‹ Controverses transformistes, avec 23 figuresChapitre 20 sur 42 · DES < - F · texte numérisé non relu

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Mollusques J ( Brachiopodes.

20 Sous-embraochement. \ Tuniciers.

Molluscoïdes . ) Bryozoaires.

Peut-être même, pour plusieurs, les Brachiopodes doivent-ils être compris parmi les Acéphales à titre de simple subdivision.

Or, je le demande, est-il un zoologiste quelque peu au courant des recherches embryogéniques publiées dans ces dix dernières années qui ose souscrire à la phrase suivante écrite d'hier?

« Le groupe des Mollusques (compris comme nous venons de le voir) est et restera l'un des mieux et des plus nettement caracté-

risés *. »

Sans parler des passages graduels que Tembryogénie nous fournit entre les Annélides, les Brachiopodes et les Mollusques proprement dits, est-il possible, à moins d'avoir un triple bandeau autour des yeux, de nier les dissemblances fondamentales qui existent entre Tembryon des Tuniciers et celui des Lamellibranches, et même entre l'Ascidie adulte et n'importe quel Acéphale également adulte? Quand on suit pas à pas l'évolution d'un jeune Tunicier, on voit la partie antérieure du tube digestif se transformer peu à peu en un organe respiratoire qui continue cependant à jouer un rôle très important (acte de la déglutition) dans la fonction digestive. C'est là un fait d'observation claire et certaine s'il en fut jamais. Eh bien, ce fait, si spécial qu'on le retrouve seulement chez deux ou trois animaux en dehors des Vertébrés, ce fait est sans valeur pour l'auteur que nous critiquons, et il ne fait nulle distinction entre un organe qui tire son origine de l'endoderme et un organe qui dérive de l'exoderme. Pour lui, la nature jette au hasard les couches cellulaires les unes au-dessus des autres; les diverses parties de l'organisme se constituent comme elles peuvent, et chez l'adulte seulement se manifeste le plan que le Créateur a voulu suivre, mais qui ne se dégageait pas plus dans l'embryon qu'une statue dans le bloc de marbre d'où Ta fait sortir le ciseau du sculpteur.

Plaçons-nous donc au point de vue de l'anatomie de l'adulte, et

1. Voyez DE Lacazb-Duthixrs, Les Ascidies des côtes de France (Archives de zool. •xpér,, t. III, p. 124).

voyons si au moins de Lacàze-Duthiers comprend la curieuse structure de la chambre péribranchiale si bien élucidée par les travaux de Kowalevsky, de Hertwig, de J^ger, etc. Nous sommes forcés de répondre : Don.

« Je ne sais pas, nous dit Tauteur, ce qu'est la cavité du corps d'une Ascidie » ; on le voit assez en lisant le mémoire.

Mais il faudrait au moins être conséquent avec soi-même et ne pas soutenir h quelques pages de distance les opinions les plus

Fig. 13. — Stade* embryogéniques successifs d'un Brachiopode montrant la parenté d« ces Métazoaires avec le» Annélides (d*après Mor»b).

contradictoires. Nous trouvons, page 297, le passage suivant : c( Ici le pharynx, si Ton considère la branchie comme tel, est entouré de toute part par un cloaque dans lequel serpente ^intestin et s'ouvre Fanus, où se trouvent et s^ouvrent de même les organes génitaux. » Puis, page 635 : « Quant à admettre un cloaque dans la cavité supérieure de notre jeune Molgulide, surtout lorsque Tanimal sera devenu adulte et que ce cloaque sera une chambre péribranchiale, la chose paraît difficile à admettre. L'animal tout entier serait donc rentré dans son pharynx. »

Il ressort clairement de ce rapprochement et de la lecture des mots soulignés dans le premier passage que Fauteur n'a pas la moindre notion de ce que Ton appelle aujourd'hui cloaque ou chambre péribranchiale chez les Tuniciers. Jamais personne n'a

admis que Yintestin des Ascidies serpente dans le cloaque. L'anus seul et les ouvertures des glandes génitales mettent cette cavité en communication avec les viscères qui sont placés en dehors d'elle, comme il est facile de s'en assurer, soit par la méthode des coupes, soit par l'étude du bourgeonnement chez les Ascidies composées.

Parmi les nombreuses erreurs d'embryogénie expérimentale, je signalerai seulement la suivante, dont l'énormité frappera tous ceux qui se sont tant soit peu occupés de ces questions : le blastopore est pris pour la bouche définitive, et cela non seulement chez la Molgule, mais chez tous les Mollusques (page 600).

Mais laissons de côté cette critique de détail qui nous entraînerait trop loin, et que fera facilement tout lecteur un peu exercé, et voyons quelles sont les idées générales qui portent le professeur DE Lacaze-Duthiers à rejeter la parenté des Ascidies et des Vertébrés.

