‹ Contributions à la faune malacologique francaise (volume 2)Chapitre 30 sur 39 · TV Ù · texte numérisé non relu

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ment ondulé, rappelant le profil extérieur, chaque changement de direction bordé par un étroit cordon peu saillant, atténué vers les sommets ; bord basal assez fortement et régulièrement crénelé, — Sur les oreilles quelques costulations rayonnantes peu saillantes, arrondies, assez espacées, plus accusées sur l'oreille qui surmonte le sinus.

Test mince, solide, subopaque, orné de petites costulations longitudinales, plus accusées sur la valve supérieure que sur l’autre, arrondies, assez régulières, bien espacées, laissant entre elles un écartement égal à environ deux fois leur épaisseur; stries décurrentes extrêmement fines, mieux visibles sur la valve supérieure que sur la valve inférieure, assez régulières, très rapprochées, se confondant avec les stries d’accroissewent; une ou deux stries plus fortes et beaucoup plus saillantes marquent un ou deux arrêts dans la croissance. — Coloration plus pâle sur Ja valve inférieure que sur l'autre; valve supérieure d’un fond grisâtre passant au roux, au fauve, au rose ou au violacé, rarement monochrome, le plus souvent avec des marbrures, des taches ou des linéoles blanches, brunes, ou roses. — Intérieur nacré, participant de la coloration extérieure.

Dimensions, — Hauteur, 25 à 33; largeur, 28 à 37 ; épaisseur, 8 à 10 millimètres.

OBSERVATIONS. — La croissance, chez le Pecten flagellatus, se fait toujours beaucoup plus régulièrement que chez les deux espèces précédentes; on ne voit pas de ces formes pyxoïdes aussi singulières ; il semble que l'animal a suffisamment à dépenser pour arriver à se construire une demeure plus ornementée que celle de ses congénères du même groupe. On observe pourtant parfois un léger renflement du bord basal ; au lieu d'être mince et tranchant, il s’épaissit légèrement en se creusant à l’intérieur, et sa tranche verticale est alors frangée comme celle du Pecten clavatus.

Parfois aussi les côtes de la valve inférieure sont moms nettement bifides; cette valve alors, à part sa taille, peut être confondue avec celle d'un jeune Pecten glaber ; mais à l’intérieur, le test est toujours plus profondément ondulé, par suite de la moindre épaisseur de la coquille.

La disposition des petites côtes intermédiaires de la valve supérieure présente également quelques variations. Dans l* type, les côtes des deux régimes sont respectivement subégales. Mais souvent, suivant les individus, les côtes secondaires varient; tantôt elles sont très petites, très

étroites, peu saillantes en dehors, mais toujours bien accusées à l’intérieur par deux petits cordons très rapprochés ; tantôt elles deviennent beaucoup plus grosses, mais sans atteindre la dimension des côtes du premier régime. Enfin elles sont parfois obsolètes au point de sembler faire ‘défaut quant à l'extérieur; mais encore dans ce cas on en retrouve la trace dans les deux petits cordons accusés à l’intérieur de la valve.

La coloration est également très variable. Si quelques individus sont monochromes, la plupart des autres portent des marbrures et des maculatures qui leur donnent un faciès tigriné. On trouve parfois une variété intéressante, figurée par Delessert (fig. 7) et par Philippi (fig. 14) dans laquelle les stries longitudinales portent des linéoles également longitudinales d’un rose vif qui donnent à la coquille un aspect tout particulier.

VARIÉTÉS. — Nous signalerons les var, ex forma et ex colore suivanties :

Minor. — De petite taille, ne dépassant pas 20 millimètres de hauteur.

Inflata. — D'un galbe un peu renflé, les deux valves régulièrement bombées dans tout leur ensemble.

Subæqualis. — De toutes tailles, avec les côtes de la valve supérieure subégales.

Quinquecostata. — Avec 5 grosses côles seulement sur la valve supérieure.

Subbifida. —- De toutes tailles, avec les côtes de la valve inférieure à peine bifides.

Subpyxoidea. -— Avec les valves un peu creusées en forme de boite, etle bord basal finement dentelé sur sa tranche verticale.

Grisea. — D'un gris pâle passant au rose tendre, ou au violet clair sur la valve supérieure, presque blanc sur la valve inférieure.

Lutea. — Valve supérieure d’un beau jaune clair.

Rosea. — Valve supérieure d’un rose tendre, un peu clair vers les sommes.

