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LES CONFRÉRIES RELIGIEUSES

I^s confréries religieuses, comme le fait remarquer M. Brosselard, ont leur source dans les institutions nées dans TOrient, à Torigine même de Tislamisme. Klles s'inspirent de la tradition dos anciens soufî^s ou fekirs do la Mecque et de Médine aux premiers temps do rhô<^'iro. Ces associations ont toujours eu \)out but d(i donner la vie à la discipline monotone du mahométisme par dos i»ratiquos capables (rexciter rentliousiasme et Tadmiration des croyants. Les soufis eux-mêmes avaient dû prendre ces pratiques dans les doctrines secrètes de l'antiquité dont TOrient lut le berceau et Técole d'Alexandrie le foyer. Dans cette dernière ville, centre du monde savant et du commerce des peuples, où, .suivant Texpression de Sprengel {H'St, de la Médec, t. n) — on échangeait avec les marchandises les opinions et les systèmes, le syncrétisme avait introduit tout à la fois les rêveries de Pythagore et de Platon, le dualisme de Zoroastre, le Talmud et la Cabale des Juifs, la magie des Brahmes et des Chaldéens. Toutes ces sectes ne vivaient que de mysticisme ; elles se résumèrent dans une sorte de théosophie occulte toute empreinte d'une fan-

tasmagorie pierveilleuse. Pour communiquer avec les génies et se rendre maître de ces habitants évoqués de l'empire des esprits, il fallait s'astreindre à la prière et à Tabstention des plaisirs des sens, et par Textase et les pratiques secrètes obtenir la faveur de se rendre les génies favorables. Ces doctrines, repoussées par le Christianisme, admises par l'Islamisme et le Boudhisme, se développèrent chacune de leur côté jusqu'à produire les confréries religieuses de khouan, fekirs ou derviches qui peuplent les pays de l'Orient.

L'existence des confréries religieuses en Algérie a été longtemps ignorée et tenue cachée aux Européens. Et cependant il n'est guère de peuple où ces sortes d'associations se soient le plus développées. Fondées à l'origine dans un but religieux facile à poursuivre, la plupart se sont détournées de cette voie et se sont mêlées activement aux mouvements politiques qui de temps à autre ont désolé le nord de l'Afrique.

Toutes ces confréries religieuses ont chacune un patron, un marabout vénéré entre tous, le fondateur de l'ordre qui reçut du Prophète la vision des pratiques efficaces et la voie sainte à suivre dans cette vie pour arriver à la gloire céleste.

Les membres de ces associations portent le nom de khouan dont le sens est frères. Les règles à suivre, sans s'écarter de la loi musulmane, sont cependant assez tranchées; chacun des ordres a par exemple sa devise particulière nommée deker\ elle est composée de certaines paroles que l'on récite sur le chapelet. La règle est encore dans le nombre des prières, l'heure à laqueHe on les dit, la façon dont on les récite et aussi dans certaines pratiques de piété.

La direction spirituelle et temporelle de chacune de ces associations religieuses est confiée à un khalifa désigné d'avance par son prédécesseur. Le khalifa établit dans chaque ville des chefs nommés mokaddem ou cheikh qui lui transmettent des rapports sur les événements de nature à intéresser la confrérie.

Les confréries religieuses de l'islamisme, de même que les ordres chrétiens du moyen-âge possèdent un grand nombre de mosquées et de zaouïas. On ne trouve guère de ville en Algérie qui n'ait un temple particulier pour chaque secte de khouan. Dans

campagne, on trouve beaucoup de kouhbas ou monuments votifs élevés à la mémoire des fondateurs d'ordres religieux.

Prendre la rose, c'est entrer dans une confrérie religieuse en qualité de khouan. Ainsi on prend la rose de Sidi Mohammed ben Aïssa quand on se fait admettre dans la confrérie des Aïssaoua.

Pour se faire recevoir khouan, il faut d'abord s'adresser à un frère qui vous présente au mokaddem de l'ordre. Celui-ci vous

prend la main, ainsi que le font les francs-maçons, tous fait connaître vos devoirs, les prières à réciter, les formules à employer, la manière de dire le chapelet. Ces formalités j^ccomplies, on est reçu dans la confrérie.

On pourrait croire que les ordres religieux des Arabes ressemblent à notre franc-maçonnerie. Il n'en est trop rien ; car sauf le titre de frère et quehiues rites si>éciaux, le reste est tout différent. Ils n'ont pas de signes mystiques et de mots de passe et ils n'admettent dans leur sein que les musulmans, tandis que pour être franc-maçon il sulîlt d'être honnête sans qu'on s'inquiète de votre culte ou de votre drapeau.

