‹ Contributions à la faune malacologique francaise (volume 2)Chapitre 31 sur 39 · I. — Groupe du P, HYALINUS · texte numérisé non relu

I. — Groupe du P, HYALINUS

- Le neuvième groupe, ou groupe du Pecten hyalinus, renferme des coquilles petites,

- aux valves subégales, au galbe déprimé, au test brillant, hyalin, orné de côtes obso-

… Iètes, et le plus souvent de stries de plus en plus fines, avec des oreilles inégales

etun sinus peu marqué. Leur habitat est variable; quelques-uns font déjà partie des zones profondes. Nous comptons dans ce groupe sept espèces dont quelques-unes sont encore sort rares.

De. PECTEN HYALINUS, Poli.

… Ostrea hyalina, Poli, 1795. Test. utr. Sicil., I, p. 459, pl. XXVIIT, fig. G.

Pecten peilucidus, Payraudeau, 1826. Moil. Corse, p. 77.

succineus, Risso, 1826. Hist. nat. Eur. merid., IV, p. 297, fig. 1453.

— pulcherrimus, Risso, 1826. Loc. cit., p. 298, fig. 457. — hyalinus, Philippi, 1836. Enum. moll. Sicil., 1, p. 40. — Sowerby, 1845. Thes.

conch., Pecten, I, p. 58, pl. XVII, fig. 66-67. — Reeve, 1853. Icon. conch., : Pecten, pl. XXXIL, fig. 145. — Hidalgo, 1870. Mol. marin., pl. XXXIV, fig. 3, #, — Kobelt, 1887, Prodr., p. 433.

Hisrorique. -— Cette élégante petite coquille, comme la plupart des

bi. espèces suivantes, ne paraît pas avoir été connue bien anciennement. Nous n'en retrouvons pas d'indications dans Linné. Poli paraît être le : premier auteur qui l'ait décrite et figurée. Payraudeau l’a bien recueillie . en Corse, mais il lui donnele nom de Pecten pellucidus, Lamarck (4). Or este espèce n’est par exactement connue. De Lamarck lui rapporte, avec un point de doute, il est vrai, une figuration de Poli (2), qui paraît être un Pecten opercularis.

Risso a décrit, sous les noms de Pecten succineus et P. pulcherrimus, deux variétés qu’il nous est impossible de séparer du type de Poli, après voir examiné les types mêmes de l’auteur. C'est du reste une espèce aujou d'hui bien counue, et dont on trouve chez les auteurs de bonnes figurations. Nous ci erons celles de Sowerby, de Reeve et d'Hidalgo.

… (1) De Lamarck, 1817. Anim. s, vert., VI, I, p. 176. — 1836. Edit. Deshayes, VIT, p. 154. @) Poli, 1785. Test. wtr. Sicil., M, pl. XXVIL. fig. 7.

Descriprion. — Coquille de taille assez petite ; galbe général transversalement ovalaire, un peu court, assez comprimé, sensiblement équivalve et équilatéral. — Région postérieure un peu plus arrondie que la région antérieure ; ligne apico antérieure presque droite ou légèrement concave, atteignant sensiblement aux deux cinquièmes de la hauteur totale; ligne apico-postérieure un peu plus allongée et plus tombante; bord inférieur très largement eiliptique, le plus souvent à peine ondulé. — Sommets un peu anguieux, à angles bien ouverts, peu saillants. — Oreilles inégales, grandes, allongées, les antérieures un peu plus grandes que les postérieures, frangées, à profil bien ondulé ; sinus byssal peu large, assez profond.

Valves un peu bombées; valve supérieure parfois un peu moins renflée que la valve inférieure, avec le maximum de bombement au tiers de la hauteur totale à partir des sommets. — Sur chaque valve 14 à 15 côtes peu saillantes, un peu confuses à leur origine, assez'larges à leur extrémité, le plus souvent un peu aplaties en dessus, laissant entre elles des espa.es intercostaux un peu plus petits que l’épaisseur des côtes, et à fond méplan. — Intérieur légèrement ondulé, avec chaque changement de

direction des côtes marqué par un petit cordon continu, très étroit,

devenant obsolète dans la région des sommets ; bord inférieur légèrement crénelé. — Oreilles antérieures ornées de pelites costulations rayonnantes un peu espacées, irrégulières, plus fortes sur l'oreille inférieure, fran gées au bord; oreilles postérieures très finement striées (1).

Teste mince, pellucide, très brillant, orné de petites costulations longitudinales très fines, très peu saillantes, assez espacées, peu régulières, souvent obsolètes, et des stries concentriques extrêmement fines, se confondant avec les stries d’accroissement. — Coloration presque la même sur les deux valves, passant du gris un peu clair, moucheté de blanc et de brun, au jaune d'ambre ou au brun très foncé. — Intérieur nacré à peu près de même coul: ur que l’extérivur.

Dimensions. — Hauteur, 18 à 23; largeur 20 à 26; épaisseur, 6 à 8 millimètres.

OBSERVATIONS. — Chez cette espèce, la manière d’être du test est très polymorphe. Parfois, surtout chez la variété succineu, il paraît complète-

(1) Risso prétend que chez son Pecten succineus, les oreilles sont très lisses; c'est une erreur évidente, car chez presque tous les sujets que nous avons examinés, nous avons constaté, au contraire, que l'oreille postéricure élait toujours plus ou moins fortement plissée,

RE rs

ment lisse et est en effet très brillant ; enmême temps les côtes longitudi-

nales s'affaissent au point qu'il devient presque impossible de les compter avec quelque certitude. Parfois, au contraire, comme par exemple chez le 1ype mourheté, à fond grisâtre, tel qu'il est figuré dans l'atlas de Poli, non seulem. nt les côtes sont beaucoup plus saillantes, mais elles sont accompagnéessoit de stries longitudinales assez fortes, visibles seulement sur les côtes, soit de petites cosinlations supplémentaires intercostales assez prononcées. Enfin, nous avons vu un échantillon provenant de Paz lerme et faisant partie de la collection du Muséum de Paris, chez lequel les stries décurrentes sont extrèmement fines, extrèmement rapprochées, mais assez profondément burinées pour douner aux deux valves, non plus un facies brillant, mais un aspect chaloyant tout particulier. Ajoutons que chez cet individu les côtes sont peu saillantes et que sa coloration est d’un brun très foncé. |

Si nous n'avions pas suivi loutes ces variations sur une centaine d'échanüllons, nous aurions été volontiers tenté d'admettre au moins deux espèces : l'une à test lisse ou presque lisse, l’autre à test plus ou moins costulé ; mais ici le polymorphisme est absolument évident ; 1l est impossible de séparer ces différentes formes qui, du reste, ont exactement le même galbe.