Violacea. — Valve supérieure d’un violet plus ou moins foncé, devenant plus clair vers les sommets.

Ferruginea. — Valve supérieure d'un brun très foncé, ferrugineux ; la valve inférieure teintée en plus clair.

Punctata. — De toutes nuances, mais surtout grise ou fauve, avec des points bruns ou blancs, allongés dans le sens des côtes.

Maculata. — De toutes nuances, mais surtout grise ou fauve, avec des maculatures brunes ou blanches irrégulières.

Lineolata. — De toutes nuances, mais surtout gris ou fauve clair, avec des linéoles longitudinales roses ou blanches plus ou moins allongées, très étroites.

Marmorea. —- De toutes nuances, avec des marbrures brunes, blanches ou fauve foncé, à bords bien limités.

Zonata. — De toutes nuances, et particulièrement dans les tons roses et violacés, avec des zones concentriques blanches, brunes ou de même nuance plus foncée, à bords un peu confus.

Isabella. — De petite taille, d'un beau rose vif, avec des marbrures blanches et rouges plus intenses. C'est le Pecten isabella de de Lamarck.

RAPPORTS ET DIFFÉRENCES. — Par son galbe arrondi, plus large que haut, par ses oreilles subégales, toujours grandes, par ses côtes non en forme de massue, le Pecten flagellatus se distinguera très facilement du Pecten clavatus.

Rapproché du Pecten flexuosus avec lequel on le confond souvent, on le reconnaitra : à sa croissance beaucoup plus régulière ; à son ornementation de la valve supérieure portant un double régime de 5 à 6 côtes chacun ; à sa valve inférieure ornéede 5 grosses côtes bitides ; à son ornrmentation intérieure, avec des cordons saillants délimitant nettement toutes les ondulations ; à ses oreilles un peu plus grandes ; à son sinus byssal un peu accusé ; etc.

Enfin, si l’on rapproche le Pecten flagellatus du Pecten glaber, on le distinguera : à sa taille presque toujours beaucoup plus petite ; à ses côtes beaucoup moins larges, beaucoup plus saillantes, jamais écrasées; à son test plus strié longitudinalement et transversalement; à ses valves plus minces, plus creusées à l’intérieur et plus ornementées; à sa coloration et à son ornementation ; etc.

Hasryrar. — Assez rare; çà et là sur les côtes de Provence; nous lavons reçu de Cette, des environs de Marseille, de Toulon et de Cannes; plus commun sur les côtes d'Espagne et d'Italie.

H. — Groupe du P. TIGRINUS

Le huitième groupe, ou groupe du Pecten tigrinus, renferme trois espèces exclusivement océaniques, de tailleassez petite, avec letest lisse ou orné de costulations longitudinales plus ou moins fines, mais sans grosses côtes bien apparentes, des oreilles assez petites, très inégales, le sinus byssal assez accusé.

PECTEN TIGRINUS, Müller.

Pecten tigerinus (pro tigrinus), Müller, 1776. Zoo. Dan., Prodr., p. 248, n° 2993. —14778. Zoo!. Dan., p. 248, pl. LX, fig. 6 à 8.

— tigrinus, Reeve, 1858. Icon. conch., Pecten, pl. XXVIII, fig. 122, b. — Forbes et Hanley, 1853. Brit. moll., I, p. 285, pl. LI, fig. 8, 40 et 11. — Sowerby, 1859. II. ind., pl. IX, fig. 11. — Jeffreys, 1863-69. Brit. conch., II, p. 65; V, p. 167, pl. XXII, fig. 2, a. — Locard, 1886. Prodr. malac. franç., p. 518, — obsoletus, Pennant, 1767. Brit. zoo1., IV, p. 87, pl. LXI, fig. 66. — Sowerby, 1847. Thes. conch., Pecten, 1, p. 71, pl. XIV, fig. 79. — Brown, 1844. Z!L. conch., pl. XXIV, fig. 6. — Kobelt, 1887. Prodr., p. 438. | — parvus, da Costa, 1778. Brit. conch., p. 155. Ostrea tigerina, Gmelin, 1789. Syst. nat., édit. XIII, p. 3327- Pecten domesticus, Chemnitz, 1795. Conch. cab., XI, p. 261, pl. CCVIIE, fig. 2031 à 2036. Ostrea obsoleta, Maton et Racket, 1804. In Trans. Lin. Soc., NIII, p. 101.