Les principales règles de ces sectes religieuses sont l'obéissance absolue aux chefs de Tordre, le renoncement au monde, la retraite, la veille, l'oraison continue et l'obligation d'assister aux réunions périodiques du vendredi ; ce qui dans un catéchisme des khouan de Sidi Abd-el-Kader el-Djilani est énoncé dans ce qui suit :

€ Rejeter les mauvaises paroles ; prononcer sans cesse le nom do Dieu ; mépriser les biens de la terre ; repousser les amours humaines et craindre le Dieu très-haut. >

Les ordres religieux de l'Algérie comprennent sept sectes différentes d'après le nom du marabout ou ouali qui les a fondées ; ce sont :

1° L'ordre de Sidi-Abd-el-Kader el-Djilani ;

2<» De Mouleï-Taïeb ;

3** De Sidi-Mohammed ben-Aïssa ;

4*^ De Sidi-Youssef el-Hansali ;

5*» De Sidi-Hamed-Tsidjani ;

6° De Sidi-Mohammed ben Abd-er-Rhaman Bougucbrin ;

7* De Sidi Mohammed Ben Ali Es-Senoùsi.

Tous ces ordres, à l'exception des Aïssaoua, admettent les femmes et leur donnent le titre de sœurs.

Comme chacun des marabouts fondateurs do cos ordres a sa légende spéciale, nous allons donner un aïKîrçu rapide des croyanwîs des Arabes à leur sujets*).

(I) Cf. à ce propos : Rey. polit, et litt. du 29 mare 18d4, article de M. E. LerasMor ; Revue scientifique, du 14 avril 1883; Revue généralê» do i" mai 1884: Le Mahdi et les associations religieuses musulmanes, par H. Carnoy ; etc., etc.

Ordre de Sidi Abd-el-Kader el-Djilani.

Cet ordre, le plus aDcien de TAlgérie, doit sa fondation à un marabout de Bagdad dont le nom est en grande vénération chez les Musulmans.

Il est une croyance populaire dans Tlslamisme que dans le mois de Safar il descend du ciel sur la terre 380,000 maux différents; pestes, fièvres, morts, blessures, coups, etc. On comprend que le genre humain en serait aussitôt accablé et ne tarderait pas à périr si la miséricorde divine n était là pour venir en aide aux mortels. Dans cet instant lamentable. Dieu choisit un homme d'une piété austère et éprouvée, d'une vertu sans égale et le charge à lui seul des trois quarts du terrible fardeau.

Cet homme c'est le Roui. La moitié de ce qui reste est prise par vingt autres saints nommés Aktab, disséminés dans le reste de Tlslam. Le dernier huitième est réservé aux hommes.

Dès que le Rout a été frappé des 285,000 maladies, il ne lui reste plus que 40 jours à vivre, et ce temps, il le passe dans des souffrances horribles que Ton n'a pas de peine à comprendre I Sidi- Abd-el-Kader el-Djilani dut à sa piété insigne d être choisi pour Rout.

Maintenant, Sidi el-Djilani habite dans une sphère brillante entre le troisième et le quatrième ciel, où les anges ont porté spn corps mortel ; c'est de là qu'il protège tous ceux qui l'invoquent sincèrement, juifs, chrétiens ou musulmans, quoiqu'il réserve une plus grande part de faveurs aux khouan de l'ordre qu'il a institué autrefois.

Ordre de Monlél-Taleb.

Cet ordre religieux est surtout influent au Maroc. Il doit son origine à Mouléï ed-Dris de la famille des cheurfa (pl. de chérif) du Maroc. On sait peu de chose sur ce saint et sur Mouléï-Taïeb, homme pieux qui mérita plus tard de donner son nom à la confrérie.

Mouléï-Taïeb avait le don des miracles ; il rendait la parole aux muets, la vue aux aveugles, l'ouïe aux sourds, faisant marcher droit les boiteux et guérissant les paralytiques. Comme tous les grands marabouts, il jouissait de la faculté de se transformer en toutes sortes d'animaux, en oiseaux, en poissons, et de traverser l'espace avec une rapidité sans égale.

Les khouan de l'ordre de Mouléï-Taïeb doivent répéter deux cents fois par jour la formule suivante :

« Dieu I la prière et le salut sur notre Seigneur Mohammed et sur lui et ses compagnons, et salut. »

Les Fakirs ou frères de Mouleï-Taïeb forment une sorte de confrérie religieuse spéciale. Ils sont assez nombreux à Tlemcen et ils tiennent leurs assemblées dans une maison qui est la propriété de leur ordre. Chaque vendredi ils s'y réunissent et récitent en commun leur interminable rosaire. Ces Fakirs attendent leur Messie conmie les Juifs. Le leur sera Moula-Saà, le champion de la délivrance.

Ordre de Sidi Mohammed ben AIssa.

Cet ordre est certainement le plus curieux de tous, celui qui a le plus de tout temps attiré l'attention générale et des Musulmans et des Chrétiens à cause de la singularité des pratiques de ses khouan.

