‹ Contributions au folk-lore des Arabes. L'Algérie traditionelleChapitre 12 sur 21 · LIVRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE VII

COUTUMES ET USAGES

Sil novi sub sole!

Ecclésia«t.

COUTUMES ET USAGES

Les coutumes et les usages particuliers des peuples forment une partie du Folk-Lore qui n'est certainement pas la moins intéressante et qui est une des plus fécondes en rapprochements curieux donnant bien souvent la clef de nombre de problèmes qui au premier abord sembleraient insolubles.

Quand on étudie les mœurs et coutumes d'un peuple, on les trouve tout singuliers et sortant presque absolument de ce qu'il est donné d'observ er dans nos nations policées. Mais dès qu'on en arrive à rechercher ce qui s'est passé ou se passe encore chez d'autres nations, tout semble changer. On retrouve de partout de ces airs de parenté qui tant se précisent et s'accentuent jusque dans les détails les plus minutieux, que le doute n'est plus possible et qu'il faut attribuer une commune origine à ces usages et à ces coutumes. Nous aurions aimé nous étendre sur ces imrticularités qu'il est donné de remarquer chez les Arabes. Le cadre de ce volume ne nous le permet pas, mais nous y reviendrons plus en détail dans la suite de cet ouvrage. Du reste le général Daumas et d'autres écrivains en ont formé déjà la matière d'intéressants volumes auxquels nous ne pouvons que renvoyer le lecteur. Nous n'avons conservé ici que les usages relatifs à la naissance, la cir- Goncision, le mariage et la mort, les diverses étapes que ftanohit

l'Arabe dans sa vie, et nous les avons accompagnés autant qu'il nous a été possible de rapprochements entre les mœurs arabes et celles des autres peuples.

Naissance et élevage de l'enfant.

Dans les villes, dés qu'une femme est en couches, elle est très visitée par ses parentes et amies qui Tencouragent, la réconfortent et la servent avec une notable diligence. Dans celte période, elles invoquent plusieurs marabouts, leur font des vœux et brûlent des parfums en leur honneur. Si tout cela ne suffit pas pour amener' Tenfantement, elles prennent un drap et appellent des garçons de Técole qui on saisissent chacun un coin, et, mettant au milieu un œuf de poule, vont par les rues chantant des oraisons, se répondant les uns aux autres comme en chœur. Les femmes qui entendent ces chants prennent des jarres remi)lies d'eau qu'elles jettent subitement sur l'œuf, dans la croyance qu'en le cassant avec cette eau la femme en travail accouchera tout à coup.

Enfin, l'enfantement a eu lieu ; si c'est un garçon, les femmes font le ouilouil deux ou trois fois, à plein gosier ; si c'est une fille, elles th\ le font qu'une seule fois.

S'il arrive que la femme soit primipare, le lendemain de la délivrance, on fait de grands bals, avec tambours de basque, et sonajas, et l'on invite les parents et les amis.

Au repas, Ton mange des beignets, de la viande, du riz, du couscous, et d'autres plats de la cuisine arabe. Si l'accouchée a des |)arents riches, ceux-ci lui envoient du mouton, des sfendj (beignets ou asfinges), dénommés alors thoummina, et des espèces de pains d'épices en lui faisant compliment de sa délivrance. Les femmes seules, parentes ou amies, peuvent visiter les accouchées.

Sept jours après Taccouchement, la famille et les amies sont invitées à un repas à la suite duquel l'accouchée est menée au bain, et l'enfant avec elle, si c'est une fille,

toujours à grand bruit de tambours de basque et de sonajas devant le cortège. La petite, richement habillée, est portée dans les bras de c|uelque négresse qui marche au milieu de la procession. Après le bain, a lieu un nouveau repas, suivi de danses.

L'élevage des garçons a lieu avec grand apparat ; jusqu'à Tàge de un an, on ne leur donne que du lait du sein. On les mène en pèlerinage chez les marabouts vivants ou dans les chapelles ou koubas qui renferment les cendres de ces saints.