VARIÉTÉS. — En prenant pour type la forme décrite et figurée par Poli, c'est-à-dire celle qui est d'une teinte grisâtre mouchetée de blanc et de brun, avec des côtes saillantes, nous inslituerons les variétés suivantes :

Lœvigata. — Test presque lisse, avec les côtes très effacées, obsolètes.

Striata. — Avec des stries ou de très fines costulations soit sur les côles, soit entre les espaces intercostaux.

Quinquecostata. — Avec cinq côtes plus marquées que les autres, et parfois diversement colorées.

Undaticolor. — Avec les stries concentriques très accusées, donnant à ce test un facies moiré, chatoyant.

Succinea (Risso). — D’un beau jaune ambré, sans taches ni maculalures,

Ferruginea. — D'un bruu rougeâtre très foncé, monochrome.

Albida. — Presque complètement blanche.

Luteola. — D'un jaune très pâle, le plus souvent avec quelques légères maculatures blanchâtres.

Maculata.— Detoutes teintes, avec des maculatures brunes ou blanches.

Marmorea. — De teinte très foncée, avec des marbrures blanches ou rougeâtres.

Pulcherrima, Risso. « — De couleur fauve, très joliment variée de noir, ‘de pourpre et de blanc. »

Niveoradiata, de Gregorio (1). — De toutes nuances, avec des rayons blancs.

HaBiraT. — Assez commun, sur toutes les côtes de la Provence.

RAPPORTS ET DIFFÉRENCES. — Le Pecten hyalinus ne peut être confondu avec aucune des espèces que nous venons d'examiner; on le distingue toujours : à sa petite taille; à son galbe nettement ovalaire dans le sens de la largeur ; à ses costulations et à son ornementation toutes particulières ; à sa coloration ; etc.

PECTEN SIMILIS, Laskey.

Ercten similis, had 1811. In Mém. Verner. soc., I, p. 387, sé VIII, fig. 8. — Forbes et Hanley, 1853. Brit. moll., II, p. 293, "7 LIT, fig. 6; pl. S, fig. 1. — Brown, 1844. II. conch., p. 73, pl. XXV, fig. 5, 6. — Sowerby, 1859. ZI. ind., pl. IX, fig. 14. — Jeffreys, 1863-68. Brit. conch., II, p.71; V, p. 168, pl. XXII, fig. 8. — Kobelt, 1887. Prodr., p. 437.

Ostrea tumida, Turton, 1819. Conch. Diction., p. 132. Pecten tumidus, Turton, 1822. Dithyra Brit., 212, pl, XVII, fig. 3. — Sowerby, 1847. Thes. conch., Pecten, p. 57, pl. XII, fig. 27 à 29. — Brown, 1844. ZU. conch., p. 78. — pygmæus, Philippi, 1844. In Zeitsch. Malac., p. 103 (non Münster). — Foresti, Marlin, 1857. In Jowrn. conch., NI, p. 167. — Gay, 1858. Cal. moll. Var, p. C8.

HisroriQuE. — Cette élégante petite coquille a été découverte pour la première fois par le capitaine Laskev qui en donna, en 1811, la description et la figuration d’après la valve droite seulement. Mais cette dénomi-

nation paraît avoir passé inaperçue, car Turton, huit ans après, la désigna

sous le nom d’Ostrea tumida, nom qu'elle conserva, jusqu’à ce que Forbes et Hanley, en 1853, démontrassent l'identité de ces deux formes. Quelques auteurs, pourtant, ont cru devoir les maintenir toutes les deux. C'est ainsi que Brown, par exemple, donne la description et la figuration du Pecten similis ct reproduit à la suite la diagnose et la description du Pecten tumidus empruntées à Turton. Quoique la figure donnée par ce

(1) De Gregorio, 1884-85. Stud. conch. medit. viv. foss., p. 183.

nn

dernier auteur représente une coquille plus inéquilatérale que ne l’est en

. somme le véritable Pecten similis, nous ne pensons pas qu'il faille la | ÿt du type de Laskey.

Qu'est-ce que le Pecten pygmæus de Philippi? Nous l'ignorons encore,

ne connaissant cette forme que d’après sa description. Il est incontestable

qu’elle est au moins très voisine du P. similis, si elle n’est pas identique.

Tous les auteurs paraissent d'accord pour réunir ces deux espèces({). Il est

probable qu’il convient de lui adjoindre, comme l’a fait Philippi, le Pecten

. squama de Scacchi (2). Ainsi l'ont fait Weinkauff, Aradas et Benoit. Pour-

- «ant Wood (3) n'indique qu'avec un point de doute le Pecten pygmæus,

dans sa synonymie du Pecten similis et ne parle pas du Pecten squama.

Quant au Pecten Foresti, cité d'abord sans description, par Martin, dans

. le Journal de conchyliologie, puis ensuite décrit par lui, dans le catalogue

de M. Gay, c’est incontestablement la forme méditerranéenne de notre

—…. Pecten similis, avec son même galbe et sa même ornementation. Enfin

… M. le marquis de Monterosalo (4) a encore réuni à cette espèce le Pecten

pullus de Cantraine (5), qui vit dans la Méditerranée et se trouve à l'état

4 fossile dans les collines du Plaisantin. N'ayant pu nous procurer cette

forme, nous nous en rapportons à la parfaite compétence de notre savant

confrère.

Descriprion. — Coquille de petite taille; galbe général arrondi, comprimé, subéquilatéral, sensiblement subéquivalve. — Région antérieure à peu près aussi haute mais un peu plus développée que la région posté - rieure; lignes apico-antérieure et postérieure droites ou très légèrement concaxes en leur milieu, s’arrètant à peu près à la moitié de la hauteur totale ; bord inférieur largement elliptique. — Sommets assez saillants, à - angles très ouverts. — Oreilles subégales, assez grandes, avec bord exne très faiblement ondulé, les antérieures un peu plus hautes et un peu - plus longues que les postérieures ; sinus byssal très petit.

. Valves légèrement bombées, avec le maximum de bombement re- … porté dans le voisinage des sommets, régulièrement atténuées dans leur

e (1) Weïnkauff, 1867. Conch. Mittelm., 1, p. 264. — Aradas et Benoit, 4870. Conch. marina Sicila, p. 400. — De Monterosalo, 1872. Vot. conch. foss. monte Pellegrino, p. 21. — 4875. Nuova Revista conch. medil., p.8.

| (2) Seacel 1835. Not. conch. Gravina, p. 30.

- (3) Woud, 1850. Monogr. Crag mollusca, 1, p. à. - (4) De Monterosato, 1880. In Bull. malac. ital., VI, p.51.