Sidi Mohammed ben Aissa vivait il 7 a trois ou quatre

cents ans à Meknès, une des villes du Maroc, alors que Moaleï-Ismaël en était le sultan. Sidi-Mohammed était un des plus pauvres de la ville, n'ayant absolument rien pour faire vivre sa nombreuse famille ; mais sa confiance en Dieu était très grande, et chaque jour il passait plusieurs heares dans la mosquée à invoquer le Tout-Puissant. Mais en rentrant chez lui il ne voyait que la misère la plus affreuse, sa femme et ses enfants lui demandant un peu de nourriture qu'il ne pouvait leur donner.

Un jour que le saint homme était en prières dans la mosquée et qu'il y restait plus qu'à l'ordinaire pour ne pas voir ses enfants qui depuis trois jours n'avaient pas mangé, un homme alla frapper à la porte de sa chétive demeure, appela sa femme et lui remit un panier de provisions, en disant : a Voici de la part de Sidi-Aïssa. » On juge de la joie du malheureux à son retour. Le jour d'après et ceux qui suivirent il en fut encore de même. Les cadeaux de renvoyé mystérieux du Ciel se multiplièrent tellement que la fortune de Sidi-Mohammed ben Aïssa en arriva à porter ombrage au sultan. Mais Mouleï-Ismaël se tut en attendant le jour où il pourrait réellement nuire au saint homme.

Quelques années après, comme la femme de Sidi-Aïssa puisait de l'eau à la citerne, elle fut tout étonnée de trouver le seau tout rempli de beaux sullani d'or. Et à chaque fois qu'elle puisait il en était de même.

« Seigneur I s'écria lo serviteur de Dieu, tu viens de nous combler de richesses, mais accède à nos vœux, permets-nous de te remercier, de nous incliner devant toi. Envoie-nous l'eau qui, nous lavant de toute impureté, de toute souillure, doit te rendre nos prières agréables,

Après celte courte invocation, la femme du marabout puisa de nouveau dans la citerne, et cette fois amena l'eau pure et limpide nécessaire à leurs ablutions.

La nuit suivante, le Prophète apparut à Sidi-Aïssa et lui donna l'ordre de réunir des prosélytes et de leur enseigner la formule de prières qu'il devait adopter.

Le marabout sortit donc dans la ville, choisit parmi les

hommes sages et justes ceux qui pouvaient devenir ses disciples et ses frères. Et à chacun d'eux il disait : « Veux-tu travailler avec moi ?

— Oui, répondait-on ; mais de quelle œuvre parlestu ?

— Viens avec moi et je te l'apprendrai. »

Il en réunit cent, leur donna un chapelet et de l'argent et les nomma ses khouan ou frères après leur avoir donné ses ordres.

A la suite de la proposition qu'il leur fit de les tuer, il ne lui en Testa que quarante, que le sultan chassa, ainsi que leur chef et sa famille, hors de la ville de Meknès. Les bannis s'établirent dans un lieu désert nommé Hameria, et c'est là qu'ils construisirent leurs gourbis. L'eau manquait ; le marabout n'eut qu'à frapper de son bâton le tronc d'un olivier pour qu'une source en sortît aussitôt.

Apprenant ce prodige, le sultan voulut le contraindre à sortir de ses Etats.

« La terre est à Dieu, lui fit répondre le marabout ; tu as des droits sur Meknès et ses environs, mais tu n'en as aucun sur Hameria. Si tu veux me vendre tout ce que tu possèdes, Meknès et les terres de ton empire, tu en auras le prix que tu me demanderas. »

Mouleï-Ismaol sourit de pitié à cette proposition si folle. Cependant, dans l'espoir de jouer un bon tour à Sidi Aïssa, il accepta la vente moyennant une énorme somme d'or. Au jour fixé pour la transaction, le sultan, les euléma et les grands personnages (Je la ville se rendirent à Hameria. Le marabout les reçut avec respect et les fit asseoir auprès du vieil olivier.

« Aïssa, dit le sultan, je te livre Meknès et ses environs, ainsi que nous en sommes convenus : voici l'acte de vente ; mais donne-moi le prix fixé pour cet achat.

— Tu vas le recevoir, répondit le saint. Vois si Dieu me protège et si mes prières lui sont agréables. »

En disant ces mots, Sidi Aïssa toucha l'arbre de la paume de sa main. Une pluie d'or tomba dàns le cercle des gens de Meknès, et le tout compté donna trois fois

la somme nécessaire au paiement de la vente. Qui fat étonné ? Ce fut certainement le sultan et les grands de la ville. L'acte de vente était dans les règles ; il n'y avait rien à dire. Mouleï-Ismaël et les gens de Meknès se jetèrent aux pieds du marabout et implorèrent sa pitié. Sidi Aïssa leur rendit la ville et leurs biens à cette condition que chaque année, à partir du douzième jour du mois de Maouled (Rabi-el-Ououel), les habitants de Meknès resteraient chez eux sept jours sans sortir ; les Khouan de Tordre seuls étant exceptés, les gens de la ville se mirent tous dans la confrérie, pour se soustraire à cette gênante disposition.

