‹ Contributions à la statistique de la lithotritieChapitre 6 sur 21 · ÈME CLASSE · texte numérisé non relu

ÈME CLASSE

Sujets opérés par la Lithotritie.

13. Mr Kihlstedt, assesseur, 62 ans, domicile Stockholm. Tempérament irritable, constitution toutefois vigoureuse, corpulence gi'ande. Il avait, tout en menant une vie sédentaire, tenu une diète forte et nutritive, dans laquelle entrait presque journellement une abondante quantité de bière, et même du punch et des toddys. Quoique occupé continuellement d’affaires qui lui permettaient rarement l’exercice en plein air, il avait toutefois joui en général d’une santé très-bonne, et s’était parfois seulement ressenti de doulem’s hémorrhoïdales presque jamais au reste

assez intenses pour qu’il y prît gai’de. Ce fut seulement vers le milieu d’avril 1841, que ces douleurs commencèrent à devenir sérieuses, et qu’au lieu d’être restreintes à l’anus comme jusqu’ici, on les crut désormais avoû' attaqué la vessie, où elles se manifestaient de temps en temps par de fréquents besoins d’uriner; l’écoulement de Turine était parfois accompagné de cuissons. Ces symptômes ne se compliquant pas d’une urine glaireuse et étant en général assez peu graves, on essaya, mais sans de bien grands résultats, le soufre et autres anti-hémorrboïdaux. A la fin d’avril ou au commencement de mai l’urine se montra une ou deux fois mêlée de sang, sans que toutefois d’autres symptômes calculeux se présentassent; l’on continua donc à prendre la maladie pour des liémorrboïdes, et l’on prescrivit l’eau de Marienbad. Les peines augmentèrent considérablement durant cette cure; les douleurs lors de la miction devinrent constantes, surtout à l’écoulement des dernières gouttes, et le sujet commença à ressentir, dans ses promenades à pied et en voiture, un malaise pénible au périnée et à la région pubienne. L’emploi des

eaux minérales empirant à coup sûr l’état du sujet, on dut les cesser après le IL.ème jour; le malade, dont le frère était mort d’affection calcul euse, commença enfin à soupçonner que lui aussi s’en trouvait atteint, et je fus appelé vers le milieu de juillet pour lui sonder la vessie. La première et la seconde exploration ne me firent pas découvrir de pierre, et je me trouvais aussi presque disposé a mettre, comme l’avait fait le médecin ordinaire du patient, ces symptômes sur le compte des liémorrboïdes; mais enfin, quelques-uns des indices rationels du calcul existant

à n’en pas douter, je crus devoir me tenir sur mes gardes, et conseillai pour essai une promenade en voiture.

Malgré l’emploi d’une voiture à ressoils, le sujet ne put s’en servir que quelques cents pas, et tom-menté de soufü'ances insupportables, fut forcé de s’en revenir à pied à son logis. Le jour suivant, après injection préalable, je procédai à une nouvelle recherche dans laquelle je sentis distinctement la pieiTe. Deux autres explorations avec le percutem’ courbe me démontrèrent que la grandem- de cette concrétion était d’en won 10 lignes.

Le patient consentit à l’extraction de la pieiTe par la lithotritie. Il se trouvait à première vue dans les conditions les plus favorables à l’emploi de cette méthode: l’urètre était d une largeiu’ suffisante, la vessie saine, spacieuse, d’une contractilité non diminuée, la pierre de grandeur moyenne, Tm-ine complètement clame.

A la première séance, laquelle eut lieu le 7 août, je saisis 3 fois la pierre, à 4V2> 10 et 4'/2 lignes. Le sujet fut mis à l’instant dans un bain tiède (1), immédiatement après lequel plusieurs débris sortirent avec Turine légèrement sanguinolente; le reste s’en alla le jour suivant, avec une évacuation d’urine mêlée d’une forte quantité de mucus épais. La santé du sujet n’ayant souffert en aucune manière, je tentai déjà le 1 1 août nn second essai.

Le 11 Août. La pierre fut saisie à 4V2t 8, d'/a lignes; les détritus sortirent avec la plus grande faci-

(I) Dans ce teiiips-lh, ou considérait presque comme nécessaire de prendre nu bain ehnmi entier nprbs clinqiio séance; eoinme toutefois dans la pratique privée il est souvent difficile de le faire, je m'en suis peu h peu dcslialiitiié, d'autant plus qu’on peut ordinairement s’en p:i8ser, et (pie ces bains peuvent être eu grande partie remplacés par des bains de siège tibdes, les seuls que j’emploie désormais au l)esuin.

lité; toutefois Turine était assez chargée de sang et de mucus. Enhardi par ce premier succès, je ne tardai que jusqu’au 14.

