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Le FÂL on Evocation des Esprits.
En nombre d'endroits de TAlgérie les indigènes offrent encore des sacrifices aux esprits ; près d'Alger, à Aloun Béni Menad, sont de petites sources qui suintent des rochers du rivage auprès du jardin du Dey et qui sont hantées par des génies. Les Mauresques d'Alger vont chaque mercredi matin leur sacrifier des poules, voire môme des moutons et des bœufs, quoique plus rarement, et les génies répondent à leur appel et se manifestent à elles par des cris, des paroles ou même des apparitions tangibles ; à moins toutefois que ce ne soit dans les vingtsept premiers jours du mois de Ramadan, période pendant laquelle les génies sont enchaînés et où les marabouts seuls peuvent quitter momentanément les régions ultra-mondaines pour venir visiter notre globe.
Les génies peuvent être évoqués grâce à l'opération magique connue sous le nom de Fal. Voici comment les choses se passent :
La magicienne fait d'abord préparer un grand plat de couscoussou que l'on mange séance tenante à l'exception d'une petite part que l'on résene. Puis commence le grand œuvre. Sur un réchaud allumé, on jette quelques grains d'encens dont on parfume l'intérieur d'un vase. On le recouvre d'un linge après y avoir versé un peu d'eau. Puis on y jette des bagues et une clef que fournissent les personnes qui veulent interroger l'oracle. La première bague doit être celle d'une jeune fille atok qui a mission de jeter et de retirer les bagues. On récite des couplets après chacun desquels une bague est retirée sans que la jeune fille puisse la voir.
Ceci répété trois fois, on prend la bokala que l'on maintient en l'air entre les pouces étendus. Le vase se met à tourner comme les fameuses tables qui firent tant de brait il y a une trentaine d'années, et par leur mouvement
founiisseDt à Topératriee les renseignements demandés. On emporte ensuite le vase sur une terrasse ; on y prend avec les doigts de l'eau que Ton jette vers la mep en demandant, par exemple, des nouvelles d'une personne en voyage. Des voix étranges ne tardent pas à répondre à cet appel. Si les voix entendues sont le ouilouil (l'acclamation des femmes en signe d'admiration, de joie ou d'appçobar tion), ou si ce sont des éclats dé rire, bon signe pour ce que Ton demande. Mais si les exclamations sont des sifflets, le présage est défavorable.
On invoque encore les Génies d'une autre façon. A minuit, on monte sur la terrasse, on prend de la terre dans un pot de fleurs et on la jette vers la mer en disant :
Salut sur toi, ô terre de ce pot I ^ Je ne sais si tu es ft'aîche ou sèche.
Donne-moi des nouvelles de...., Fût-il perdu dans la mer I •
Les voix se font aussitôt entendre, venant du large, ou parlant auprès de l'opératrice, et parfois accompagnées d'apparitions.
Les femmes indigènes ont encore d'autres rites qui se font dans le môme but. 11 y a le génie Sidi Medoh que l'on évoque sur les terrasses. Puis la divination par le fumeron (Merheouba) qui est assez originale. Pour cela, on prend un morceau de bois fort peu carbonisé sur lequel on trace une tête avec ses yeux, sa bouche, son nez qu'on babille ensuite comme une poupée et qu'on place en face de son lit.
On se couche, on interpelle le fétiche en ayant bien soin d'avoir sa question toute prête, car si on hésite lorsqu'il se présente, il vous crie avec colère : « Pourquoi m'as-tii appelé ? »
Ou bien encore, on enferme une araignée et un cloporte dans une boîte ; on les interroge et l'araignée répond.
Si tous ces moyens ne sont pas de votre goût, sortez de votre maison et prêtez l'oreille à ce que disent les passants
dans ia me. Le premier mot enteoda sera la réponse à lé question qui vous obsédait.
(D'après la Rerme Africaine ; 32, p. 146.)
A propos de cette contnme, M. Berbrngger se demandait si aatrefois on offrait des victimes aux génies.
Non, dira-t-on avec Perse :
..../* ttndo menon genio ....
OU avec Tibulle :
.... Madeatque mero
Oui, avec Horace :
.... CtcLS genium mero Curabis et poaco bimestn, ou avec cette inscription d'Algérie sur les ruines du Guem-Saiem, dans le Djebel Dira :