Satisfait de son triomphe, Sidi Mohammed ben Aïssa dédaigna de rentrer dans la ville et continua de vivre à Hameria où il mourut après avoir fait construire une magnifique mosquée dans laquelle on l'inhuma.

Les disciples de Sidi Aïssa se sont multipliés en Algérie et au Maroc où leur nom d'Aïssaoua est synonyme de jongleur et de bateleur.

A certains jours de fête, les AUsaoua se réunissent et après de§ louanges et des prières adressées au fondateur de l'ordre, se livrent aux sons des instruments et aux cris des femmes, à une danse vertigineuse accompagnée d'invocations et de contorsions grotesques. Pendant que brûlent les parfums, que le rhythme de la musique et les cris des assistants s'accentuent et s'élèvent, il semble que les khouan arrivent à un degré d'exaltation extraordinaire. Ce ne sont plus des êtres humains, mais de véritables démons saisis de folie furieuse. En cet instant, si l'on apporte des moutons ou d'autres animaux vivants, les Aïssaoua se précipitent sur la bête, la déchirent et dévorent la chair pantelante avec les débris de toison et d'intestins. Les khouan saisissent ensuite les reptiles les plus hideux, des serpents venimeux, des crapauds, des scorpions, se jouent de leur venin et les dévorent vivants.

Tous ceux qui ont visité l'Algérie ont été témoins de ces faits, mais les opinions se sont partagées quand il

s'est agi de les expliquer. Les uns n y ont vu que jonglerie et momerie, tandis que d'autres y ont cru fermement. Si l'on réfléchit que les Aïssaoua ne se contentent pas de dévorer des serpents et des scorpions, et qu'ils mâchent et avalent au vu et au su de tout le monde des tessons de bouteilles, des clous, de la limaille de fer, des feuilles épineuses de cactus qui leur traversent les joues, qu'ils se brûlent impunément avec des barres de fer rouge et qu'ils se font de profondes plaies avec des instruments tranchants sans paraître ressentir la moindre souffrance, il faudra pourtant bien admettre qu'il n'y a pas que jonglerie dans ces cérémonies ,-et chercher ailleurs la clef du mystère.

Pour nous, nous croyons la trouver dans l'état d'exaltation et de mysticisme où arrivent les khouan de l'ordre d'Aïssa quand ils se livrent à de grands excès.

C'est la un des nombreux effets de l'imagination sur le corps, effets bien connus et auxquels il faut rapporter bien des cas aussi extraordinaires que celui qui nous occupe. Que le charlatanisme s'y trouve mêlé, c'est un fait certain, mais qui n'est pas suffisant pour expliquer les phénomènes que présentent les khouan Aïssaoua.

(Cf. à ce sujet, D** Lemprière, Voyage autour du Monde^ édit. Charton, p. 212; Ann. d'hyg. publique, 2*^ série, t. xvi, p. 5; les Khowin, ordre religieux chez les Musulmans d'Algérie, 1 vol. in-S**, Paris, 18-16; Les ilmaoï^a, par Th. Gauthier, dans la Revue de Pans, t. i, p. 169; Revue cotitemporaitiey 15 décembre 1858, art. de M. de Bellemare ; I^es Khouan, du même auteur, Alger, 1859; Les Aïssaoua, par le D"" J. Davasse, Paris, 1862, Dentu; etc.

Ainsi qu'on vient de le voir, ce qui distingue particulièrement les Aïssaoua, ce sont leurs rapports familiers avec les serpents, animal mystérieux, reconnu en tout temps comme Temblème de la ruse et le symbole de la magie, qui fascine les oiseaux et à son tour se laisse fasciner par le regard ou le chant de l'homme.

D'où peut donc venir cette croyance générale et cet art des enchantements qui de l'antiquité jusqu'à nos jours a pu se transmettre à travers des siècles?