(5) Cantraine, 1836. Diagn. esp. nov., p. 24. "

cn semble, minces et trar.ciant s à Li périphérie, sans aucune côte longitudinale; la valve inférieure à peine un peu moins comprimée que la valve supérieure. — Iitérieur lisse, avec quelques stries longitudinales extrêmement fines, discontinues, irrégulièrement réparties, peu visibles. \Oreilles presque lisses, à peine quelques stries rayonnantes plus saillantes sur l'oreille antérieure de la valve inférieure; dans le haut, un bourre let plus saillant. | Tesi très mince, fragile, papyracé, transparent, paraissant lisse et bril lant, orné de stries concentriques extrêmement tines, visibles seulement à l’aide d'une forte loupe, un peu plus accusées sur la valve supérieure, très rapprochées, assez régulières. parfois avec quelques courtes lignes ra-

diantes, peu profondes partant des sommets et exclusivement dans leur voisinage. — Coloration d’un roux très pâle, rarement monochrome, le | plus souvent avec des maculatures brunes et blanches diversement dispo- |

sées sur la valve inférieure. — Intérieur nacré, d’un blanc légèrement teinté.

Dimensions. — Hauteur, 6 à 9; largeur, 7 à 10; épaisseur, 2 à 2 1/2 millimètres.

OgservaTioNs. — Le Pecten similis varie peu dans son allure, ques que soient les milieux où on l'observe. Parfois, même lorsque la coquille est bien adulte, le bord inférieur est si mince qu'en se desséchant il se replie er dedans sur l’une des valves, de telle sorte qu'au premier abord on croirait avoir affaire à une coquille à valves de dimensions inégales.

Dans la diagnose donnée par M. le D' Kobelt (1), nous relevons la phrase suivante : « Valua sinistra majore, dextram circumciudente. » C’est un fait complètement erroné, ainsi qu'il est facile de s’en convaincre lorsque l’on étudie des échantillons d'un bon état de conservation. Comme nous l'expliquerons également à propos du Pecten groenlandicus, chez lequel M. le Dr Kobelt relève les mê:nes caractères, le bord de la valve inférieure s’infléchit sur sa périphérie basale par suite de son peu d'épaisseur, de façon à s'appliquer exactement contre la paroi interne dela valve supérieure, mais sans être pour cela le moins du monde plus petite. | Nous avons, dans notre descriplion, parl: de la présence de quelques stries dans l’intérieur ; ces stries ne se voient pas dans tousles échantillons;

bé ch. (shit tés Li

(4) Kobelt, 1887. Prodr., p. 437.

litie- das RÉ ur sh di

elles sont ordinairement situées sur les côtés et dans le voisinage des sommets ; elles affectent une grande irrégularité; parfois elles se traduisent sous forme de rides un peu courtes, assez rapprochées, très inégales comme grosseur et surlout comme longueur.

M. le professeur Marion a bien voulu nous communiquer des valves draguées par ses soins dans le golfe de Marseille; nous les avons com- . parées avec d'autres sujets dragués par M. le marqu's de Folin, dans le golfe de Gascogne; tous ces échantillons nous paraissent identiques.

VARIÉTÉS. — À part une seule variété ex forma, nous ne connaissons chez cette espèce que des var. ex colore.

Elata. — Galbe élargi transversalement, se rapprochant ainsi de la forme figurée par Turion, sous le nom de ©. tumida.

Alba. — Coquille complètement blanche.

Luteola. — D'un jaune très pâle, rarem-nt monochrome.

Maculata. — Jaune ou fauve très pâle, avec des maculatures brunes et blanches.

Radiata. — Jaune ou fauve très pâle, avec des maculatures disposées sous forme de trois à cinq rayons étroits, simulant des côtes. | |

Hypogramma. — Jaune ou fauve pâle, avec les maculatures disposées en forme de zigzags droits ou ondulés, très étroits.

Hagrrar. — Assez rare ; dans la région aquitanique et sur les côtes de Provence, dans les eaux profondes.

e PECTEN INCOMPARABILIS, Risso.

« Pecten incomparabilis, Risso, 1826. Hist. nat. Eur. mérid., AV, p. 302, fig. 154. — Locard, = 1886. Prodr. malac. franc., p. 515.

— vitreus, Risso (non Chemnitz), 1826. Loc. cit., p. 308, fig. 156. — Testæ, Bivona, în Philippi, 1836, Enum. moll. Sicil., 1, p. 81, pl. V, fig. 17. — ?Jeflreys, 1863-69, Brit. conch., 1, p. 67; V, p. 167,pl, XXL, fig. 3. — Hidalgo, 1870, Moll. marin., pl.XXXV, À, fig. 8 à 10. — Kobelt, 1887. Prodr., p. 437. — strialtus (pars), ? Forbes et Hanley, 1853, Brit. moll.. pl. XI, fig. 2. Palliolum incomparabilis, de Monterosato, 1884. Nom. conch. medit., p. 5. Chlamys Testæ, Fischer, 1886. Man. conch., p. 944.

Historique. — Sous les noms de Pecten incomparabilis et P. vitreus, . Risso a décrit et assez mal figuré deux formes qui se rattachent incontestablement à la même espèce. Le nom de vitreus faisant confusion avec une auire forme dont nous aurons à nous occuper plus loin, celui d'incom -

parabilis doit seul être conservé. Ainsi que l’a démontré M. le marquis de Monterosato, c’est cette même forme que Philippi a décrite et figurée sous le nom de Pecten Testæ, Bivona.

Plusieurs auteurs allemands, notamment Weinkauff (1) et M. le D' ‘Kobelt (2) ont rattaché au Pecten incomparabilis (P. Testæ) les P. aculeatus de Sowerby (3) et P. furtivus de Lovèn. Il est à remarquer que le Pecten incomparabilis est une forme plus particulièrement méditerra néenne, tandis que les deux autres espèces sont éminemment septentrionales ; en outre le véritable Pecten incomparabilis a des côtes lisses, tandis que les Pecten aculeatus et P. furtivus ont des côtes imbriquées; nous estimons qu’il faut ou les rattacher au Pecten striatus, ou les considérer comme des espèces distinctes mais du même groupe, et certainement différentes du véritable Pecten incomparabilis. Pourtant M. le marquis de Monterosato a signalé une « var. a raggi leggermente imbricati » (4) du Pecten incomparabilis de la Méditerranée. N'ayant pas pu comparer notre sujet avec ces différents types, nous avons jugé prudent de nous abstenir jusqu'à plus définitive information. |

DescriprioN. — Coquille de petite taille; galbe général orbiculaire, déprimé, très sensiblement équivalve et équilatéral. — Régions antérieure et postérieure assez hautes, régulièrement développées, subégales ; lignes apico-antérieure et postérieure légèrement concaves, atteignant environ aux deux cinquièmes de la hauteur totale à partir des sommets ; presque également tombantes ; bord inférieur bien arrondi. — Sommets anguleux, assez saillants. — Oreilles inégales, un peu petites, peu hautes; les antérieures plus longues et plus hautes que les postérieures, à profil externe ondulé, celle de la valve inférieure bien arrondie; les postérieures courtes, à profil externe très oblique ; sinus byssal large et peu profond.