Le 14, je saisis de même à trois reprises la pieiTe à 4%, 5 et 4 lignes. Mais soit par la réitération peutêtre un peu trop rapprochée des séances, vu l’irritabilité individuelle du malade, soit aussi par une inadvertance accidentelle en manoeuvrant dans la vessie (c’était mon premier essai de ce genre), une violente irritation générale commença le soü* même à se manifester à la décharge du gravier; le malade ne dormit pas de toute la nuit, et le besoin d’mnner devint fréquent à reparaître presque toutes les 5 minutes ; les débris sortaient sans doute, mais avec une cuisson insupportable; l’urine, qui jusqu’ici n’avait été que sanguinolente et glaireuse, commença à trahir en outre de forts indices de pus; le pouls tomba incroyablement, augmenta de rapidité et de fréquence, la langue commença à devenir sèche, la soif brûlante, la faiblesse crut d’heure en heure. En un mot, j’avais devant moi le groupe entier des symptômes constituant dans leur ensemble la fièvre adynamique mentionnée et redoutée par les lithotriteurs, et qui souvent (suitout après l’une des premières séances) résulte de l’iritation produite par le gravier sur la vessie si sensible, ainsi que sur l’urètre. Comme prédisposant a la violence de ces symptômes, je dois nommer la diète peu fortifiante que le patient avait été forcé de tenir contre son habitude durant plusieurs semaines. Le repos, des boissons mucilagineuses abondantes, des injections émollientes de décoction de guimauve, tempérèrent sans doute la première violence de la fièvre, mais elle continua pourtant,

ainsi que les douleurs, une semaine entière, durant laquelle les mucosités devinrent de jour en jour plus abondantes, à mesure que la faiblesse augmentait. L’état du patient commençant à me donner de sérieuses inquiétudes, je consultai .. Mr. d’EicsTRÔMER, lequel après connaissance prise du fait, se fondant sur sa propre expérience et sur la règle eublatd causâ tollitur effectua^ me conseilla de ne pas attendre plus longtemps, mais de chercher à faire disparaître la cause de l’irritation en enlevant au plus tôt les détritus restants. Il me promit en outre d’assister à une nouvelle tentative, qui fut fixée au lendemain.

Le 23 août. La pierre fut saisie une fois à 5 lignes malgré la faiblesse et l’inquiétude du patient. Pour le stimuler un peu, on lui donna, l’opération terminée, une infusion de racine de guimauve, coupée d’une légère quantité de vin d’Oporto. Les jours suivants on lui permit aussi de faibles libations de toddy^ sa boisson favorite, lesquelles contribuèrent à le ragaillardir.

Le 25. Nouvel essai: la pierre saisie à 2, 5, 2 lignes. Enfin:

Le 30, 6:ème et dernière séance. Le dernier gi’avier sortit sans difficulté, quoique seulement le 3:ème jour après l’opération. La pierre consistait d’acide urique pur.

L’appétit complètement dispani jusqu’ici, reprit peu à peu, mais très-lentement, de même que les forces. Faisons remarquer ici comme quelque chose d’extraordinaire, que quoique 6 explorations diverses, exécutées ultérieurement de teins à autre, eussent indiqué une absence totale de pierre ou de détritus, l’urine continuait toujours à être mêlée d’une abondante matière muco-purulente, qui se

déposait au fond du verre à une épaisseur de 2 à 3 lignes. Je fus persuadé que cette matière n’était pas du mucus, mais du pus véritable, par l’examen chimique que M. le D:r Beklin voulut bien en faii-e. Cette secrétion qui m’inquiéta d’abord, parce que j’y entrevoyais un signe d’affection plus profonde, ne continua, à mon grand étonnement, pas moins d’une année et demie après l’opération et cessa alors d'elle-même. L’emploi de la Diosma crenata et de l’Uva ursi n’eurent aucune influence sui' elle. Un usage assez long de gymnastique médicale fut par contre très-utile au patient, qui regagna enfin la santé et les forces.

En Août 1847, le même malade fut heureusement opéré par moi d’une hernie inguinale incarcérée, et rendu promptement à la santé.

Il mourut en 1848 d’ossification des valvules du coeur. A l’autopsie, la vessie se trouva complètement saine, le rein gauche atrophié, rempli de pus, et les deux épididymes de la grosseur du poing, par suite des hydatides qui s’y étaient développés.

14;o. M:r Nyblaeus, chef d’arrondissement douanier, 55 ans, Vestrogothie, corpulent, gai et jouissant en général d’une fort bonne santé, arriva à Stockholm en été 1842, pour cause de difficultés d’uriner ressenties depuis 2 ans déjà. Le cathétérisme ayant découvert la présence d’une pierre de grandeur moyenne, et toutes les circonstances étant au reste favorables, je commençai immédiatement le broiement, lequel exigea 9 séances réparties sur un temps de 36 jours. Chaque séance amena la sortie d’une quantité considérable de détritus consistant d’acide

urique. La marche générale de l’opération avait été satisfaisante, mais après la dernière séance, le patient s’étant refroidi à la promenade, il s’ensuivit une fièvre adynamique lente, laquelle, avec les symptômes ordinaires, dura près de 4 semaines, sous un traitement très-simple. Dès que je pus faire une nouvelle recherche, je me convainquis que la vessie avait été totalement débarrassée de pierre lors de la dernière séance, laquelle fut par conséquent la séance finale. Le patient s’en retourna vigoureux et gai dans sa province, où il jouit d’une santé parfaite jusqu’en avril 1850: à cette époque, après 8 ans d’intervalle, et sans coliques préalables, il ressentit de nouvelles difficultés d’uiûner. Il arriva en août à Stockholm, la récidive fut constatée par la sonde, et je procédai le 15 août à la première séance. Deux pierres au moins pouvaient être senties, et la preuve qu’elles n’étaient pas petites, c’est qu’il fallut 18 séances réparties sur un laps de temps de deux mois et demi, et que la masse du détritus fut considérable. Une petite quantité restait encore à enlever, mais le sujet ne put toutefois attendre la fin; il partit contre mon avis le 30 octobre, poussé par la sollicitude qu’il ressentait pour sa famille, le choléra commençant à s’approcher de sa terre. Il était au reste complètement décidé cà revenir le printemps suivant. Le retour n’eut lieu toutefois qu’eu septembre 1851. Quelques séances suffirent alors pour enlever radicalement la pierre. Il a joui d’une santé parfaite depuis ce teinps-là.

