CROYANCES ET SUPERSTITIONS
Recoeillex-en les fragments afin qa'ils ne périssent point.
(Evang, selon St-Jean.)
Le Langage des Animaux, pour les Arabes.
De tout temps les Arabes ont conna ou plutôt ont prétendu connaître le langage des oiseaux. En cela, du reste, ils étaient dans les idées des autres peuples de rOrient. Les Arabes Scénites surtout avaient, au dire des anciens, poussé si loin ce don merveilleux qu'ils en étaient ?enus à pouvoir interpréter jusqu'aux cris des quadrupèdes. Leurs descendants possèdent aujourd'hui encore ce pouvoir.
Apollonius de Tyane, philosophe de IJécoIe de Pythagore, si renommé en son temps comme thaumaturge, avait été auprès des Arabes Scénites apprendre à interpréter le langage des oiseaux ; au temps de Néron et de Domitien, on accourait de partout pour l'entendre
(i) Porphirins, de Vita Pythagorœ,
Les Arabes de nos jours assurent que Salomon et la reine de Saba comprenaient le chant des oiseaux et qu'ils se servirent comme messagers de leurs amours d'un oiseau nommé huddud auquel ils tenaient des discours que l'oiseau répétait fidèlement.
Du reste, nombre de philosophes ont autrefois pensé comme les Arabes. Lactance^*> les pense susceptibles de rire. Artephius, dans un de ses ouvrages, parle du chant des oiseaux. Dans la littérature populaire de tous les peuples, il est question de héros comprenant le langage des oiseaux ou des animaux, et parvenant ainsi à en obtenir aide et assistance. Partout aussi les paysans se sont appliqués à donner un sens au chant des oiseaux. Ainsi, au dire de M. Laisnel de la Salle et de M. H. de la Villemarqué<*^ l'alouette monte au ciel en chantant d'un air contrit, parce qu'elle désire l'entrée du Paradis. Saint-Pierre lui refuse cette faveur, et l'alouette furieuse descend en chantant :
JTautr'ai! J'fautr'ai ! JTautr'ai î
C'est-à-dire : je pécherai I je pécherai ! je pécherai I Lorsque vient le moment des semailles jardinières du
printemps, la gentille mésange avertit les cultivateurs et
leur crie :
Plantez tout ! Plantez tout ! Plantez tout !
Au printemps aussi, le merle est préoccupé de sa couvée et exprime ses inquiétudes en chantant :
Labourcux î Laboureux !
En cherchant tes bœufs, Tu trouveras bien mes œufs !(»)
Nous n'en finirions pas à citer le langage apparent attribué aux oiseaux par les gens du peuple.
(4) Le huddud terait la huppe aa dire de dom Galmet : Dictionn. de la Bible, t. i, p. 474.
(i) Inst, divin», m, 10.
(3) Croyances et Légendes du Centre, tome second, p. 224-225.
(4) H. de la Villemarqné, Bar^a^-Brei^, t. i, p. ^5, et t. |i, p. 448.
(5) Laisnel de la Salle, Op. oit., p. n3.
Mais des littérateurs et des savants se soDt également mis de nos jours de la partie. Le docteur allemand Pfeil « qui a fait un séjour de douze années au milieu des marais de la Pologne, et qui est arrivé, dans son pays, au grade le plus élevé de la hiérarchie forestière, déclare qu'une des choses les plus intéressantes à étudier, c'est le langage des animaux. Ce savant docteur, après s'être mis, tous les jours, pendant plusieurs mois, en embuscade auprès d'un étang sur lequel venait s'abattre une bande de canards sauvages, est parvenu à deviner l'énigme de leurs discours peu harmonieux. 11 affirme y avoir réussi au point de reconnaître à leur accent ceux qui venaient d'un pays étranger, et assure, ce que nous n'avons pas trop de peine à croire, que leur langage était devenu plus intelligible pour lui que celui des philosophes de sa patrie »
Du reste, Montaigne ne dit-il pas : « La différence de langage qui se voit entre nous, selon la différence des contrées, elle se trouve aussi aux animaux de même espèce : Aristote^^^ allègue à ce propos le chant divers des perdrix, selon la situation des lieux. )>
Le célèbre naturaliste Agassiz a été bien plus loin encore. « Il a, dit M. de Quatrcfages^*^ assimilé les cris des animaux aux langues humaines, au point d'affirmer qu'il serait facile de faire dériver les grognements des diverses espèces d'ours, les uns des autres, de la môme manière et par les mêmes procédés que les linguistes emploient pour démontrer les rapports du grec avec le sanscrit. »
On peut encore, au sujet du chant des oiseaux, consulter les essais de Dupont, de Nemours, et celui de M. Garcin de Tassy^^\ analyse curieuse du poème persan d'Attar.
Les Arabes interprètent également le rugissement du
<l) J. aa?ép Revue des Deux Mondes, 15 août 1861, p. 939.
(2) Montaigne, Essais, liv. ii, cbap. xii.
(3) Ariitote, Hist. des Animaux, liv. iT,chap. ix,
(4) De Quatrefaget, de V Unité de l'Espèce humaine.
(5) Gareia da Taiiy, le Langage des Oiseaux.
lion. Voici ce qu'en dit le général Daumas, dans son ouvrage sur les Mœurs et Coutumes de V Algérie :
€ Une croyance populaire montre la grandeur du rôle que joue le lion dans la vie et Fimagination arabes. Quand le lion rugit, le peuple prétend que Ton peut facilement distinguer les paroles suivantes :
« Ahna ou ben el niera (moi et le fils de la femme). »
Or, comme il répète deux fois ben el mera (le fils de la femme), et ne dit ahna (moi) qu'une seule fois, on en conclut qu'il ne reconnaît au-dessus de lui que le fils de la femme. »
Pliilostrate rapporte qu'autrefois les Arabes acquéraient le talent de comprendre les animaux eu mangeant, selon les uns, le cœur, selon les autres, le foie d'un dragon » recette donnée également dans les Eddas Scandinaves^-^
De nos jours, les Arabes mangent la cervelle de l'animal môme dont ils veulent comprendre le langage.
Nous trouvons dans les Poèmes Algériens déjà cités de M. V. Bérard, une légende algérienne dont nous n'avons pu nous procurer le texte arabe original et que néanmoins nous allons donner telle quelle, parce que le fonds en est populaire, et que nous n'avons pas osé diminuer par crainte de nous écarter de la version exacte arabe :
La GerveUe da Chacal.
LEGENDE DE COLÉA
C*est un grand avanta?:e Que de pouvoir, la nuit.
Comprendre le langage Du chacal qui nous fuit.
Un soir, — j'étais à la mamelle, — Mon père abattit de trois plombs, A l'heure où sous Tœil tout se mêle, Un chacal, ce loup à poils blonds.
(1) Philoslrate, Vie d'Apollonius de Tyane, liv. i, §*0, Irad. Chassanj;. (^) Cr. lo Poème sur Rig, dans les Eddas.
(3) V. Bérard, Poèmes éilgériens, un vol. in-8», p., Paris, Dcntu, 1858.
11 prit sa tête, et me dit : — « Snce » La cervelle de ce fripon !
» Tu seras son pareil d'astuce, » Et tu comprendras son jargon. »
C'est un f^rand avanta<?e Que de pouvoir, la nuit, Comprendi-e le lan«:agc Du chacal qui nous luit.
Je connais bien ce qui se passe Dans la cervelle d'un chacal î Flairer l'amour, la tête basse.
Et du vol se faire un régal ; — Suivre la proie avec mystère, — Du danger s'eul\iir lâchement ; Combien il est d'hommes, sur terre.
Qui ne pensent pas autrement !
C'est un grand avantage Que de pouvoir, la nuit.
Comprendre le langage Du chacal qui nous fuit.
Voilà que dans la nuit profonde S'élèvent des cris discordants!
11 n'est de chien qui n'y réi)onde Dans Coléa, grinrant des dents.
Ce sont des chacals à la flle ; l^ur bruit fait le tour des remparts.
11 sort du ravin de la ville, Et puis surgit de toutes parts.
C'est un grand avantage Que de pouvoir, la nuit, Comprendre le langage Du diacal qui nous fuit.
G} cri ressemblant à la plainte D'un enlant (|ui pleure au berceau, Dit que Tangélique et l'absinthe Soupirent au bord du ruisseau ; Qu'au milieu du feuillage sombre, La lune — aux yeux creux — se levant, Fait fuir en escadrons sans nombre Les chacals plus promfits que le vent.
C'est ujx gfmd avanta^ Que de pouvoir, la nuit, Comprendre le langage Du chacal qui nous fait.
Ces cris sourds, imitant les râles D'un homme qu'égorge un couteau, M'annoncent des fantômes pâles Se glissant le long du coteau.
Ces gémissements plus rapides D'un Roumi chantant le trépas, Non loin, sur les gazons humides. . . .
Mais ça ne me regarde pas.
C'est un grand avantage Que de pouvoir, la nuit.
Comprendre le langage Du chacal qui nous ftiit.
Pareils aux aboiements du dogue.
Ces cris ne partent pas de loin; Nos chiens en font un dialogue Où le sanglier met son groin.
Que disent-ils? Ils veulent dire Qu'un brigand, rival du chacal,
Au clos voisin veut s'introduire
Tant pis!. . . cela m'est bien égal.
C'est un grand avantage Que de pouvoir, la nuit.
Comprendre le langage Du chacal qui nous fuit.
Ce n'est pas un chat qui miaule
C'est un chacal, — le fin renard ! — Qui découvre, sous quelque saule, Pour ses jambes un traquenard. Auprès, il surprend une femme Qui jabotte avec son amant.
Si c'était la mienne?. . . Ah I l'infâme !
Elle n'est plus au lit, vraiment !
C'est un grand avantage Que de pouvoir, la nuit.
Comprendre le langage Du chacal qui nous fuit.
Hussein n'a rien qui le retienne, Il saisit son arme, et descend Au ravin ; mais, est-ce une hyène Qui le déchire et boit son sang !
Il hurle, appelle, en vain s'agite. . . .
Et, sans courir aux cris d'Hussein, Plus d'un indolent coléite Sommeillant, dit à son coussin : (?)
« C'est un grand avantage » Que de pouvoir, la nuit, » Comprendre le langage )► Du chacal qui nous luit. >
Le mauvais Œil.
Chez les Arabes, la corne aussi bien que les doigts d^une main ouverte passe pour avoir la propriété de neutraliser Teffet nuisible de Tœil d'un ennemi. On trouve souvent dans les oasis des têtes d'animaux cornus placées tout exprès par les Indigènes au-dessus de leurs portes.