Sprengel (Bist, de la Médecifw, trad. Jordan, t. ii, p. 148), rapporte que les Phéniciens et les Egyptiens regardaient le serpent comme d'une nature divine, parce qu'il se meut avec une extrême

rapidité, formant par 5*^5 replis des figure? r^prèsariaiit autant de cercle? mysiérieci, parw r^uil vit fort î'>n^«cffips et qu'il a !e pouvoir de se raj-runir en ch^njeanl 'feaveloppe. Phen:«eîi5 rappelaient !e ^^j^i ff^^Aon et î'.-> Ejvptiess ky.^^. Ils lui doonaiect une tête de raui Mir îj»"iir mar»:iuer qu'il est doué d'une âme intellL:zenî.=^. Les E^pûeas reprèsenîaieat Osiis et Isis : le soleil et la loze f«ar deai 5er{>E-nts pc«rtaiiî sur leur tête une fleur de en mêcre temps qu'ils d- nr.iient n^re du n>Mide par un sériant renferni- ians un 'jenf. qui f r-niiait une njrure asse-z senifcLiL Ie au H «.ir^:s. Dans In i-?<^ îe dieu Fô était symtoUs? par un «ira^ n ••u un serp^t, et à Babylrne les prêtres a»ioraient Baal, > sr-Ieil. la f "mie -l'un ^ran-l serpeat qu'ils nourriàsaien: :jn.s Ir> temple^. Sei n Ma«rr:'rje .S-j^wz-w. Ût. u chap. 20 . î-es R - n*-ûins i-rs preniier? ^iêel'îs réprimaient aussi îe 5*>IeiL app^^îê a! * r> Janus. 5.:a« f rme i'xm serpent. Ce reptile, rr^ule en .-•erj'>, e* m- nian: la queue, syinV Usait à leurs yeui Tann^ et Tête mite. Il en était de iLêiije sur le? n»numents oT'nsaores a Mithra, le di-ru du >*: leil en «>rlrnl. Il est inutile de rappeler le r!le du serpent 'an* les myst-r^is «rEIeusis .^tnitofi^ iiv. i\. p. f>23 , dans !e culte de Bacehus Euripi»!. B^ccÂ.^ T. 103 .au temple ie Delphes s-r-us !e trej-iei de la pyth'>msse Locian. £>* ^*f.-»^w., p. ;So4 . et eniin aui temples dXseuîape où. pour prédire l'issue «te niala l:-=s, :n se servait de serpent? apprivoises et instruits. Aux teInp«^ her>Lque$, alors que la médecine consistait «ians l'art divinatoire et dans des conjurations et d^ formules magiques, les serpents étaient les oracles des devins. Des serpents qui lui moriirent te oreille? •iaas son enfance, avaient d: nnê à Melamf»r l'art de priphétiser, et d'interpréter le chant des '-■iseaui, ïaMe qui tenait s.>n •>n^ine «ians la croyance ou 1 on était que les serpents p»ressenîent les chancrements de l'atmc-sphêre et même le? mala»lie? épîdémiques ŒUian. iMi v.rt. '.:/t/vit., lib. t:, cap. xv: . Lt^s Argiens ne se seraient jamais permis :e tuer un serpent, tant ils le:Lr prrtaient <:e respect. Escular-e^ [«-rte un ^-àton noueux ent-'-ur^ l'un ser^^nt, et après sa m'rt on lui o»"knsacra plusieurs esp^-ces «ie ces reptiies.

T':utes ces ^rr^-yanoes c -niirment ie fait d'un culte rendu au serpent, culte drnt certains hérésian:;ues suivaient le? errements. — les Ophianiens OrLjenc. Cjr.tr.i C^l^. lib, vi. cap. xxvm. p. 632 , et le? <>ptiites Saint -Augustin, f>.:l. 17 1 —

et qui, parait-il, deurit eno re chez les nègres de la c»: te de Guinée et du centre ie l'Afrique.

Cest de la que vient l'art de? enchanteurs d-jnt la BiMe parie en nombre d'endrrits, et qui fat pratiqué y«ar «ie? peupla»ies entières, le? Opûi«>^nes «ians rHeIlesf»>nt, les Marses dltalie, les Psylies d' Afrique . les ^^bl^-^^j^êne? «le Chypre. De n«.\? j<3ars on resûoatre encore des endunteurs dans le? pays d'Orient, en

et en Amérique, sans compter bien entendu les charlatans et les jongleurs qui exploitent la crédulité publique en enlevant à Tavance les crochets venimeux des serpents(*).

Quant aux khouan de l'ordre de Sidi Aïssa, ils ont leur pendant dans les derviches et les fekirs de Tlnde ou même de Constantinople. On sait que les derviches hurleurs de cette dernière ville arrivent à la suite de cris et de danses à un état d'exaltation telle que les douleurs les plus vives ne peuvent avoir d'effet sur leur corps dominé par l'esprit, et qu'ils se brûlent ou se blessent impunément, sans en ressentir aucune souffrance. Les fakirs ou mendiants de l'Hindoustan se percent de longues aiguilles, de poignards ou d'épées, se tiennent dans les positions les plus hors nature, se» suspendent par des crochets passés dans leurs chairs, se traversent la langue de barres de fer, toiyours soutenus qu'ils sont par l'exaltation mystique.

Ordre de Sidi Tonssef-el-Hansali.

Cet ordre, fondé à Constantine même, on mieux dans la montagne située prés de là et nommée la Chettaba, compte dans la ville et aux environs à peu prés deux mille khouan.

