‹ Contributions a la chirurgieChapitre 96 sur 198 · CG · texte numérisé non relu

CG

PLAIES SOUS-CUTANÈES.

peau, jusqu'à l'organe dont la section est indiquée, et détermine une plaie de moitié ou de deux tiers plus petite que celle d'une saignée ordinaire. On coupe les cordes saillantes formées par les tendons ou les muscles, et on les divise en ménageant les vaisseaux et les nerfs, et môme, autant que possible, le tissu cellulaire environnant. On retire l'instrument, et l'opération est terminée. Qu'on réflehisse un instant à l'influence des instruments vulnérants sur le mode de cicatrisation des plaies, et l'on trouvera déjà, dans la forme des ténotomes, un premier élément de succès.

B. Genre de plaie. — Les plaies empruntent quelques-uns de leurs caractères aux instruments qui les ont produites, et en reçoivent même leurs noms, comme l'indiquent les dénominations des plaies par instruments tranchants, piquants, contondants, par armes à feu; nous ne pouvions donc parler des ténotomes sans en considérer Faction, et nous avons vu qu'ils produisent des plaies étroites, à surfaces nettement tranchées, sans contusions ni violence, et dont les bords tégumentaires tendent à se rapprocher spontanément; nouvelles conditions des plus favorables à l'adhésion primitive.

C. Oryanes intéressés. — La peau et le tissu cellulaire sont les organes le plus propres à la réunion immédiate. Les tendons et les muscles se prêtent également bien à ce genre de cicatrisation, et les coups de sabre, si fréquents aux armées, n'avaient pas laissé d'incertitude à cet égard. On ne doit pas être surpris de voir guérir sans suppuration des plaies dans lesquelles la peau, le tissu cellulaire, un tendon ou un muscle ont été divisés, dans les conditions le plus convenables à l'adhésion immédiate, et de pareils faits ne sont nullement contraires aux lois de la pathologie. Ces remarques ne nous font pas méconnaître les services rendus à la science et à l'art par les chirurgiens qui ont fondé la ténotomk'. Le mécanisme des régénérations tendineuses, à peine entrevu précédemment, a été clairement démontré, et l'on en a fait les plus heureuses applications au traitement des difformités. Les sections musculaires ont été moins étudiées jusqu'à ce jour, mais les opérations du strabisme et quelques myotomies tentées pour la réduction de luxations anciennes permettront de mieux apprécier les résultats qu'on peut en attendre.

D. État constitutionnel. — Sans vouloir attacher une trop grande importance à l'état organique ou constitutionnel des opé-

DE L'INNOCUITÉ DES PLAIES SOUS-CUTANÉES. «6J rés, nous noierons cependant qu'ils sont en général jeunes et bien portants, circonstances toujours avantageuses à la guérison sans suppuration des plaies.

E. Absence de corps étrangers. — Les corps étrangers ne compliquent pas les plaies de la ténotomie, qui sont également exemptes des épanchements de sang et de l'introduction de l'air. On évite, en effet, les vaisseaux capables de fournir une hémorrhagie, et dans les sections tendineuses on aperçoit à peine quelques gouttelettes sanguines. Dans les divisions musculaires, il est moins aise de ne pas atteindre des ramifications artérielles et veineuses; mais l'écoulement du sang est rarement considérable, et ce liquide se résorbe d'ailleurs avec une extrême facilité. L'introduction de l'air est empêchée par l'étroitesse de la plaie extérieure, par l'obliquité et l'étendue du trajet parcouru par l'instrument. La plaie est en outre remplie par le manche du ténotome pendant tout le temps de l'opération, et elle, est ensuite fermée par une mouche de taffetas gommé. Si, malgré ces précautions, un peu d'air s'était introduit dans la blessure, on devrait l'en faire sortir par de légères pressions, ou le. forcer à pénétrer dans le tissu cellulaire environnant. Dans le premier cas, le contact momentané de l'air sur les surfaces traumatiques n'a aucun inconvénient, et, dans le second, l'air répandu dans le tissu cellulaire laisse libre le foyer de la plaie, et n'en peut empêcher la réunion. Remarquons encore que ce foyer est peu étendu, parce qu'au lieu de comprendre plusieurs tendons dans une seule plaie, on n'en divise à la fois qu'un seul. Les plaies sont plus nombreuses, il est vrai, mais elles ont des surfaces beaucoup plus étroites, et l'avantage de ce procédé est évident pour le succès de la réunion.

F. Affrontement facile des surfaces de la plaie. — En signalant la facilité avec laquelle on maintient affrontées les lèvres de la petite plaie tégumentaire dont l'adhésion est ordinairement complète au bout de vingt-quatre heures, nous avons implicitement reconnu qu'on n'avait à redouter aucun accident de compression ni d'étranglement. Il n'y a pas de saillies osseuses, ni aucune autre cause d'irritation, et si l'on a recours aux appareils contentifs, ce n'est plus pour assurer la réunion, mais pour donner au membre une position appropriée à l'espèce de difformité que l'on combat.

Page 1