Valves peu bombées, avec le maximum de bombement un peu au-dessus du centre, régulièrement atténuées à la base, aiguës et tranchantes à la périphérie, sans aucune côte; la valve inférieure à peine un peu moins bombée que la valve supérieure. — Intérieur absolument lisse. — Oreilles ornées comme le reste du test; sur l'oreille antérieure de la valve inférieure, quelques stries rayonnantes plus fortes, assez espacées; dans le haut un bourrelet peu saillant.

(1) Weinkauff, 1867. Conch. Mittelm., I, p. 268.

(2) Kobelt, 1887. Prodr., p. 438. :

(3) Pacten aculeatus, Sowerby, 1847. Thes. conch., Pecten, I, p. 71. pl. XAIL, fig. 47. (4) De Monterosalo, 1884. Nom. conch. medil., p. 6.

Test très inince, fragile, L'anspareut, d'un aspect brillant, orné sur les - deux valves d'un réseau extrêmement fin, visible à la loupe seulement et formé par des strie; longitudinales fines, droites, courtes, très rappro-

. chées, recoupées par des stries décurrentes conceutriques encore plus fines et plus rapprochées, ces dernières plus accusées sur la valve supé rieure que sur la valve inférieure ; stries décurrentes assez marquées. — Coloration passant du blanc jaunâ're au rose et au rouge orangé, ordi - - nairement monochrome, le plus souvent avec des marbrures blanches et rouges plus foncé: s, la valve supérieure plus chaudement colorée que à

— valxe inférieure. — lutérieur nacré participint de la coloration exté-

rieure.

Dimensions. — Hauteur, 12 à 14; largeur, 11 1/2 à 14; épaisseur, 212à3 millimètres.

…—. OnservaTIONs. — Cette espèce ayant été souvent confondue avec d'autres d’un faciès plus ou moins hyalin, comme le sien, il importe d'examiner attentivement son mode d'ornementation. Celui-ci n'est visi- … ble qu’à l'aide: d’une forte loupe. Les stries longitudinales sont toujours plus fortes que les stries décurrentes; elles sont droites et paraissent s'arrêter aux siries d’accruissement pour reprendre ensuite avec un léger — changement de direction; dans le milieu elles sont droites, mais sur les …. côtés elles s’infléchissent de plus en plus en affectant une courbure en sens inverse du contour extérieur de la coquille, Les strics décurrentes … Sont très fines, Lès rapprochée et passent par -dessus les autres de façon à les découper légèrement. Chez certaines variétés du Pecten striatus de l'Océan, nous retrouvons une ornemenltalion similaire, mais alors elle n'existe que sur la valve supérieure et jamais sur la valve inférieure. …— Le Pectenuncomparabilis, tel que nous l'avons décrit, estune forme mé - . diterranéenne, caractérisée non seulen.ent par son profil, mais encore par - à man ère d'être de son test. Jelfreys semble comprendre autrement cette espèce, puisqu'il la représente avec des côtes imkriquées, visibles sur … le test de la valve supérieure. N'est-ce point là une erreur, et ce savant auteur n'a-1-il pas confondu avec le véritable Pecten Testæ, soit une variété du Pecten striatus, soit une autre {orme ? Ni Risso, ni Philippi ne font - mention de ce mode d'ornementation si particulier, On remarquera que Philippi, dans sa desiption, a soin de dire: « Costarum nullum vestium mis an auricula postica valvulæ inferioris. Lineæ elevatæ in facie a nulla. » La figuraïion agrandie est bien d'accord avec le texte.

Jeffreys observe que son espèce n’est pas toujours imbriquée, et qu’il a étudié une cinquantiine d'individus du Pecten Testæ. Nons en avons: examiné un moins grand nombre, il est vrai, mais les trente-cinq ou quarante échantillons méditerranéens qui ont passé sous nos yeux sont tous totalement dépourvus de côtes et d’imbrication; nous devons même avouer que nous n'avons pas encore vu de véritables Pecten incomparabilis des côtes océaniques. C’est sur les indications de différents auteurs que nous l’avons signalé dans notre Prodrome, sur ces côtes.

Ea dehors de ce type, et à titre de var. elongata, nous signalerons une forme océanique que nous devons à l’extrême obligeance de M. le marquis de Folin. Nous désignons sous ce nom une coquille de très petite taille, d'un galbe ovalare, sensiblement plus renflé que le type méditerranéen, et dont l'ornementation nous paraît absolument semblable à celle que nous venons de décrire. Nous en avons reçu deux échantillons provenant de dragages opérés dans le golfe de Gascogne. Le plus grand individu ne mesure que 6 millimètres de haut sur 5 de largeur,

VaIËTÉs. —En dehors de la forme océanique que nous avons désignée sous le nom de var. elongata, nous n'avons pas observé d’autres variétés ex forma chez cette jolie petite coquille; ses variations, dans la Méditer ranée, ne paraissent porter que sur la taille. Nous signalerons les variétés ex colore suivantes que nous avons remarquées sur des échantillons français (1).

Aurantiaca. — D'un beau rouge orangé, un peu plus pâle sur les bords.

Succinea. — D'un jaune ambré un peu clair, monochrome.

Violacea. — D'un rouge violacé un peu pâle, monochrome.

Rosea. — D’un rose pâle, rarement monochrome, le plus souvent marbré ou maculé.

Grisea. — D'un gris jaunâtre ou rosé, un peu pâle, le plus souvent avec des marbrures ou des maculatures; c’est la forme vitrea de Risso.

Aibida. — D'un blanc hyalin, à peine coloré.

Maculata. — De toutes teintes, avec des maculatures blanches ou brunes, à contours mal définis.

(4) Voici quelles sont les variélés signalées par Philippi pour les échantillons de la Sicile : 4° sanguinea, maculis, pallidis, marmorala; 2? flavida maculis magnis rufo-sanguineis; 8" vinacea fascia mediana lata angulata, alba; 4° pallide carnea; 5° aurantia; 6° sulfurea; 70 lactea apice rubello; 8 hyalina lineis sub angulo acuto sese secantibus lacteis elegantissime rcticulata; 9° hyalina, lineis longitudinalibus striata.

Marmorea. — De tou'es nuances, avec des marbrures à bords tran chés, blanches ou brunes.