15:0. M. de Nauckiioff, capitaine au régiment de Dalécarlie, 45 ans, avait durant 3 ans souffert de douleurs

calculeuses, compliquées d’un rhumatisme invétéré, lequel, à l’exception de quelques intervalles de répit, l’avait tourmenté dans tout le corps. Arriva tà Stockholm en 1842, fut sondé, et la présence de la pierre constatée. L’opération fut décidée, mais la sensibilité extraordinaire et douloureuse de l’urètre et de la vessie força d’attendre 6 semaines entières, pendant lesquelles l’introduction de bougies de cire, puis de bougies rigides, et des injections dans la vessie, etc., furent, à titre de traitement préparatoire, répétées jusqu’à ce que l’urètre pût sou&ir le lithoclaste, et la vessie retenir l’eau injectée (1). L’opération étant dès-lors possible, il y fut procédé, et elle eut lieu sans accident aucun. La pierre, d’acide urique et d’une dureté peu commune, exigea pour être entièrement enlevée, un temps de 3 mois et ne demanda pas moins de 20 séances. Aucune récidive n’eut lieu, mais, par contre, de forts accès du rhumatisme invétéré mentionné plus haut. Le patient revûnt en 1847, entièrement contracturé et sujet en outre à une éruption prurigineuse sur tout le corps; il entra pour cette cause à l’Hêpital des Séraphins.

18:o. M:r Bredberg, conseiller près la cour suprême, 53 ans, domicile Stockholm, était depuis plusieurs années tourmente de coliques des reins irrégulièrement intermittentes, après lesquelles il avait toujours été heureusement délivré d’une ou de plasieurs pierres; il en possédait même à la fin une collection considérable. Ayant eu de nouvelles coliques en Février 1843, il remarqua, comme quelque chose d’extraordinaire, que la pierre n’était pas sortie.

K connaissait mnllienrousemcnt pas encore îi celte dnoon

bien propre h alléger Ica souffrances atroces du patient.

à l’instar des crises précédentes. Toutefois la miction ne devint douloimeuse qu’au mois de mai; dès-lors les symptômes rationnels de la pierre se présentèrent l’un après l’autre, et démontrèrent la nécessité d’une exploration, qui fut exécutée par moi. Aucune pierre ne pouvant être découverte par les sondes métalliques ordinaires, je me souvins du conseil de Civiale (fortement appuyé par Heükteloup), d’employer dans des cas semblables une sonde élastique très-fine et très-lisse ; j’en introduisis une, en laissant, le patient debout, s’écouler lentement l’eau injectée. L’opportunité de ce procédé dans les cas où la pierre est minime me fut pleinement démontrée par la circonstance qu’à Técoulement des dernières gouttes je sentis à n’en pas douter le frôlement contre la sm'face fine du cathéter, de la petite concrétion laissée inaperçue par les sondes métalliques. Certain de la présence d’une petite pierre, j’introduisis le percuteur après une nouvelle injection, et je réuss is à saisir la pierre à un diamètre de 3 Va lignes. Je sortis l’instrument et les détritus s’écoulèrent tout de suite, ainsi qu’après le bain où le patient se mit immédiatement. Ils consistaient d’acide urique. L’après-midi, ainsi qu’une partie du jour suivant, le malade se sentit infiniment mieux, mais vers le soir, il fut saisi de frisson, puis d’une fièvre qui continua les jours suivants, avec faiblesse, insomnies, manque d’appétit, soif ardente, etc. — enfin toute la forme fébrile qui se pré»sente si souvent après les premières séances. Cette fièvre, compliquée en outre de symptômes gastriques, dura 3 semaines, pendant lesquelles un détritus très-fin sortit de temps en temps avec l’urine, et après ce temps cessa

peu à peu sans crises. Dès que le patient eut recouvré assez de forces pour pouvoir être sondé de nouveau, nulle trace de pien'e ne put être découverte dans la vessie, malgré plusieurs tentatives exécutées dans des positions diverses. Toutes les douleurs, tous les autres signes avaient disparu, une faible quantité de mucus seulement se montrait dans l’urine, laquelle devenait toutefois plus claire de jour en jour. Le total des détritus recueillis pesait Vz gi’os. Le patient délivré, comme on vient de le voir, de sa pierre en une seule séance, alla habiter la campagne et n’a jamais remarqué dès-lors le moindre indice de récidive.

l7;o. M:r de Stdow, conseiller près le collège de commerce, 63 ans, domicile Stockholm. Ne se décida qu’en 1843, après 2 ans au moins de doulem’s calculeuses, à se soumettre à la lithotritie. En un mois, et 16 séances, il fut délivré d’une grosse pierre d’acide urique. Rien ne vint troubler l’opération. Le patient souffrit ensuite souvent de récidives de fièvre intermittente et de vomissements, mais ne ressentit plus aucune douleur calculeuse. Il mourut en novembre 1850.