Pour conjurer le mauvais œil, les Arabes se servent encore d'une sorte de dessin grossier représentant une main, les doigts allongés. Il n'est guère de maison indigène où on ne rencontre ce talisman soit à l'intérieur, soit à l'extérieur, au-dessus de la |)orte d'entrée. Ces signes cabalistiques sont la traduction matérielle de l'imprécation arabe si commune et si connue : Khama fi alnek I (cinq doigts dans ton œil I) Les ménagères indigènes à qui revient la tâche d'exécuter ces sortes de peintures, ne sont pas de première force en dessin et |)ensent que cinq lignes — dont une plus courte que les autres pour le pouce — entées à angle droit sur une sixième, représentent la main d'une façon satisfaisante. Aussi leur main ouverte a-t-elle à peu près la forme d'un E majuscule ayant cinq traverses au lieu de trois (^). Il est vrai de dire que quelques-unes, plus avisées, trempent tout bon-
Dément la main dans le lait de chaux et l'appliquent sur la muraille, obtenant ainsi nne empreinte qui défie la critique la plus exigeante.
Cette sorte de main ouverte se retrouve aussi grossièrement dessinée sur les tombeaux lybiens trouvés en Afrique, particulièrement ceux de Ouled-Fayet — conservés au Musée d*Alger, — de Beni-Salah — découverts par M. Considère, — etc.
Le mauvais ceil, que les Arabes redoutent tant, est le fait voulu ou involontaire de certains sorciers dont le regard passe pour porter malheur. Ces sorciers ont beaucoup de ressemblance avec les jettaton napolitains. Au dire de Pline (liv. vn, chap. xm), le regard des lllyriens était tel qu'il fascinait et même faisait mourir ceux sur lesquels il s'arrêtait trop longtemps. Cela rappelle Montaigne {Essais, liv. i. chap. xx) écrivant que « Tantiquitè a dit de certaines femmes en Scythie, qu'animées et courroucées contre quelqu'un, elles le tuaient du seul regard. » Au moyenâge, dans les procès de sorcellerie, il est souvent question de malheureux brûlés vifs comme convaincus d'avoir le mauvais œil. Cette croyance, retrouvée de nos jours chez les peuples les plus sauvages et les plus éloignés, est certainement d'une origine fort antique, puisqu'on trouve son préservatif, la main ouverte, sur les tombeaux phéniciens et lybiens, et même, paraît-il, sur les monuments dénommés celtiques de la Bretagne française. Les Grecs et les Romains la connaissaient également et pensaient que l'influence du mauvais œil se faisait sentir jusque sur les animaux, comme le montre ce vers de Virgile :
Nescio quis teneros oculus mihi fascinât afffws.
La main ouverte, avons-nous dit, préserve du mauvais œil.
On retrouve cette main sur la clef de voûte de la porte principale de l'Alhambra. Les cornes du cerf- volant [lucanvs cervus) jouissent de la même propriété chez nos paysans français. Les Napolitains combattent la jettatura en portant sur eux un bijou, un objet quelconque façonné en corne. Pour les Juifs, le préservatif est une branche de rue. Les Hindous se ceignent la tête au moyen d'un cercle magique ou en déchirant en deux un morceau d'étofl"e devant les yeux du maléflcié.
Voici ce que nous trouvons dans l'ouvrage renommé de Lady Morgan, intitulé The Wild Irish Girl :
S -Crysostom relating the bigotry of his own times, particularly mentions the superstitions horror which the Greeks entertained against " the evil eye*\ And an élégant modem traveller
assures ns, that, even in the présent day, they « combine cloves of garlic, talismans, aud other charms, which they hang about the neck of their inifants, with the same intention of keeping away the evil eye. » It is supposed among the lower order of Irish, as among the Greeks, that some people are born with an evil ei/e, which injures every object on which it falls ; hence they will frequently go many miles out of their direct road, rather than pass by the house of one who has an evil eye. To ftrustrate its effects, the priest hangs a consecrated charm around the neck of their chiidren, called a gospel ; and the fears of the parents are quieted by their faith.
Les Amulettes.
Dès la plus haute antiquité, les amulettes furent connues, et il arrive très souvent de nos jours d'en rencontrer dans les sépultures des âges préhistoriques. Les Israélites portaient aux temps mosaïstes la figure des mauvais esprits dont ils voulaient se préserver, et aujourd'hui ils portent dans une intention analogue des rouleaux de parchemin sur lesquels sont écrits des versets de la Bible. Qui ne connaît le mot cabalistique abracadabra dont tant on a fait usage au moyen-âge ? Les Arabes ont d'innombrables amulettes confectionnées par les lettrés ou tolbas, et qui préservent du mauvais œil, des accidents et de mille autres choses, tout en pouvant guérir la fièvre, la variole, les rhumatismes, les chutes, toutes les maladies enfin ! Certaines amulettes vous feront aimer de la cruelle qui vous dédaigne et l'obligeront à venir se jeter vaincue dans vos bras I Et cela grâce à ces paroles :
€ Allouch I allouch I archich I archich ! archich ! min tafouch I min tafouch I nécherou I néclierou I ratouch ! ratouch I
€ Viens, ô Mimoun (un djinn des plus puissants), daigne être fiivorablement disposé. Viens, ô Maratha (une diablesse), flllo d'El-Aretz, dont les yeux sont à l'extrémité des ailes. Changez le cœur de Fathma, faites disparaître le bandeau de haine qui existe entre elle et Mohammed ; qu'elle dovi«ninc comme la chienne haletante, qu'on la batte ou qu'on la caresse. »
Si vous aimez la femme de votre voisin, vous pourrez répouser si vous possédez la formulette suivante écrite le dernier mercredi du mois, après la prière de quatre heures, en encre bleue et avec une plume du bois de l'arbre mâle du laurier rose :
« Nsiati, kerken, caron, etc., aktiou, tafaren, min hallidinn, kafaro, kafarom, etc.. . .1 1 1 »
Il est bien entendu que c'est tout nu que le taleb Taura écrite.
Les amulettes sont de mille formes diverses.
Ordinairement ce sont des versets du Coran, écrits dans un sens et ensuite dans le sens perpendiculaire au premier, les lettres se croisant.
Ces amulettes sont renfermées dans des sachets de peau que Ton suspend au cou des hommes ou des animaux, et qui souvent arrivent à former de véritables colliers.
Contre la fièvre, écrire sur un œuf de poule :
« Qouch, maquacb, chelmonch, cbeqmonch, qoïch itnakla, itnaki»
puis faire cuire l'œuf, le manger, conserver la coquille et la renfermer dans un chiffon bleu que Ton portera sur soi.
Contre le mauvais œil : une patte de porc-épic dans un fourreau d'argent.
Contre la morsure dii scorpion : des cheveux d'un enfant de quatre mois et dix jours, renfermés dans un chiffon et portés au cou.
Contre la fièvre tierce : mettre sur le feu, trois jours durant, à l'heure des accès, un carré de papier contenant ce qui suit :
< Il a parlé, le Dieu qui te soulage et qui seul peut connaître ce qui est à toi. Il te pardonne trois fois et il te rend le mal. Il a
dit : < Je te préserve du froid; le salut sur (Ici le nom du
fiévreux) ...»
Si VOUS voulez être aimé d'une jeune fille, le taleb vous écrira l'amulette que vous suspendrez à l'arbre d'es-
pérance. A chaque frémissement da papier, la jeune fille sentira frémir son cœur et elle cherchera votre image chérie ; elle yous aimera.
Pour préserver ou guérir du mal de tête, la forme de l'amulette sera la suivante :
puissance
dans la souffrance
Aujourd'hui
Ce
de vainqueur
il n'y a
st
que Dieu.
un de ses noms.
arche
cette
une
C'est-à-dire, premier grand carré : « Pour le guéri}* dans la souffrance, il (Dieu) a donné à l'homme un de ses noms. »
A rintersection des deux perpendiculaires médianes : € C'est Mohammed. »
Pour les petits carrés intérieurs : « Aujourd'hui il n'y a de vainqueur que Dieu. »
Aux quatre angles de la figure : « Par sa puissance, celte chose est une arche sacrée. »
Pour se préserver d'une grave maladie :
« La vie de tous les hommes est dans les mains de Dieu ; lors* que le moment est venu, il faut qu'il meure. »
Pour éviter les pertes utérines, porter dans sa ceinture une petite plaque de fer-blanc sur laquelle on am écrit :
€ Daça 11 raha adjaha alaona maghal la la ahm lahôn ahar lahou. » (Ces mots n'ont aucun sens.)
Les six premiers mots sont disposés sur une ligne verticale que coupent ensuite à angle droit, vers ses deux tiers supérieurs, les autres mots iuscrits en courbe comme suit :
La
ahm la hou aliar
ta
Contre la fièvre intermittente, écrire, en lignes toutes
égaies, sur mi papier carré :
« El Hamdoulellah ! Ouassal Allah ou Ala Sidi Mohammed ou Haminadi Maektebou Ihoumma biasmillah chati bismillahi laft bismillahelladi lahia droh maha asmihi chohi ftlhard oua la flssameï ou ahoua samia laalim lahoum iachafth ïa ati chefl amel hadi ouarqata min el heumma. »
Ce qui signifie :
« Grâces à Dieu ! le salut de Dieu sur Mohammed ou Hammadi (le nom du malade). Cet écrit est pour la fièvre ; au nom de Dieu qui guérit, au nom de Dieu qui bénit, au nom de Dieu, celui qui n'aurait i)oint fait de mal n'aura point de mal avec son nom. Sur terre, dans le ciel, dans l'air, il sait tout et devine tout ; il donne à tous la santé et la paix ; il guérit de la fièvre celui qui porte cette feuille. >
Pour se préserver de toute maladie, porter sur soi un papier d'abord passé dans la fumée de cascarille (haoud el komari) et sur lequel on écrira ensuite un khatem,
c'est-à-dire un talisman n'ayant aucun sens, et composé de dix signes disposés dans un tableau carré, dont voici la forme :
Les chiffres donnés ici sont remplacés dans le talisman arabe par des signes qui n*ont même pas la forme de lettres.
Talisman contre la fièvre intermittente :
Le prophète Mohammed — sur qui soit le salut ! — a dit :
« Prenez cent feuilles fraîches d'olivier (zitoun) ; écrivez sur chacmie ces mots :
« Au nom de Dieu, tout ce qui existe, existe par sa volonté : il guérit de la fièvre quand il veut, celui qui l'adorera. >
Placez ensuite toutes ces feuilles dans un linge bien propre et attachez-le autour de la tête ; la guérison sera prompte. »
Le prophète a dit encore :
« Le jour où vient l'accès de fièvre, prenez trois feuilles d'oignons (beçot) ; dans la première, écrivez : « Grâce à Dieu ! » Dans la seconde : « Mon Dieu est le Tout-Puissant I » Dans la troisième : « 11 est bon et miséricordieux ! » Puis mettez ces trois feuilles dans l'eau, écrasezles ; buvez-en une gorgée au moment où la fièvre se déclare, et ablutionnez-vous le corps avec le reste du liquide. »
Pour se guérir de la lièvre intermittente quotidienne :
« Prendre trois noyaux de dattes (tamr) de qsebba (î); écrire sur le premier : « Karoun / » ; sur le second : « Aroun I » ; sur le troisième : « Haroun I » ; en jeter un tous les jours dans le feu au moment où la fièvre doit venir. »
Celui qui a la fièvre quarte s'en guérira en portant sur le corps, et suspendu à un fil, un os (adeum) de coq (diV/), ou bien en s'attachant au cou une noix muscade {djouz cl taleb).
