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FASCICULE VII

PIHÆNICOPTERIDÆ

Juin 1887

FAMILIA VII PHÆNICOPTERIDÆ.

Les Hémipalmes p. Less. Trait. (1831).

Oponroczossæ. Nitzsch, Pterylogr. (1840).

HyGRoBATÆ. O. Des Murs, Ool. Orn. (1860).

Phænicopteridæ, du latin Phænicopterus, qui dérive lui-même du grec Porvxontesos, aux ailes rouges.

Odontoglossæ, de ô3oùc, oùdvroc, dent et de l'\üccu, langue.

Hygrobatæ de ‘Yypos, humide et de Buivw, je marche.

Bec plus long que la tête, élevé, courbé en bas à angle plus ou moins obtus vers son milieu, à bords garnis de lamelles horizontales et transversales. Mandibule supér. moins large et moins haute que l’infér. Narines longitudinales, assez rapprochées de la courbure de la mandibule infér. Ailes médiocres, n’atteignant pas l’extrémité de la queue, qui est courte. Scapulaires allongées. Cou et jambes très longs. Tibias très longs, dégarnis de plumes vers le bas et sur la plus grande partie de leur longueur. Tarses et Tibias scutellés. Doigts relativement courts, unis par une palmure complète. Pouce très petit. Ongles courts, bombés, arrondis. Tête assez grosse, comprimée latéralement. Humérus assez longs. Plumage coloré d’un beau rose ou d’un rose rouge, avec les ailes d’un rouge carmin plus ou moins vif. Sexes semblables.

ANATOMIE. « Tête arrondie, sans arêtes. Paroi interorbitaire » osseuse ; les 2 apophyses temporales peu développées. Os » nasal petit, ne touchant pas les Os lacrymaux, qui sont très

» développés. Os palatin assez large. Mandibules cellulaires. Fasc. VII, — PHÆNICOPTERIDÆ, 1

ln, 4e

» 18 vertèbres cervicales faibles, minces et allongées, 8 dorsales, » 12-13 lombaires et 7 petites caudales. Sternum court, assez » large et voûté, son bord postér. excavé. 8 paires de côtes, » dont la 1'° et la dernière sont de fausses côtes. Fourchette » très flexueuses, très écartées, rappelant surtout celles des » Canards et différant de celles des Echassiers. Péronné dépas- » sant en longueur celui de tous les oiseaux-connus. OEsophage » d’abord très étroit, s'élargissant vers le dernier tiers de sa lon- » gueur pour former un véritable jabot, derrière lequel la Tra- » chée se rétrécit de nouveau. Estomac glanduleux allongé, à » parois épaisses. Estomac musculeux grand, très aplati, muni » de muscles puissants, comme chez les Canards, intestin grêle, » étroit, gros inteslin un peu plus large. » {D’après Wagner.)

« Langue glanduleuse à sa base, épaisse, charnue, garnie de » pupilles recourbées en arrière, cartilagineuse et aiguë à sa ». pointe. » (RYATENINEE

Gadow, Anatomie von Phænicopterus roseus (J. f. O0. p. 382, 1873).

W.F.R. Welden, On some points in the Anatomy of Phænicopterus and its allies. (P. Z. S. p. 636, pl. LIX-LX, 1883.)

« PTÉRYLOSE tout à fait semblable à celle des Cigognes. Cou » recouvert d'un plumage très serré, sans aucun espace nu, » excepté vers le bas, dù l’Aptérie infér. commence à être indi- » quée, et en dessus également au bas du cou, où la super. dé- » passe peu vers le haut les limites du tronc. Les deux branches » de la Ptéryle infér. se continuent alors jusqu'à l'épaule, où » elles se confondent avec les branches de la Ptéryle spinale ; » dans cet endroit elles se séparent ; les Ptcryles infér. embras- » sent bientôt, pour se confondre avec elles, les larges Ptéryles » axillaires. Les deux branches de la portion antér. de la Pteryle » spinale sont étroites, peu prolongées, et n’atteignent que le » milieu de l’omoplate. Bientôt après commence la partie postér. » de cette même Ptéryle spinale, d’abord peu fournie de plumes, » et se garnissant ensuite de plus en plus jusqu’à la queue. Il » faut remarquer surtout les Ptéryles des flancs qui sont formées

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» par une seule ligne de plumes plus fortes ; elles commencent » vers le genou et s'étendent presque Jusqu'à la queue. La » Ptérylose des Flammants est encore caractérisée par le peu » d'abondance de plumes sur la région située entre les deux » branches abdominales de la Ptéryle infér.; ces deux branches » se réunissent vers l’anus après avoir décrit chacune une cour- » bure. 14 Rém, dont 11 pour la main. » (D'après Nitzsch.)

