Voy. Edinb, Proc, PhiL Soc, vol. Il
CONTHOVEnSES transpoumistes
deux nouveaux genres d'Isopodes sédentaires fort remarquables, les Athelgues et les Proslèthes ',
Mais si l'observation de Baer est inexacte, la loi qu'il prétend établir pourrait subsistei ncanmoins malgré les faits précédents,
puisque nous avons montré que morphologiquement rien n'empêche de comparer la face ventrale des Articulés à la face dorsale des animaux supérieurs. 11 nous reste donc à examiner si nous pouvons accepter cette loi en modifiant l'interprétation de certains cas particuliers, tels que celui des Arthropodes sédentaires (Crustacés et Cirripèdes).
Nous parlerons peu des Rayonnes, que Baer examine après les Articulés, parce que rien ne nous semble moins solidement établi
que la détermination des régions dorsale et ventrale chez ces animaux dont la nature nous est encore si mal connue. Même eti négligeant les Eohinodermes ', qui forment un groupe parfaitement
■ able d'oilleura chei un !
Comatula dErinue lîbrei vers le bout. C'eit ni«in<
noie du tflurd de l'Aacidie l'Aacidie abandunnée à ell en obserTOnt un embryon
«, t. XV, 1864.
en paasant une erreur d'obierration, bien eicDni ne peut plus Toir que dan* ibb louTeDirs. La lOnstomment la bouche en bei,]eicirrea dirigée! li tout A fait exceptionnelle chei cet animal. Plos r, duc à lu laême cause, quand il pariede laata- ■ je ne sais paa, dit-il. quelle poaitian prend la même, et je dente qne l'an puiaae connaître celte ua le couTre-objet. II eat très-poaaible d'ailleon r romme lea Salpea derenaei Ubt«i. ■ Il eit non
L EMBUTOLOCIB DBS ASCIDIBS KT L'oRICIKE DES VERTÉBHÉS 40
distinct des Zoophytes proprement dits, il est impossible d'admettre avec Baeh et Cuvibr que ces derniers présentent d'une façon absolue la symétrie radiaire ou l'évolutio radiata qu'on leur a prêtées si longtemps. Les travaux de Ant. Schneider et Rottekem, de SBMPBn.de Dana, de Kœllikkh, ont établi d'une façon irréfutable la symétrie bilatérale des Coralliaires. Cette symétrie bilatérale me semble encore plus nettement démontrée chez ceux de ces animaux qui sont composés et entrent en concrescence pour formerdes agrégations, quelquefois même de véritables cctnol/iuma.
On $ait en effet que dans ce cas les divers individus n'entrent pas en relation par un antim'ere quelconque ; les blastozoTtes d'une pinnule sont disposés de
telle façon que le grand ,
axe de la bouche de l'un point <i. fiiâiio».
d'eux prolongé passe exactement par les commissures des bouches de tous ceux placés sur la même pinnule : il y a donc, chez ces Coralliaires, quel(|ue chose de tout à fait comparable à ce qu'un observe chez 1rs Ascidies composées, et l'analogie nous conduit à considérer comme dorsale et ventrale les régions indiquées par les tentacules commissuraux.
Les belles recherches du professeur db Lacazb-Ddthieiis, sur l'embryogénie des Actinies et de X Aatroidcs ', viennent donner à cette manière de voir une éclatante confirmation, et je ne puis comprendre les objections que l'éminent zonlt^iste se fait à luimême pour rester iîdvle aux traditions de l'école de Cdvibr. tradi-
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lions qu'il a plus que qui que ce soit contribué à renverser par ses admirables travaux de morphologie philosophique.
J'incline même à considérer, avec le professeur Claus, les Zoopbytes nettement rayonnes (Polypes hydroïdes, par exemple) comme représentant un état de différenciation plus avancé et un type faussé par des adaptations secondaires, puisque la structure bilatérale se rencontre surtout chez les Tetracorallia qui représentent évidemment les Coralliaires les plus anciens, la forme originelle du groupe.
Le peu que nous savons de Tembryogénie des Mollusques nous permet de regarder comme homologues du dos des Vertébrés les régions que Baer considère également comme dorsale chez les Gastropodes et les Lamellibranches.
Parmi les Gastropodes, Texemple du Yermet, que Baer ne cite pas, est, il est vrai, favorable a l'établissement de la loi que nous cherchons à vérifier. Toutefois on comprend difBcilement comment un Gastropode pourrait être fixé autrement que par la coquille et les exemples tirés de ce groupe ne peuvent être considérés comme bien concluants. Mais les Acéphales ne nous semblent pas justifier entièrement les vues de l'illustre zoologiste ; les exemples qu'il choisit paraissent même pouvoir être avantageusement invoqués par les partisans de l'opinion contraire. Ainsi en est-il de TAnomie qui, selon Baer, montre avec la plus grande netteté la position naturelle de TAcéphale fixé à demeure. « Ce Mollusque, dit-il, présente dans Tune de ses valves un trou situé tout contre la charnière et par lequel passe le seul muscle transverse de l'animal, muscle fixant l'Anomie aux corps étrangers. »
Nous pouvons invoquer ici l'opinion du zoologiste qui est incontestablement le plus versé dans ces questions difficiles de morphologie malacologique. Dans un mémoire, qui restera comme un superbe exemple des résultats que peut donner l'union de l'embryogénie et de l'anatomic comparée, le professeur de Lacaze-Duthiers a démontré que Possicule de VAnomie est un byssus et que toutes les anomalies observées chez ce mollusque sont une conséquence de la position de ï animal sur le coté droit et de la soudure du byssus aux corps étrangers^.