Le fondateur, Sidi-Youssef-Hansali vint de l'Ouest de Sétif, du côté de Zammoura. 11 s'établit dans le Djebel- Zaouaoui, partie des monts Chettaba, à Tendroit que tous ses khalifa ont depuis habité.

Au temps des Deys, la maison du marabout était un lieu de refuge qu'aucun de ces souverains n'aurait osé violer. Tous ceux qui s'y retiraient recevaient d'abord une généreuse hospitalité, et plus tard ils trouvaient le pardon de leurs fautes dans la puissante intercession de Sidî- Hansali.

Les khouan Hansala récitent chaque jour un verset du Coran indiqué par le marabout ; ils le disent vingt fois à

(I) Cf. à propo!» «les croyances sur les serpents, la Faune populaire (l. m) de M. E. Rolland, el les Serpents et les Dragons dans les Trad. pop., par M. H. Carnoyt dans le numéro de janvier 188i, de la Revue de l'Histoire des Religions.

trois heures de l'aprfê-midi, et vingt et nne fois aa coacher do soleil. A chaque heure de prière, ils y ajoutent deux cents fois la formule : Dieu ! le salut sur notre Seigneur et maitre Mohammed, et salut !

Ordre de Sidi Hamed-TsidjaBi.

C'est un des plus récents des ordres religieux de TAlgérie, puisqu'il ne date que des premières années de ce siècle. Le fondateur. Sidi-Hamed-Tsidjani. était un des plus importants de la ville du Sahara argérien nommée Aîd- Madhi. Les vertus et les miracles de ce marabout lui acquirent une telle renommée que les Turcs, épouvantés par 1^ puissance de Sidi-Tsidjani, réunirent une nombreuse armée et marchèrent contre Aîn-Madhi. Mais lorsque les Turcs voulurent envoyer leurs boulets contre la ville, le saint homme parla et les canons ne voulurent ppint partir. Les habitants sortirent et mirent en fuite les assiégeants. Le pacha d'Alger entra dans une violente colère lorsqu'il apprit cette défaite, et il lit mettre à mort le mokaddem des khouan de Tordre établi dans la ville. Mais, la nuit suivante, le saint vint trouver le pacha dans son sommeil, le changea en femme et le laissa ainsi jusqu'à ce quil lui eût promis de bien traiter à l'avenir les frères de Tordre. Puis Sidi-Hamed-Tsidjani alla se fixer à Fez où il eut à souffrir de Tenvie du sultan et des euléma jusqu'au jour où il eut donné des preuves irrécusables de son savoir. Sidi-Hadj-Ali, de la ville de Temassin. le remplaça comme khalifa. Dans une lutte qu'il eut à soutenir contre ses ennemis, les dattiers se mirent à lancer des obus, des balles et des fusées contre des gens de Mouléï-Taieb.

Ordre de Sidi Mohammed-ben-Abd-er-Rhaman.

Sidi Mohammed ben-Abd-er-Rhaman, le fondatem* de cet ordre, est né à Alger, sous le règne de Moustapba- Pacha. Il avait fait de nombreax disciples dans sa ville natale, lorsque, on ne sait trop pour quelles causes, il quitta Alger et se retira, avec sa famille, dans les montagnes de la Kabylie, au centre du Jurjura. Il y était à peine depuis six mois lorsqu'il mourut. Les Kabyles furent désolés et ils l'inhumèrent avec la plus grande cérémonie.

Lorsque les khouan d'Alger apprirent la mort du marabout, ils tinrent conseil et se demandèrent si l'on devait laisser le corps du saint homme aussi loin de sa ville natale. Les frères furent unanimes à penser qu'il fallait aller chercher la dépouille mortelle de l'ouali dans les monts du Jurjura. Comme ils pensaient ne pouvoir l'obtenir des Kabyles, ils eurent recours à la ruse. Arrivés non loin des montagnes, les khouan algériens se partagèrent en trois bandes : les deux premières se rendirent au village pour endormir la vigilance des montagnards, tandis que l'autre partie déterrait le corps et l'emportait à Alger sur un mulet. Les Kabyles apprirent bientôt que la sépulture du marabout avait été violée.

Ils s'en plaignirent vivement aux khouan d'Alger et les menacèrent de leur faire un mauvais parti.

Comme ces derniers soutenaient qu'ils ne savaient rien de cet enlèvement, on ouvrit à nouveau la fosse et l'on y trouva le corps du saint homme qui depuis eut sa mosquée en Kabylie et à Alger. C'est pour cela que Sidi- Mohammed-ben-Abd-er-Rhaman est surnommé BourKorabin ou BovrGuebrin, c'est-à-dire l'Homme aux deux tombeaux.

La confrérie de Sidi-Abd-er-Rhaman est le véritable ordre national de l'Algérie, parce que, sous une bannière commune, elle réunit deux éléments bien divers, l'Arabe

et le Kabyle, toujours opposés de caractère et d'intérêts.

