‹ Controverses transformistes, avec 23 figuresChapitre 14 sur 42 · L*BMBRTOLOGIE DES ASCIDIES ET L*ORIGINB DES VERTÉBRÉS · texte numérisé non relu

L*BMBRTOLOGIE DES ASCIDIES ET L*ORIGINB DES VERTÉBRÉS

brés ^ considérés aussi dans leur attitude normale, peut-on en conclure que ce renversement physiologique correspond à quelque chose de réel au point de vue de la morphologie. Raisonner de cette façon serait, ce me semble, faire tout simplement une pétition de principe, et de même que nous renversons THétéropode pour le comparer au Gastropode, nous devons, à Texemple de Geoffroy Saint-Hilaire, renverser l'Articulé pour le comparer au Vertébré, si le développement embryonnaire nous démontre la nécessité de ce renversement.

Il est bien entendu toutefois que le renversement que nous opérons ainsi ne repose nullement sur les principes qui guidaient E. Geoffroy Saint-Hilaire, c'est-à-dire que nous ne cherchons nullement à établir des rapports physiologiques, ni même des rapports de morphologie particulière entre la moelle dorsale des Vertébrés et la chaîne ganglionnaire ventrale des Articulés. La production de cette chaîne ganglionnaire est très probablement en rapport avec l'apparition des métamcres ou zoonites, ainsi que le suppose Gegenbauer, et la moelle épinière des Vertébrés ne peut en être dérivée en aucune façon. Ce sont deux formations complètement indépendantes, mais rien n'empêche de considérer comme comparables les premiers rudiments de ces deux formations, et de regarder comme homologues les points de la gastrula où ils se manifestent. Cette homologation parait même toute indiquée.

Laissons de côté pour un instant ces questions d'embryogénie sur lesquelles nous reviendrons tout à l'heure^ et bornons-nous à la considération des animaux adultes. Est-il vrai d'afSrmer que pas un animal ne se fixe par la région ventrale? Plaçons-nous au point de vue de Baer et voyons si, en présence des faits, cette prétendue loi de la fixation dorsale peut être maintenue sérieusement. Il nous suffira, pour prouver le contraire, de reprendre les exemples choisis par l'illustre zoologiste, et d'en donner la véritable interprétation.

Chez les Vertébrés, il n'y a pas d'animaux qui vivent à l'état de fixation permanente sur des corps étrangers. Cependant, il me semble que nous pourrions déjà invoquer ici l'adhérence placentaire des fœtus des Mammifères et de certains Poissons, comme un cas remarquable de Hxation ventrale. Que si Ton refuse d'admettre

1. Je dis la majoriié^ et non comme Baer, la totalité. On sait, en effet, que certains Poissons se tiennent habituellement sur le dos. Il y a longtemps qu'E. Geoffroy Saint- UiLAiRE a cité l'exemple du Gemel [Pimelodus membranaceus), chez lequel il arait lui-même constaté ce fait déjà connu des anciens Égyptiens.

M CONTKOVKRSBS TRANSPORHISTBS

cet exemple pourquoi accepte ri on s- no us ceux qne Baek a tirés de l'état embryonnaire de la Coroatule, des Méduses, etc.? On peut objecter que ces derniers embryons sont en relation avec le monde extérieur. C'est bien U ce qui, selon nous, a déterminé leur fixation par un point opposé à la bouche; mais alors, nous nous trouvons en présence d'un simple Tait d'adaptation, et que devient U mystérieuse tendance de la nature signalée par Babh ?

Considérons maintenant le groupe des Arthropodes. Certes nous devons savoir gré au vénérable émule de CoviEa d'avoir placé les

Cirripèdes auprès des Crustacés et bien loin des Mollusques. Mais sur quelles observations peut s'appuyer cette affirmation que les embryons des Cirripèdes, après avoir nagé quelque temps en liberté, se fixent par le côté dorsal de leur enveloppe externe? Les admirables recherches de Darwin ', confirmées depuis par le scrn. puleux Pagbnstbchbr *, ont démontré que la larve de deuxième forme, ou larve cypridienne [pupa stage), se fixe a l'aide de deux antennes préhensiles qui se sont développées à l'intérieur de la première paire de membres du nauplius et qui, par conséquent, sont complètement ventrales au sens de Babr. On peut retrouver

1. Vorei D*HWi!i, A monagraph of tke iiib-ctaa Cirripadia, Londoo, IftSl,

2, Voyei Paginstichek, Beilrag lur Anatamie and EDlwickslangv^aachicbta tob

Ltya> l^tcliaata {ZtiUchr. f. wU,. ZooL. XII, 1864).

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à la base du pédoncule des Lepas rextrémité de ces antennes. Bien que le pédoncule soit innervé par des rameaux partant du ganglion sus-œsophagien, et que la bouche devienne plus tard opposée au point de fixation, cette fixation est primitivement ventrale : l'adaptation ultérieure seule modifie un peu les rapports primordiaux.

L'opinion de Babr est encore bien moins vérifiée chez les Rhizocéphales, ces curieux Cirripèdes parasites où la bouche a complètement disparu avec l'appareil digestif remplacé par un système de tubes qui vont, comme des racines animales, absorber les sucs nutritifs dans les tissus de certains Crustacés. Pouvons-nous regarder comme dorsal le pédoncule de Sacculina et voir la trace de la bouche dans l'ouverture unique située du côté opposé et qui sert à l'entrée et à la sortie de l'eau? Evidemment, une telle manière de voir ne pourrait se soutenir. Les racines des Rhizocéphales, homologues des tubes du pédoncule à^Anelasma squalicola^ peuvent être considérées comme des dépendances de la carapace, mais la fixation première se fait, ici encore, comme j'ai pu m'en convaincre, par les antennes de la larve cypridiforme.

Du reste, un grand nombre de Crustacés parasites sont fixés à demeure par la bouche ou les appendices buccaux, c'est-à-dire par des parties que Babr considère comme ventrales. C'est le cas d'un grand nombre de femelles d'Isopodes, de Copépodes, etc., qui, une fois fixées sur leurs victimes, ne se déplacent pas plus que l'Huître sur son rocher ou l'Anatife sur le bois flottant qui lui sert de support. Si certains Bopyriens, le Bopyrus resupinatus, le Phryxus paguri et les Athelgues, par exemple, tournent vers le haut leur face ventrale, c'est là un résultat d'adaptation dû à la présence des œufs sous les lamelles infra-thoraciques. La fixation est fondamentalement ventrale, et c'est seulement par un retournement consécutif que l'animal semble être attaché du côté dorsal.

Ce retournement est d'ailleurs si parfait, que certains naturalistes ont pris pour la face ventrale la face dorsale de l'Isopode ainsi renversé. Les pattes elles-mêmes, recourbées en arrière concourent à fixer l'animal dorsalement, et les lamelles ovigères paraissent placées sur le dos de Tanimal. Andbrson a depuis longtemps relevé l'erreur de ses devanciers relativement au Phryxus paguri *.

M. Hbssb est depuis revenu aux mêmes errements en décrivant

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