‹ Contributions à la faune ornithologique de l'Europe occidentaleChapitre 67 sur 208 · FE “EC · texte numérisé non relu

FE “EC

MN Re

aux Macreuses, qu’ils disaient provenir de végétaux en décomposition. Sans entrer dans des détails sur ce sujet, qui sera traité plus loin, précisémeiit à l’article Bernache, il suffit de dire ici que cette crreur a clé combattue et réfutée non seulement par Buflon, mais par Graimdorg, médecin de Caen, dans un mémoire intitulé : Traité de l'origine des Macreuses, mis en lumière par Malouin. Caen. 1680. pet, in-8 80 p. — Id, Paris. 1780. in-12. 92 p.

Les Macreuses sont propres aux contrées arctiques, où elles se reproduisent ; elles se montrent seulement de passage vers le commencement de l’Aut. sur les côtes septentrionales de l’Europe, et ne s’avancent que rarement dans les contrées méridionales. En effet, von Heuglin, qui a signalé dans son Ornithologie Nord-Ost À frika's la double Macreuse, ne parle pas de l'Espèce de cet article. Comme on l’a vu plus haut, les adultes ne s’avancent que très rarement dans l’intérieur des terres. Ces Oiseaux aiment la mer libre. Le D' A. Brehm nous apprend qu'ils évitent avec soin les lieux où croissent les joncs et les roseaux. D’après Nilsson, ils mchent assez régulièrement sur l:s lacs des montagnes de la Norvège.

Les vents du Nord «t du N. O. amènent, dit Baillon, le long de nos côtes de Picardie, depuis le milieu de Nov. jusqu'en Mars, des troupes . prodigieuses de A/acreuses ; la mer en e-t pour ainsi dire couverte; on les voit voleter sans cesse de place en place, et par milliers paraitre sur: l’eau et disparaître à chaque instant. Lorsque les vents sout aus. et au S. E, elles s’éloigneut de nos côtes, ct ces premiers veut‘, au mois de Mars, les font disparaître entiérement.

Sur: les côtes de la Scandinavie, on ne rencontre jamais les HMacreuses en pleine mer, mais déja au mois de Sept ces Oiseaux se réunissent en troupes ou isolés dans les fiords de la Norvège Sept. Peu à peu elles se retirent davantage vers le S. de le Suède à l’approche de l'Hiv. Eiles reparaisseut en Scanie au mois de Mai. (Nilss.)

Ces Oiscaux émigrent en grandes troupes vers lile de Borkum, quelques sujets y séjournent même toute l’année, Ils se tiennent jour et nuit à une certaine distance de la côte Ce n'est qu’au moment des fortes tempêtes qu’ils se rendent sur les eaux de l'intérieur. Ils se tiennent de préférence dans les endroits où il y a des bancs de coquillages tels que T'ellin4, Cardium, Mytilus, Mya. Disposées sur une large colonne, les Macreuses nagent souvent en formant une ligue ondulce et noa interrompue. Leur vol est lourd, assez lent et a lieu avec des battements d’ailes peu précipités. (F. Droste-Hülshoff.)

La Macreuse passe un peu plus régulièrement en Savoie que la double Macreuse. En effet, presque chaque Hiv., quand les vents du N. et du N.-0. souffient fort, on la trouve sur le Rhône, le lac d’Aiguebel:tte et du Bourget par bandes plus ou moins nombreuses formées surtout de jeunes sujets, ou d'individus associés à des Canards millouins, Morillons

Le Se

et Garrots. Rarement on les rencontre solitaires et par couples... Nous revoyons encore l’Espèce par moments vers la fin de Mars et les premiers jours d’Avr.; mais aussitôt que le vent passe au S., elle disparait pour se reporter dans les régions arct. de l’Europe (Bailly).

Le cri du mâle peut s'exprimer par les syllabes éü-tù-tù-tu, dont le son est flûté; ces syllabes se succèdent avec rapidité. La femelle répond d’un ton enroué, qui peut se rendre par rè-ré-ré (Faber).

A l'époque de la reproduction, les Macreuses séjournent dans les eaux douces de l’intérieur; mais dès que les petits sont éclos, elles gagnent la mer (Malmlen).

Le Dr A. Brehm dit (Thierleben, IV) que les Macreuses ne se-conservent vivantes dans les jardins zoologiques que pendant l'Hiv. Dès que le soleil commence à remonter, elles deviennent languissantes et finissent par périr.

Baillon, cité par Buffon, raconte qu’il avait eu pendant plusieurs mois une Macreuse, qu’il nourrissait de pain mouillé et de coquillages, Cet oiseau était devenu très familier.

Si leur chair est de mauvais: qualité, en revanche les plumes et le duvet sont excellents (Nilsson).