HisroriQue. — S'il fallait toujours s’en tenir rigoureusement à la déno mination première telle qu’elle a été écrite par les auteurs, on devrait, comme l’a fait observer Jeffreys, écrire Pecten tigerinus et non P. tigrinus. Mais comme il convient de redresser les erreurs typographiques, les lapsus, ou les noms mal orthographiés, nous adopterons avec la plupart des naturalistes le nom de Pecten tigrinus.

Sous ce nom, les auteurs modernes ont réuni deux formes que les auteurs anciens avaient eu bien soin de distinguer, l’une ornée de petites côtes longitudinales plus ou moins fortes, avec ou sans intercallation de grosses côtes, l’autre complètement lisse ou à peine striée dans le bas. L'examen d'un grand nombre de bons spécimens de provenances bien diverses nous a conduit à maintenir cette distinction telle qu’elle avait été faite par Pennant.

Le Pecten tigrinus, tel que l’a compris Müller, se rapporte incontestablement à la forme la plus septentrionale, celle dont le test est toujours ou presque toujours plus ou moins costulé. Cette forme est très rare sur nos côtes, et ne vit qu'à de grandes profondeurs ; elle est constante

dans l’ensemble de ses caractères, en ce sens que dès le jeune âge elle affecte la disposition des costulations qu'elle conservera toute sa vie. Au contraire, la forme Zævis est notablement plus commune en France ; on la rencontre dans des milieux différents, toujours moins profonds, et si son test est parfois orné de quelques stries, celles-ci sont toujours beaucoup plus confuses et n'apparaissent que d’une manière en quelque sorte anormale, à la façon des franges du Pecten flexuosus.

Cette distinction étant admise, nous réunirons au Pecten tigrinus les Pecten obsoletus et P. parvus. Sous ce premier nom, Pennant a décrit et assez mal figuré la forme la plus costulée du Pecten tigrinus. Sowerby et Brown en conservant cetle même dénomination en ont donné des figurations plus exactes. Quant au Pecten parvus de da Costa, quoiqu'il ne

soit pas représenté dans l'atlas de cet auteur, la description qu’il en donne suffit pour justifier notre asserlion.

Description. — Coquille de taille assez petite; galbe général subarrondi, un peu allongé dans le sens de la hauteur, très déprimé, subéquivalve, équilatéral. — Régions antérieure et postérieure très sensiblement égales, peu hautes, assez larges ; lignes apico-antérieure et postérieure presque égales, tombantes, le plus souvent légèrement concaves, atteignant environ aux trois septièmes de la hauteur totale; bord inférieur bien arrondi. — Sommets saillants, anguleux. —- Oreilles très inégales, les postérieures très petites, presque atrophiées ; les antérieures allongées, celle de la valve inférieure un peu haute, celle de la valve supérieure à “profil extérieur légèrement ondulé ; sinus byssal étroit et assez profond. — Valve inférieure un peu plus plate que la valve supérieure, toutes deux régulièrement bombées, avec le maximum de bombement un peu reporté vers la région des sommets, faiblement atténué vers le bord ; bord inférieur légèrement émoussé, finement strié à l’intérieur. — Sur les deux Walves des côtes longitudina'es droites, très fines, très rapprochées, subégales, un peu émoussées à leur origine, puis arrondies, enfin un “peu aplaties en dessus à leur extrémité, irrégulièrement rapprochées, mais “laissant entre elles des espaces intercostaux un peu plus étroits que leur sseur ; avec de 3 à 7 côtes un peu plus saillantes et plus ou moins usées, un peu moins fort’s et un peu plus larges sur la valve inférieure que sur la valve supérieure. — Intérieur orné de stries longitudinales obsolètes, devenant nulles vers les sommets et rappelant par leur disposition et leur mode de groupement l'ornementation extéricure; bord

interne très finement et régulièrement frangé ; sur les oreilles, des côtes … rayounantes fortes et saillantes, très rapprochées, peu ROnÈTES | découpant le bord à son extrémité. 1 Test un peu mince, solide, subopaque, peut brillant, orné sur chaque valve d'un réseau chagriné à grains très fins, formé par des stries longitudinales très rapprochées, très fines, interrompues, courtes, un peu flexucuses. recoupées par des stries décurrentes concentriques de même grosseur, presque aussi rapprochées ; striés d’accroissement parfois très accusées, indiquant sur le test plusieurs temps d’arrêts irréguliers dans l'accroissement. — Coloration un peu plus pâle sur la valve inférieure que sur l’autre, d'un rouge-brique plus ou moins foncé, rarement monochrome, passant au jaune roux et surtout au violacé, le tout fondu, marbré ou Uügriné; intérieur nacré, brillant, d'un rose violacé.