C'est toujours l'emploi de la même méthode de morphologie statique qui considère les choses faites et non les choses en formation. La branchie de l'Ascidie a une grande valeur pour la comparaison avec le type Acéphale *, elle n'en a plus dès l'instant où on la considère à l'état naissant pour la rapprocher des processus analogues observés chez V Amphioxus et les Vertébrés inférieurs.

« Mais pour l'organe de la respiration qu'importe un mode de

formation ou une origine un peu différents ? Est-ce que c'est dans

cet organe que gît le caractère du Mollusque? Considérera-t-on la différence d'origine ou de formation d'un organe aussi éminemment variable et varié que la branchie comme plus importante que la présence ou l'absence totale de cet organe? La non-production d'un organe aurait-elle moins de valeur que la différence dans son mode de formation? Si, ce qui paraît naturel, la suppression d'un organe avait plus d'importance que son mode de production, le Dentale ne serait pas un Mollusque! [loco cit., p. 297). »

Eh bien oui, la non-production d'un organe a moins de valeur que son mode de formation : oui, la différence d'origine de la branchie, dans les différents groupes, est plus importante que la présence ou l'absence totale de cet organe! Absolument comme la

1. • Je ne puis, dit de Lac aze-Duthiers, appeler la branchie an pharynx. Ce mot a un sens précis puisqu'il désigne une portion du tube digestif. Or jamais la branchie n'a été et ne sera qu'un organe de la respiration {loco cit., p. 145). • J'ai donc eu raison d'appeler l'attention sur la disposition automatique des languettes spirales de la branchie qui font de cet organe un appareil de la déglutition. Quant à la sécrétion qui accompag^ie cette déglutition, tout le monde la connaissait, mais H. Fol a le premier indiqué d'une manière bien nette son lieu de production (endostyle).

différence dans le mode de formation de Toeil chez les'Céphalopodes et les Vertébrés, par exemple, est plus importante que la présence ou Tabsence totale de cet organe dans tel ou tel genre, telle ou telle espèce.

Mais cette proposition cesse d'être exacte si l'on prend pour un mode différent de formation ce qui n'est que l'abréviation d'un mode primitif. Peu importe que l'endoderme d'un animal soit constitué par épibolie ou embolie; peîi importe que le système nerveux d'un Vertébré se forme par l'un ou l'autre de ces processus, mais il importe beaucoup de savoir si tel ou tel organe est produit par l'endoderme ou par l'exoderme ; si l'otocyste se forme d'abord aux dépens de l'exoderme pour se mettre ensuite en rapport avec le centre nerveux (Mollusque) ou si il se détache comme une sorte de bourgeon de ce centre nerveux (Tunicier).

« L'embryon de notre Molgiilide rappelle-t-il le type vertébré? » telle est la question que «e pose gravement l'auteur à la fin de son long mémoire. C'est absolument comme si un zoologiste, étudiant les Batraciens, venait h se demander en quoi le jeune Pipa sortant de l'œuf rappelle le type Poisson. La question est posée d'une façon ridicule, on pourrait refuser d'y répondre. En quoi la jeune Ecrevisse ressemble-t-elle à un naup/ius? Eut-on jamais l'idée pour étudier les métamorphoses d'un groupe de choisir comme type uu animal chez lequel ces métamorphoses sont tellement abrégées^ que l'embryogénie comparée seule peut rendre compte des faits observés? Mais n'avons-nous pas chez la Molgule un point de repère excellent pour cette comparaison : les sphères de réserve que chacun s'accorde à reconnaître pour les homologues des masses régressives de la queue des larves urodèles? Si ces sphères n'ont pas la signification d'un développement condensé, que peuvent-elles indiquer, sinon une harmonie providentielle? Nous voici donc ramené au joli système des causes finales, et notre esprit devra s'incliner devant ce Créateur qui, refusant une corde dorsale h l'embryon de la Molgule, lui a fourni au moins des éléments nutritifs pour son développement ultérieur.

En présence de pareils résultats toute discussion doit cesser '.

1. Je ne veux pas insister sur les ignorances bibliog^'aphiqaes, les fautes de français, l'inintelligence des expressions scientifiques qui se montrent à chaque pas dcms le mémoire sur les Ascidies des côtes de France. Croirait-on par exemple que l'auteur fait du mot phylum le synonyme d'ancélre : « Le professeur Gbgenbàvr place les Tuniciers au milieu des Vers : Haeckel en fait un phylum^ un ancêtre des Vertébrés, p. 636 •, et quelques lignes plus bas : « lorsque les parties fondamentales de ce

La méthode de morphologie idéale et artistique ne vivra pas. Elle nous aura valu de splendides dessins et d'importants résultats d*anatomie descriptive qui assurent à son représentant le plus brillant la reconnaissance des zoologistes ^

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