o. M. le baron d’EnREXCROXA, 60 ans, Ostro
gothie, ressentait, depuis longtemps déjà, des souffrances à la miction, lorsqu’il fut sondé par moi et trouvé calculeux au printemps de 1853. Il n’avait jamais été malade un seul jom' de sa vie, devait à la nature ime humeur éminemment tranquille, et montrait en tout un calme voisin de rapathie. L’avertissement de la vraie nature de son mal eut si peu d’effet sm’ lui, qu’il attendit, avec la plus grande indifférence, près de 2 ans avant de se soucier de faire quelque chose pour s’en débarrasser. En janvier 1855, les souffrances l’ayant sans doute fait sortir de cette singulière apathie, il revint, chez moi, fut de nouveau sondé, et je découvris la présence de plusieurs pierres. La l;ère séance eut lieu le 7 février. La pierre fut saisie à un diamètre de 17 lignes; tout se passa bien ensuite, et les fi'agments s’écoulèrent avec facilité. La 2;ème séance eut lieu le 10 février; rien de notable non plus. 3 jours après seulement, c’est-à-dire le 13, survint un malaise léger, accompagné de constipation, laquelle disparut après l’emploi de l’huile de ricin et d’un lavement. Le 14, fièvre légère, langue sèche; acide phosphorique administré. A 8 h. du soir, le patient avait l’usage entier de ses sens et, grand amateur de la chasse, racontait à son entourage ses exploits dans cet art; il resta trèscalme jusqu’à minuit, lorsque son fils, qui couchait dans la même chambre, commença à s’apercevoir que sa tète s’embrouillait et qu’il perdait l’usage de la parole. Le 15 au matin, de très-bonne heure, je trouvai le malade totalement privé de ses sens; les pupilles étaient dilatées, la respiration stertoreuse, le pouls faible et lent.
' Mr le D:r Bôïïiger, iuimédiatement appelé, s’efforça avec moi d’arrêter le mal; tous les remèdes ordinaires furent essayés, mais l’état empira toujours : à 7 h. du soir le p>atient n’était plus.
Résultats de l’autopsie ; Sur presque tout l’hémisphère gauche du cerveau, extravasation de sang abondante entre la dure et la pie mère; un peu d’eau dans les ventricules. La vessie saine, contenant 5 grandes pierres d’acide m’ique. Les reins très-flasques, le gauche lardé de petits abcès purulents. Le foie hypérémique.
Cette mort si subite et si inattendue était donc, à coup sûr, la suite d’une apopleocîe. L’apoplexie avait-elle été provoquée de quelque manière par l’opération ? et celleci peut-elle être regardée par conséquent comme ayant avec l’apoplexie des rapports de causalité? voilà ce que je ne me crois pas à même de décider. Quelques auteurs prétendent sans doute avoir vu des opérations lithotritiques réagir sur le cerveau, et ce cas-ci semblerait étayer d’une nouvelle preuve la véracité plus ou moins problématique de leurs assertions. Toutefois, si même l’état général d’éréthisme provoqué par l’opération peut avoir de quelque manière prédisposé à la congestion cérébrale, je serais d’avis, quant à moi, d’en rechercher la cause la plus prochaine dans le refroidissement que le patient s’était attiré probablement le jour après la seconde séance; car dans la promenade permise par moi, au lieu de se revêtir d’un touloup, comme je le lui avais prescrit, il sortit en simple paletot par une tem]>érature de - 20“ centigr. (Voir le cas suivant).