18:o. M:r Tet.ander, Assesseur, 67 ans, domicile Jônkbping (Smâland), souffrait depuis 3 ans de la pierre. Fut opéré par broiement en été 1844. La pierre consistait d’acide urique. Repartit, contre mon avis, après 6 séances, parce qu’il se sentait délivré de tous symptômes et qu’il était lui-même complètement persuadé de la disparition totale de la pierre. Toutefois, il revint, comme je l’avais prévu, au printemps de 1845, et fut alors en -7 séances complètement délivré de son infirmité, laquelle était

à coup sûr un reste de l’année dernière, et non une récidive. Jouit ensuite d’une assez bonne santé, sauf des douleurs intermittentes dans les reins. Il mourut en 1847. Mr le Dr Skoldberg, qui fit l’autopsie du cadavre, trouva un abcès considérable dans l’un des reins, contenant une pierre grosse comme le pouce; la vessie était libre de pierre, mais recouverte de pseudomembranes et comme partagée en deux poches, dont l’une formée par le col dilaté, circonstance diagnostiquée avec justesse par moi à l’opération.

19:o. Mr Kakstrom, chef d’arrondissement douanier, 51 ans, domicile Stockholm, sentit en 1845 pendant 4 mois, de légères souffrances lors de l’évacuatiou de l’urine, et se fit sonder la vessie. L’opération fut décidée, et la petite pierre consistant d’acide urique et de quelque peu d’oxalate de chaux {Hamherg), enlevée après 2 séances exécutées dans l’espace d’une semaine. Tout se passa à souhait, opération et suites, et le patient, domicilié maintenant à Gothembourg, a dès-lors joui de la meilleure santé.

20:o, Mr de Rosén, ancien président de la haute cour de Svea, 70 ans, veuf, domicile Stockholm, était tourmenté depuis 2 ans de douleurs calculeuses. L’opération commença en juin 1845, et continua durant 6 semaines. Après 16 séances, sans incident fâcheux quelconque, le patient regagna une santé et une vigueur complètes à tous égards, et 2 ans après, en 1847, il convolait en secondes noces. Cet état de santé dura 6 ans, c’est-à-dire jusqu’au commencement de 1851, époque à laquelle le patient fut de nouveau tourmenté de calcul. Trois séances suffii'ent à enlever la petite pierre qui, comme la première, consistait d’acide urique. Depuis ce temps, et avec un inter-

valle (Tun ou deux ans, deux petites pierres tombées des reins dans la vessie, ont été enlevées heureusement et avec une étonnante facilité. Le patient n’avait pas reçu de la nature une sensibilité excessive dans les voies urinaires, et l’habitude avait fait que loin d’être gêné par l’introduction de la sonde, il était plutôt disposé à considérer comme une 'jouissance'’ la sensation produite par cet instrument.

21:o. Mr le colonel Kalmberg, 69 ans, domicile Stockholm; avait servi jadis dans la cavalerie, et durant ce service comme pendant les dernières années de sa vie, il avait toujom's joui d’une bonne santé jusqu’au printemps de 1843, époque à laquelle il aperçut que parfois un peu de sang s’écoulait avec l’urine, quoique sans doulem’. Au mois de juin de la même année, le patient ayant lors d’une promenade pédestre pris un exercice plus fort que de coutume, l’évacuation de l’urine fut accompagnée d’un fort écoulement de sang. Le médecin consulté crut avoir affaire à des hémorrhoïdes, et prescrivit dift’érents remèdes, tels que l’application de ventouses scarifiées aux lombes, et "une poudre blanche'', lesquels arrêtèrent sans doute riiémorrhagie pour quelque temps, mais ”gàtèrent” par contre l’estomac. Le patient fit un voyage vers la fin de l’été, et la voiture, qu’il avait pu supporter jusqu'ici, lui devint maintenant pénible. De retour à Stockholm, il consulta le même médecin ; celui-ci sans mettre en question le moindre examen, continua à croire à des hémorrhoïdes contre lesquelles il ordonna de nouveau «la poudre blanche»; mais ce remède n’ayant plus l’effet désiré, il dut faire place cà des «gouttes acidulée.^», que suivirent bientôt en désespoir de cause faire place à des pilules

ferrugineuses, puis à l’emploi de l’eau martiale de Pyrraont. Toutefois cela ne faisait qu’empii-er le mal. Des sangsues furent maintenant appliquées au périnée, mais aucun allégement n’en étant même produit dans la difficulté d’uriner, le médecin, »à bout de son latin», se rabattit de nouveau sm* les «gouttes acidulées». Et ce traitement ou plutôt ces mauvais traitements continuèrent jusqu’à la fin de l’année. Au printemps de 1844 le même médecin conseilla au patient l’eau de Marienbad, qu’il prit en effet, quoique les douleurs en fussent plutôt augmentées que diminuées; il s’en alla ensuite aux bains de mer de Marstrand, où l’emploi de l’eau de Marienbad continua. Le séjour aux bains terminé, les affaires du patient l’appelèrent à se rendre en Smâland. Les secousses de la voiture lui causèrent des doulem's insupportables, et les besoins d’uriner devinrent si fréquents que l’infortuné, à peine remonté en voiture, était forcé d’en redescendre immédiatement; aussi tout le chemin se fit-il à peu près à pied. De retour à Stockholm, il retomua à son ancien médecin, lequel recommença sur nouveaux frais l’application de sangsues au périnée, et le régime des poudres, des gouttes, etc. etc. D’exploration de la vessie pas même l’idée. Toutefois le pissement du sang et les douleurs augmentèrent vers la fin de l’année; mais ce fut seulement en janvier 1845 que le patient résolut de consulter un autre médecin, et pour cause, car l’ancien venait de mourir.

