment général, il faut qu'il offre les conditions suivantes : facilité et simplicité d'application, précision des indications, explication rationnelle des effets produits. Sans ces avantages, les malades, comme les médecins, repoussent les meilleures médications que des insuccès inévitables, par suite de flagrantes contre-indications, achèvent de compromettre.

L'histoire de la cautérisation ignée nous a paru justifier ces considérations. Toute l'antiquité mettait le feu au nombre des trois indications souveraines que possède l'art de guérir. Hippocrate avait dit : « Quse non medicamentum sanat, ferrum sanal; » quEe non ferrum, ignis. » Depuis ce temps, le cautère actuel n'a pas cessé de trouver de nombreux panégyristes, et pour ne citer que notre époque, tout le monde a lu la Pyrotechnie de Percy, et sait la confiance qu'accordait au moxa notre célèbre Larrey. Cependant l'emploi de la cautérisation ignée est resté restreinte aux cas en quelque sorte désespérés, et l'imminence des plus graves dangers en fait seule accepter l'application.

Instruit par une longue expérience de l'immense utilité de la cautérisation comme moyen de provoquer des suppurations profondes, énergiquement dérivatives, ou de détruire sur place certaines tumeurs de mauvaise nature (cancroïdes), et de modifier la surface des ulcères et des plaies, nous avons cherché à en obtenir des effets révulsifs très-puissants, quoique superficiels, et nous employons un procédé très-simple et facilement acceptable.

(1) Comptes rendus des séances de l'Académie des sciences, A septembre 185â.

Page 1