Radiata. — D'un rose plus ou moins foncé, avec de trois à cinq lignes rayonnantes simulant des côtes, constituées par de fines marbrures.

RAPPORTS ET DIFFÉRENCES. — Parmi les espèces que nous avons déjà étudiées, nous ne pouvons rapprocher le Pecten incomparabilis que du P, similis. On le distinguera facilement : à sa taille plus grande, à son galbe plus régulier, moins élargi transversalement; à son test moins fragile; à ses oreilles un peu plus grandes ; enfin à son mode d’ornementation si caractéristique.

Puisque, comme nous l’avons dit, on peut également rapprocher le Pecten incomparabilis du Pecten striatus, dont la valve supérieure présente un mode d'ornementation similaire, on le reconnaitra : à sa taille plus petite; à son test plus solide, plus épais; à son galbe un peu moins allongé; à ses oreilles plus subégales ; à son bord inférieur moins tranchant; enfin à son mode d’ornementalion qui est toujours le mème sur les deux valves.

Hagrrar. — Zone coralligène des côtes de Provence dans la Méditerranée, et dans le golfe de Gascogne.

PECTEN VITREUS, Chemnitz.

Pallium vitreum, Chemnitz, 1782. Conch. cab., VIN, p. 335, pl. LXVII, fig. 637, a.

Pecten vitreus, Gmelin, 1789. Syst. nat., édit. XIII, p. 3328. — Sowerby, 1847. Thes. conch., 1, p.71, pl. XIV, fig. 86-87. — Jeffreys, 1869. Brit, conch., V, p. 168, pl. XLVHIHT, fig. 6. — G. O. Sars, 1878 Mol. arct. Norv., p. 21, pl. I, fig. 5. — Locaurd, 1886. Prodr. malac, franc., p.515. — Kobelt, 1887. Prodr., p. 139.

— Gemmellari-filii, Biondi, 1857. Mém., II, p. 6, fig. 3.

Palliolum vitreum, de Monterosato, 1884. Nom. conch. medit., p. 7.

HisroriQue. — Quoique connue depuis plus d’un siècle, cette petite espèce doit avoir été souvent confondue avec d'autres formes hyalines du même groupe. Jeffreys et G.-0. Sars l'ont décrite avec la plus grande exactitude, en donnant des figurations très agrandies de la manière d’être toute particulière de son test.

Sur l'autorité de M. le marquis de Monterosato (1), nous avons joint à

(4) De Monterosato, 1884. Nom. conch. medit., p. 7.

notre synonymie celle du Pecten G':umellari-filä, de Biondi, qui ne nous est connue que par la description et la figuration de l'auteur.

Cette identification du Pecten vitreus des mers du Nord avec le Pecten Gemellari-filii de la Méditerranée, avait déjà été faite par Jeffreys (1) dès 1867. Weinkauff l’a confirmée l’année suivante(?) et M. de Mon:erosato la maintient non seulement pour la forme vivante, mais encore pour la forme fossile de Ficarazzi (3).

Enfin, comme nous l’avons vu précédemment, Risso a donné ce même nom de Pecten vilreus à une autre forme méditerranéenne qui ne nous paraît pas susceptible d’être séparée spécifiquement de son Pecten incomparabilis.

Nous avons pris comme terme de comparaison des échantillons provenant de Berghen en Norvège, que M. Sparre Schneider de Tromsô a eu l'extrême compla'sance de nous procurer.

Descriprion. — Coquille de petite taille ; galbe général arrondi, ou longitudinalement à peine ovalaire, déprimé, subéquivalve, subéquilatéral. — Région postérieure un peu plus étroite et un peu plus haute que la région antérieure ; ligne apico-antérieure droite ou légèrement convexe, courte, un peu plus tombante et un peu plus allongée que la ligne apicopostérieure, celle-ci droite ou un peu concave, arrivant sensiblement aux deux cinquièmes de la hauteur totale à partir des sommets ; bord intérieur étroitement arrondi, bien retroussé à ses deux extrémités, — Sommets un peu saillants, angulcux. — Oreilles subégales; les postérieures égales entre elles, très courtes, peu hautes, à bord externe oblique; les antérieures très allongées, inégales, celles de la valve supérieure plus étroites et à bord bien arrondi; sinus byssal très large et peu profond. | Valves un peu bombées dans leur ensemble, avec le maximum de bom bement reporté dans la région des sommets, atténuées à la périphérie, avec le bord inférieur mince et tranchant, sans aucune côte; la valve inférieure très sensiblement aussi bombée que la valve supérieure. — Intérieur complètement lisse. — Sur l'oreille antérieure de la valve inferieure quelques siries concentriques inégales, peu espacées.

(1) Jeffreys, 1869. Brit. moll., NV, p. 168.

(2) Weinkauff, 1870. In Bullet. malac., italiano, IL, p. 35.

(3) De Monterosato, 1852. Notizie int. alle conch. fossili di monte Petra e Ficarazzi, p. 21. — Le P. Gemellari-filii a été également indiqué comme fossile aux environs de Mes-

sine par Seguenza (Notizie, p.25, 32).

Test mince, papyracé, pellucide, un peu hyalin, d'aspect brillant orné de stries longitudinales rayonnantes, très fines, courtes, droites, très rapprochées, portant de pelites imbrications squameuses arrondies, mamelonnées, équidistantes, assez espacées, régulièrement distribuées longitudinalement et concentriquement, facilement caduques, visibles surtout à la

périphérie et sur les côtés; stries décurrentes concentriques presque

nulles; stries d'accroissement à peine marquées, très rapprochées. — Coloration d'un blanc hyalin à peine teinté de roux très pâle. — [Intérieur des valves blanc nacré.

. DiMENStoNs. — Hauteur, 9 à 10 1/2; largeur, 9 à 10; épaisseur, 3 millimètres.

OBsERvATIONS. — Il existe chez le Pecten vitreus quelques particularités remarquables et sur lesquelles il est bon d'insister. Chez cette espèce, le bord apico-postérieur a plutôt une tendance à être convexe au lieu d'être droit ou concave comme chez les autres Pecten ; en outre, par suite du développement en hauteur des oreilles postérieures, il n’existe pas, à proprement parler, d'angle dans cette région ; le bord postérieur est continu et à peine légèrement convexe ou rectiligne depuis le haut de l'oreille jusqu’à la naissance du bord basal. La région antérieure est au contraire toute différente : elle est très inéquivalve par suite de la disposition des oreilles. L'oreille de la valve inférieure est toujours très étroite, très lar sement encochée et à bord externe bien arrondi, tandis que celle de la valve supérieure est au contraire beaucoup plus large et à bord à peine ondulé. Entin l'ornementation granuleuse est toujours plus accusée sur les oreilles que sur le restant de la coquille.