DiMENsIONS. — Hauteur, 18 à 25; largeur, 17 à 23; épaisseur, 7 à 8 millimètres.

OgservaTions. — Le Pecten tigrinus des mers du Nord présente quelques variations dans sa taille et dans son galbe. Comme l’a fait observer Jeffreys (1), on trouve des individus plus re que hauts ; de même, les jeunes individus sont parfois plus allongés que les sujets adultes; mais « cette dernière remarque n’est pas toujours exacle.

L’allure du test est très variable chez les individus bien adults. le bord inférieur reste toujours un peu tranchant, mais les valves se creuseut dans tout leur ensemble. L’ornementation est toujours polymorphe. Par= tant de la forme la plus simple, celle chez laquelle toutes les côtes sur les deux valves sont régulières, subégales, fines et rapprochées, nous arri-=« verons au type le plus irrégulier, celui dans lequel il n'y a pour ainsi dire pas deux côtes parcilles. Entre ces deux formes extrêmes, on trouve toute une série de formes intermédiaires chez lesquelles on comte de 3 à 1! côtes, un peu saillantes, assez larges, plus ou moins distinctes, alternant toujours avec d’autres côtes très fines, comme dans le type. Parfois, enfin, chez quelques rares individus, ces côtes, au nombre de. rois à cinq, deviennent plus saillantes, laissent enire elles des espaces intercostaux un peu profonds, ornés de petites costulations, et donnent à la coquille un faux aspect du Pecten clavatus. |

(1) Jeffreys, 1863. Brit, conch., 1, p. 65.

VARiËTÉS. — D'après ce que nous venous de dire on peut établir les var. ex forma et ex colore suivantes.

Striata. — Avec toutes les côtes régulières, subégales, sans grosses côtes.

Costulata. — Avec de trois à onze grosses côtes plus ou moins bien . marquées et ses espaces intercostaux plus profonds. Clavata. — Avec de trois à cmq grosses côtes élargies du bout, laissant entre elles des espaces intercostaux profonds.

Elata. — D'un galbe notablement plus élargi que le type.

Rubiginosa. — D'un rouge vineux, plus foncé vers les sommets qu’à la périphérie.

Violacea — D'un beau violet dans la région des sommets, passant au rouge-bai vers les bords.

Rosacea. — D'un rouge terne, tantôt plus foncé, tantôt violacé vers les sommets.

Subalbida. — D'un gris rosé plus ou moins pâle, presque blanc vers les sommets.

% Marmorea. — De toutes teintes, avec de larges marbrures d’un roux | lerne ou d’un roux clair.

—. Tigrina. — De toutes teintes, avec des taches tigrées plus foncées ou . plus claires, très irrégulièrement disséminées. - Zonata. — De toutes teintes, avec deux ou trois zones concentriques

plus foncées, à bords confus.

— RAPPORTS ET DIFFÉRENCES. — Avec le galbe de ses valves, avec son test … siparticulièrement chagriné, cette espèce ne peut être confondue avec — aucune de celles dont nous nous sommes occupé jusqu’à présent.

Hamrrar. — Rare; zone abyssale des côtes de l'Océan atlantique. Nous

en avons vu un bon échantillon dans la collection du musée de Nantes, — faisant partie de l’ancienne collection Cailliaud ; on en a également dra- | gué quelques valves en dehors du bassin d'Arcachon et dans le golfe de Gascogne.

“ ts

ET

118 FAUNE FRANUAISE

PECTEN LÆVIS, Pennant.

Pecten lævis, Pennant (1), 1707. Brit. zool., édit. IV, &. IV, p. 102, — Montagu, 1805. Test, \ PE ., p. 150 et 579, pl. IV, fig. 1. — Brown, 1844. JUL, conch., p. 72, Pl, p+ 1h À fig.

Ostrea lævis, Nos et Racket, 1804. Zn Trans. Linn. Soc., VIH, p. 100, pl. HE, Üg. 5. — 1845, édit, Chenu, p. 158, pl. XV, fig. 4.