Il arrive souvent que, par dèvolitm, d(»s mères prennent leurs enfants et les enterrent jusqu'au cou dans le sable de la mer, elles les y laissent plusieurs heures parfois dans ^ la croyance que celui qui èchap[)e à cette épreuve aura une longue existence toute remplie de joie et de bonheur.

Les mères musulmanes mettent au cou de leurs enfants des amulettes que vendent les marabouts, et où sont écrits des versets du Koran avec des noms de démons. Ou bien on leur place sur le corps des anmlettes grotesques comme des épaules de hérisson, des os de tortue, des défenses de sangliers, etc.

Les plus efficaces pour les garçons sont d'abord des becs d'aigles garnis d'or et d'argent, puis des coquillages de mer, une plaque d'argent poilant quelques mots du Coran, une main ouverte en métal précieux — pour garantir du mauvais œil — et une infinité d'autres objets qu'il serait trop long d'énumèrer, mais que l'on voit souvent sur un seul garçon.

Les Arabes n'enseignent ordinairement pas à leurs enfants les régies de la politesse et du savoir vivre. On ne les châtie pas ; à peine si on les reprend.

Vers l'âge de dix ans, les garçons riches sont envoyés chez un maître ou talcb qui leur apprend à lire et à écrire et à connaître le Coran.

L'âge auquel s'opère la circoncision varie beaucoup ; certains font circoncire leurs enfants lors(|ue ceux-ci sont encore tout petits, tandis que d'autres attendent qu'ils aient douze ou quatorze ans.

Les hommes seuls en Algérie sont circoncis. En Egypte, les tilles y sont aussi soumises.

Lorsqu'une fille est grande et nubile, on la lave bien, on lui rase les cheveux de la nuque, on lui rogne ceux du front et on lui fait faire la |»rière. bien qu elle ne puisse aller à la mosquée prier, les femmes en étant exclues sous peine de i^ché tri»s grave.

Les gairons, »lés qu ils sont adultes, suivent ordinairement le métier de leur pére. En général, ces enfants sont fort libtMlins ft enclins à toutes sortes de vices, particulièrement la luxure et l'ivrognerie.

Naissance et Girconcisioii chez les Oulad Abd-en-Hoor.

Chei les Oulad .4bd-en-Nour, de la province de Codstantine. dés qu'une femme est accouchée, on s'empresse den donner connaissance aux parents et aux amis. Si le nouveau né est un garçon, on s empresse d'aller féliciter le pére : mais si c'est une tille, c'est la mén* seule qui reçoit les félicitations de ses vi«isine>.

La cia^oncisioii de renf;«nt a lieu hat*tiueliement lorsqu'il a atteint l'âge de six à huit ans. Cest alors To-vasion de grandes fêtes. Le momen; venu, l.»rsqne tout est préparé IH^ur la solennité, on pl ioe sur la lente qui abrite la famille une perche au i»->ul de Lqueile tlaie un linge «quelconque nommé r*n>i. c'esl-â-*iire un un drapeau qui lient lieu de lettre de conv.xàlion. Dés que le r<nVi est arboré, le> amis s*empre5sent J*3ppc»rter leur offrande à IVnfant H île veiiir prvD ire i»^ur part du festin. Les femmes se réunissent et vont à quelque distance -lu dvuar r^iplir de lerr^ un pbî daiis li^iuei coulrn>:^J 1»^ qu^r-lques gouttes de S4i>g que fer* couler -a c:roonois on de l't-ofaut. L*o{-énlion tenninœ. oAW U rr ■ est ref».:ntv dans îpsm où elle a été prise. L>r^îuv tout le monde est amTê, une Tieîlle fenuue décrvxhe W ^Irxpeàu et se plane à quetquf»

pas de la tente. Les courses à cheval commencent ; chaque cavalier passe successivement près de la vieille et essaie d'enlever avec le canon de son fusil, qu'il décharge en même temps, le drapeau que la vieille femme agite constamment avec la perche.

Le Mariage.

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