J’avais eu déjà ce sujet entre les mains 3 années auparavant pour une loupe que j’avais dù lui enlever au crâne. Je le trouvai maintenant légèrement amaigri par les douleurs, ayant au reste assez bonne mine, mais l’hu-

meur très-abattue; toutefois il ne se plaignait que de ses détestables héraorrhoïdes. Apprenant qu’aucune exploration de la vessie n’avait eu lieu, je me mis immédiatement à l’oeuvre et découvris une très-grande pierre. De nouveaux essais donnèrent 20 lignes au plus grand diamètre de ce corps. Au reste, aucune circonstance défavorable, l’urètre avait une largeur suffisante et la vessie était assez spacieuse pour contenir 8 onces d’eau. L’urine était, à l’exception des écoulements mêlés de sang, presque claire, parfois, quoique rarement, chargée d’une faible quantité de mucus, de couleur sombre, saturée, jumenteuse, réagissant en acide. Nulle douleur ne se faisant sentir dans la région rénale, et aucune contre-indication ne se montrant, je proposai la lithotritie, que je commençai le 28 janvier après des injections et quelques explorations préparatoires.

La pierre fut saisie dans les dimensions de 20, 15, 9 et 3 lignes. Comme elle se trouvait dans une position superbe pour l’instrument, et que la manoeuvre affectait très-peu le sujet, je me laissai séduire à prolonger peutêtre un peu trop cette séance. Je suis complètement sûr que la muqueuse de la vessie n’en fut nullement lésée. Le patient se mit immédiatement au bain, dans lequel une quantité considérable de détritus sortit avec l’urine; il en fut de même l’après-midi, pendant lequel le patient se trouva très-bien; mais vers le soir il se déclara un frisson violent suivi d’une forte fièvre, accompagnée d’une légère transpiration ; la nuit, insomnie totale. Le lendemain, la fièvre continue, faiblesse grande, langue sèche, soif ardente, 100 battements de pouls par minute; le bas-ventre légèrement tendu, surtout au-dessus de la vessie, et passable-

ment douloureux à la pression; une cystite, si on peut lui donner ce nom, était indubitablement sur le point de s'y former. Un mucus épais et tenace qui commença de s’écouler avec rm’ine, augmenta journellement de quantité, de sorte que les graviers qui s’y trouvaient englués, ne pouvaient sortir qu’avec la plus grande difficulté. Des cataplasmes chauds furent appliqués sur le bas- ventre; la fièvre, dont tous les symptômes étaient ceux de la fièvre adynamique ordinaire à ces cas, fut combattue par des remèdes faciles, tels que laxatifs, lavements, acide phospliorique, etc., et continua pour ainsi dire sans rémission durant 3 semaines, après lesquelles elle diminua insensiblement. Dès que l’état du patient se fut quelque peu amélioré, et que j’osai introduii'e de nouveau l’instrument, ce que les circonstances ne permh’ent pas toutefois avant le 22 février, je ne le fis qu’avec la plus grande prudence et non sans crainte des suites, la fièvre ayant grandement entamé les forces du patient.

Il me restait maintenant à choisir entre deux procédés; laisser continuer l'inflammation chaque jour plus grande de la muqueuse, entretenue par les graviers aigus restés dans la vessie, ou hasarder les suites de la périlleuse irritation générale, qu’une nouvelle opération exciterait à coup sùi’ chez un sujet si faible.

Pour ne pas empirer l’inflammation en tardant davantage, je me décidai, non sans hésiter beaucoup, à augmenter l’irritation; j’introduisis le percuteur, et je réussis cà saisir et cà briser des fragments de pierre de 17, 15 et 3 lignes de diamètre. Le soir, il survint de même un frisson violent, qui revint pendant 3 jom's, à 5 heures du soir. La fièvre

subséquente était sans doute faible et accompagnée d’une légère transpiration, mais le pouls se trouvait mat et les forces si abattues que je commençais à craindre une issue fatale. Je soupçonnais au commencement que ces symptômes indiquaient peut-être une afifection rénale plus profonde; mais les paroxysmes commençant à prendre un type défini et régulier, j’eus recours le 4:ème jour au sulphate de quinine, dont le patient reçut en tout gr. xvj, mêlés de IV2 grain d’opium. La nuit fut calme; ni frisson ni fièvre ne se présentèrent, les symptômes locaux se calmaient à vue d’oeil; toutefois l’abondant mucus dont l’urine était chargée continua à s’écouler avec la plus grande difficulté. Vu la faiblesse générale entretenue par une insomnie presque complète, contre laquelle j’employai vainement la morphine et le lactucarium, je n’osai procéder que le 3 mars à la 3:ème séance. (Les premières séances eurent donc lieu comme suit: 28 janvier, 22 février, 3 mars). Les suites de cette séance furent moins décourageantes; la 4:ème put avoir lieu le 6 mars, et l’état général s’améliorant de plus en plus, je hâtai les séances subséquentes, qui désormais eurent lieu tous les 2 jours. 16 séances furent nécessaires pour débarrasser parfaitement le patient de son immense pierre. Dès la dernière (4 avril) l’écoulement du mucus avec l’urine cessa immédiatement. Le patient se rétablit peu k peu. Vers la fin du printemps il fit une cure d’eau de Wildung, puis partit poulies bains de mer de Marstrand. Le gravier rassemblé et séché pesait 6 gros et consistait d’acide urique pur. Le patient jouit dès-lors d'une santé parfaite jusqu’en 1847, époque à laquelle, lors d’un voyage en Smâland, il mourut d’une indigestion causée par la consommation trop copieuse