Nous n*en citerons pas davantage sur les amulettes ; contentons-nous de dire que les Grecs avaient des amulettes médicales nommées bascama, les Romains leurs phallus, leurs priapes, leurs lares et leurs mânes ; les Persans portent toujours sur eux des fragments du Coran; et les Musulmans de Tlnde, un charme, un nom(em) pour chaque âge, chaque sexe, chaque maladie. A Ceyian, les parties malades sont couvertes de figurines de démons ; les Chinois, les Boudhistes, les Tartares, tous les peuples ont des talismans, les chrétiens autant que les autres peutêtre : médailles bénites, chapelets, rosaires, scapulaires, images, etc.
Voici quelques notes sur les amulettes arabes :
Les amulettes sont, en général, des maximes tirées de versets du Coran. Ces maximes sont écrites sur papier ou sur parchemin et formenjfc des carrés ou losanges fort compliqués. Les femmes arabes les renferment entre deux morceaux d'étoffe et les portent, ainsi que les hommes, suspendues au cdU comme les scapulaires; les femmes, qui en ont les moyens, font enfermer les maximes dans des médaillons ou bijoux de formes spéciales et variées, dénommés eux-mêmes amulettes, et qu'elles portent attachés à des colliers, des bracelets, des diadèmes ou des boucles d'oreilles.
Les marabouts délivrent les sentences des amulettes selon la position sociale de ceux qui les implorent et en rapport avec la nature de leur demande. A un marchand ils donneront une maxime dans le genre de celle-ci :
< Dieu a permis le commerce mais a proscrit Tusure. »
A une femme stérile :
< Qae Dieu répande en toi la source de vie. »
Un homme indécis ayant consulté le marabout Si Ali bou Rbàma, pour savoir sHl devait se marier, celui-ci lui remit un aphorisme dont voici la traduction :
€ Le mariage est comme une forteresse assiégée : ceux qui sont . dehors veulent y entrer, ceux qui sont dedans veulent en sortir.»
L'indigène qui nous a montré cette amulette était resté célibataire.
Il y a quelque quarante ans, un grand et fécond écrivain français, après avoir complimenté le savant taleb Mohamed ben Khodja, au sujet de sa science du Coran et de ses écrits, lui demanda une amulette. Le marabout lui donna cette sentence hyperbolique aussi poétique qu'imagée :
€ Quand tous les arbres de la terre seraient des plumes, quand la mer serait d'encre et aurait sept fois plus d'étendue, plumes et encre ne suffiraient point à décrire les louanges de Dieu. »
A certain haut fonctionnaire, orgueilleux et vaniteux, qui était allé le consulter, un vieux marabout remit la sentence suivante :
4 Si le Coran, au lieu de descendre dans la main de Mahomet, était descendu sur une montagne, vous eussiez vu cette montagne s'affaisser par la crainte du Seigneur. >
Un homme intelligent, fabricant de bijoux artistiques à Alger, M. Dorez, propagateur et inventeur, croyons-nous, des bracelets orientaux, dits ix)rte-bonheur, qui ont eu tant de succès, a eu l'heureuse idée fie faire confectionner dans ses ateliers un modèle de bracelet, d'après le genre arabe, sur lequel est gravée une devise, maxime ou sentence du Coran. Ce bijou, élégant, confortable et de bon goût, est en argent massif ouvragé avec une large bande en or sur laquelle ressort l'inscription en caractères arabes. Malgré tout son mérite artistique ce genre de bracelet est relativement peu connu et, par conséquent, peu répandu ; il est vrai que son prix, qui varie de 65 à 200 fr., n'est pas à la portée de toutes les bourses.
Voici les principales devises ou sentences que M. Dorez a recueillies et qu'il offre au choix des amateurs:
€ Les trésors de la terre voilent ses misères. »
€ L'état de l'homme c'est son trésor. >
€ Tout arrive, tout passe. Dieu seul reste. »
4 La connaissance de soi-même est chose difficile. >
< Qui sème le bien récolte la paix — le salut. »
< Fais le moins de visites possible, ta n'en seras que plus estimé. »
(Cette devise doit convenir aux maris jaloux). € L'activité fait naitre le bien-être. »
€ Le cœur conduit, le pied le suit. »
€ Quiconque s'adresse à Dieu n'est jamais déçu. » « Que cet anneau te préserve de tous maux. »
La devise suivante doit toujours être bien accueillie : « Vous êtes comme la rose, si elle est déplacée son parfum reste. »
Mais nous ne pensons pas que la suivante le soit aussi bien : € Consulte toujours ta femme et fais ensuite à ta tête. > € Le riche est partout dans son pays ; « Le pauvre dans le sien n'est qu'un étranger. »
Enfin la dernière, quoique la plus modeste, est la plus choisie : 4. Peu d'un ami, c'est beaucoup. »
Talismans.
Les Arabes ont encore adopté d'autres talismans tirés des dépouilles des animaux féroces. Ainsi les peaux de lion avaient le privilège d'éloigner les animaux nuisibles et les démons ; nos orientaux les étalaient sur leurs tentes ou devant leurs demeures.
Les guerriers portaient sur eux des griffes de lion, de tigre, de panthère et en ornaient les brides de leurs chevaux pour leur communiquer la force, le courage et Tagilité. Les femmes en attachaient aussi à leurs colliers pour se préserver des maléfices.
Seulement, depuis la conquête, les peaux des fauves ont trouve un autre placement ; elles ornent l'intérieur de nos demeures et, par reconnaissance, nous sommes allés en Algérie remplacer Teffet du talisman avec nos armes à feu perfectionnées.
Par suite, les griffes des fauves sont passées du cou des indigènes à celui de nos belles mondaines, sous forme de parures : colliers, broches, boucles d'oreilles ; on voit même des griffes de lions du désert attachées aux épingles de cravate des lions de nos boulevards.
(i) On comprend facilement que les peaux de lion étalées sar les tentes deftient effrayer les autrefc animaux, surtout la nuit, peut>«tre même les malfaiteurs.
Sorcellerie.
Parmi les marabouts, il en est qui font profession de sorcellerie ; si on leur demande un remède, aussitôt ils jettent des sorts, font des conjurations et prétendent user de moyens tirés de la magie et d(î la nécromancie. Certains disent la bonne aventure, bénissent avec des paroles, des reliques, amulettes ou petits papiers qu'ils écrivent, ou font écrire avec des caractères et des paroles extraordinaires, avec les noms de Satan et des démons ; ces amulettes sont placées au cou des enfants, des nouvelles accouchées, des femmes abandonnées, etc. Ils composent des drogues avec des grenouilles, des dents de chien, des yeux de chat, des ongles de loup, des dents de porc, absolument comme les sorcières de Macbeth.
Les marabouts se disent inspirés par les esprits et affirment qu'ils ont de ces esprits familiers qui leur entrent dans la tête et qu'ils appellent Djenoun, qui leur révèlent les choses les plus cachées.
Les femmes arabes passent pour fort expertes en sorcellerie. Beaucoup d'entre elles nemploient leur temps qu'à cette occupation.
Elles vont trouver les marabouts sorciers ou d'autres femmes également expertes et ne discontinuent pas de jeter des sorts, de faire des conjurations, de piler des dents, de dépecer des insectes, des grenouilles ou des serpents, de faire des fuitiigations, de brûler des papiers, d'enfoncer des clous, d'invoquer les démons, dans le but d'être aimées, d'avoir quehiue heureuse aventure, de marier leurs filles avantageusement, d'avoir des nouvelles des absents, de connaître l'avenir, de guérir des maladies, etc., etc.
Comme les marabouts elles ont un Djin (sing. de Djenoun) (]ui leur entre dans la tête à certains moments et leur révèle tout ce qu'elles veulent savoir. Elles sont dans
rasage de se réunir les anes chez les autres, ou de se rendre chez les personnes qui réclament leur assistance.
Elles enlèvent alors leurs vêtements d'usage journalier et en revêtent de spéciaux faits de soie ou de drap. On leur donne un repas, et lorsque le fesjtin est terminé, elles se groupent en un cercle dont sort celle que Ton choisit pour danser au son du tarr (tambour de basque). Celleci danse courbée, la figure contournée, regardant un peu en haut, et la main gauche placée en arrière sur Tépaale. Lorsqu'elle a ainsi dansé quelques instants, elle tombe sans sentiment, les yeux retournés, l'écume à la bouche, la tête tordue, faisant des grimaces, des contorsions. On lui demande ce que Ton veut savoir, et elle répond d'une voix très différente de la sienne propre. Quand elle est revenue à elle, elle ne sait rien de ce qu'elle a fait, dit et entendu. Certaines vieilles négresses qui portent le nom de Arifa (devineresse, sorcière) passent pour être les plus habiles en ce genre et sont excessivement recherchées.
Les devins.
Les devins, aârrafat, jetaient des sorts, expliquaient les songes, pronostiquaient les événements et prédisaient l'avenir.
Un chef ayant un jour consulté un aârrafat pour savoir si l'un de ses amis, qui était prisonnier, serait mis en liberté, le devin traça des figures sur le sable avec son bâton, se recueillit un moment et dit :
« Je jure par la lune brillante, par l'étoile étincelante, par le nuage orageux, par tout ce qui vole dans les cieux, par l'expérience qu'acquiert le voyageur, ciuc non-seulement ton ami sera renvoyé libre, mais qu'il reviendra comblé de présents.
— Et comment savez-vous cela ? demanda |e chef.
— Quand vous m'avez interrogé, répondit i'aârrafal, j'ai vu un homme portant une outre pleine d'eau, la vid^ et la recharger sur ses épaules. L'eau, c'est le prisonnier ; elle a été vidée, il sera relâché ; Thomme a remis l'outre sur ses épaules, c'est un signe que des honneurs seront rendus à votre ami. »
On raconte que Rabiaà ben Medar-el-Khemi eut un songe qui l'inquiéta. Pour se le faire expliquer, et sur l'avis de ses courtisans, il fit venir un devin fameux nommé Chak ou Satihh, qui lui dit :
« Seigneur, je connais votre songe. Vous avez vu une cervelle lumineuse qui a roulé sur une terre féconde, et toutes les créatures portant cervelle en ont mangé.