CLASSIFICATION. D’après les extraits qui viennent d’être donnés sur l'anatomie des Flaimants, on voit que par la somme de leurs caractères, ils se rapportent presque complètement aux oiseaux de la famille des Anatidæ. Leurs jambes et leur cou très allongés les ont fait placer par la plupart des Ornithologistes à côté des Grues et des Cigognes; mais ce sont de véritables Lamellirostres, qui font le passage de ceux-ci aux Gralles (L. 0.-G. Naumannia, p. 152-153, 1887).

Déjà Brisson, Buffon, Latham, Lacépède, Duméril et enfin G. R. Gray en ont fait un Palmipède, reconnaissant toutes les analogies qu'il offre avec ces derniers. Néanmoins Temminck,de Blainville etIs. Geoffroy Saint- Hilaire l'ont placé parmi les Echassiers. Linné, Illiger, Cuvier, Lesson, ont suivi un système mixte en le plaçant dans l'Ordre des Gralles, mais tout à fait à la fin de leur série et tout près des Palmipèdes qui viennent immédiatement après. M.Des Murstout en considérant le Flammant comme très voisin des Anatlidæ, insiste sur les caractères oologiques qui le rapprochent beaucoup des Pelecanidæ.

On voit, d’après cela, que la plupart des auteurs ont bien reconnu la nature palmipède du Flanvnant, guidés par l’ensemble de son organisation, et que ceux qui se sont bornés à n’attacher de valeur qu'à un petit nombre de caracteres isolés ont méconnu la véritable place que

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ces oiseaux doivent occuper dans le système. C’est ainsi qu'en ne considérant que la longueur des tarses et la nudité du bas tibia, on en a fait un Æchassier. De même Nitzsch, d’après sa Ptilose seule, le plaçait près des Cigognes.

Enfin M. Huxley (P. Z.S$.p. 460, 1867) avoue bien que les Flammants dont il fait une Famille à part sous le nom de Amphimorphæ, participent à la nature des Anatidæ et à celles des Ciconiidæ, mais il ne paraît pas tenir compte de leurs caractères oologiques, qui les relient aux Pelecanidæ. Get anatomiste, dont les recherches ont contribué à mettre sous leur véritable jour les points les plus contestés de la classification des oiseaux, place les Flammants entre les Ardeidæ et les Anatidæ. Voici quels sont les caractères ostéologiques sur lesquels il fonde sa manière de voir : « Leur crâne, dit-il, offre la » longue région lacrymo-nasale, les facettes basipte- > rygoides, l'angle prolongé et recourbé des Mandi- » bules, la gaîne cornée et lamelleuse des Cheno- » morphæ (Anatidæ); mais les Maxillopalatins sont » spongieux et la structure générale du bec est assez » semblable à celle des Cygnes et des Hérons ».

Parmi les auteurs qui rangent le Flammant avec les Lamellirostres, il faut citer Delegorgue, v. Heuglin et le D' A. Brehm.

« Le Phénicoptère est aux Palmipèdes ce que le Secrétaire ou » Serpentaire est aux Rapaces ; tous deux sont, l’un Palmipède, » l’autre Rapace, mais s’écartent de ceux avec lesquels ils ont le » plus d’analogie par des tarses démesurément longs... Je ne » crois pas me tromper en disant qu'il se rapproche beaucoup » des Oies, tant par les mille stries sinueuses qui bordent le bec, . » sur lesquelles on s’est appuyé pour créer et distinguer la » Famille des Lamellirostres, que par son cri qui est assez sem-

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» blable au son d’une trompette, qui laisse deviner une certaine » analogie de conformation de ses organes avec ceux de l'Oie; » il vole en troupes comme elle sur le même mode d’aligne- » ment, se nourrit comme elle, c’est-à-dire que loin de contenir » du poisson, son estomac ne renferme que du gravier et une » faible quantité d'herbe triturée. » Delegorgue, Afr. Austr. I, D. o4et D1).