d’anguille et de melon. Le cas de maladie ci-dessus, quoiqu’au reste assez ordinaire, donne lieu toutefois à quelques remarques:

En premier lieu, il se présente comme un avertissement sérieux pour le médecin de procéder à sa diagnose d’une manière un peu plus prudente, afin que, soit par ignorance, soit par une négligence coupable, il ne laisse pas durant des années une pierre parvenir aux dimensions du cas présent, en d’autres termes, à peu près aux plus grandes que la lithotritie puisse attaquer avec chance de succès.

En second lieu, les symptômes au plus haut point

inquiétants qui se déclarèrent après la première séance, et que l’on a assez souvent occasion d’observer, surtout au commencement d’une opération lithotritique, peuvent, si non toujours, du moins, s’il faut le dire, assez souvent, être mis sur le compte de l’opérateur. Je reconnais sincèrement que dans le cas présent ils ont été, suivant toute probabilité, provoqués par la négligence d’une règle à laquelle les opérateurs parisiens, se basant sur leur vaste expérience, donnent une importance majeure, et qu’ils ne considèrent jamais pouvoir assez inculquer à leurs élèves. Cette règle, la voici: Faites la première séance aussi courte que possible (1). La première fois, si faire se peut, il

faut s’efforcer de bien saisir la pierre, car si cela a lieu,

elle ne se brise qu’en 2 ou 3 fragments assez considera-

1) Jo serais pr6t h dire : faites chaque séance aussi courte que possible. et je ne crois vraiment pouvoir le reeomraandor assez. Je me fonde à cet dgard sur une expérience souvent trop chèrement achetée, et je ie dis dans la ferme persuasion que l'application de cette règle importante est la condition majeure d'un emploi heureux de la lithotritie. Je n'appelle pas courte la séance qui dure de 6 h 10 minutes, mais celle de 2 ou tout au plus 3 minutes.

blés pour ne pouvoir passer par l’urètre, et qui sont par conséquent forcés de rester dans la vessie jusqu’à nouvel ordre. Cela réussit-il, il ne faut rien précipiter, quelque raison que vous puissiez avoir; il ne faut se laisser entraîner à saisir à fois réitérées et à essayer de briser ces fragments, ni par le patient lui-même, ce qui arrive pai'fois, ni par les aides, lesquels assez souvent le désirent, ni par une témérité assez commune chez les commençants. La raison majem'e à opposer à cette manière d’agir se trouve dans la ch'constance que l’urètre, mais surtout le col de la vessie, sont alors sensibles au plus haut point; l’on doit par conséquent empêcher, si possible, que des fragments minimes ne cherchent à passer par le col de la vessie immédiatement après la première séance, et ne produisent une irritation du col et de l’urètre presque toujours suivie de graves symptômes. Dans le cas présent, le sujet était passif au plus haut point, je dirai même indolent; je crus alors devoir profiter de l’occasion, procédai trop vigoureusement, et fis durer trop longtemps la l:ère séance. Des accidents très-inquiétants ne tardèrent pas non plus à se présenter. Ils ne devinrent pas aussi graves qu’ils auraient pu l’être, mais ce me fut toutefois un avertissement sérieux de procéder désormais avec plus de prudence.

La fièvre lente adynamique qui se déclare souvent dans les cas sembables et qui est évidemment en rapport avec l'irritation produite par la sortie du gravier, quoique quelques lithotriteurs ne soient pas de cette opinion, doit du moins dépendre, dans la plupart des cas, d’une irritation des parois et du col de la vessie, ainsi que de 1 uretre; dans le cas présent nous en avons une

preuve assez parlante, car les sjoiiptomes locaux après la l:ère séance ressembLient, quoiqu’à un degré inférieur, à ceux d’une inflammation chronique lente de la muqueuse de la vessie.

Je fus convaincu d’une manière surprenante de l’utilité véritable de la quinine dans les cas où la fièvre prend un type régulier avec intervalles fxes. Les symptômes de frisson, etc., disparurent totalement après l’emploi de ce remède.

Une vérité que le cas m’a aussi constatée, est celle que l’écoulement du mucus, quelque abondant qu’il soit, dès .qu’il n’a pas son origine dans une vessie malade à un trè.s>-haut degré, mais provient seulement de l’irritation causée par les graviers aigus, loin de constituer un empêchement à la continuation des séances, indique au contraire la nécessité de les répéter plus fréquemment.