On observe d'ailleurs toutes les transitions possibles entre la fixation permanente de l'Anomie et la fixation passagère d'un grand
1. U. DE Lacaze-Dutuiers, Annales des sciences naturelles, 4* série, t. II.
L*EMBRYOLOGl£ DBS A8CIDIBS ET L*ORIGINE DBS VBRTJSBRés 51
nombre d*autres Acéphales au moyen d*un byssus, et Ton ne peut établir une distinction absolue entre cette fixation au moyen d*un byssusy que Baer considère comme volontaire, et la fixation à Taide de Tune des valves de la coquille.
Baer a vu des Dreissensia, dont le byssus était coupé, se fixer de nouveau contre le verre de ses aquariums. Il aurait pu observer identiquement la même particularité sur VAscidia intestinalis que j'ai vu maintes fois produire de nouveaux stolons et se fixer à Faide de ces stolons dans une position volontairement choisie. Quant au changement de position, également volontaire, observé chez la Moule comestible, qu'a-t-il de plus remarquable que les déplacements analogues que présentent les Ascidies du genre Molgula?
Il n'y a donc à cet égard aucune différence entre la fixation prétendue dorsale des Ascidies et celle des Mollusques nommés cidessus, laquelle est évidemment ventrale.
Je ne m'arrêterai pas aux Brachiopodes, car je ne vois pour mon compte aucune objection à faire à la manière dont Baer établit les homologies de ce groupe avec les Acéphales. Dans un travail tout récent et rempli de vues ingénieuses, Ray-Lankbstbr est arrivé aux mêmes conclusions que Baer en s'appuyant sur des idées bien différentes et sans connaître évidemment le mémoire du savant zoologiste de Pétersbourg^ Je dois dire toutefois que le professeur DE Lacazb-Duthiers, après avoir longtemps étudié les Brachiopodes de la Méditerranée, est arrivé à une tout autre conception des rapports de ces animaux avec les Lamellibranches. Pour lui les valves d'une Térébratule, par exemple, sont Tune ventrale (valve perforée), l'autre dorsale (valve apophysaire). Si, comme le fait de Lacaze- DuTHiERs, on place TAnodonte la bouche en haut, la charnière à gauche, la Térébratule doit être placée, le ligament à l'aide duquel elle se fixe en bas, la valve apophysaire à gauche, la valve perforée à droite. Si l'on supprime dans l'Acéphale lamellibranche le pied et son ganglion nerveux, il reste un organisme ayant la plus grande analogie avec le Brachiopode*.
Si donc l'on admet comme suffisamment démontrée l'opinion du savant professeur de la Faculté de Paris, il est évident que la fixation des Brachiopodes s'effectue en général du côté ventral à l'aide
1. Voyez Ray-Lankester, Remarks on tbe affinités of Rhabdopleura (Quarterly journal of microêcopical science^ January 1874, p. 77-81).
2. Voyez U. de Lacaze-Duthieks, Morphologie et rapports zoologiques des Brachiopodes (Comptes rendus de PAcad,, novembre 1865).
&S C0KTR0YBR8ES TRANSFORMISTES
d*un ligament suspenseur. Quand ce ligament fait défaut, c'est tantôt la coquille ventrale [Thecidea), tantôt la coquille dorsale [Crania, d'après Babr) qui sert à la fixation. Mais, je le répète, il me semble beaucoup plus rationnel de suivre en ce point les idées de Baer et de Rat-Lankester, et de considérer les deux valves des Brachiopodes comme appartenant au même côté de Tanimal.
Quoi qu'il en soit, il résulte de toute cette discussion que la tendance à la fixation dorsale n'existe dans la nature que comme résultat de l'adaptation des animaux sédentaires à des conditions d'existence spéciales. Les parasites vrais sont fréquemment attachés par la bouche, c'est-à-dire le plus souvent fixés par leur face ventrale au corps de leur victime. Les animaux simplement sédentaires sont, au contraire, le plus souvent fixés par leur face dorsale, parce que généralement cette face est opposée à la bouche et aux appendices buccaux qui doivent demeurer librement en rapport avec le monde extérieur. Voir dans cette disposition une loi générale delà nature créatrice^ c'est raisonner absolument comme le faisaient les partisans des causes finales, et nous ramener aux explications fantaisistes et aux prétendues lois naturelles de Bernardin de Saint- Pierre, de Lacbpède, etc.