— Cela est vrai, répondit le prince, tel est mon songe ; expliquez-le moi. »
Et le devin reprit :
« Un prophète inspiré de Dieu sera envoyé ; toutes les nations se nourriront de sa parole, et ses descendants commanderont jusqu'à la fin des siècles. »
« C'est ainsi', disent les Arabes, qu'a été prédite, par la volonté de Dieu, la venue de notre seigneur Mohammed. »
Croyances relatives anz Morts.
Les Arabes de toutes les tribus croient aux revenants et aux fantômes ainsi qu'à tous les mauvais génies inventés par l'imagination des Orientaux. Aussi, pour chasser ces apparitions lugubres, ont-ils recours à toutes sortes de cérémonies dans lesquelles ne manquent pas d'intervenir les taleb qui y trouvent la source d'assez jolis bénéfices. Pour empêcher les morts de revenir, le taleb place dans la main du défunt une bande de papier ou de parchemin sur lequel il inscrit certains versets du Coran, connus de lui seul pour leur eflicacité.
Quand on cadavre a. été inhumé, les Arabes aplanissent
avec soin les terres qui entourent la tombe ; puis le lendmiain ils viennent examiner si cette terre s'est fendillée ou si elle porte les empreintes de quelque animal. S'il arrive que le sol soit resté intact, c'est que Dieu accorde sa miséricorde au défunt. Si le contraire a lieu, ils font des aumônes et renouvellent leurs prières.
Conmie les Arabes ont la mauvaise habitude de mettre leurs cadavres dans des fosses d'à peine un demi-mètre de profondeur, il arrive souvent qu'au bout de quelques jours le mort se trouve à découvert. Ils disent alors que la terre a craché le défunt parce qu'il est maudit et qu'elle ne veut pas être brûlée avec lui.
Croyances populaires des Arabes an sujet du Lion.
Autrefois, le grand sujet de causerie, sous la tente, c'était le lion, que les Arabes appelaient Sid (Seigneur).
Voici comment Alexandre Dumas a raconté quelquesunes des croyances populaires des Arabes relatives au lion, dans une lettre datée de Bône et adressée au duc de Montpensier, en 1849^*^.
— Les Arabes sont essentiellement chasseurs ; ils chassent le lion, la panthère, le sanglier, la hyène, le renard, le chacal et la gazelle. Il va sans dire que le lion est le premier, le plus dangereux et le plus noble de leurs adversaires. Lorsqu'ils parlent de lui, ils l'appellent Monseigneur Johan-ben-el-Johan, c'est-à-dire Monseigneur Jean fils de Jean.
— Pourquoi lui ont-ils à la fois donné un titre et un nom d'homme î C'est que, selon eux, le lion a les plus nobles qualités de l'homme le plus noble, c'est qu'il est le plus brave, c'est qu'il est généreux, c'est qu'il comprend la parole humaine, quelcpie langue qu'on lui parle. C'est
(I) Lê Véloce — Taojser» Alger et Tonii — par Aleiaadre Dmnu. Ptrii, Alex. C«dot, édit., 1853.
qu'il respecte les braves, qu'il honore les femmes, qu'il est sans pitié pour les lâches.
— Si un Arabe rencontre un lion, il arrête son cheval, qui tremble sous lui, et adresse la parole à son terrible antagoniste :
« Ah ! c'est toi Monseigneur Jean, lils de Jean, — lui 4c dit-il. — Crois-tu m'elïrayer, moi, un tel, fils de un tel. 4c Tu es noble, je suis noble, tu es brave, je suis brave, « laisse-moi donc passer comme un frère, car je suis un « homme de poudre, un homme dos jours noirs. »
— Alors, il met le sabre à la ij»aiii, fait craquer ses élriers, pique droit sur le lion qui se dérange et le laisse passer.
— S'il a peur, s'il rebrousse chemin, il est perdu, le lion bondit sur lui et le déchire.
— De son côté, le lion sonde son adversaire, le regarde en face, lit ce qu'il éprouve sur son visage ; si Thomme a peur, le lion le pousse avec l'épaule, le jette hors du chemin avec ce rauquement cruel qui annonce la mort, puis il bave, s'écarte, forme dos cercles autour de la victime, tout en cassant dans les broussailles des tiges de jeunes arl)res avec sa queue, qm^hpiefois même il disparaît. Alors l'homme se ronimo, il croit avoir échappé, il fuit ; mais, au bout de cent pas, il trouve le lion en face de lui et lui barrant le chemin ; alors il lui pose une patte sur l'épaule, puis Tautre, lui lèche la figure avec sa langue sanglante et cela jusqu'à ce ([u'un faux pas le fasse tomber, ou que l'effroi le fasse s'évanouir. Alors le lion quitte encore l'homme et va boire à un quart de lieue parfois ; de ce moment l'homme est à lui, il peut revenir quand il voudra. Il boit et revient, lèche encore l'homme un instant, puis commence son repas.
Si la victime est un homme, ce sont les organes de la génération (ju'il mange d'abord ; si c'est une femme, ce sont les seins'*'. Il emporte le reste ; puis, plus tard,
(i) La Arabes oe devaient guère être spectateurs dos rep.15 des lions ; nous croyons «lue queli{ues détails leur ODt été trarumiii par la tradition. Dans les cirques romains, pnr eicmple, — et il y en avait beaucoup dans rancinm*; N'umidie, — on arait été à même d'obi»erver les faits et geste.- de» lionx «i règard des malheureux martyn qui lear étaient lirrés en pitore. (Note des aoteon.)
on ^retrouve dans quelque fourré les pieds et les mains qu'il 'à'è mange jamais.
— Quelques Arabes, évanouis et gisants, tandis que le lion était allé boire, ont été sauvés, soit par une caravane, soit par des chasseurs, soit par un autre Arabe plus brave et plus instruit des mœurs du lion qu'ils ne Tétaient eux-mêmes.
bans ce cas l'Arabe brave, au lieu d'aider l'Arabe poltron à fuir, ce qui les perdrait l'un et l'autre, attendu que le lion les rejoindrait tous deux, l'Arabe brave attend le retour du lion.
— Le lion reparaît et s'arrête en voyant deux hommes au lieu d'un. Alors l'Arabe brave s'avance au-devant du lion et lui dit :
« Celui qui est là couché, Monseigneur Jean, fils de » Jean, est un lâche ; mais moi je suis un tel, fils de un » tel, e|t je ne te crains pas. Cependant je te demande i grâce pour ce misérable qui n'est pas digne d'être i mangé par toi, je lui lie les mains et l'emmène pour en » faire un esclave. »
— Alors le lion rauque.
« Oh I sois tranquille, dit le brave, il sera puni sévèrement. »
— Et, en disant cela, il lie les mains du lâche avec sa corde de chameau.
— Alors le lion, satisfait, s'éloigne et disparait cette fois pour ne plus revenir.
— Quelquefois des Arabes ont fait semblant d'avoir peor et, au moment où le lion leur mettait les deux patles sur les deux épaules, lui ouvraient le ventre avec leur pQÎgnard. Ceux-là étaient vraiment cuirassés.
— Si un lion fuit devant une troupe de chasseurs, les Arabes ont un moyen infaillible d'arrêter sa course, c'est de l'insulter.
« Ah I lâche ! Ah I misérable ! tu fuis, — lui crient-ils,
% ta prétends que tu es le plus brave des animaux et tu « fuis comme une femme ! Nous ne t'appellerions plus « seigneur, nous t'appellerons esclave. »
— A ces mots, le lion se retourne et attend les chasseurs.
Il faut que le lion soit tout à fait affamé pour ne pas respecter la femme; les Arabes prétendent même qu'il la craint. Des Arabes m'ont assuré (c'est M. Alex. Dumas qui parle) avoir vu des femmes courir après le lion emportant quelque brebis ou quelque génisse, ou même des enfants, le saisir par la queue et frapper dessus à coups de bâton.
^ Quand les chasseurs ont été prévenus qu'un lion s'est avancé dans le pays, on envoie des batteurs d'estrade qui relèvent ses traces et reconnaissent l'endroit où il se tient d'habitude, ordinairement un buisson assez peu épineux pour que le lion puisse y entrer sans se piquer la fac^. — Le lion craint de se piquer le visage, cette face mobile qui ressemble à celle de Jupiter Olympien. — Alors les batteurs reviennent, font leur rapport, les chasseurs montent à cheval et enveloppent le buisson.
Le premier qui aperçoit l'animal crie en le montrant du doigt : « Rahe-hem, » — Il n'est pas là. S'il criait : « Ra-hcna, ce qui voudrait dire : il est là, le lion, qui comprend toutes les langues, ne manquerait pas de dévorer son dénonciateur.
Alors tout le monde s'éloigne à la distance d'une soixantaine de mètres, afin d'échapper aux trois premiers bonds et afin d'avoir l'air d'avoir fait buisson creux. Ils s'arrêtent alors et font feu sur l'endroit désigné.
Si le lion n'a pas été atteint mortellement, il sort du buisson ; les Arabes s'éloignent ventre à terre, rechargent
(f ) U Viloct, u>m 111, p. iS9.
leurs fusils et, si le lion fuit, ils le rappellent en rinsultaot.
Mais rarement une chasse se termine sans qu'on ait à regretter la perte de trois ou quatre chasseurs,
Longtemps après notre arrivée en Algérie, les Arabes prétendaient encore que le lion changeait de nourriture quatre fois par an.
« Pendant le premier trimestre de Tannée il mangeait les démons ; pendant le second il mangeait de la chair humaine ; pendant le troisième de la terre glaise, et pendant le quatrième des animaux. »
« Les Arahes avaient remarqué, disaient-ils, que le lion qui enlève un cheval ou un chameau, en le jetant hardiment sur son épaule, et qui saute avec ce fardeau des haies de trois ou quatre pieds, ne pouvait que traîner misérablement un mouton. »
Voici, d'après leur poétique imagination, comment les Arabes expliquaient cette anomalie :
« Un jour, dans une assemblée d'animaux, le lion disait, vantant sa force: « J'emporterai sur mon épaule « le taureau, s'il plaît à Dieu ; le chameau, s'il plaît à « Dieu ; le cheval, s'il plaît à Dieu, et ainsi de suite. i> Arrivé au mouton, il trouva la chose si facile, qu'il négligea d'invoquer le Seigneur. »
« Le Seigneur l'en punit, le roi de la force est obligé de traîner le mouton qu'il ne peut jeter sur son épaule. »
Le Lion Sidi DjeUh ben Djelad(i).
Avant Gérard et BomboneP-^ les fameux tueurs de lions, il y eut un Arabe courageux que Hamed-Bey, niamelnck, et Braham-Bcy employaient pour la chasse du roi des animaux. Il s'appelait Hassein.