La régie de cet ordre consiste à répéter au moins trois mille fois par jour la formule sacramentelle, profession de foi du Musulman : La ilah illa Allah, Mohammed rassoul Allah I

Ordre de Sidi Mohammed Ben' Ali Es-Senoûsi.

Cette confrérie est de création moderne. Son fondateur, Sidi Mohammed Ben* Ali Es-Senoûsi, né en Algérie dans le voisinage de Mostaganem , était un jurisconsulte ; il fut initié de bonne heure à la philosophie mystique des Chàdheliya; adversaire des Français comme il Tavait été auparavant des Turcs, il partit pour TOrient après notre conquête, et sur sa route séjourna quelque temps à Laghouât, au Caire, enseighant le droit et la théologie. A la Mecque, il se fit le disciple de Ahmed Ben-Edris, le grand docteur du Chadhélisme, et celui-ci, en mourant, le désigna en quelque sorte comme son successeur.

La doctrine dont Sidi Mohammed se fit Tapôtre consistait à ne rendre de culte qu'à Dieu seul, à honorer les saints pendant leur vie, mais sans continuer à les vénérer après leur mort, parce qu'ils ne sont que des mortels, sans excepter Mahomet, « la plus parfaite des créatures », à renoncer au monde,* à ne permettre le luxe de la parure qu'aux femmes dont elle augmente la séduction, et à n'autoriser les hommes à avoir de recherche que pour leurs armes de guerre, à n'obéir qu'aux chefs qui suivent euxmêmes scrupuleusement la loi religieuse dans l'exercice de leur double pouvoir spirituel et temporel, à n'entretenir aucune relation avec un chrétien ou avec un juif et même à considérer comme ennemis tous ceux qui ne sont pas ra'aiya, c'est-à-dire tributaires des fidèles. Pour propager plus sûrement cette doctrine, Sidi Mohammed fonda, dés 1837, une confrérie.

Il existe beaucoup de confréries religieuses parmi les musulmans. Celle des Senoùsîya n'a pas tardé à devenir, dans le nord de T Afrique, la plus importante; elle a môme absorbé ou subordonné à son influence une partie de celles qui dérivaient, comme elle, de la doctrine mystique du Chadhélisme. Les Senoùsîya ont des couvents, des zaouia (écoles), et comptent un très grand nombre de khouàn, c'est-à-dire de frères.

Ces frères vivent mêlés à d'autres musulmans dans les tribus ou dans les villes, ne se distinguant pas de la foule par un costume particulier, mais astreints à dire chaque jour certaines prières, qu'ils doivent répéter jusqu'à cent fois, soumis à une obéissance [)assive à Fègard du moquaddem, préfet apostolique de leur district, portant leurs différends devant les juges de la confrérie, qui prononcent leurs arrêts conformément aux traités de jurisprudence de Sidi Mohammed, faisant à certaines époques des pèlerinages aux couvents et payant dans la caisse de la confrérie 2 1/2 pour 100 de leur capital ou venant cultiver les terres de la communauté quand ils sont trop pauvres pour faire une offrande en argent.

L'organisation est habilement conçue, te chef des Senoùsîya a assuré sa propagande par ses écoles, son autorité morale par le rigorisme de sa doctrine qui surexcite le fanatisme musulman, son influence temporelle par ses tribunaux, par les biens de ses couvents, qui font de larges aumônes, sa propre autorité par la hiérarchie des moquaddevi et par les synodes dans lesquels il les réunit pour leur communiquer l'inspiration de sa volonté souveraint». Il n'a pas dédaigné, malgré le renoncement dont la doctrine fait profession, de s'assurer pour lui-même une part des biens de ce monde et les dons des fidèles lui procurent les jouissances et la puissance que donne une grande richesse.

Le fondateur de la secte est mort. Son fils, Sidi Mohammed el Mahdi, lui a succédé, et la confrérie a continué de prospérer et de grandir sous sa direction. Il est peutêtre plus respecté encore que n'était son prédécesseur:

«-isoles fidèles lai attribnent le don des miracles. Il réside à Yerhboûb où son père s'était établi et avait fondé un couvent en vertu d'un firman du sultan de Constantinople.

Avant lui, Yerhboûb, situé dans le désert de Libye, presque sur les confins de TEgypte et de la Tripolitaine, était un lieu inhabité et inconnu des géographes. Sidi Mohammed s'y fixa en 1861 et avait bâti son couvent sur le bord d'un plateau qui domine le lac de Farêdgha ; douze ans après, le couvent ne comptait encore qu'un petit nombre de résidents, maîtres, élèves ou esclaves. C'est aujourd'hui une cité dans le désert ; en 1880, le nombre des Algériens qui figuraient parmi les gardes du prophète était évsJué à quatre mille et le couvent seul renfermait, en 1 883, sept cent cinquante personnes. Ce couvent est la zaouia métropolitaine. C*est là que le Mahdi tient ses synodes annuels, qu'il a sa cour, ses nombreux esclaves qui cultivent les jardins de Toasis et qu'il reçoit les hommages et les présents des fidèles.