« Les opinions sur la position des Phenicopteridæ dans le sys- » tème ont été très partagées. La plupart voulaient les ran- » ger parmi les Echassiers. Mais ils ne les rappellent que par la » longueur de leurs tarses. Leurs Doigts palmés, les lamelles » dont leur bec est pourvu, la forme de la langue, de l'estomac, » du canal intestinal, des organes de la respiration, du cœur, » plusieurs parties de leur Squelette, surtout le Sternum et la » Fourchette les fontranger parmi les Anatidæ. Il en est de même » de leur Ptilose, de la structure de leur peau, de leur appareil » pneumatique, de leurs mœurs, de leurs allures et de leur » manière de voler. » (Th. v. Heugl. N. O. Afr.)

N. B. Il faut observer ici que par cette expression Ptilose, qui vient d'être employée, il faut entendre non pas la manière dont les plumes sont placées sur le corps de l'oiseau, Nitzsch la trouve semblable à celle des Cigognes, mais l'abondance du plumage et du duvet, ainsi que la forme des plumes.

« Le Flammant est un oiseau nageur, et de plus un véritable » Lamellirostre. Ge n'est certainement pas un Echassier, comme » on l’a généralement admis... Sa ressemblance avec le Heron » est plus apparente que réelle. » (A. Brehm, Das Leben der Vôgel. p. 600, 2° éd.)

Consultez encore : Naumann, Vôg. Deutschl. IX, p. 401).

MŒœurs. « Ces oiseaux sont toujours en troupes, et pour » pêcher, ils se forment naturellement en file, ce qui de loin » présente une vue singulière comme des soldats rangés en » ligne... Leur chair est un mets recherché. Catesby la com- » pare pour sa délicatesse à celle de la Perdrix..... Les Anciens » en ont parlé comme d'un gibier exquis... Apicius donne la

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manière savante de l’assaisonner, et ce fut cet homme dont la voracité, dit Pline, engloutissait les Races futures, qui découvrit à la langue du Phénicoptère cette saveur qui la fit rechercher comme le morceau le plus rare. » (B.)

« Ils sont répandus dans l’ancien et le nouveau Continent... Partout les Flammants vivent en Familles, fréquentent les bords de la mer, les marais qui l’avoisinent, les lacs salés et les lagunes. Ces oiseaux sont toujours en troupes, et pour pêcher, ils se rangent en file qui, de loin, les ferait prendre pour un escadron rangé en bataille... soit qu’ils se reposent, soit qu'ils pêchent, ils établissent des sentinelles, qui font alors une espèce de garde, et si quelque chose alarme celui qui est en vedette, il jette un cri bruyant, qui s'entend de très loin, et qui est assez semblable au son d’une trompette. Dès lors, il s'envole le premier, tous les autres le suivent, et observent dans leur vol un ordre semblable à celui des Grues. Ils ont l’ouïe et l’odorat si subtils, qu’ils éventent de loin les chasseurs et les armes à feu, et pour éviter toute surprise, ils se posent le plus souvent dans des lieux découverts et au milieu des marécages..... Un homme, en se cachant, dit Catesby, de manière qu'ils ne puissent le voir, en peut tuer un grand nombre; car le bruit du fusil ne leur fait pas changer de place, ni la vue de ceux qui sont tués au milieu d'eux n’est pas capable d'épouvanter les autres, ni de Les avertir du danger où ils sont, mais ils demeurent les yeux fixes et pour ainsi dire étonnés jusqu’à ce qu'ils soient tous tués ou du moins la plupart... On les voit à Cayenne et dans la Guyane dans tous les temps de l’année. Les naturels du pays leur donnent le nom de fococo. On les trouve dans la vase molle que le reflux laisse à découvert, ils y enfoncent leur gros et singulier bec pour en tirer des petits poissons que les pêcheurs appellent appâts. Ils se nourrissent aussi de coquillages, d'œufs de poissons et d'insectes aquatiques qu'ils cherchent dans la vase, en y plongeant une partie de leur tête, et en même temps

» ils remuent continuellement les pieds de haut en bas, pour » porter la proie avec le limon dans leur bec, dont la dentelure

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