(\) Sidi, Monseigneur; Djelik, lo courageux : ben, Tils ; Djelad^ du courage. (2) Depuis Gérard et fiombeael les lions sont devenus très rares.
Hassein chassait le lion à l'aide d'affûts eo pierres recouverts de troncs d'arbre et de terre ; il tua aussi plusieurs lions perché sur des arbres ; ses armes consistaient en un fusil, deux pistolets et un yatagan. Après avoir chassé pendant onze ans et tué un grand nombre de fauves, il tomba sur son champ d'honneur, dévoré par un lion.
On dit qu'Hassein respecta toujours un lion qu'il avait appelé Sidi Djelih ben Djelad et que, de son côté, ce lion ne Tattaqua jamais. A leur première rencontre, Hassein, qui n'avait pas ses armes, ne craignit pas de s'avancer et de crier au lion : « Sidi Djelih ben Djelad, tu es noble et moi aussi, tu es brave et moi aussi, etc. » Le lion, surpris à la vue d'un si grand courage, le laissa passer<*>.
Après la mort d'Hassein, le lion Sidi Djelih ben Djelad disparut.
Quelques croyances arabes.
Pour les Arabes, les escargots et les cigognes sont des animaux réputés saints ou, comme parfois ils disent, marabouts.
C'est un très grand péché que de les toucher ou de leur faire mal, à plus forte raison de les tuer. Pour la cigogne, les Indigènes n'ont un tel respect pour elle que parce que lorsqu'elle s'éveille le matin et d'autres fois pendant la journée, elle loue Dieu, haussant le col et le baissant en poussant les cris qu'elle fait entendre alors.
Pour l'escargot, le pourquoi de ce respect s'est perdu dans la mémoire des Arabes qui seulement peuvent dire
(1) Il y a quelques anoéei los jouroaax d'Algérie ont inséré un fait dirers rapportant que, sur la route de Sétîf à Bordj-bou-Arréridj, dans la province de Goostantine, deux lions étaient eouchés en travers de la route. Au moment où la dilinence arrivait près d'eux ils se levèrent et descendirent dans le ravin. Il était temps, car les ehevanx commençaient à être effrayés ; le conducteur tes enleva vigoureusement et la diligence continua son chemin sans encombre. Des (kits i peu près semblables ont été da mtê plasÎMrs fois signalés.
que cetté vénération vient de ce que rescargot û'a jimais bit mal à personne.
Les personnes pienses, qai font le voyage delà Mecque trois fois, sont regardées comme des saints et portent le nom de Hadji (pèlerin). Autrefois, au dire de Técrivain du XVP siècle, Haedo, quelques-uns de ces pèlerins s'arrachaient volontairement un œil lorsqu'ils étaient à la Mecque, au tombeau de Aahomet, en disant que celui qui avait vu pareille chose n'avait plus besoin de rien admirer en ce monde.
A propos du tombeaa du Prophète, à la Mecque, il est une légende oa croyance générale dans les pays chrétiens, c'est que Mahomet serait enterré dans un cercueil d'acier suspendu entre la coupole et le sol de la Caaba, grâce à deux aimants énormes dont les forces s'équilibreraient. Et pourtant les voyageurs sont là pour affirmer que Mahomet tut inhumé dans un sépulcre et sans doute enlevé par les schismatiques musulmans qui, à une certaine époque, s'emparèrent de la Mecque. Quoiqu'il en soit, cette légende qui avait déjà cours au Moyen-Age, se retrouve plus tard dans Haedo (1560) qui la réftite. De nos jours encore, les paysans et même les écrivains redisent cette tradition importée on ne sait trop comment, sans doute par le récit fantaisiste de quelque croisé ou de quelque voyageur.
Voici du reste ce que dit Claude Malingre, historiographe de France, dans son rarissime travail : Description des Ouvrages plus excellents et magnifiques des Anciens (Paris, mdcxvhi) :
« Car iustement au milieu de ce temple, il y a vn grand lieu tout découuert, où se voit vue tour large de cinq ou six pas recouuertc d'vn beau drap de soye, de la hauteur de quatre brasses, auec vue porte toute d'argent de la hauteur d'vn homme, qui donne entrée eu ceste tour. Icelle fut construite expresemèt pour y mettre et loger le corps de Maliomet, qui repose en icelle dans vn sépulchre tout de fer éleué en Tair par la force et vertu de quatre grosses pierres d'aymâd qui sont aux quatre coings de ladicte tour : ce qui cause vne grande admiratiô aux pauures idiots et idolastres, reputâs pour merueiile ce qui doit estre attribué à la propriété de l'aymand qui est d'attirer le fer. D'auantage ceste tour est garnie, côme ils disent, de grans vaisseaux pleins de pur baume desquels on a la veuë seulement le iour de la Pentecoste : et afferment aussi les habitans, anoit esté en icelle piis la pluspart des trésors du Soldan d'Arabie. ...»
Parmi les masalmans non mariés et même ceux qui lé sont, il en est beaucoup qui porteni au sommet de la tête une touffe de cheveux qu'ils ne coupent jamais, mais qu'ils laissent pousser très longs afin qu'à leur mort les anges puissent les prendre par là et plus facilement tes enlever au ciel. Cette touffe de cheveux est communément appelée par les Européens le Mahomet.
Lés Arabes disent que ledrs tuniques ne sont ^ lotigues qu'afln que lorsqu'ils entreront en paradis^ tes Chrétiens qui en seront dignes puissent s'accrocher aux pans de ces tuniques et entrer avec eux sans répugnance.
La vi^de de pMc {)ourralit être màngéè si l'oâ cotfnaissait quel quartier de cet ànimal si été matîdit par le Prophète lorsqu'il lui arriva de salir le vêtemènt nèùf de renvoyé d'Allah.
Les Arabes expliquent ainsi leur abstention du vin que Mahomet trouva bon et loua d'abord :
Un jour le Prophète vit en passant des jeunes gens qui buvaient en compagnie, avaient le teint animé et paraissaient très joyeux. Il les bénit et leur dit : « Buvez à votre aise et avec la bénédiction de Dieu. » Cependant au bout de quelque temps repassant par là, il trouva qu'ils avaient vomi, que le vin les avait amenés à se disputer entre eux et que quelques-uns avaient été tués. Alors il maudit le vin et décida que quiconque en boirait désormais n'entrerait pas dans le ciel.
Aujourd'hui beaucoup d'indigènes font exception pour le vin blanc et particulièrement pour le vin de Champagne.
Autrefois on rencontrait souvent à Alger des hommes qni se vantaient d'être vaillants et forts et qui ne marchaient que recouverts d'une peau de fauve tué par eux. Souvent ils se faisaient de profondes blessures au bras et à la poitrine, ou se brûlaient le hAs avec du coton imbibé d'huile. Ceux qui ainsi se brûlaient étaient assurés de leur salut éternel et ne pouvaient brûler dans l'autre monde.
On rencontre peu maintenant de ces gens.
Un moyen de médication assez employé par les Arabes consiste à se brûler avec un fer rouge le membre qni leur cause une douleur quelconque.
Four >e tl«}barra>ser des puces (fer/ïf/Ai7\ il faut prendre un».* branche de palmier (fljerid), h frotter avec de la graisse de chè\Te (^tîirfja) sans sel {jïmwm^. et la piquer dans le mur : on répète ensuite trois fois ou sept fois une prière, et, penilant ce temps, les puces s'assemblent sur le bâton. Il ne reste plus qu à brûler ce dernier dès qu'il est suifisamnjent garni.
Un jeudi, avant que le soleil ne paraisse à l'horizon, placez dans Tentlroit où sont les punaises (beqq) trois feuilles d olivier (zitourn sur lesquelles vous aurez écrit : « Dieu n écoute personne : il n'y a que ce qu'il a dit ; el celui qui le reconnaît en lisant le Fatha (premier verset du Coran), chasse, par son pouvoir, les punaises. ElTectivenienl, disent les Arabes avec leur inq)assibilité onlinaire, les insectes ilisparaissent de suite i.t ne se montrent jamais plus*'.
La piqûre des fourmis est souvent fort désagréable, surtout pour des individus obligés de coucher sur le sol, sous
(!) D'E. L. Berlheninil, MéJec. des Arabes, p. Xjt).
les lentes, etc. On conseille, pour s'en débarrasser, de jeter dans les trous qu'elles habitent un mélange d'eau, d'huile et de sel, et d'arroser avec ce liquide un assez grand espace du terrain sur lequel on doit reposer.
Pour faire disparaître les taches de rousseur, usez de ce remède: Prenez un corbeau (grâab), incisez-lui la tête et recueillez-en le sang dont vous vous frotterez le visage.
Celui qui a perdu la mémoire doit boire le matin du bouillon de Dscubb (agame) mêlé avec de la bile de coq {mourarat el diq)\ et « Allah ou Anahou aiiesiane (Dieu lui donnera un commandement sur son oubli). »
Lorsque les jeunes enfants, tourmentés par Pagitation nerveuse pendant le sommeil, se lèvent en sursaut la nuit, il convient, avant qu'ils ne s'endorment, de mettre dans leurs vêlements, du côté droit, des excréments de faql (animal ?) ; il est bon aussi de placer sous leur tète une dent canine de chacal (nab eddib).
Pour guérir la migraine, faire comme le Prophète — sur lequel soit le salut ! — Prendre de la chair de chat {lehhame cl qail) d'Inde (henedi), la piler avec du beurre et du lait ; Tintroduction d'un peu de cette composition dans le nez vous soulage à l'instant.
Quand une ophthalmie dure depuis longtemps, les Arabes conseillent de prendre le premier ou le dernier jeudi du mois d'avnl, un qatt (chat), de lui brûler la tète, de recueillir les cendres, et de s'en introduire un peu dans l'œil à l'aide d'un pinceau mouillé.
Contre la surdité : boire qnotidiennement de Teau dans laquelle aura séjourné une tête de ganfout (hérisson).
Le végétal le plus estimé est le harmel (ruta graveolens). Le Prophète a dit que cette plante fournissait soixantetreize médecines, et qu'on l'employait avec avantage dans toutes les indispositions, mal de cœur, maladies de foie, douleurs dans les membres, toux opiniâtre, céphalalgies, etc., etc. Rien ne peut résister à l'action curative de cette infecte panacée.
Mohammed a dit que tous les os de cadavre sont consumés dans la terre, à l'exception d*un seul, le coccyx. Cet os, le premier créé par Dieu pour la construction de chaque squelette, est également le seul qui résiste à toutes les causes de destruction, afin de servir, au jugement dernier, à la réédification de chaque corps. Les pluies de quarante jours qui précéderont ce grand jour, fertiliseront tous ces coccyx, sortes de germes osseux destinés à la reproduction de toutes les autres parties du corps, comme le grain qui contient en lui tous les éléments de la plante à laquelle il doit donner naissance.
