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« raires. Nulle fiction en histoire naturelle, nulle fable chez les an- « ciens, n’a été plus célébrée, plus accréditée. » (B.).
Buffon cite ensuite les observations de l’abbé Arnaud sur deux Cygnes sauvages qui étaient venus à Chantilly.
PES La voix du mâle, dit cet observateur, va au-delà du s2 « bémol ; celle de la femelle, du so{ dièze au la. La première note est « brève et de passage, et fait l'effet de la note que nos musiciens « appellent sensible; de manière qu’elle n'est jamais détachée de la
« seconde et passe comme un coulé. »
Vient ensuite Vieillot, qui ne parait pas avoir observé le Cygne sauvage en liberté; il s'exprime comme il suit au sujet Gu chant de cet oiseau :
« Personne n’ignore que les Cygnes ont passé chez les anciens pour
Fe avoir un ramage très mélodieux..... Je ne sais si je me trompe,
« maïs le chant harmonieux que les anciens attribuaient au Cygne | « devait être tout autre chose que des cris rauques et perçants, com- « parables au cri du Paon, et dont l'accord présente quelque mélodie « à une oreille fort attentive. Cette remarque acquiert plus de poids « lorsqu'on la rapproche du témoignage dun savant observateur,
« Valmont de Bomare, que son emploi à Chantilly avait mis à portée « d'examiner les Cygnes qu'on y nourrissait : le Cygne sauvage, ditil,
« si célèbre par sa mélodie, a une gamme très bornée, un diapason « d’un ton et demi. .... L'on est donc fondé à regarder comme une « fiction de l'antiquité la mélodie du Chant du Cygne.....»
Voyons maintenant comment se sont exnrimés les naturalistes du Nord, qui ont pu étudier le Cygne sauvage dans son pays natal.
« Très commun dans FlIslande méridionale. Dans-ce pays, il passe « l’'Hiv. Il s'arrête en Eté dans les lacs et les rivières d’eau douce. « Lorsqu’elles sont gelées, il cherche alors es côtes et les courants « d’eau. En Hiv., lorsque les nuits sont plus longues et très obscures, « ils parcourent les airs par troupes et les font retentir de leur chant,
« qui s'accorde beaucoup avec le son du viclon, à l'exception que les
« tons sont un peu plus élevés. L'un de là troupe entoune d’abord; « peu après c’est un autre, tellement qu'on penserait qu’ils se répon-
« dent. Les gens de la campagne se trouvent bien éveillés dans leur « meilleur somme par ie chant des oiseaux; mais ils ne regrettent
« nullement ce petit désagrément, puisque da:s les fortes gelées et « dans les temps de neige il leur pronostique le dégel, qui suit « immanquablement deux à trois jours après. » (Olafsen et Povelsen, Voy. en Islande. Trad. par Gauthier de la Peyronnie . re « Le 23 maï au soir, en me rendant dans le beau site de Vainsdalr, « Je vis et entendis une grande quantité de Cygnes. Ayant pénétré
« dans la vallée, mon aimable compagnon, le Dr Skaptasen, me fit
remarquer quelques points blancs sur l’eau : et de loin, je les prenais à la vérité pour des oiseaux, mais je ne pouvais les distinguer, : c'était une troupe nombreuse de Cygnes qui se réunissent chaque année dans cet endroit. À 11 heures, en sortant de chez mon hôte, je me rendis à Anausur; j’entendis alors pour la première fois, car l'air était calme, le chant harmonieux du Cygne. Ge chant à beaucoup de ressemblance avec celui du Cygnus atratus de la Nouvelle- Hollande, que j'avais entendu souvent au Jardin Zoologique de Berlin. Lorsqu'il est entendu de Icin et enlonné par plusieurs individus, ce chant ne fait pas une impression désagréable à l’ornithologiste : pour moi, du moins, je ne pouvais me lasser de P'enieses dre. » (Krüper).
« En Aut. et au Print., lorsque les Cygnes se montrent sur nos côtes, il u’est pas rare d'entendre leur chant mélodieux, qu'il est facile de reconnaître. Il consiste à proprement parler en une modulation com)posée de deux notes, mais si on l'entend pendant que l'air est calme, pendant les premiers jours de l'Hiv., ou dans une belle matinée de Priatemps, il est très harmonieux, surtout s’il est entonné, comme cela arrive souvent, par plusieurs individus d’âges différents, qui se font entendre tous à la fois. Je l'ai souvent écouté de loin, et je ne pouvais micux le comparer qu’au son d’an cor. En Scanie, lorsqu'on entend ce chaat vers la fin de l'Aut., on s’attexd à un Hiv. précoce et rigoureux; tandis que lorsqu'on lPentend vers la fin de P'Hiv., on a le présage des jours du Print. » (Nilsson).
« J’ai entendu enfin Les Chants du Cygne. Une troupe de ces oiseaux, composé de 8 à 10 individus, se trouvait à cent pas du rivage, et faisait entendre des sons retentissants. On n’y distinguait pas de mélodie, ce n'étaient pas des notes prolongées et isolées; mais comme ces notes étaient, les unes basses, les autres élevées, elles formaient uu tout assez harmonieux et assez agréable à entendre... » (A. V.
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« Le Cygne sauvage se distingue par un chant harmonieux, qui, en-
« tendu de loin, peut être comparé, comme le font les Islandais, au
sou d’un trombone ou d’un violon. Naumann traduit très exactement le cri ordinaire de cet oiseau par les syllabes kilklu, et son autre cri moins fort par ang. Ges deux cris sont per agréables lorsqu’on les entend de près, mais il est probable qu’il en est autrement lorsque ces oiseaux sont à une certaine distance et réunis en troupes. » (A. Brehm).
Terminons ce qui à rapport au Chant du Cygne en citant Buffon de
nouveau :
«Il faut bien leur (*) pardonner leurs fables : elles étaient aimables, (‘) Aux poètes, 2e éd.