‹ Contributions au folk-lore des Arabes. L'Algérie traditionelleChapitre 8 sur 21 · A. LES OUALI OU LES SAINTS DE L'ISLAM · texte numérisé non relu

A. LES OUALI OU LES SAINTS DE L'ISLAM

Ceux qui participent aux grâces célestes comme étant ouali sont en communication directe avec Dieu. Vouait peut produire ce qui n'existe pas et réduire au néant ce qui existe ; faire paraître ce qui est caché, et cacher ce qui est apparent ; parcourir en peu de temps une distance énorme ; voir les choses qui ne sont pas accessibles aux sens et les décrire ; être présent à la fois en différents lieux ; marcher sur l'eau ; nager dans l'air ; soumettre à ses volontés les bétes sauvages ; entendre leur langage et celui des plantes ; faire preuve d'une force corporelle extraordinaire ; guérir les infirmités ; rendre la vie aux morts et donner la mort aux vivants ; faire enfin cent choses merveilleuses contrariant Tordre des phénomènes naturels.

Mais si VouaU fait des miracles, il ne faut pas croire que ce soit de son propre pouvoir ; il est simplement l'instrument au moyen duquel la Divinité manifeste quand il lui plaît, pour le bien ^ des hommes, sa suprême puissance.

Pour aeqaértr oet étet parAdt> l'homme prédestiné doit lenon-

oer au monde et à soi-môme, se mettre en communication continuelle avec Dieu par la prière et s'absorber dans le grand Tout. Telle est du reste la doctrine des Soufls, sorte de panthéisme spiritualisto, monstrueuse exagération du monothéisme, et à qui les prosélytes ne pouvaient manquer d'être plus nombreux d'âge en à^e, chez des peuples tout naturellement portés à la contemplation et aux rêveries du quiétisme.

Les ouali sont les élus, les amis de Dieu qui a mis entre leurs mains le gouvernement du monde. C*est par la bè^ièdiction de leurs pieds que la pluie tombe du ciel^ et c'est par un effet de leur pureUS extatique que les plantes germent dans le sein de la terre. Aussi dans les tomps de sécheresse et alors que la pluie est indispensable pour assurer l'avenir des récoltes, le peuple se met ep quête des ouali ou mamôoute, comme on les nomme vulgairement, ot oblige ces malheureux à se jeter à l'eau pour attirer sur la terre la pluie bénite.

Les ouali peuvent attirer la victoire sur les musulmans en interi'^lant le Ciel. Ils sont 4,000, inconnus les uns aux autres et cachés pour eux-mêmes.

11 ne ûkxxi pas croire que tous les ouali arrivent au même degré de sainteté. N'atteint pas le sommet qui veut^î Un Sidi bou Mtsiin est comme un de ces diamants rares qui éolii>sent la lumién^ même par leur éclat. Aussi n'est-ce i>as sans raison que cet homme vertueux, cet élu du ciel a été appelé l'Unique, ITncomliarable. 11 y a tant d'autres ou^ili qui auprès de lui sont comme s'ils n'étaient i»as î

Semblables à dos astres errants qui s'illuminent des reflets d^ine lumién^ étrangère, incessamment ils gravitent dans l'orbite de iV ^>leil éblouissant qui resplendit au sommet du Pôle * : le RVuts les domine tous d^ine hauteur que l'œil humain ne peut mesuryT : co s^^nt les musulmans qui disent cela. Et cependant, quels qu'ils soient, les musulmans font toujours des onuH des èlxv^ nm^ et privilé^ès, les amis de Dieu, ses élus et les confidents de ses p^^nsi^t^ L'«fci*V est touj»>urs une nature d'exoeplî.'^n, une orv^tury* mystérieuse et marx^uée du sceau divin, aux yeux de tout K>n s^vtateur de l'Islam, s'entend ! Car tout observateur impartial, il jvut se dire : à cote certes de quelques h'>mmes $2ij>^ \er:ui ux ou savants, dont la reconnaissasce publique hv^orv justeu;e«i la rucir-oire, que de fous, et surîo-ut que de charlatans, iLIttn:i::es> voyants* derviches et sou^ en ^ejiilies ;

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devins, sorciers, idiots ; chérifs sans ancêtres, faux mahdis ; prétendus maîtres de l'heure : voilà de ces grands hommes qui accaparent le respect et Tadmiration de la foule I Tels sont ces saints de rislam, de si haute volée, devant lesquels se prosterne comme partout un peuple ignorant, superstitieux et aveugle.

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