Cette idée est prise, du reste, aux croyances hébraïques, d'après lesquelles cet os prétendu inaltérable s'appellerait luz.
Les Arabes sont convaincus que le cadavre devra se tenir debout à l'heure du dernier jugement, et que l'àme souffre horriblement quand on porte le couteau sur les chairs vivantes ou inanirfiées.
Les Egyptiens attribuent à l'une des cinq comètes de
1825 la terrible épizootie qui, cette même année, leur enleva bestiaux, chevaux, ânes, mulets, etc.
Toutes les mauvaises odeurs, les gaz infects, sont pour les Arabes des diables mâles et femelles : aussi dés qu'ils pénètrent dans des endroits secrets, par exemple, ils prient Dieu de les protéger contre les démons.
Les maladies nerveuses (convulsions, épilepsie, syncopes, etc.) résultent des émotions produites par Tunion des djnouns mâles avec les filles des hommes, et celle des djnouns femelles avec les fils des hommes.
Les taches blanches cutanées sont attribuées à des coups de lune {boqlal el quemar).
Voici ce que dit le Coran, concernant l'origine des maladies :
Ch. II, V. 150. « Nous vous éprouverons par la terreur et par la faim, par les pertes dans vos biens et dans vos hommes, par les dégâts dans vos récoltes ; mais toi, ô Mohammed, annonce d'heureuses nouvelles à ceux qui souffrent avec patience. »
Ch. m, V. 139, « L'homme ne meurt que par la volonté de Dieu, d'après le livre qui fixe le terme de la vie. »
Ch. IV, V. 81. « S'il t'arrive quelque bien, il t'arrive de Dieu. Le mal vient de toi. »
Ch. VI, V. 2. « C'est Lui qui vous a créés du limon de la terre et fixé un terme à votre vie. »
Ch. VI, V. 17, « Si Dieu t'atteint d'un mal, lui seul pourra t'en délivrer ; s'il t'accorde un bien, c'est qu'il est le tout puissant. »
Ch. VI, V. 42. « Nous avions déjà envoyé des apôtres
vers les peaples ; nous les avioDS risités par des mau et des adversités, afin qu ils s'humiliassent. »
Ch. VI, V. iC. « Si Dieu vous privait de l'ouïe et de la vue, quelle autre divinité que Dieu vous les rendrait T »
Ch. VI, V. 61. * Dieu est le maître absolu de ses serviteurs ; il envoie des anges qui vous surveillent, lorsque la mort s approche de Tun d'entre vous, les messagers reçoivent leur soufflt»
Ch. VII, V. 188. * Dis-leur: Je n'ai aucun pouvoir soit de me procurer ce qui m'est utile, soit d'éloigner ce qui m'est nuisible qu'autant que Dieu le veut. »
Ch. I, V. 13. ^ Qu'un mal atteigne i'homme, il nous invoi|ue couché de côté, ou assis, ou debout ; mais aussitôt que nous l'en avons délivré, le voilà qu'il marche à son aise, comme s'il ne nous avait pas appelé pendant le mal.
Ch. X, V. 3?. « Dis-leur : Qui est-ce qui dispose de la vue et de l'ouïe ? qui est-ce qui produit l'être vivant de l'être mort ? qui est-ce qui gouverne tout? Ils répondront: C'est Dieu. . ., etc.
Ch. X, V. 107. K Si Dieu te visite d'un mal, nul autre que Lui ne peut t'en délivrer. »
Ch. XI, V. 39. « J'ai mis ma confiance en Dieu ; il n'est pas une seule créature qu'il ne retienne par le bout de la chevelure.
Ch. iiTi, V. 9. Dieu sait ce que la femme porte dans son sein, de combien l'espace générateur se rétrécit ou s'élargit. »
Ch. XXVI, V. 80. « Il n'y a qu'un Dieu qui me guérit quand je suis malade. >^
Ch. XXXV, V. 12. a Rien n'est ajouté à l'âge d'un être qui vit longtemps, et rien n'est retranché qui ne soit consigné dans le Livre ; ce n'est facile et possible qu'à Dieu seul. »
Ch. III, V. 183. ^ Vous serez éprouvés dans vos biens et dans vos personnes, toutes ces choses sont dans les décrets étemels. »
Les prophètes, les marabouts, les ouali, les apôtres jouissent du privilège de ne jamais être atteints par les maléfices des djnouns, des affections graves, cutanées ou autres. De là leur grand pouvoir de donner des talismans préservateurs et curatifs.
Avant de commencer un voyage, d'entreprendre la construction d'une maison, de s'engager dans une entreprise importante, de marier quelqu'un des siens, etc., on voit souvent les Ai:^bes faire le sacrifice d'un mouton pour porter bonheur à l'entreprise.
C'est un très grand péché pour les Arabes de dessiner avec de Tencre ou du charbon de terre la figure d'un être animé (on sait, du reste, que celte prescription est conforme au Coran). On assure c}u a l'heure de la résurrection finale, celui qui a fait une pareille image sera contraint par Dieu de lui donner une âme pour qu'elle ressuscite.
Or, comme il n'est du pouvoir de personne de donner une âme, Dieu s'indignera et condamnera le malheureux artiste à perdre la sienne et à la donner à son œuvre.
Ibn Batouta raconte que le Désert est rempli de démons qui, si quelqu'un marche seul, se jouent de lui et le fascinent afin de le détourner de la route qu'il doit suivre : « Les Djinn^^^ sous la forme de voyageurs, passent à l'horizon devant celui qu'ils veulent perdre, et lui font voir de l'eau, des bois et des villages vers lesquels il marche sans cesse, pendant qu'ils font souffler le vent derrière lui pour effacer ses traces^^^ >
(1) Djinn — génie, latin.
(2) Cest le minge, si commao (Uns le Sahara, et qai a causé tant de fois la perte dt cararanes eotièras.
Lorsqu'un homme se marie, le démon jette on cri terrible ; tous les siens accourent. — Qu'avez-vous, seigneur? lui disent-ils. — Un mortel vient encore de m'échappm*» répond Satan au désespoir.
Azraïl est Fange de la mort. Aussitôt qu'un homme a rendu le dernier soupir, Azraïl est envoyé par Dieu pour établir la balance des bonnes et des mauvaises actions du défunt.
L'homme qui aura été charitable passera le Sirât, ce pont fin comme un cheveu et tranchant comme ua sabre qui s'étend de l'enfer au paradis.
L'aumône faite avec foi, sans ostentation, en secret, éteint la colère de Dieu et préserve des morts violentes. Elle éteint le péché comme Teau le feu.
Elle ferme soixante et dix portes du mal^^^
Les marabouts, au dire des indigènes, jouissent des pouvoirs les plus merveilleux. Ils peuvent confectionner des talismans qui rendent invulnérables, éloignent les maladies ou rendent heureux en amour. Ces amulettes ont également la propriété de conjurer Tinfluence du mauvais œil.
Si les chiens aboient la nuit d'une manière lugubre, ou que les corbeaux, en nombre impair, s envolent du cùté gauche, il n'en faut pas davantage pour tirer des augures néfastes, faire renoncer à un projet, suspendre ou différer un voyage.
(1) CesscoteDCOs étaient la règlo de conduite de Sidi Mohauimed Moul El-Gaodoax ; il les a recueillies dans les hadils du Prophète et il les a rommeotéet dans son livre sqr V Aumône.
Les Kabyles orientaux.sont forcés, pour pouvoir vivre, do se rendre de temps en temps dans le pays arabe où ils travaillent comme moissonneurs, jardiniers ou manœuvres. Au moment de quitter les bois ((ui couvrent leurs montatagnes pour descendre vers les régions arides et dénudées, ils font un vœu au principal marabout de leur patrie, pour qu'il leur soit propice et favorise leur voyage. Ceux du Zouara, Oulad Asker, par exemple, s'adressent à leur marabout, Sidi Ouchenak, dont la mezara est sur la montagne, entre Fedj-el-Arbâ et Fedj-el-Fdoulés. Voici textuellement leur prière telle que Fa donnée un taleb de l'endroit :
Sidi Ouclienak ! je me rends dans le Sud, Sous ta protection ; si je reviens bien portant Et en paix, je te donnerai une offrande.
îJn petit pain d'orge (bon maraf}, Une petite cliandelle et deux sous d'encens.
Le texte arabe de cette prière populaire a été donné par M. l'interprète L. Féraud, en 1862, dans la Revue Africaine.
Les Arabes pensent que le mal du pays est le plus grand de tous les maux et que dans les voyages lointains le chagrin tue plus d'hommes que la fièvre; seulement il y a dans la création dix choses toutes plus fortes les unes que les autres, et de ces dix la plus forte est le chagrin. Ils les ont classées ainsi graduellement :
1° Los monta^/nes.
2" Le 1er qui les aplanit.
Lo l'eu (jui fond le fer.
4" L'eau (jui éUîint le feu.
5" Les nuages qui absorbent Teau.
<)" Le vent qui cliasse les nuages.
7" L'honimo (jui bravo le vent.
S" L'ivre.«^s<i (jui ét<jurdit riiomme.
î)" Le sommeil qui dissipe l'ivresse.
W Le chagrin qui détruit le sommeil.
Le chagrin est donc €e qu'il y a de plus puissant dans la nature : Dieu nous en préserve I disent-ils
Antiques croyances arabes.
Annonçait-on à Tun de ces païens la naissance d'un» fille, sa figure se rembrunissait et, pour lui éviter les malheurs attachés à la condition des femmes, le plus souvent il la sacrifiait, à moins qu'elle ne fût rachetée par le sacrifice de deux chamelles pleines et d'un chameau. Les Koraïches faisaient ces immolations sur le mont Ben Dalmate, auprès de la Mekke.
Quand ils se mettaient en voyage, ils nouaient une branche d'arbre appelé ralem, et s'ils retrouvaient, au retour, la branche dénouée, ils croyaient que leur femme était infidèle.
Lorsqu'ils partaient au point du jour, ils prenaient par la droite ou bien par la gauche, selon l'indication du vol des oiseaux, et s'ils s'égaraient, ils pensaient qu'en mettant leurs habits à l'envers, ils retrouveraient leur chemin.
Pour que la chasse fût heureuse, ils oignaient de sang le poitrail du cheval qui marchait, au départ, en tète des cavaliers, et pour quelque motif qu'ils se missent en marche, ils ne regardaient point derrière eux. Dans leur esprit, ce mouvement leur eût porté malheur; ils n'auraient point réussi ou peut-être même ils n'auraient point revu leurs lentes.
(1) A comparer aree nos randontièet populaires.
Un homme avait-il mille chameaux, pour les garder da mauvais œil, il éborgnait le plus vieux du troupeau^ et le faisait aveugle quand le nombre s'était accru.