Enfin, je considère ce cas comme pouvant servir d’encouragement à l’opérateur, car il montre que même avec les apparences les plus sombres il ne doit pas perdre toute espérance d’une issue peut-être heureuse.

22:o. Mr de Printzensküld, procureur du roi, 50 ans, domicile Stockholm, sentait depuis 6 semaines, en été 1845, des souffrances insupportables lors de l’évacuation de l’urine. Il demanda à être sondé. La pierre fut immédiatement découverte, et quoiqu’elle causât des douleurs à faire crier le patient à chaque miction, elle était toutefois de dimensions si petites, qu’une seule séance suffit à l’annihiler. Elle avait environ la grosseur d’une noisette et consistait d’acide urique pur. Le patient se trouva donc immédiatement guéri, mais il lui survint de temps

en temps de coliques des reins, dont le résultat définitif fut une récidive, laquelle ne se déclara toutefois que 9 ans après, c’est-à-dire en 1854. Il fut opéré de nouveau, et la pierre, qui consistait cette fois aussi d’acide urique pur, fut enlevée facilement en 3 séances.

23;o. ]\Ii’ ScHOTTE, capitaine du régiment d’infanterie de Vestrogothie, 55 ans, se décida, après 4 ans d’affections calculeuses, à se rendre à Stockholm en 1845. La pien'e facilement découverte, était très-grande, et exigea 16 séances exécutées dans l’espace de 2 mois. Aucun incident fâcheux. Pierre d’acide urique. Le patient jouit ensuite d’une bonne santé et n’eut pas de récidive. Mourut en août 1852. Cause de la mort inconnue.

24:o. Ml’ le colonel de Hedenstjerna, 59 ans, Smâland, fut opéré en 1846 et délivré de sa pierre en 1 1 séances dans l’espace de 5 semaines. Aucun accident. La pierre consistait d’acide urique. Aucune récidive connue. Mourut en 1853. Cause de la mort inconnue.

25:o. Mr Neiirman, intendant, 60 ans, Néricie, vint en 1846 à Stockholm, après 7 ans de souffrances cruelles; je le délivrai de sa pierre, de 18 lignes de diamètre, et si dure, qu’au commencement je désespérais complètement de l’issue. Après 1 9 séances, dans un espace de temps de 9 semaines, et après avoir employé l’instrument N;o 3 de Charrière, le seul qui eût de l’effet sur la pierre presque dure comme du silex et consistant d’acide urique compact, le patient put s’en retourner chez lui en pleine .santé et totalement délivré de sa pierre.

26;o. Mr le lieutenant-colonel de Sciiantz, 73 ans,

arriva en été 1846 d’Abo (Finlande). 11 fut sondé 2

ours de suite sans que je sentisse de pierre. Le visitant le 3:èine jour, il me dit à mon entrée: "docteur, voas avez voulu m’attraper hier, en prétendant que je n’avais pas de pierre’’ ; ce disant, que l’on juge de ma stupéfaction à la vue de 6 pierres aussi grandes que des fèves de haricot! Elles étaient sorties d’elles-mêmes avec l'urine, le jour précédent, immédiatement après le cathétérisme, et avaient échappé cà mes recherches probablement par le fait qu’elles se trouvaient cachées dans une poche. Une seule séance suffit pour briser, le jour suivant, la 7:ème et dernière, laquelle était d’une grosseur un peu supérieure à celle des précédentes. Toutes consistaient d’acide urique. Le patient se sentit immédiatement guéri. Je crus toutefois devoir, avant son départ, me convaincre • par quelques explorations que la vessie était tout-à-fait libre, et j’aperçus alors chaque fois que l’urine était légèrement sanguinolente. Au dernier essai, 2 jours avant son embarquement, riiémorrhagie devint si violente à l’introduction de la sonde que la vessie fut complètement remplie; cela nous embarrassa beaucoup, le patient et moi, et nous fit passer une nuit inquiète et sans sommeil, durant laquelle je dus à fois réitérées avoir recours à des injections d’eau tiède pour faire sortir le sang coagulé, puis à des injections froides pour rafraîchir la vessie. Il partit quelques jours après, parfaitement guéri. Il revint en 1847, plutôt pour son plaisir que par nécessité. La vessie fut sondée, mais je ne découvris pas de pieiTe.

27:o. Mr le général de Reuterskjüld, domicile Stockholm, 76 ans, vint sous mon traitement eu 1846. L’orifice de l’urètre était si étroit, que je dus préalable-

ment l’ouvrir avec l’instrument de Civiale. Fut sondé 5 fois dans des positions différentes, sans que la pierre pût être découverte. La 6:èine fois amena enfin ce résultat. 5 séances en 3 semaines le délivrèrent de sa pierre, qui consistait d’acide urique. En 1848 de nouveaux symptômes de calcul se manifestèrent. Son médecin d’alors, M. le D:r Vincent Lundberg m’ayant consulté, nous résolûmes de ne procéder à aucune opération vu l’état général de faiblesse du patient.

Il mourut en octobre suivant. L’autopsie fit découvrir une pierre de la grosseur d’un oeuf de pigeon, consistant entièrement de phosphates, à l’exception du noyau, qui était d’acide urique. C’était peut-être un fragment de l’ancienne pierre, resté depuis la l:ère opération; je suis d’autant plus porté à le croire, que ce corps avait une forme triangulaire. Il est probable que ce petit gravier, resté dans la vessie trabeculée, y était devenu le noyau de la nouvelle pierre formée durant les 2 années consécutives.