Pecten obsoletus (pars), Turton, 1822. Dithyra Brit., p. 243, pl. IX, fig. 6. — Sowerby, 4847. Thes. conch., Pecten, p. 71, pl. XIV, fig. 74-75. — tigrinus (pars), Forbes et Hanley, 1863. Brit. moll., II, p. 285, pl. LI, fig. 9. — Reeve, 1853. Icon. conch., pl. XX VIII, fig. 122, a — Sowerby, 1859. JU, ind. pl. IX, fig. 41. — Jeffreys, 1863-69. Brit. conch., II, p. 65; V, p. 167, pl. XXII, fig. 2, 6. — Locard, 1886. Prodr. malac. franc., p. 513. = armoricanus, Chenu. Z!!. conch., Pectlen, pl. XXXIX, fig. 1 à 3.

Hisrorique. — Comme nous l'avons ‘exposé dans l'historique de l’espèce précédente, nous avons été conduit par une étude attentive et comparative de nos types océaniques français avec d’autres formes plus septentrionales, à maintenir cette espèce créée par Pennant, et que la plupart des auteurs modernes ont réunie au Pecten tigrinus. Quoique ces deux formes aient un galbe très voisin, leur mode d’ornementation est tellement différent qu’il importe de pouvoir nettement les distinguer.

Descriprion. — Coquille de taille assez petite; galbe général arrondi, très déprimé, subéquivalve, équilatéral. — Régions antérieure et postérieure très sensiblement égales, peu hautes, assez larges; lignes apicoantérieure et postérieure presque droites ou très légèrement concaves, atteignant aux trois septièmes de la hauteur totale; bord inférieur largement arrondi, — Sommets saillants, anguleux. — Oreilles inégales, les postérieures très petites, presque atrophiées; les antérieures allongées. celle de la valve inférieure assez haute, profondément échancrée; celle de la valve supérieure à profil extérieur légèrement ondulé; sinus byssal étroit et peu profond.

Valve supérieure un peu plus creusée que la valve indie tl toutes deux régulièrement bombées jusqu’à la périphérie, avec le maximum de bombement presque médian, sans aucune costulation. — Intérieur orné de quelques stries longitudinales extrêmement fines, irrégulières, discontinues, irrégulièrement espacées, s'étendant presque jusque sous les sommets; bords inférieurs émoussés, finement striés. Sur les oreilles

(1) Von Peclen (Pleuroneclia) lævis, Jellreys, 4873. Zn Rep. Brit,Assoc. London, p. 413.

des costulalions transversales rayonnantes, grosses, arrondies, subégales, venant découper les bords externes.

Teste mince, solide, subopaque, brillant, orné sur chaque valve d'un réseau chagriné à grains très fins, formé par des stries longitudinales très rapprochées, très fines, courtes, interrompurs, un peu flexueuses, recou pées par des stries décurrentes concentriques de même grosseur, presque aussi rapprochées ; stries d’accroissement rares mais parfois très accusées, apportant quelquefois une modification dans la manière d'être du test qui devient alors longitudinalement et très finement costulé depuis le dernier arrêt jusqu'à la périphérie. — Coloration presque égale sur les deux valves, d’un rouge-brique passant au rose pâle ou au violet foncé, rarement monochrome, le plus souvent à teintes fondues, marbrées ou tigrinées. — Intérieur nacré, brillant, d'un rose plus ou moins violacé.

Dimensions. — Hauteur, 35 à 38; largeur, 34 à 37; épaisseur, 7 à 8 1/2 millimètres.

OBsERVATIONS. — Ainsi que nous venons de l'expliquer, chez cette espèce, le test est normalement privé de toutes costulations; il est brillant quoique chagriné comme dans l'espèce précédente. Mais parfois, à un moment donné, chez quelques individus, il se produit dans l’accroissement un temps d'arrêt plus ou moins long; après celle suspension de développement, l'accroissement reprend en apportant au test une modification sensible; le test se couvre alors de costulations fines, rapprochées, toujours régulières ct subégales, analogues à celle du Pecten tigrinus, mais sans jamais offrir, comme dans cette espèce, soit des côtes irrégulières, soit de grosses côtes alternant avec les petites. Cette modification dans la manière d'ère du test, lorsqu'elle a lieu, se produit toujours au-delà du milieu du dévelo pement. Elle est très exactement représentée dans l’atlas de Wo)d (1), à propos d’un type fossile du Crag d'Angleterre. Ajoutons que le plus ordinairement les valves sont complètement lisses sans aucuve trace de costulation, et cela mème chez des individus de très grands taille; lorsque l'extérieur est frangé, l’intérieur ne parait pas modifié.