A Yerhboûb, le Madhi est à l'abri d'un coup de main : le désert lui fait un rempart. Autour de la capitale du Sénoûsisme, plusieurs autres couvents, dont la position n'est pas exactement connue, peuvent, au besoin, servir de refuges ou de postes avancés, et, plus loin, par delà le désert, le Ouddaï lui offre un asile où il serait en sûreté.

Aujourd'hui la confrérie des Senoûsîya compte, d'après lopinion de M. Duveyrier(*^ 1 ,500,000 à 3,000,000 d'adhérents et 121 couvents ou centres d'action ; un écrivain anglais, M. Broadley, porte même le nombre à 300 ; mais le savant géographe français regarde cette évaluation comme exagérée. La confrérie domine souverainement dans le Barka, l'ancienne Cyrénaïque ; c'est elle qui y a fondé la plupart des écoles et qui les dirige toutes aujourd'hui, qui rend la justice par ses tribunaux ; les autorités turques paraissent être sous sa dépendance. La Cyrénaïque, au sud-

ci) M. Henri Daveyrier a fait, il y a Tingt au, on TOjage an pays des Tonaregs et, depuis ce temps, n'a cessé de s'occuper de la géographie du Sahara et de l'étode des popolatioot mnsalmanes de l'Afrique.

est de laquelle est située Yerfaboûb, est aujourd'hui le Qm-

tre de la domination senoûsienne.

Mais cette domination s'étend bien au delà.

La carte que M. Duveyrier a jointe à son mémoire nous fait voir que la confrérie domine dans le Fezzan, dans le Koufara, qu'elle a des écoles à Tripoli, à Ghadamès. Plus à Touest, quelques tribus du sud de la Tunisie, et un plus grand nombre de tribus algériennes, les Oulâd-Naïl, les Oulâd-sidi-ech-Chelkh, des Berbers de rAourâs, des Arabes du Dahra et des environs de Mostaganem lui appartiennent en grande partie et elle étend ses ramifications jusque vers l'extrémité occidentale de TAtlas marocain. Dans le Sahara occidental, les Cha'anba-el-Màdi, les habitants d'In- Çalah, les Touaregs et, jusque sur les bords du Sénégal, les Trarzas, nos voisins, sont affiliés à la grande confrérie.

Dans la partie orientale du Sahara, les Toubou (ou Tibbou) paraissent lui être entièrement dévoués et, de ce côté, son influence s'étend jusque chez les Somali, sur les rives de l'océan Indien.

Elle s'est avancée jusque dans le Soudan, au bord du lac Tchad, et le Ouadaï, que l'humeur guerrière de ses habitants a rendu redoutable et qui a été, jusqu'à l'époque du voyage de Nachtigal, si fermé aux Européens, lui est aujourd'hui tout dévoué, depuis que le Mahdi a renvoyé au sultan de ce pays une caravane enlevée par les maraudeurs et surtout depuis qu'il a assuré par son influence l'avènement du souverain actuel.

La confrérie des Senoùsîya, qui s'est propagée aussi en Arabie et en Mésopotamie, est donc devenue une puissance considérable, surtout dans le nord de l'Afrique. Comme elle s'inspire du fanatisme religieux et de la haine des infidèles, elle est un danger permanent pour les Européens qui voyagent dans ces contrées ou qui y ont des établissements. M. Duveyrier n'hésite pas à attribuer à son influence les assassinats d'Européens qui ont eu lieu dans le Sahara depuis vingt ans, particulièrement celui du colonel Flalters, et la plupart des difficultés que d'autres Européens ont éprouvées pour se faire admettre dans cer-

taines oasis, et qui semblent avoir augmenté à mesure que s'accroissait l'influence du Sénoûsisme.

L'Angleterre éprouve en ce moment ce que peut le fanatisme religieux sur la teiro d'Afrique. Le Madhi de Dongola qui a soulevé contre elle le Soudan, est aussi un mystique relevant du Chadhélisme. Néammoins, entre les deux Mahdis, animés d'un même sentiment de haine contre les chrétiens, et jaloux de ramener les fidèles à la pureté de la vie musulmane, il paraît qu'il n'y a aucun concert pour l'action. M. Duveyrier incline même à penser qu'il y aurait une rivalité, secrète ou même déclarée, d'influence entre l'ancien et le nouveau prophète.

(Extrait du rapport de M. Emile Levasseur à TAcadémie des Sciences, d'après la Revue pol. et litt, du 29 mars 1884.)

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