Pour guérir un chameau malade du e/t^er, espèce de gale, ils mettaient le feu aux jambes d'un chameau sain.
Si le troupeau refusait de boire, ils s'en prenaient aux mâles et les frappaient à coups de bâton sur le dos pour en chasser les djmn qui, pensaient-ils, les chevauchaient et faisaient frayeur aux femelles.
Ils nommaient bayra la chamelle qui, ayant mis bas cinq fois, avait eu un màle pour dernier né. — On lui fendait Toreille et désormais on ne pouvait plus Timmoler ; elle était libre d'aller paître où bon lui semblait.
Quand une brebis mettait bas une femelle, ce fruit de son ventre appartenait au maître du troupeau ; quand elle mettait bas un màle, on le réservait pour les dieux ; mais, donnait-elle h la fois deux jumeaux, l'un femelle et l'autre màle, on disait : ^ Cette dernière a racheté son frère )> et l'agneau n'était pas immolé, et la mère était appelée ousila.
Ils nommaient Saalba Tesclave que son maître avait affranchi en lui disant: « Va-t'en, lu es libre! » — et même tout animal à qui ils donnaient la liberté en l'honneur de leurs idoles.
Lorsqu'un chameau avait servi dix années de suite à la |)roduction, on disait de lui : Hawy daharo — son dos est protégé. — Il prenait le nom de Aam, et de ce moment
toas les pâturages étaient à lui ; on ne pouvait plus le charger de fardeaux ni l'employer à quelque usage que ce
Toute leur existence était soumise aux pratiques les plus étranges de la superstition.
Pour éviter les maladies contagieuses qui peuvent régner dans un camp, il fallait, avant d'y entrer, s'arrêter un moment et braire comme un àne^-^.
Le jus d'une herbe, appelée selomne, bu par un amoureux, le rendait tout à fait indifférent.
L'osselet d'un lièvre, porté en amulette, préservait dû mauvais œil et des sortilèges.
Pour avoir de belles dents, ils s'arrachaient les mauvaises et les jetaient vers le soleil, en lui disant : Donne-m'en de plus belles.
Quand Tun d'eux était mort, on conduisait sur son tombeau l'une de ses chamelles, on l'y laissait attachée, les yeux bandés, jus(|u'à ce que la faim reut tuée. — Elle devait servir de monture au trépassé.
Les femmes ne pouvaient point pleurer un homme assassiné, avant qu'il eût été vengé ; et du crâne de ce cadavre il sortait, disait-il, un hibou qui criait d'une voix lugubre :
(1) Tous ces usages relatifs aux troupeaux, dit M. le général Daumas, ont été trè$ diverscmeol déliais par de nombreux auteurs qu'il serait superflu de discuter ici.
(2) Général DaaiBas c Le grand Désert. >
« Désaltérez-moi I désaltérez-moi I » jasqu'à ce qu'il eût bu du sang de l'assassin.
Selon les uns, l'àme résidait dans le sang ; ils en trouvaient la preuve en cela qu'il n'y a point de sang dans un cadavre, tandis qu'on le voit humide et chaud dans un être vivant. Selon d'autres, l'àme c'était la respiration ; et quelques-uns prétendaient qu'au moment où l'homme expirait, son âme s'envolait sous la forme d'un oiseau invisible, qui revenait la nuit sur la tombe du mort gémir de leur séparation.
Us affirmaient entendre souvent dans l'air causer entre elles ou chanter des voix inconnues appartenant à des corps invisibles.
Le corbeau, qu'ils appelaient hatem, et encore elaaoueur, le borgne, parce qu'il ne prend pas son essor comme les autres animaux, et qu'il n'ouvre les yeux qu'après avoir assuré son vol, était pour eux le symbole d'une séparation inévitable.
Un poète a dit de lui :
si le corbeau de la séparation allait gémir, dites-lui : Que Dieu vous éloigne de nous !
Vous êtes pour les amoureux ce qu'il y a de plus hideux ; Vous êtes plus hideux que Taspect de la tombe ; Vous annoncez le chagrin, vous marchez en chancelant, Et secouez votre vêtement plus noir que le deuil ; Lorsque vous criez la séparation, il n'est plus d'espoir : Vous êtes d'accord avec son jour.
Ils croyaient aux ogres mâles et femelles, qu'ils appelaient el-guilou et el-tagomul. — Ces monstres, qui tenaient de l'homme et de la bète, habitaient les solitudes. — On les avait vus ; on avait causé avec eux. — Dans
l'Yamen et dans le sud de l'Egypte, vivaient ceux appelés Kalrabe, les plus dangereux de tous.
Voulaient-ils entreprendre une affaire importante, ils jetaient en Tair une espèce de sabre sur lequel était écrit, d'un côté : Dieu Ta défendu ; de Tautre : Dieu Ta ordonné ; et, selon qu'il retombait sur l'une ou l'autre face, ils faisaient ou ne faisaient pas. . .
Dieu a dit :
« El-Kbams, El-Miter, El-Ansab et El-Aglane sont des inventions du démon. Abstenez-vous-en. »
El-Khams est tout ce qui étant bu peut troubler la raison;
El-Miter, sont les jeux de hasard ;
El-Ansab, les pierres ou les stations des Djahelia;
El-Aglane est la consultation du sort par le sabre.
Croyances par les songes. *
Avant do partir en voyage ou d'aller en pèlerinage, les Arabes consultent le sort par EUhiikhrara^^\
El-Istikhrara met l'homme de la terre en communication, par les songes, avec Dieu lui-même ou; avec les saints du Paradis.
— Pour obtenir celte grâce, un homme de foi qui veut entreprendre une chose importante fait ses ablutions,
{{) El-Aîachi et Moula Ahmed, en partant pour la Mecque, consultent El- Istikhrara ( Toir ieun royage» traduits par M. A. Berbrugger et publiés par ordre du Goavemefflent). 11 est curieux, dit le général Daumas, de retrouver dans Hérodote que les Nasamoos, - peuple de la Syrte, avaient le même usage :
« Pour exercer la divination, ils vont au tombeau de leurs ancêtres, ils y font leur prière et y dorment ensuite ; si pendant leur sommeil ils ont quelques songes, ils en font usage dans leur conduite. » Hérodote, liv. it, chap. clxxii).
comme pour la prière, dans la première moitié de la nuit du jeudi, et, dans la seconde moitié, deux reftoa (génuflexion à deux genoux), pendant lesquelles il dit des oraisons consacrées et celle-ci ensuite :
« Dieu de Tanivers, j'implore de ta bonté que cette. nuit ta me
> montres en rêve ce qu'il est bon que je sache.
> Par la grandeur du Prophète, — que la prière et le salut » soient sur lui, — s'il y a du bien ou du mal, fais-le moi voir.
» mon Dieu I lorsque tu dis d'une chose kaun (sois), elle est ;
> ton ordre est entre le kafei le noun (entre le K et le N(*)).
> Je te supplie, par ton nom sublime et révéré, par le livre
> des destinées que tu as écrit, par tes prophètes, par tes apôtres, » par le saint marabout un tely de me manifester ta volonté.
> Je te le demande par les sept cieux et tous les anges qu'ils » renferment, par les sept pierres et tous les animaux et les oiseaux
> qu'elles nourrissent, par la mer, par les fleuves et tout ce qu'ils » contiennent de plus précieux et de merveilleux ; car ta as le
> pouvoir sur toutes choses. »
Ainsi préparé, celui qui veut savoir se couche sur le côté droit, auprès de la Kouba du saint au nom duquel il a fait l'invocation, et Dieu lui montre en songe ce qu'il a demandé, bien ou malheur, et il agit selon ce qu'il a vu.
Si vous voyez des sauterelles en songe, le lendemain vous verrez de mauvaises gens.
Si vous rêvez que vous en mangez, c'est un bon augure.
Que vous en entassez dans un vase, vous gagnerez beaucoup d'argent.
Qu'il pleut et qu'elles sont d'or. Dieu vous rendra ce que vous avez perdu.
(1) On ne peut pas traduire cela en français, koun — soii — s'écrit par aa /u^, qui répond à notre Ar, et par un noun, qui répond à notre n. La phrase arabe a doM ce sens : < Ton ordre est dans ce simple mot, sois. > C'est la phrase de la Genèse.
Maximes et sentences da Coran (0.
(Extrait de TooTrage da célèbre aateor arabe rimam Essiyoathi (t).
Celui qui va en pèlerinage sur une monture, n'a pour son compte que soixante bonnes actions par chaque pas de sa monture ; mais celui qui y va à pied, a pour son compte sept cents bonnes actions par chaque pas qu'il fait.
Lorsque l'un de vous a dégainé un sabre pour le regarder, il doit le remettre dans le fourreau, avant de le présenter à son compagnon.
Faites parvenir à sa destination la demande de Thomme sans crédit : Dieu, au jour dernier, affermira sur le Sirath les pas de celui qui aura fait parvenir auprès d'un sultan la demande de cet homme.
Quand une femme dit à son mari : « Je n'ai jamais reçu de toi un seul bienfait », tout le bien qu'a fait cette femme perd son prix.
(1) Le Coran, comme on sait, est le livre sacré qae Diea a révélé aux Arabes par la boDche de son envoyé Mahomet. C'est dans ce livre qae se troavent les principes qui règlent loat à la fois la vie religieasc, la vie sociale, la vie privée et la vie politique des Masulmans. Le Coran est chez oax la loi unique et sapri'mc.
La tradition est venue suppléer à ce qn'il y a d'insafllsant et d'obscar dans le Coran. Par tradition, les Arabes entendent ce qui est rapporté tonchant les paroles et les actions do Mahomet. La tradition est, ponr ainsi dire, le commentaire da livre de Dieu, l'interprétation faite de ce livre, par celui qui avait été choisi pour en faire la révélation.
(2) Ce mot signifie originaire de Siyouth, endroit situé sur les bords du Nil, en Egypte. Le nom de l'auteur est Abderraman-Djellal-Eddin-Essiyonthi.
Voy. Civilité musulmane ou recueil de sentences et de maximes extraites de l'oo- Trage du célèbre auteur arabe l'imam Essyouthi et traduite par François Cadoz. — Alger, 1851. F. Bernard, éditeur, n*19, roe Bab-el-Oued. — i broch. petit io-12 ; prix 1 fr. 50.
Quand un homme vicieux est l'objet de louanges, Dieu se met en courroux, et le trône céleste eo est ébranlé.
Dieu déleste celui qui a un air rigide en présence de ses compagnons.
La bénédiction de Dieu est avec vos chefs.
Lorsque l'un de vous se prosterne devant Dieu, qu'il ne s'agenouille pas comme le chameau, mais qu'il place ses . mains au dtîvanl de ses genoux.