NOURRITURE et CHASSE. — On a vu plus haut quels sont les coquillages dont les Macreuses composent leur nourriture favorite. Écoutons encore Baïllon sur ce sujet : La nourriture des Macreuses est une espèce de coquillage bivalve lisse et blanchâtre, large de 4 lignes et long de 10, dont les hauts fonds de la mer se trouvent jonchés dans beaucoup d’endroits. I y en a des bancs assez étendus que la mer découvre sur ses bords au reflux. Lorsque les pêcheurs remarquent que, suivant leur terme, les Macreuses plongent aux Vaimeaux (c’est le nom qu’on donne à ces coquillages), ils tendent leurs filets horizontalement, mais fort lâches, au-dessus de ces coquillages, et à 2 pieds au plus du sable; peu d’heures après,- la mer entrant dans son plein, couvre ces filets de beucoup d’eau, et les Macreuses, suivant le reflux à deux ou trois cents pas du bord, la première qui aperçoit les coquillages plonge; toutes les autres la suivent et rencontrent le filet, qui est entre elles et l'appât. Elles s’empêtrent dans ces mailles flottantes ; ou si, quelques-unes, plus défiantes, s’en écartent et passent dessous, bientôt elles s’y enlacent comme les autres en voulant remonter après s'être repues. Toutes s’y noient, et lorsque la mer est retirée, les pêcheurs vont les détacher du filet où elles sont suspendues par la tête, les ailes ou les pieds.

Un filet de 50 toises de longueur sur 1 toise et 1/2 de largeur on prend quelquefois vingt ou trente douzaines dans une seule marée (Baillon).

PROPAGATION. — Niche en Norvège jusque vers l’Océan glacial, à VE. et l'O. du cap Nord, et vers le S. jusqu'au 60v, Eu Suède, cette

Jus

Espèce ne niche pas aussi loin vers le S. On ne la trouve nichant que sous le G4°. Elle se reproduit communément dans l’Enare-Lappmark (Wallengren).

En Jslande, les Macreuses ne nichent que vers le lac Myvatn. Les nids sont placés sous des buissons de Saules ou d'Angelica. On les trouve le plus fréquemment entre Grinstadir et Vindbelgur et Neslünd {(Krüper).

Le nid, qui est placé parmi les buissons et les pierres, se compose de 2 tiges de Gramin£es, de branches d'Angelica ét de feuilles de Saules. Un ; cercle de duvet entoure les œufs (Thienem.).

Au moment où écrivait Krüper (vers 1856) les œufs de cette Espèce étaient tres rares dans les collections. — Les œufs jaunes, d'un jaune rougeâtre ou blanchâtre, sont ordinairement allongés; ceux qui sont renflés sont rares, La ponte a lieu vers le milieu de Juin (Krüper).

En Laponie, la ponte a lieu vers le milieu de Juin, sur les bords des fleuves ou des étangs, sous des massifs de bouleaux ou de saules. Les œufs (8-10) mesurent 2” 6”’ sur 1” G 1/2". Forme allongée. Couleur d'un blanc jaunâtre. Ces œufs sont faciles à confondre avec ceux du Merqus merganser (Pässler) 0,064 sur 0m,045 (Degl. et Gerbe).

Thienemann, Fortpflanzungsgesch. pl. LXXXI. fig. 3. Bädecker, Brehm et Pässler, Die Eïier d. europ. Vôg. pl. VIIL fig. 4.

BIBLIOGRAPHIE. — Ray. À Letter concerning ’he French Macreuse RER Trans. XV. p. 1041. 1685).

Lordat. Mémoire sur la structure de l'articulation du genou dans la Macreuse, et sur la progression de ces Oiscaux (Obs. phys. Rosier. p. 32. 1803).

Martin. Verfärbung bei Anas nigra (J. f. O.p. 208. 1853).

Rsier (J.f."0. p. 318. 1853).

GENUS IT. MELANETT'A. Boie, Isis. (1822).

MAGERANAS. p. Le:s. Mun. (1828).

Melane!ta dérive du grec pehac, noir, et de Nñtrx, où Nacoca, Canard: l’étymologie de Maceranas a été donnée plus haut.

Bec très déprimé, les faces latérales de la mandibule supér. descendant obliquement en voûte; bords de celleci un peu élargis. Protubérance de la base du bec formant un plan horizontal triangulaire entouré sur les côtés et

DR hu en avant d'un petit bourrelet saillant. Cette éminence offre au devant de cette facc un autre petit plan oblique d’arrière en avant, qui passe entre les narines et s’arrête au niveau du bord antérieur de celles-ci ; ce plan cest bordé latéralemeit d’une petite arète qui se dédouble en arrière pour circonscrire sous forme de bourrelet une petite excavation. Narines elliptiques, assez 11longées, obliques de bas en haut et d'arrière en avant, situées au-dessous de la partie antérieure du rentiement du bec et situées dans une petite dépression. Les plumes du front s’avancent très peu sur le bee. Celles des lorums déeriventsur les côtés de celui-ci une courbe à convexité anté— ricure ne dépassant guère la moitié du niveau du petit plan supér. de la saillie du bec. Rémiges tres acuminées. Queuc conique, à rectrices moins pointues que dans le Genre précédent. Scapulaires moins allongées ct plus élargies que chez les Aacreuses vraies.

ee

Page 1