VMariérés. — Nous avons observé les variétés suivantes : Subcostulata. — Avec des costulations accidentelles sur la périphérie de la coquille.

HS. W. Wood, 1850. Mon. Crag. Mo!l., IH, pl, V, Mg. ?, a.

Elongata. — De toutes tailles, mais généralement de taille assez petite, et d’un galbe un peu plus allongé.

Minor. — De même galbe ou d’un galbe un peu plus allongé, ne dépassant pas 15 à 16 millimètres de hauteur.

Rubiginosa. — D'un rouge un peu violacé, irrégulièrement nuancé de teintes plus foncées.

Violacea. — D'un beau violet foncé vers les sommets, passant au brun ou au rouge vers les bords.

Rosacea. — D'un rose terne passant aux roux fauve ou au violacé vers les bords.

Radiata. — De toutes teintes avec quelques rayons plus foncés, plus ou moins fortement marqués.

Zonata. — De toutes teintes avec deux ou trois zones concentriques à bords mal définis et de teinte plus foncée.

Marmorea. — De toutes teintes avec de larges marbrures blanches, fauves ou brunes.

Tigrina. — De toutes teintes, avec des taches tigrées plus claires ou plus foncées.

RAPPORTS ET DIFFÉRENCES. — Comparé au Pecten tigrinus, le P. lævis se

distingue toujours facilement : à sa taille généralement plus grande (surtout sur les côtes de France); à son galbe plus bombé dans son ensemble, figurant exactement des castagnettes; à son bord inférieur notablement plus émoussé chez les sujets de même âge ; à l'absence complète de toutes costulations longitudinales, et si celles-ci apparaissent, c’est uniquement à la base ct elles sont toujours beaucoup plus régu lières ; etc.

HABiTAT. — Peu commun ; dans la zone des Laminaires, sur les côtes de la Manche et de l'Océan : nous en avons reçu deux très bons types bien complets récoltés sur les côtes de la Loire-Inférieure par M. E. Nicollon, du Croisic. Il en existe plusieurs bons échantillons dans la collection Cailliaud, au musée de Nantes; on en a également recueilli avec la drague en dehors du bassin d'Arcachon et dans le golfe de Gascogne.

PECTEN STRIATUS, Müller.

Pecten striatus, Müller, 1776. Zoo!. Dan., Prodr., p. 248. — 1788. Zoo!. Dan., IL, p. %6, pl. LX, fig. 3 à 5.— Forbes et Hanley, 1853. Brit. moll., IL, p. 281, pl. LI, fig. 4 et 4;pl. V, fig. 2.— Sowerby,1859. ZI. ind., pl. IX, fig. 15.— Jelfreys, 1863-69. Brit. conch., LE, p.69; V, pl. 167, pl. XXUIL, fig. 4. — Hidalgo, 1870, Mol. marin. pl. XXXV À, fig. 7. — Locard, 1886, Prodr. malac. frang., p. 511. — Kobelt, 1887. Prodr., p. 438.

Pallium vitreum (pars), Chemnitz, 4784. Conch. cab., VII, p. 335, pl. LXVI, fig. 637, b, c.

Ostrea fuci, Gmelin, 1789. Syst. nat., édit. XIII, p. 3327.

Pecten aculeatus, Jeffreys, 1838. Conch. and malac. Magaz., I, p. 40. — Sowerby, 1847. Thes. conch., Pecten, I, p. 71, pl. XII, fig. 47.

— Landsburgi, Smith. In mem. Werner. Soc., VILLE, p. 106, pl. If, fig. 2. — Brown, 1844. ZI. conch., p. 73, pl. XXV, fig. 8.

— rimulosus, Pbilippi, 1844. Enum. Moll. Sicil., U, p. 60, pl. XVI, fig. 4.

Historique. — Forbes et Hanley sont les premiers auteurs qui aient donné une exacte synonymie de cette élégante espèce. Indiquée d'abord par Müller sous le nom de Pecten striatus, elle avait été postérieurement décrite à nouveau par Jeffreys sous le nom de Pecten aculeatus et par Smith et Brown sous celui de Pecten Landsburgi. L'identification de ces trois dénominations ne peut laisser subsister aucun doute.