A propos de cette ornementalion, on conslalera que les granulations ne sont pas uniquement établies à l'intersection des stries concentriques et des stries longitudinales; ces stries forment un réseau à mailles beau coup plus rapprochées. Les granulations sont toujours sur ces intersection*, mais tout en étant disposées concentriquement, elles laissent entre elles de trois à quatre stries concentriques, et à peu près autant de stries longitudinales.

On remarquera que sous le même nom de Pecten vitreus, Chemnitz a figuré et décrit denx formes bien distinctes. L'une, la figure a, est le véritable Pecten vitreus, tel qu’on l’admet aujourd'hui; l'autre, figures b et c,comme l’a fait observer Jeffreys, se rapporterait plutôt an Pecten strialus,

Variétés. — Les dimensions que nous avons indiquées plus haut ont été prises sur des échantillons français. On remarquera qu'ils sont tous plus petits que les formes indiquées par Chemnutz et par G.-0. Sars. Ce dernier auteur assigne à son type 18 millimètres de hauteur. Par ce seul fai, nos échantillons constitueraient une var. minor.

Souvent les granulations sont plus ou moins effacées, nous avons vu des échantillons qui n’en produisaient qu'une seule rangée sur le bord ; on pourrait donc établir de ce chef une var. sublævigata.

Nous n'avons pas observé de variations bien notables dans le mode de

coloration. Il existe cependant des individus complétement hyalins, sans

aucune trace de maculatures brunes ; ce sera notre var. albida.

RAPPORTS ET DIFFÉRENCES, — Avec son mode d’ornementation concentrique, cette jolie petite espèce est toujours facile à distinguer. Parfois, cependant, lorsque les échantillons sont mal conservés on peut lesconfondre soit avec. de jeunes Pecten hyalinus, soit avec les Pecten similis et P. incomparabilis. Rapproché du Pecten incomparabilis, on distinguera le Pecten vitreus : à sa taille beaucoup plus petite ; à son galbe notablement moins transverse; à ses oreilles toujours beaucoup plus inégales ; à son test non seulement orné d'une tout autre manière, mais complètement dénué de toute trace de côtes longitudinales; etc.

Comparé au Pecten similis, on le distinguera : à son galbe plus

allongé, toujours moins transverse; à ses oreilles encore plus inégales ; à ses sommets plus acuminés, plus saillants; à ses valves plus bombées ; à la manière d’être de son test ; etc.

Enfin rapproché du Pecten incomparabilis, on le reconnaîtra : à son galbe plus régulièrement arrondi, moins allongé; à ses lignes apico-anricure et postérieure moins tombantes; à son angle au sommet plus ouvert; à son contour de la région antérieure; à ses oreilles un peu moins allongées, surtout les postérieures; enfin au mode d’ornementation de son test.

HagrTaT. — Rare; dans la zone abyssale et des laminaires de la région aquitanique, et des côtes de Provence.

no nn à éd à

PECTEN ABYSSORUM, Lovèn.

Pecten abyssorun, Lovèn, 1838. In G. O. Sars. Moll, arct. Norv., p. 22, pl. I, fig. 6. — Lo- - card, 4886. Prodr. malac. frang., p. 516. — Kobelt, 1887. Prodr., p. 431.

Au — vitreus (var. abyssorum), Jeffreys, 1880. Jn Ann. nat. hist., 5° sér., VI, p, 315. — :“hiisl Merrill, 1881. Zn Trans. Connect. Acad. V, p. 581, pl. XL, fig. 21.

…. Historique. — Cette rarissime espèce a été décrite et figurée pour la

. première fois par G. -O. Sars. Peut-être avait-elle été déjà observée antérieurement et confondue avec le Pecten vitreus, car elle est un peu moins rare sur les côtes de la Scandinavie que dans nos régions.

Plusieurs auteurs, notamment Jeffreys et M. le marquis de Monterosato ont considéré celte forme comme étant une simple variété du Pecten vitreus. Quoique ces deux espèces soient incontestablement très voisines, on peut cependant les séparer assez nettement, et avec G.-0. Sars, nous les maintenons toutes les deux.

DescriPrioN. — Coquille de petite taille; galbe général arrondi ou . transversalement à peine ovalaire, déprimé, équivalve, subéquilatéral, — Région postérieure notablement plus haute que la région antérieure; ligne apico-postérienre à peine marquée, par suite de la presque conti- + En du test au voisinage de l'oreille; ligne apico-antérieure presque … droite ou légèrement concave, un peu allongée, arrivant environ aux deux . cinquièmes de la hauteur totale à partir des sommets; bord inférieur bien … arrondi; sommets saillants, un peu anguleux. — Oreilles inégales ; celles de la région postérieure très courtes, peu hautes, formant un profil . continu, à peine saillant sur le bord postérieur; celles de la région anté- … rieure inégales, un peu allongées : celle de la valve inférieure assez | à profil externe bien arrondi, échancré largement dans le bas; celle de la valve supérieure haute, à profil très légèrement ondulé; sinus À byssal large et peu profond.

Valves peu bombées, avec le maximum de bombement reporté dans la région des sommets, régulièrement atténuées jusqu’à la périphérie, avec …. 2 bord mince et tranchant, sans aucune côte ; la valve supérieure très sensiblement aussi bombée que la valve inférieure. — Intérieur lisse et - brillant. — Sur l’ureille antérieure de la valve inférieure quelques costu- . Jations rayonnantes peu fortes, un peu granuleuses, assez espacées; sur

les autres creilles quelques stries peu marquées, irrégulières, un peu ondulées.

Test mince, fragile, pellucide, hyalin, d'un aspect un peu brillant, orré de stries longitudinales rayonnantes très fines, courtes, droites, très rapprochées, subégales ; stries décurrentes concentriques très fines, très peu marquées, assez espacées, se confondant avec les siries d’accroissement et délimitant la longueur des stries longitudinales. — Coloration d'un blanc hyalin uniforme. — Intérieur des valves blanc nacré.

Dimensions. — Hanteur, 9 à 10; largeur, 9 à 9 1/2; épaisseur, 8 à 3 1/4 millimètres.

OBsERvATIONS. — Comme chez le Pecten vitreus, il existe chez le Pecten abyssorum une grande disproportion das les oreilles. Les antérieures sont toujours très pelite<, peu hau'es, tendant à se confondre avec le reste de la coquille, et donnant dans le haut un profil à peine concave; les postérieures bien inigales, celle de la valve inférieure notablement plus étroite et plus profondément échancrée que l’autre. Quant au mode d'ornementation du test, il n’est visible qu'à l'aide d’une forte loupe. Cette espèce est très exactement figurée dans l’atlas de M. G.-0 Sars.

