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PLAIES SOUS-CUTANÉES

résultats de la blessure; mais il nous suffisait de signaler la constance et la généralité des lois pathologiques, qu'il n'est donné à personne de contester. Tout détail sur les modes de cicatrisation des plaies sous-cutanées accidentelles serait sans intérêt, après ceux dans lesquels nous sommes entré à propos des plaies sous-tégumentaires. Réunion immédiate ou secondaire, tels sont les deux mécanismes de la guérison, et ils restent toujours les mômes dans leurs principaux phénomènes, quels que soient les régions et les tissus ou on les étudie.

Au fur et à mesure que nous avançons dans ce travail, les obscurités disparaissent, et notre seule crainte est d'être accusé de nous être fait le défenseur de vérités trop incontestables. Comme tels sont les revirements ordinaires de l'esprit humain, nous ne nous étonnerons pas d'un semblable reproche, et nous serons même heureux de le mériter. Nous avons prouvé que les lésions et les plaies sous-cutanées accidentelles n'offrent rien d'exceptionnel aux lois générales de la pathologie, soit dans leur gravité, soit dans leurs modes de cicatrisation; il nous reste actuellement à les comparer aux plaies ordinaires, pour achever et compléter notre démonstration.

3° Quels sont les rapports et les différences des lésions et des plaies sous-cutanées accidentelles avec les plaies ordinaires? — Un des caractères essentiels des plaies ordinaires est évidemment la solution de continuité des téguments. De là surgissent de nouvelles conditions de gravité et de terminaison, qu'il est important de rappeler. Dès que les téguments sont intéressés, l'individu manque, dans un point de sa surface, d'une enveloppe protectrice suffisante, et des phénomènes de réparation tendent immédiatement à s'accomplir pour fermer la plaie et pour mettre à l'abri des agents extérieurs les tissus qui s'y trouvent accidentellement exposés. Après l'écoulement du sang, qui cesse bientôt, si de gros vaisseaux n'ont pas été divisés, apparaît un liquide rougeâtre, puis limpide, qui se concrète en masses jaunâtres el forme croûte, comme on le dit communément. C'est là un produit non organisé, une première défense contre les variations de température et l'application des corps étrangers ; mais la guérison, pour être complète, exige un travail plus intime et plus profond. Nous avons vu la lymphe plastique s'organiser rapidement dans l'intervalle d'une rupture sous-culanée, et nous avons montré l'influence de la continuité organique, de l'immobilité

et de quelques autres conditions sur la marche de cette espèce de régénération; mais ici rien de comparable ne s'observe. Il n'y a plus d'espaces circonscrits dans lesquels puissent se mouler les éléments réparateurs. Ceux-ci, déposés en couches plus ou moins épaisses, n'adhèrent que par une de leurs surfaces, tandis que l'autre, en contact avec l'air ou avec des pièces de pansement, à besoin d'un temps assez long pour se transformer en une membrane (cicatrice) imperméable et résistante. Les parties blessées prennent part à ce travail, elles se congestionnent ; le tissu cellulaire s'imprègne de lymphe, se gonfle et apparaît sous la forme de petits mamelons rougeâtres (bourgeons charnus); du pus s'écoule, et opère une série d'actes des plus intéressants et des plus curieux. Une cicatrice rétablit la continuité tégumentaire et complète la guérison (1).

Tels sont les phénomènes constants d'une plaie d'une certaine étendue, abandonnée à elle-même ou pansée à plat, quand elle reste simple et qu'elle parcourt ses diverses périodes sans complications. La différence avec une lésion sous-tégumentaire est immense, comme on le voit, puisque, dans ce dernier cas, la terminaison naturelle est l'adhésion sans suppuration, tandis que, dans les plaies ordinaires, la suppuration devient la règle. Celte différence acquiert une valeur encore plus grande si l'on réfléchit aux terribles accidents que peut toujours entraîner la présence du pus. Quelques écrivains, étrangers à l'expérience, ont soutenu, il est vrai, que le pus était un liquide physiquement et chimiquement incapable d'exercer une influence fâcheuse sur les tissus en contact, et sur l'économie en général; mais la pratique a fait justice de ces redoutables erreurs, et les nombreux travaux entrepris sur l'infection purulente ont levé tous les doutes à ce sujet (2).

A cette première différence que nous venons de signaler s'en ajoutent d'autres qui en sont la conséquence. Ainsi une lésion sous-tégumentaire ne peut être compliquée, comme une plaie ordinaire, de corps étrangers extérieurs; elle ne peut être aggravée par la présence d'un poison venimeux; elle est inaccessible à la contagion du virus syphilitique, à la pourriture d'hôpital. N'étant atteinte par l'inflammation qu'exceptionnellement, on n'y

(1) Voy. notre thèse de concours sur la consolidation des plaies. Paris, 1835.

(2) Voy. notre thèse de concours sur la phlébite traumatique (Paris, 1833); notre thèse de concours de l'opération de î'em'pyême, 2° édition (Paris, 1841), et notre ouvrage sur l'infection purulente (loc. cit.).

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