28;o. Mr Bergstrom, réviseur, 48 ans, domicile Stockholm, fut opéi’é en Mai 1847. Après 4 séances, se croyant libre de pieiTe, vu que, comme cela arrive parfois, les symptômes avaient complètement cessé, il ne permit pas de traitement ultérieur. Il revint toutefois, ainsi que je le lui avais prédit, déjà en septembre, avec les fragments restés, lesquels disparurent après 3 séances. Le patient n’était pas des plus sensibles et considérait une séance comme un cathétérisme ordinaire; les 3 dernières fois, il se rendit chez moi, subit son opération et s’en alla directement après, sans gêne aucune, au collège de la

guerre où se trouvait son bureau. La pierre, qui consistait et acide urique, exigea donc eu tout 7 séances, faites dans l’o.'pace d’un mois.

29:o. Mr Hellman, capitaine de cavalerie, 62 ans, Sinâland, ressentant depuis 6 mois des douleurs calculeuses, me visita en 1847. Une seule séance suffit pour le délivrer de la pierre, laquelle fut saisie à un diamètre de 3 lignes de Paris. Elle consistait d’oxalate de chaux. L’opération fut suivie d’un léger frisson et d’un peu de fièvre; mais 3 jours après il repartait pour le Sinâland parfaitement guéri.

30:o. Mr le capitaine de Gripensvard, 67 ans, de la province d’Upland. Tourmenté 8 ans de souffrances calculeuses, il arriva enfin à Stockholm en 1847. L’opération fut commencée dès la découverte de la pierre, c’est-cà-dire le 20 Juin, et continua, de la façon ordinaire, sans accidents dui’ant 5 séances. Le patient était trèsirritable. Après la 5:me séance, un des te.sticules commença à enfler avec accompagnement d’une forte fièvre qui força M. de G. à prendre le lit. Malgré l’emploi de laxatifs, de bains, de cataplasmes, de ramollients, etc., l’enflure augmenta, entra en suppuration et fondit enfin complètement la glande. Quand la tension fut à son maximum, la tunique albuginée dut être ouverte, et toute la masse testiculaire s’écoula peu à peu. La cicatrisation de la plaie exigea 2 mois pendant lesquels l’opération fut interrompue. 2 séances suffirent alors pour enlever la pierre, qui consistait d'acide urique, et le patient s’en retourna chez lui au commencement de septembre, après une opération de 10 semaines et de 7 séances.

31:o. Mr Hejkel, président de tribunal de 2:ème instance, 62 ans, domicile Wasa (Finlande). Avait jadis souffert beaucoup d’un rhumatisme pour lequel il avait visité divers bains étrangers, et s’était même, lors d’un voyage en France, confié au traitement de M. le D:r Chuestxen de Montpellie)'. Arriva à Stockholm en été 1847, après avoir souffert un an et demi de symptômes calculeux. Une seule séance le délivra de sa petite pierre- (5, 3, lignes de Paris), consistant d’acide urique. Après une semaine de séjour à Stockholm, il s’en retourna en Finlande parfaitement guéri. Une annonce dans les journaux du temps m’apprit qu’il mourut en 1850.

32:o. Mr le major Wetïerstkôm, 63 ans, Ostrogothie, fit en 1848 un voyage à Stockholm dans le but d’y chercher un remède au.x douleurs qu’il avait durant plus d’une année éprouvées à la miction. Un mois et 8 séances suffirent pour enlever sa pierre, qui consistait d’acide urique. Aucun incident remarquable ne se présenta, si ce n’est que les premières tentatives, avant que je fusse parvenu à découvrir la construction de l’urètre, furent excessivement difficiles, en suite de l’existence près du bulbe d’un enfoncement considérable dans lequel l'instrument s’égarant volontiers, provoquait régulièrement une hémorrhagie. 11 est probable que j’avais eu à l’un des premiers essais le malheur de m’y fourvoyer, ce que j’évitai ensuite par plus de prudence.

33:o. Mr Kjerrstkom, commerçant, d’Askersund (Néricie), avait joui sans interruption de la meilleure santé jusqu’à l’àge de 57 ans révolus, mais commença dès-lors à ressentir de la difficulté à évacuer l’urine. Après avoir

souffert patiemment toute une année, il fit en 1848 un voyage à Stockholm pour y chercher remède à son mal.

Au bout de 8 séances, qui nécessitèrent un espace de temps de 5 semaines, . le patient s’en retourna chez lui dans une santé parfaite. En Mai 1852, une nouvelle pierre le força de revenir passer 15 jours à Stockholm.

4 séances suffirent pour le délivrer de son calcul. Les deux pierres consistaient d’acide urique.

34:o. Mr Helander, procureur du roi, 65 ans, Dalécarlie, avait souffert 25 ans de la gravellè et près de ' 2, de symptômes calculeux. En 1848, 10 jours et 5 séances suffirent pour remettre le patient. Aucun accident ne vint troubler l’opération, si ce n’est la ch'constance que 2 gi’os fragments de pierre s’arrêtèrent une fois dans la fosse naviculaire, d’où ils furent, sans trop de difficulté, retirés ] avec la sonde ordinaire. La pierre consistait d’acide

urique.

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