Répétez souvent la formule : // n'y a de force et de puissance qu'en Dieu. Elle ferme quatre-vingt-dix-neuf issues au mal. La moindre de ces issues fermées par la formule précitée, est celle d'où vient le souci.
Allez à un mille pour voir un malade, à deux milles I)Our réconcilier deux personnes, et à trois mille [)Our visiter un Musulman.
Lorsque vous voulez rappeler les défauts de votre prochain, commencez par rappeler les vôtres.
Quand vous désirez obtenir un bienfait, adressez-vous aux personnes dont la figure est aimable.
Les novateurs sont les chiens des hommes.
Caressez de la main l'orphelin sur le front, et Tenfant qui a encore son père, derrière la tête.
Lorsque Tun de vous demande une chose à Dieu, qu'il la lui demande avec assurance, et qu'il ne dise pas : « mon Dieu ! s'il te plaît, accorde-moi tes dons 1 )> car il n'y a rien qui puisse être refusé par Dieu.
Lorsque vous invoquez Dieu, invoquez-le en lui montrant l'intérieur de vos mains, et non pas l'extérieur ; et lorsque vous avez fini, passez les deux mains sur votre visage.
Celui qui salue le premier est exempt de fierté.
Lorsque vous passez auprès de gens enclins au mal, saluez-les : leur méchanceté et leur fureur s'éteindront à votre égard.
Le repentir est un retour à Dieu. Celui qui se repent de la faute qu'il a commise, est comme celui qui n'a pas péché.
La foi religieuse de l'homme ignorant ne va pas au-delà de ses clavicules.
Dieu hait la malpropreté et le désordre(*>.
(1) Les Arabes deTraient bien faire un peu pins cas de ce précepte du Coran, car 8*iU font leurs ablutions plus ou moins bien, en revanche leurs vêtements sont généralement •aies et pleins da- vermine.
L'HospitaUté et la CSiarité.
Quelles vilaines gens que ceux qui refusent l'hospitalité I
Efforcez-vous de faire de bonnes œuvres, d'exalter Dieu, de le louer, de l'adorer, de proclamer sa grandeur, et de répéter souvent la formule : « Il n'y a de force et de puissance qu'en Dieu,
Tout Musulman qui habillera un Musulman dépourvu de vêtements, sera vêtu par Dieu, en l'autre monde, des habits verts du Paradis.
Dien, qu'il soit exalté I nourrira des aliments réservés aux élus, le Musulman qui aura apaisé la faim d'un Musulman.
Tout Musulman qui habillera un Musulman, dépourvu de vêtements, sera sous la garde de Dieu, tant qu'il restera un morceau des vêtements donnés sur le corps de celui qui les aura reçus.
Maximes et Sentences relatives à la Jvatioe.
Epargnez le châtiment aux personnes de considération, à moins qu'il ne s'agisse des peines prononcées par la loi de Dieu.
Passez à l'homme généreux la faute qu'il commet ; au savant, l'erreur qu'il fait ; et au sultan juste, un mouvement de colère ; car Dieu les relève toutes les fois qu'ils tombent.
Lorsque l'un de vous est appelé à rendre la justice parmi les Musulmans, il doit s'abstenir de juger étant en colère.
La preuve est imposée à celui qui demande, et le serment déféré à celui qui nie.
Mazimes et sentences concernant la colère, la médisance, l'enyie.
Lorsque l'un de vous se met en colère, qu'il se taise.
Lorsque l'un de vous se met en colère étant debout, qu'il s'asseye ; et si la colère ne le quitte pas, qu'il se mette à rire.
Lorsqu'une personne vous injurie en s'attaquant à votre conduite, ne l'injuriez pas en vous attaquant à la sienne : l'avantage sera pour vous.
Quand l'homme qui se met en colère dit : « Je me ré- , fugie en Dieu, » sa colère se calme.
Les plus grandes fureurs sont provoquées par les femmes.
Gardez-vous de médire des absents, car la médisance est pire que la fornication. Dieu pardonne à l'homme qui, après avoir forniqué, se repent ; mais il ne pardonne à l'homme qui a médit d'un absent qu'autant que cet ab-. sent lui a pardonné.
Gardez-vous de l'envie, car elle anéantit les bonnes œuvres, ainsi que le feu anéantit le bois en le consumant.
Gardez-vous de forniquer, car la fornication a quatre résultats : elle fait disparaître la beauté du visage, elle prive des moyens de vivre, elle irrite le Très-Clémenl (Dieu), et entraîne au feu éternel.
Gardez-vous de Tenvie, car Tun des fils d'Adam n'a tué son frère que par envie ; elle est l'origine de toute faute.
Gardez-vous de la fierté, car elle a porté Eblis à ne pas se prosterner devant Dieu.
Gardez-vous de la cupidité : elle est la misère présente.
Préceptes ooncemant les repas. ^
Le melon, avant le repas, lave le ventre et se digère très bien.
Lorsque le repas est servi, que ce soit le chef des convives qui commence par se servir, ou bien le maître de la maison, ou bien le plus honorable des convives.
Lorsque la nourriture est servie, prenez autour du plat et laissez-en le milieu, car la bénédiction du Ciel y descendra.
Celui qui boit ne doit pas respirer dans la tasse où est la boisson. Il doit 1 oter de ses lèvres pour reprendre haleine, et ensuite il peut recommencer à boire.
Lorsque tous buvez de l'eau, buvez-la à petits traits. Lorsque vous vous nettoyez les dents (avec un mizouak), nettoyez-les vous en large.
Il est du devoir de celui qui visite une personne malade de ne pas manger chez elle.
Ouelle triste nourriture que celle qui est servie aux repas de noces des riches, et dont on empêche les pauvres de profiter !
Maiiinf» reUtires à l'étensemeiit.
Le récit le plus vrai est celui ijue Ton rapporte en èteinuant.
Lorsque l'un de vous êtemno. qu'il iM>se les deoi mains sur son visage, et qu il étouffe sa voix.
Lorsque Tun de vous remercie Dieu apnès avoir éterané, souhaitez-lui du bien, mais s'il ne remercie pas Dieu, ne lui souhaitez |kis de bien.
Lorsque iun de vous étemue. qui! dise : 4 Lovaiige à Dieu, maîuv des mondes ! » et qu'on lui réponde : < Qae
Dieu te fasse miséricorde I Celui qui a étemué doit répondre à son tour : « Que Dieu pardonne à nous et à vousl »
Lorsque l*un de vous, après avoir étemué, dit : « Louange à Dieu I » les Anges lui répondent : « Maître des mondes I » Et s'il a dit : « Maître des mondes I » les Anges lui répondent : « Que Dieu te fasse miséricorde I »
Lorsque Tun de vous étemué, son compagnon doit lui souhaiter du bien ; mais après trois éternuements, il ne doit plus rien lui souhaiter, parce que celui qui a éternué est présumé avoir le rhume de cerveau.
Maximes et sentences concernant les malades.
Lorsque le serviteur de Dieu est malade, ou lorsqu'il est en .voyage, Dieu, qu'il soit exalté ! lui garde une récompense proportionnée aux bonnes actions qu'il a faites étant bien portant ou fixé chez lui.
Lorscjne l'homme est malade pendant trois jours, il est déchargé de ses fautes et il redevient pur, œmmc au jour où sa mère le mit au monde.
Lorsque l'homme est malade. Dieu dit à l'Ange de la gauche : « Cesse d'écrire ses mauvaises actions. » Et il dit à l'Ange de la droite : a Ecris ses actions |)lus belles qu'elles ne scmt. Sa conduite ne m'en sera pas moins bien connue ; je Tai déjà écrite. »
Quand vous entrez auprès d'un malade, recommandez-
lui d'invoquer Dieu pour vous, car ses vœux sont exaucés comme ceux des anges.
Maximes et sentences concernant la mort.
Lorsque Thomnie meurt, ce qui vient de lui périt avec lui, trois choses exceptées: Taumône qu'il a faite, sa science dont on relire de Tutilité, et un enfant vertueux pour lequel on adresse des vœux à Dieu.
Le courroux céleste sera terrible contre l'homme (|ui aura été injuste envers celui qui n'a d'autre défenseur que Dieu.
Celui-là meurt avec gloire celui qui périt en combattant pour ses droits.
Ayez beaucoup de frères en religion, car cha(|ue croyant aura droit d'intercéder pour vous au jour dernier.
Le plus fort châtiment des hommes à l'égard des hommes est en ce monde ; le plus fort châtiment de Dieu à régard des hommes méchants sera au jour dernier.
Celui qui aura été un chef injuste subira un châtiment terrible au jour dernier.
Celui qui |)asse pour un homme de bien et qui ne l'est pas, subira un châtiment terrible au jour dernier.
Lorsque, devant vous, on cile les bonnes actions de vos morts, taisez leurs mauvaises.
Maximes et sentences du Coran relatiyes aux animaux et aux choses .
Lorsque Tâne brait, cherchez un refuge en Dieu contre les embûches de Satan, le lapidable.
Lorsque vous entendez les cris de la poule, recourez à la bonté de Dieu, car la poule a vu un ange ; et lors(|ue vous entendez les braiements de Tàne, réfugiez-vous en Dieu contre les atta({ues du démon, le lapidable, car Tàne a vu le Diable.
Lorsque vous entendez le tonnerre, dites : Gloire à Dieu I et non pas : Dieu est le plus grand !
Lorsqu'une mouche tombe dans votre boisson, il faut Ty plonger tout entière, puis Ten retirer, car dans Tune de ses ailes, il y a du mal, et dans l'autre il y a le remède.
Lorque le soleil se couche, cachez vos enfants, parce qu a ce moment les démons se répandent sur la terre.
Lors(|ue le démon vous circonvient pendant la nuit, ne le dites à personne.
L'anneau ne doit être mis qu'aux doigts auriculaire et annulaire.
Maximes et sentences relatires à la science.
Recherchez la science, serait-ce même en Chine : la recherche de la science cM une obligation imposée à tout Musulman.
Livrez- VOUS à l'élude de la science, le lundi : c'est un jour favorable pour I étudiant.
Quel beau don (|ue celui qui consiste à faire connaître une vérité que vous avez entendue !
Celui qui, ayant pu se livrer à l'élude de la science, ne s'y sera pas livré, et celui qui aura enseigné une science dont ses auditeurs auront profité, lui excepté, gémiront au jour dernier.
Il nous semble que les Arabes auraient bien dû méditer sérieusement ces sentences du Coran, relatives à la science, et ne pas se montrer aussi rebelles pour envoyer leurs enfants dans les établissements d'instruction publique que le Go\ivernemcnt ft'anvais avait mis à leur disposition. Nous leur conseillons fortement d'entrer dans la voie indiquée par leur prophète lui-même, et de conduire leurs enfants à Tccole.
< Mieux eau* tard que jamais. »