Comme l’a très bien dessiné cet auteur, l’ornementation de la grande oreille de la valve inférieure est plutôt constituée de côtes radiantes, peu saillantes il est vrai, tandis que chez le Pecten vitreus, sur cette même oreille ce sont les accroissements concentriques qui paraissent dominer; c’est tout au plus si dans le haut on distingue une ou deux lignes de petits tubercules peu saillants.

RAPPORTS ET DIFFÉRENCES. — Le Pec'en abyssorum est très voisin du Pecten vitreus. Pourtant la différence qui existe entre le mode d'ornementation de ces deux espèces nous parait justifier suffisamment leur distinction spécitique. Outre ce mode d’ornementation, on distinguera encore le Pecten abyssorum : à son galbe plus transversalement arrondi; à son bord inférieur plus large; à son profil de la région postérieure plus étroit, plus droit; à ses oreilles moins allongées, celles de la région postérieure plus courtes. moins profondément échancrées ; à l'angle des somiets un peu plus ouvert; etc.

On peut encore le rappr Dre du Pecten similis et du Pecten incompas rubilis; mais on le reconnaitra toujours : à son galbe plus arrondi, moins allongé que celui du Pecten incomparabilés, moins largeque celui du Pre-

en similis ; à ses oreilles plus courtes, beaucoup plus inégales ; au profil si caractéristique de sa région postérieure ; à son mode NO Fa ; à sa coloration toujours hyaline ; etc.

© Hammer. — Très rare; dans la zone abyssale du golfe de Gascogne.

Quoi qu’el'e vive également dans la Méditerranée, nous ne croyons pas

r u'elle ait encore été pêchée dans le voisinage de nos côtes. Quant à

1 | ntification des formes italiennes avec celles de la Scandinavie, elle fe par M, le marquis de Monterosato (1),

: PECTEN GROENLANDICUS, Sowerby.

P c'en Groenlandicus, Sowerby, 1847. Thes. conch., I, p. 57, pl. XHE, fig. 40, — G. O. Sars, LD 1878. Moll. reg. arc. Norv., p. 23, pl. I, fig. #4. — Locard, 1886. Prodr. malac. franc., p. 516. — Kobell, 1887. Prodr., p. 432.

| stignt — Le Pecien Groenlandicus, très bien décrit et figuré par verby et surtout par G.-0. Sars, est une des espèces les plus typiques e cè groupe. Il présente, du reste, plusieurs particularités des plus aractéristiques.

7 — Coquille de petite tuille; galbe général transversalent arrondi, très déprimé, équivalve, presque équilatéral. — Région intérie ure très sensiblement aussi haute et aussi développée que la région postérieure; lignes apico-antérieure et postérieure sensiblement subéga- >s, un peu concaves, peu tombantes, arrivant aux deux cinquièmes de la hauteu totale ; bord inférieur très largement arrondi, un peu elliptique. sa ommets peu saillants, très légèrement anguleux. — Oreilles subé- ; celles de la région postérieure un peu longues, assez hautes; celles la région antérieure inégales, allongées, assez hautes : celle de la valve nfériet are à profil arrondi, puis un peu échancrée en dessous ; celle de la val e Supérieure à profil ondulé et un peu rentrant; sinus Fait assez large, mais peu profond.

. Valves peu bombées, avec le maximum de bombement reporté dans la 11 n des sommets, très régulièreu ent atténuées jusqu'à la périphérie, aucune côte, naté avec quelques légers méplans donnant parfois surface un faciès un peu irrégulier, surtout à la périphérie; bord h:

[UR: ne 1880. Zn Bullet. malac, Jtal., VA, p. A,

inférieur très mince, très tranchant, la valve inférieure très sensiblement aussi bombée que la valve supérieure. — Intérieur lisse et brillant. — Sur l'oreille antérieure de la valve inférieure, quelques côtes transversales arrondies, peu saillantes, irrégulières ; les autres ornées commeles valves.

Test très mince, fragile, pellucide, hyalin, brillant, orné de petites stries longitudinales extrêmement fines, courtes, irrégulières, un peu flexueuses, assez espacées, discontinues, et de quelques stries décurrentes concentriques très peu distinctes, à peine marquées, inégalement réparties. — Oreilles un peu plus fortement striées, avec des lignes d’accroissement concentriques plus accusées sur l’orcille postérieure de la valve supérieure. — Coloration d’un blanc hyalin uniforme. — Intérieur blanc nacré.

Dimensions. — Hauteur, 10 à 11 ; largeur, 10 1/2 à 11 1/2; épaisseur, 3 millimètres.

ORSERVATIONS. — Le mode d'ornementation chez cette espèce est comme

on le voit bien distinct de celui des espèces précédentes. On remarquera en outre que chez un certain nombre d'individus, il existe dans la surface du test, surtout sur la valve supérieure, des parties méplanes, larges, disposées en forme de rayons, et qui rappellent vaguement le mode d’ornementation des jeunes ‘ndividus du Pecten succineus de Risso, de telle façon que leur juxtaposition peut à la rigueur simuler des côtes longitudinales très peu saillantes, mais pourtant visibles à l'œil nu. . Chez cette espèce, l'ornementation d1 test est singulièrement simplifiée ; les stries décurrentes sont réduites à quelques stries concentriques très espacées, souvent à peine sensibles ; quant aux stries longitudinales, elles sont toujours très courtes, très peu marquées, irrégulières et flexueuses, ne s'étendant pas d’une ligne d’accroissement à l’autre, souvent plus larges et plus profondes dans le haut, simulant en quelque sorte d’étroites virgules très allongées.

Dans la diagnose donnée par M. G. 0. Sars, nous relèverons une grave erreur qui peut faire croire à un caractère particulier propre au Pecten Groenlandicus. Le savant professeur de l'Université de Christiania dit : « valva sinistra multr majore et dextram maxima ex parte circumcludente » (1). Parfois, en effet, il arrive chez cette espèce que le bord basal

(1) M. le D' Kobelt (Prodr., p. 438) a reproduit la même erreur en écrivant dans sa diagnose : Valva sinistra valde m'jore.

ET

de la valve inférieure s'applique exactement contre le bord basal interne de la valve supérieure ; en c+ cas, au premier abord, on pourrait croire à l'inégalité des deux valves. Mais ce fait n’a pas toujours lieu. Nous ne l'avons pas observé chez plusieurs sujets bien adultes; 1l est purement accidentel, et peut se présenter chez les petites formes hyalines de ce groupe ({), tandis qu'il paraît presque constant, du moins d'après ce que nous avons pu en juger, chez les espèces du groupe suivant, qui portent à l'extrémité des valves une dispo-ition ornementale particulière, pouvant jusqu’à un certain point, justifir ou expliquer un pareil aceident, On remarquera que Sowerby n'a pas co umis pareille erreur, ni dans son texte ni dans sa figuration, tandis que, d’après le dessin donné par M. G. O. Sars, conformément à la diagnose, cette grande inégalité dans la dimension des valves devient un caractère spécifique.