Sous le nom de Pallium vitreum, Chemnitz a décrit et figuré deux formes différentes, l’une (fig. 637, a) est le véritable Pecten vitreus ; Pautre (fig. 637, d, et c), d’une ornementation absolument différente, se rapporte à notre espèce.

Quant à l’Ostrea fuci de Gmelin, c’est bien évidemment la même espèce, puisque l’auteur donne comme référence l'ouvrage de Müller avec sa figuration. Gmelin n'avait donc aucune raison pour modifier la désignation spécifique déjà donnée par Müller.

A celte synonymie déjà assez longue, Forbes et Hanley ont ajouté, avec un point de doute, celle du Pecten rimulosus de Philippi, espèce fossile dont la figuration présente en effet une certaine analogie avec celle du Pecten striatus. M. le marquis de Monterosato a depuis confirmé cette identification dans son étude sur les fossiles des monts Pellegrino et Ficarazzi (1). Forbes et Hanley citent encore comme synonyme le Pecten spinosus de Johnston (2) ; mais cette forme nous est encore inconnue.

({) De Monterosato, 4852. Not. conch. fossili monte Pellegrino e Ficar., p. 21. (2) Johnston. Zn Trans. Berwick, nat, club.

Descriprion. — Coquille de taille assez petite; galbe général subarrondi, un peu allongé, très déprimé, subéquivalve, très sensiblement équilatéral, — Région antérieure à peine un peu moins haute et un peu moins développée que la région postérieure; lignes apico- antérieure et postérieure presque droites ou très légèrement concaves, atteignant environ aux deux cinquièmes de la hauteur totale ; bord inferieur mince, tranchant, arrondi, bien retroussé à ses deux extremliés. — Sommets saillants, assez anguleux. — Oreilles très inégales ; les deux postérieures très petites, très courtes, à profil très oblique; les deux antérieures très allongées : celle de la valve inférieure plus longue mais plus étroite que celle de la valve supérieure, toutes deux à ptofil arrondi-ondulé; sinus byssal très large, assez profond.

Valve inférieure à peine un peu plus plate que la valve supérieure, toutes deux régulièrement bombées, avec le maximum de bombement reporté au premier tiers de la hauteur totale à partir des sommets, puis lentement et progressivement atlénué jusqu'à la périphérie. — Valve supérieure ornée de costulations rayonnantes très fines, visibles surtout à la loupe, très régulière, un peu confuses à l’origine, très faiblement élargies à leur extrémité, légèrement arrondies, subégales, laissant entre elles des espaces intercostaux plus larges que leur épaisseur, couverts d'imbrications ordinairement très peu saillantes dans le milieu de la coquille, plus accusées dans les régions antérieure et postérieure, assez espacées, équi-

distantes. — Sur la valve inférieure même ornementation, mais plus obsolète, souvent réduite, surtout au voisinage des sommets, à de siwples stries. — Intérieur presque complètement lisse, à peine orné de

quelques striations méplanes, obsolètes, s'étendant des sommets à la base, plus ou moins discontinues, très espacées; bord inférieur très finement dentelé à l’intérieur. — Sur les oreilles de la valve inférieure, des costu lauons transversales rayonnantes, assez fortes, très rapprochées; sur la grande oreille de la valve supérieure, même mode d’ornementation que sur le reste de la valve, avec les imbrications un peu plus accusées. Test très mince, fragile, transparent, brillant, un peu chatoyant, orné sur la valve supérieure de stries longitudinales très fines, très courtes, inégales, très rapprochées, droites, mais interrompues entre les costulations méplanes, puis de plus en plus obliques et allant d’uve costulation à l'autre, s’écartant en sens inverse par rapport à l'axe longitu final de la coquille ; sur la valve inférieure mème mode d’ornementation. — Coloration un peu plus foncée sur la valve supérieure que sur l'autre, d'an

roux pâle, passant au rouge brique, rarement monochrome, le plus souvent marbré, tigriné ou pointillé de blanc, de fauve ou de roux. — Intérieur légèrement nacré, participant à la coloration extérieure.

DIMENSIONS. — Hauteur, 16 à 18; largeur, 14 à 16; épaissseur, 3 1/2 à & millimètres.

