‹ Contributions à la faune ornithologique de l'Europe occidentaleChapitre 125 sur 208 · VAE · texte numérisé non relu

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pennes des ailes tombent, pour ainsi dire, toutes ensemble, et souvent en une nuit; elles paraissent alors honteuses et timides ; elles fuient ceux qui les approchent. Quarante jours suffisent pour la pousse des nouvelles plumes, alors elles ne cessent de voleter et de les essayer pendant quelques jours.» (B.) « On a été longtemps dans l'opinion que c'était préjudicier directement à la santé des Oies que de les plumer ; cependant cette opération ayant lieu avant la mue n'est suivie d'aucun inconvénient... Dès que les Oies ont atteint l’âge de deux mois, on les plume pour la première fois... Une autre précaution qu'on doit toujours avoir, c'est que quand les Oies viennent d'être plumées, il faut empêcher qu'elles n’aillent à l'eau, et se borner à les faire boire pendant un ou deux jours jusqu’à ce que la peau soit raffermie...….. » ( Parmentier.)

« La préparation des plumes consiste à râcler les tuyaux et à les ramollir au moyen de sable ou de cendre chaude... Les plumes les plus estimées sont celles qui viennent de Hollande. On préfère celles de l’aile droite à celles de la gauche, parce qu'elles sont plus transparentes et plus faciles à tenir à la main..….Le duvets’emploie pourles lits, canapés, coussins, etc. Si l’on n’a pas le soin de faire bien sécher les plumes que l'on obtient des Oies après les avoir tuées, et qu'on les mette dans un sac, elles sentent mauvais et sont facilement attaquées par les. insectes. .…. Il faut rejeter celles qui proviennent d'OUies que l’on a engraissées.….. On ne peut se figurer la quantité de plumes d'Oies employées chaque année pour les lits. Si l’on compte pour un seul lit 40 à 50 livres, il faudra 200 Oies pour les fournir. » (Bechstein.)

« Le froid et le brouillard sont extrêmement contraires aux Oies. On doit avoir soin, quand elles sont encore jeunes, de ne les laisser sortir que par le beau temps... Il faut avoir soin d'arracher toute la ciguë qui peut croître dans les alentours de l'habitation et dans les endroits où les Oies vont

.pâturer ; l'Oison est très avide; à peine en at-il avalé un brin,

qu’il étend les ailes, entre en convulsion et meurt, La jJusquiame est également un poison pour lui... » ( Parmentier. )

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« Le cri naturel de l'Oie est une voix très bruyante, c’est un son de trompette ou de clairon, clangor, qu'elle fait entendre très fréquemment et de très loin ; mais elle a de plus d'autres accents brefs qu’elle répète souvent ; et lorsqu'on l'attaque ou l'effraye, le cou tendu, le bec béant, elle rend un sifflement que l’on peut comparer à celui de la couleuvre ; les latins ont cherché à exprimer ce son par des mots imitatifs : streput, gralitat, stridet. Soit crainte, soit vigilance, l'Oie répète à tout moment les grands cris d'avertissement ou de réclame, et de tous les habitants de la basse-cour, aucun n'est aussi vociférant ni plus bruyant... » (B.)

« Quoique les Oies fassent preuve de beaucoup d’instinct de sociabilité, se laissent conduire en troupeaux et suivent un berger qui porte un chiffon au bout d’un bâton, elles se montrent quelquefois très méchantes à l’égard de leurs pareilles, et se jettent en sifflant contre les chiens et les personnes qu'elles poursuivent à coups de becs... Ce sont peut-être les oiseaux domestiques qui vivent le plus longtemps, car elles atteignent souvent l’âge de 20 à 24 ans. » (Bechstein.)

« Pour engraisser les Oies, on a préconisé la méthode qui consiste à les envelopper dans des linges, tout en laissant libres la tête et le cou seulement, et à les suspendre au-dessus du sol au moyen d’une ceinture, de manière que les pieds ne touchent pas la terre. On leur cache les yeux et on leur bouche les oreilles avec de la cire. Dans cet état, on leur donne à manger trois fois par jour de l'orge et à boire de l’eau à laquelle on a ajouté du sel. Au bout de quinze jours, une Oie traitée de cette facon devient très grasse et son foie peut peser près de quatre livres. » (Bechstein.)

« Quelques-uns préfèrent les femelles, comme ayant la chair plus tendre, d’autres les mâles. Lorsque les Oies sont jeunes, on doit cependant choisir plutôt les mâles. » (Bechstein.)

« S'il s’agit de faire grossir particulièrement le foie, on prépare une petite mesure d'orge, une demi-mesure de farine ordinaire, et on en fait une pâte en y ajoutant de l'eau tiède; après quoi on ajoute un peu de poivre, la moitié autant de gingembre et

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» une petite poignée de sel, on fait ensuite des boulettes et on » mêle un peu de sable à l'eau qu'on leur donne à boire. » (Bechstein.)

« En Alsace, le particulier achète une Oie maigre, qu’il ren- » ferme dans une petite loge de sapin assez étroite pour que » l'oiseau ne puisse s’y retourner. Cette loge est garnie dans le » bas de petits bâtons distancés pour le passage de la fiente ; » au bas une petite auge est toujours remplie d’eau dans laquelle » trempent quelques morceaux de charbon de bois; un boisseau » de maïs suffit pour sa nourriture pendant un mois à la fin » duquel l'oiseau se trouve suffisamment engraissé; on en fait » tremper dans l’eau dès la veille, un trentième, qu’on lui insi- » nue dans le gosier le matin, puis le soir. Le reste du temps elle » barbotte et elle boit. Vers le vingt-deuxième jour, on mêle au » maïs quelques cuillerées d'huile de pavot: à la fin du mois, » l’on est averti par la présence d’une pelote de graisse sous » chaque aile, ou plutôt par la difficulté de respirer, qu'il est » temps de la tuer; si l’on différait, elle périrait de graisse. On » trouve alors son foie pesant depuis une livre jusqu’à deux, et » de plus l'animal se trouve excellent à manger, fournissant, » pendant la cuisson, depuis trois jusqu’à cinq livres de graisse. » On parle souvent de la maigreurdes Oies soumises à ce régime, » elle n’a pu avoir lieu que sur celles à qui on clouait les pattes » après leur avoir crevé les yeux, par suite des soufirances » qu'une méthode aussi barbare devait exciter. Sur cent engrais- » seurs, à peine s’en trouve-t-il maintenant deux qui la suivent, » encore ils ne leur crèvent les yeux que deux ou trois jours » avant de les tuer. Aussi les Oies d'Alsace, exemptes de ces » cruelles opérations, prennent un embonpoint prodigieux, que » l'on pourrait appeler à la fin hydropisie graisseuse, suite d'une » atonie générale dans le système absorbant, occasionné par le » défaut de mouvement, avec une nourriture succulente et » forcée, dans une atmosphère trop désoxygénée. » (Parmentier, N. Dict. H. N. Déterville, XXIIL. p. 323 et suiv.)

Voyez: F. B. Goodacre, P. Z.S. p. 710, 1879.

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