RAPPORTS ET DIFFÉRENCES. — Par son mode d'ornementation qui est de beaucoup le plus simple, cette espèce se distingue toujours facilement de tous ses congénères du mème groupe. On la séparera :

Du Pecten hyalinus : à sa taille beaucoup plus petite; à son galbe moins transverse ; à ses oreilles moins ongues, surtout moins hautes en à profil moins ondulé; à ses valves moins bombées; à son bord inférieur plus arrondi; à son test non costulé, plus strié; à sa coloration; etc.

Du Pecten similis : à sa taille plus grande; à son galbe plus régulier, moins transverse; à son profil p'us équilatéral ; à ses oreilles moins inégales; à son bord inférieur plus arrondi; à l'absence de stries concentriques ornementales, celles-ci étant réduites à quelques stries d’accroissement ; à su coloration; etc.;

Du Pecten incomparabilis : à son galbe plus élargi; à ses lignes apicoantérieure et postérieure moins tombautcs, à profil moins concave; à ses oreilles notablement moins hautes ; à son test beaucoup moins orné ; à sa coloration ; etc. ;

Du Pecten vitreus : à son galbe moins allongé; à son profil du bord antérieur moins droit, plus creusé sous l'oreille; à ses oreilles moins inégales ; à ses lignes apico-antérieure et postérieure formant un angle plus ouvert ; à son ornementation beaucoup plus rudimentair® ; etc. ;

Entin du Pecten abyssorum : à son galbe moins arrondi, plus large ; à

- son bord inférieur plus largement arrondi; à son profil antérieur toujours — moins droit, plus échancré ; à ses lignes apico-antérieures plus accusées ;

ui Nous l'avons à diverses reprises observé, no‘amment chez le Pecten similis.

à ses oreil'es antérieures plus hautes, plus longues ; à ses oreilles postérieures plus longues, plus larges, plus échancrées ; à son test encore moins sirié ; etc,

dé moi “mie à desde ut AR RE SE de tt —

HaBirar. — Très rare ; zoneabyssale du golfe de Gascogne,

PECTEN BISCAYENSIS, Locard.

Pecten fragilis (aon Chemnitz, nec Mig.), Jeffreys, 1879, Zn Ann. nat. hist., 4° sér., pl. XVIII p. 424.— Jeffreys, 1879. In Proceed. zoo. Soc., p. 561, pl. XLV, fig. 1.— Kobelt, 1887. Prodr., p. 432.

— Biscayensis, Locard, 1834. Mss. — 1886. Prodr. malac. franç., p. 516.

HisroriQuE. — Sous le nom de Pecten fragilis, Jeffreys a désrit et figuré une petite espèce qui vit notamment dans la zone abyssale du golfe de Gascogne. Comme cett: même appellation avait été déjà employée antérieurement par plusieurs auteurs (1) pour des formes différentes, nous avons été nécessairement conduit à lui substituer le nom de Pecten Biscayensis.

Descriprion. — Coquille de petite taille; galbe général presque circulaire, très déprimé, subéquilatéral, équivalve. — Région antérieure un peu plus large et un peu plus haute que la région postérieure ; ligne apico-antérieure droite, peu allongée, ait ignant aux d-ux cinquièmes environ de la hauteur totale à partir des sommets ; ligne apico-postérieure un peu sinueuse et plus tombante; bord inférieur arrondi et fortement relroussé à ses deux extrémités, — Sommets aigus, assez saillants, — Oreilles inégales, très petites, peu hautes, à bord externe presque droit ; les antérieures plus longues : celle de la valve supérieure à profil exterae un peu ondulé; celle de la valve inférieure de même longueur, mais arrondie ; sinus byssal assez profond, mais peu large.

Valves peu bombées, avec le maximum de bombement reporté à la région des sommets, progressivement et assez rapidement atténué jusqu’à la périphérie, — Sur la valve inférieure de 15 à 20 côtes concentriques for nant comm: des plis ondaleux, peu saillants, arrondis, obso- |

(4) Pecten frayrlis, Chemu tz, 1784. Conch an, VIT, p, 267, 349, pl. LXVHEE, fig, 650, — Montagu, 1808. T'es!, Brit,, suppl., p, 6%. |

GA d

= HÉROS RS an A À -

; FAUNE FRANÇAISE 145 lètes dans les régions aniciieure et postérieure ; côtes laissant entre elles des espaces intercostaux un peu méplans dans le fond, un peu plus étroits que leur épaisseur. — Sur la valve inférieure même mode d'orne-

- menlation, mais avec des côtes plus obsoiètes, même dans la partie mé- - diane. — Intérieur lisse, nacré, brillant. — Sur les oreilles quelques

stries rayonnantes peu marquées, assez rapprochées, très légèrement flexueuses.

Testirès mince, très fragile, papyracé, subtransparent, orné, surtout

sur la valve supérieure, de petites stries rayonnantes très nombreuses et

très fines, inégales, très rapprochées, passant par-dessus les côtes concentriques, plus marquées dans les espaces intercostaux, notamment à la périphérie, interrompues pas des stries d’accroissement concentriques assez accusées. — Coloration d’un blanc brillant, un peu irisé. — Intérieur blanc nacré.

Dimensions. — Longueur, 8 1/2; largeur, 8 1/2 millimètres.

OBSERVATIONS. — Par son allure générale, cette petite espèce, comme Va fait observer son auteur, se rattache encore au groupe des Pecten vitreus, P. Groenlandicus, P. similis, etc., quoiqu'elle s’en distingue d’une manière toute particulière par son mode d’ornementalion avec des zones concentriques. On remarquera que c’est en quelque sorte une forme intermédiaire entre les espèces de ce groupe et celles qui vont suivre, et dont l’une des valves seulement, la valve inférieure, porte une ornementation analogue à celle qui pare les deux valves de notre espèce. |

C'est une forme encore trop peu connue pour que nous puissions en

étudier les variations.

Rapports ET DIFFÉRENCES. — Avec son mode d'ornementation si parti culier, il sera toujours facile de distinguer cette espèce de toutes celles qui précèdent; même la valve inférieure, quoique portant des côtes

… moins fortes, est encore facile, au moins lorsqu'elle n’est pas trop roulée,

à distinguer de toutes celles de ses congénères.

Hamirar. — Très rare ; zones profondes du golfe de Gascogne.

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