Osservarions. — Ceite jolie petite coquille présente, dans son mode d'ornementation, quelques particularités intéressantes à relever. Sa valve inférieure offre en effet des variations assez nombreuses et qu'il importe de signaler. Tantôt son ornementation est absolument semblable à celle de la valve supérieure, si ce n’est que les imbrications sont moins fortes, surtout dans le milieu et au voisinage des sommets. Parfois aussi, les costulations rayonnantes fout complètement défaut et il ne subsiste plus

. que les stries, de telle sorte que l’on peut croire que la coquille est ornée

comme celle de certains Propeamussium, c'est-à-dire avec les deux valves absolument différentes, Mais il existe des états intermédiaires dans lesquels la périphérie, sur une largeur plus ou moins grande, porte seule des costulations rayonnantes, avec des linbrications squameuses plus ou moins obsolètes, tandis que le reste de la coquille est uniquement strié.

Quoi qu’il en soit, la disposition des stries sur les deux valves est très particuhère, par suite de la façon dontelles se relèvent de chaque côté par rapport à l'axe vertical de la coquille, à mesure que l’on se rapproche de plus en plus de la partie supérieure des régions antérieure et postérieure. Nous ne voyons une telle disposition ornementale chez aucune autre espèce.

JL importait de bien comparer les formes méditerranéennes aux types océaniques. M. le professeur Marion a bien voulu nous communiquer les échantillons dragués par lui daus le golfe de Marseille, et ils nous paraissent absolument conformes à no: types d'Angleterre et de Norvège ; un de ces échantillons mesure 15 millimètres de hauteur, et a des aspérités très saillantes; sa couleur est d'un blanc pâle un peu rosé.

La iaille est en général assez variable; nous avons donné les dimensions de nos formes françaises, mais Jeffreys (1) parle d'individus qui atteignent un pouce de longueur et neuf dixièmes de pouce de largeur.

(1) Jeffreys, 1863, Brit, conch., NW, p. 70.

VariËTÉs. — Chez cette espèce, on observe surtout des variations dans la coloration.

Major, Jeffreys. — Coquille de même galbe, mais de grande taille.

Irregularis, Jeffreys. — Avec le bord palléal contourné ; c’est plutôt une anomalie qu'une variété ; on la rencontre encore assez fréquemment.

Subcostulata. — Avec la valve inférieure presque sans costulations ni imbrications. |

Luteola. — D'un jaune pâle, souvent monochrome sur la valve inférieure, teinté de rose terne sur la valve supérieure. | … Albida. — Presque complètement blanc, mais d’un blanc terne, grisâtre.

Rosea. — D'un roux pâle, passant des teintes claires un peu jaunâtres au rouge fauve.

Rubiginosa. — D'un rouge-brique plus ou moins foncé.

Violacea. — D'un violet un peu terne sur les bords, plus vif dans la région des sommets. |

Cornea. — D'un corné pâle sur la valve inférieure, passant au roux ou au jaune sur la valve supérieure.

Marmorea. — De toutes teintes, avec une ou deux valves marbrées de blanc, de fauve ou de corné plus ou moins foncé.

Tigrina. — De toutes teintes, avec une ou deux valves tigrées de blanc ou de roux plus foncé que le reste du test.

Punctata. — De toutes teintes, avec une ou deux valves finement ponctuées de blanc ou de corné pâle ou de rose. C'est le mode d'ornementation si bien représenté dans la figuration grossie de l’atlas de Müller.

Radiata. — De toutes teintes, avec une ou deux valves marbrées, tigrées ou ponctuées, porlant de trois à cinq rayons radiants plus pâles et simulant de grosses côtes.

Zonata. — De toutes tailles, avec une ou deux valves ornées de deux à trois zones concentriques plus foncées, à bords confus.

RAPPORTS ET DIFFÉRENCES. — On peut surtout rapprocher le Pecten striatus du P. tigrinus; mais on le distinguera facilement : à son galbe un peu plus allongé; à son test plus mince, plus fragile ; à ses valves moins creusées dans tout leur ensemble, et surtout près des bords; à son bord mférieur plus tranchant; à ses oreilles plus inégales; enfin et surtout à son mode d’ornementation si particulièrement caractéristique.

HagiTAT. — Rare; faune abyssale de la Méditerranée et de l'Océan. Outre les échantillons provenant de la collection de la Faculté des scien-

ces de Marseille dont nous avons parlé, nous avons reçu en communication plusieurs individus très bien caractérisés, provenant de la collection du musée de Nantes, récoltés sur les côtes de la Loire-Inférieure,

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